Cyclisme aux Jeux bolivariens de 1970

Cyclisme aux Jeux bolivariens de 1970
Généralités
Sport Cyclisme
Lieu(x) Maracaibo
Date 28 août au
Épreuves 6

Navigation

Les épreuves de cyclisme des VI Jeux bolivariens de 1970 (es) se déroulent du vendredi 28 août[1] au samedi [2]. Les compétitions voient la domination de la délégation colombienne qui remporte cinq des sept médailles d'or en jeu.

ProgrammeModifier

Le programme initial des compétitions cyclistes est présenté ainsi[3] :

PodiumsModifier

Cyclisme sur pisteModifier

Épreuve Or Argent Bronze
Kilomètre[4]   Luis Carlos Saldarriaga (en)   Omar Palomino   Carlos Espinoza (en)
Vitesse[5]   Daniel Larreal   Jairo Díaz (en)   Augusto Ríos
Poursuite individuelle[6],[5]   Luis Hernán Díaz   Vicente Laguna (es)   Jaime Pozo (de)
Poursuite par équipes[7]   Colombie
Álvaro Pachón
Luis Hernán Díaz
Jaime Galeano (es)
José Ramón Garcés
  Pérou   Venezuela

Cyclisme sur routeModifier

Épreuve Or Argent Bronze
100 km contre-la-montre par équipes[8]   Colombie
Álvaro Pachón
Rafael Antonio Niño
Luis Hernán Díaz
Asdrúbal Salazar
  Venezuela   Panama
Course en ligne individuelle[9]   Álvaro Pachón   Jaime Galeano (es)   Rafael Peraza
Course en ligne par équipes   Venezuela
Rafael Peraza
Alvarado
César Sánchez
  Colombie
Álvaro Pachón
Jaime Galeano (es)
Rafael Antonio Niño
  Panama[n 1]

Déroulement des championnatsModifier

Les compétitions du tournoi de cyclisme des VI Juegos Bolivarianos commence le vendredi , avec des sessions nocturnes pour la piste. Celles-ci s'annoncent de courte durée vu le nombre de concurrents très restreint. La sélection colombienne pour ce sport est annoncée comme la plus forte de la délégation colombienne aux Jeux. Les entraînements sur la piste du stade olympique renforcent la confiance des observateurs colombiens[1]. La cérémonie inaugurale des championnats de cyclisme commence avec le défilé des cinq pays participants. La Bolivie n'ayant inscrit aucun compétiteur dans ce sport[n 2]. Puis les drapeaux des délégations sont hissés et leurs hymnes retentissent avant que les concurrents puissent entrer en action[4].

28 août : kilomètreModifier

Le Colombien Luis Carlos Saldarriaga (en) s'adjuge la première médaille d'or en cyclisme des Jeux.

La compétition qui inaugure le championnat est celle des mille mètres contre-la-montre.
La veille, le programme présente l'ordre de départ des concurrents. Au nombre de huit, ils doivent s'élancer ainsi[1] :
1. Carlos Pisorno   Venezuela
2. Fernando Ayala   Panama
3. Luis Carlos Saldarriaga (en)   Colombie
4. Vicente Laguna (es)   Venezuela
5. Carlos Espinoza (en)   Pérou
6. Omar Palomino   Colombie
7. Antonio Shen   Panama
8. Silvio Marchese   Pérou[n 3]
Toutefois, le concurrent péruvien Marchese, pourtant bien présent lors du défilé, déclare forfait au dernier moment, pour raisons de santé.

Devant un nombreux public, la compétition se termine par un doublé des coureurs colombiens. Luis Carlos Saldarriaga, avec un temps de min 11 s 78, devance son coéquipier Omar Palomino, qui réalise lui min 12 s 22. La médaille de bronze échoit au Péruvien Carlos Espinoza, qui effectue l'exercice solitaire du kilomètre départ arrêté en min 13 s 66. Saldarriaga établit par là-même un nouveau record bolivarien[4].

Classement du kilomètre départ arrêté contre-la-montre[4]
Pos Nom Pays Temps
  Luis Carlos Saldarriaga (en)   Colombie min 11 s 78
  Omar Palomino   Colombie min 12 s 22
  Carlos Espinoza (en)   Pérou min 13 s 66

30 et 31 août : poursuite individuelleModifier

Le Colombien Luis Hernán Díaz ajoute une deuxième médaille d'or au bilan de sa sélection.

En raison de la pluie, les épreuves de qualifications prévues le samedi 29 août ont été annulées et reportées au lendemain[10].

Cinq coureurs se disputent le titre en poursuite individuelle :
Vicente Laguna (es)   Venezuela
Fernando Cuenca (en)   Pérou
Jaime Pozo (de)   Équateur
Eriberto Rodríguez   Panama
Luis Hernán Díaz   Colombie
Deux changements sont à relever par rapport à la liste initiale des engagés, les concurrents équatorien et panaméen inscrits étaient respectivement Jaime Parra et Antonio Shen[3].

Dans la matinée du 30 août, les compétiteurs courent une première poursuite en contre-la-montre pour établir un classement au temps, qui éliminera un coureur et qualifiera les autres pour les demi-finales. Relativement aux "chronos" réalisés, le Panaméen ayant terminé avec le moins bon temps des cinq est éliminé.

En soirée, la première demi-finale voit le Colombien Luis Hernán Díaz, meilleur temps des éliminatoires, rejoindre le Péruvien Fernando Cuenca, à quelque quatre cent mètres du but. Poursuivant sur sa lancée, Díaz réalise le temps de min 58 s 67. Cette marque constitue le nouveau record des Jeux bolivariens. La performance est saluée par les directeurs sportifs. Luis Hernán devient, grâce à ce temps, un rival sérieux et possible successeur à Martín Emilio Rodríguez. Il apparaît ainsi logiquement le favori de la finale, disputée le lendemain en matinée. Dans l'autre demi-finale, le Vénézuélien Vicente Laguna dispose également facilement de l'Équatorien Jaime Pozo, en effectuant sa poursuite en min 13 s 15. Pozo et Cuenca se retrouveront le lendemain pour se disputer la médaille de bronze tandis que Laguna et Díaz iront chercher l'or[6].

Séries éliminatoires de la poursuite individuelle (30 août)[6]
Pos Noms Pays Temps Notes
1 Luis Hernán Díaz   Colombie min 10 s 55 q
2 Vicente Laguna (es)   Venezuela min 15 s 70 q
3 Jaime Pozo (de)   Équateur min 27 s 40 q
4 Fernando Cuenca (en)   Pérou min 27 s 60 q
5 Eriberto Rodríguez   Panama min 39 s 75
Demi-finales (30 août)[6]
Pos Noms Pays Temps Notes
1 Luis Hernán Díaz   Colombie min 58 s 67 Q
2 Fernando Cuenca (en)   Pérou rejoint
1 Vicente Laguna (es)   Venezuela min 13 s 15 Q
2 Jaime Pozo (de)   Équateur -
Finales
Match pour la médaille de bronze (31 août)[5]
Pos Nom Pays Temps
  Jaime Pozo (de)   Équateur min 15 s 5
4 Fernando Cuenca (en)   Pérou distancé
Match pour la médaille d'or (31 août)[5]
Pos Nom Pays Temps
  Luis Hernán Díaz   Colombie min 7 s 81
  Vicente Laguna (es)   Venezuela distancé

Le lendemain matin, les finales se disputent devant un public clairsemé, en raison de l'horaire précoce et car c'est un jour (lundi) travaillé. Luis Hernán Díaz et Jaime Pozo (de) remportent facilement leur match. Leurs adversaires n'étant jamais en mesure de leur contester leur suprématie. Le premier duel oppose l'Équatorien Jaime Pozo au Péruvien Fernando Cuenca (en). Prenant l'avantage dès le départ, Pozo remporte la confrontation largement, en réalisant min 15 s 5. Il s'adjuge la médaille de bronze.

Puis vient le match pour les médailles d'or et d'argent. Luis Hernán Díaz, grand favori de l'épreuve, exerce une totale domination sur son adversaire, qui termine à une vingtaine de mètres. Díaz effectue l'exercice chronométré en min 7 s 81. Ainsi la délégation colombienne remporte sa deuxième médaille d'or en autant d'épreuves disputées[5].

30 et 31 août : vitesse individuelleModifier

Le Vénézuélien Daniel Larreal remporte la médaille d'or.

En raison de la pluie, les épreuves de vitesse prévues le samedi 29 août ont été annulées et reportées au lendemain[10].

Le 27 août, le programme détaille la présence de huit concurrents[3] :
Jairo Díaz (en)   Colombie
Daniel Larreal   Venezuela
Manuel Guzmán   Colombie
Augusto Ríos   Venezuela
Carlos Espinoza (en)   Pérou
Antonio Shen   Panama
Silvio Marchese   Pérou[n 3]
Carlos Quintero   Panama

Dans la matinée du 30 août, les épreuves de vitesse individuelle commencent par les séries éliminatoires. Le Vénézuélien Daniel Larreal remporte le premier duel face au Colombien Jairo Díaz. Ce succès confirme le statut de favori de la compétition qu'arbore Larreal. Dans le deuxième face-à-face colombo-vénézuélien, Augusto Ríos surprend le Cafetero Manuel Guzmán. Puis suivent deux oppositions Pérou-Panama, où les deux "pistards" péruviens Carlos Espinoza et Silvio Marchese s'imposent respectivement contre Antonio Shen et Carlos Quintero. Les quatre compétiteurs défaits sont reversés en repêchages.

Jairo Díaz, de Colombie, s'y impose face au Panaméen Antonio Shen et son compatriote Manuel Guzmán en fait de même contre Carlos Quintero, du Panama. Les quatre vainqueurs des séries et les deux Colombiens se qualifient pour les quarts de finale. Les deux Panaméens sont éliminés.

Les trois confrontations des quarts de finale voient le succès de Manuel Guzmán aux dépens de Silvio Marchese et la victoire d'Augusto Ríos contre Carlos Espinoza. Tandis que Daniel Larreal bat de nouveau Jairo Díaz. Guzmán, Ríos et Larreal se qualifient pour les demi-finales alors que les perdants disputent une ultime manche de repêchage pour connaître le quatrième homme qualifié pour les demis. Dans ce sprint à trois, Jairo Díaz dispose de Marchese et Espinoza. Les Péruviens sont définitivement éliminés.

Ainsi deux Vénézuéliens affronteront deux Colombiens pour les médailles en jeu dans cette épreuve. Si le délégué colombien Vicente Restrepo n'avait pas soutenu qu'en vitesse individuelle, il est nécessaire d'avoir des repêchages, ses deux compatriotes auraient été éliminés dès le premier tour, battus qu'ils furent par leurs adversaires vénézuéliens. C'est après les manches de repêchages qu'ils peuvent accéder aux demi-finales[6].

Séries éliminatoires de la vitesse individuelle (30 août)[6]
Pos Noms Pays Manche Notes
1 Daniel Larreal   Venezuela 11 s 48 Ǫ
2 Jairo Díaz (en)   Colombie -
1 Augusto Ríos   Venezuela 12 s 1 Ǫ
2 Manuel Guzmán   Colombie -
1 Carlos Espinoza (en)   Pérou 14 s 25 Ǫ
2 Antonio Shen   Panama -
1 Silvio Marchese   Pérou 12 s 44 Ǫ
2 Carlos Quintero   Panama -
Repêchages (30 août)[6]
Pos Noms Pays Manche Notes
1 Jairo Díaz (en)   Colombie   Ǫ
2 Antonio Shen   Panama -
1 Manuel Guzmán   Colombie   Ǫ
2 Carlos Quintero   Panama -
Quarts de finale (30 août)[6]
Pos Noms Pays Manche Notes
1 Manuel Guzmán   Colombie 12 s 26 q
2 Silvio Marchese   Pérou -
1 Augusto Ríos   Venezuela 12 s 37 q
2 Carlos Espinoza (en)   Pérou -
1 Daniel Larreal   Venezuela 11 s 76 q
2 Jairo Díaz (en)   Colombie -
Repêchages (30 août)[6]
Pos Noms Pays Manche Notes
1 Jairo Díaz (en)   Colombie   q
2 Silvio Marchese   Pérou -
3 Carlos Espinoza (en)   Pérou -
Demi-finales (31 août)[5]
Pos Nom Pays 1re manche 2e manche 3e manche Notes
1 Daniel Larreal   Venezuela   -   Q
2 Manuel Guzmán   Colombie -   -
1 Jairo Díaz (en)   Colombie     Q
2 Augusto Ríos   Venezuela - -
Finales
Match pour la médaille de bronze (31 août)[5]
Pos Nom Pays 1re manche 2e manche
  Augusto Ríos   Venezuela    
4 Manuel Guzmán   Colombie - -
Match pour la médaille d'or (31 août)[5]
Pos Nom Pays 1re manche 2e manche
  Daniel Larreal   Venezuela    
  Jairo Díaz (en)   Colombie - -

Le lendemain soir, avec un retard appréciable par rapport à l'horaire prévu, en raison de la durée du concours de saut à la perche, se disputent les demi-finales. Celles-ci comme d'ailleurs les finales sont des duels colombo-vénézuéliens. Le grand favori Daniel Larreal accède à la finale, en disposant en trois manches de Manuel Guzmán. Le Vénézuélien s'octroie la première. Dans la deuxième, le Colombien surprend le Criollo. Ce qui nécessite une troisième manche où Larreal impose sa supériorité. Dans l'autre demi-finale, Jairo Díaz (en) domine en deux manches Augusto Ríos.

Dans la même soirée, les médailles de la vitesse sont attribuées. Les deux duels voient la défaite des pistards colombiens face à leurs homologues vénézuéliens et la victoire logique de Daniel Larreal. Les deux finales se terminent l'une comme l'autre en deux manches (sans qu'il y ait besoin d'une troisième). Larreal gagne l'or face à Jairo Díaz, confirmant ses victoires en série éliminatoire et en quart de finale face à ce même adversaire. Tandis que son compatriote Augusto Ríos s'empare de la médaille de bronze aux dépens de Manuel Guzmán[5].

31 août, 1er et 2 septembre : poursuite par équipesModifier

La sélection colombienne remporte une troisième médaille d'or sur quatre possible dans l'épreuve de poursuite par équipes, dernière compétition de cyclisme sur piste des Jeux.

Le 27 août, le programme détaille la présence de seulement quatre sélections[3] :
1.   Venezuela
2.   Pérou
3.   Panama
4.   Colombie
Les quatre formations inscrites s'élancent dans cet ordre, le premier soir, pour disputer une manche en contre-la-montre qui déterminera les confrontations en demi-finales du lendemain. La sélection colombienne effectue l'exercice en dernier. Ainsi le directeur sportif colombien Héctor Herrón demande à son quatuor de réaliser le moins bon temps des quatre pour affronter le Venezuela en demi-finales et lui interdire toute option sur la médaille d'argent[n 4]. Ainsi le Venezuela, meilleur temps de ce tour qualificatif, avec min 49 s 90 affrontera l'équipe au moins bon "chrono", la Colombie (min 22 s 75). Tandis que les quartets panaméen et péruvien s'opposeront pour une place en finale[5].

Séries qualificatives de la poursuite par équipes (31 août)[5]
Pos Pays Cyclistes Temps
1   Venezuela - min 49 s 90
[n 5]   Panama - -
[n 5]   Pérou - -
4   Colombie Luis Hernán Díaz
Jaime Galeano (es)
José Ramón Garcés
Álvaro Pachón
min 22 s 75
Demi-finales (1er et 2 septembre)[11],[7]
Pos Pays Cyclistes Temps Notes
1   Colombie Luis Hernán Díaz
Jaime Galeano (es)
José Ramón Garcés
Álvaro Pachón
min 45 s 40 Q
2   Venezuela - min 53 s 25
Pos Pays Cyclistes Temps Notes
1   Pérou - min 57 s 8 Q
2   Panama - min 8 s 3
Finales
Match pour la médaille de bronze (2 septembre)
Pos Pays Cyclistes Temps
    Venezuela -  
4   Panama - -
Match pour la médaille d'or (2 septembre)[7]
Pos Pays Cyclistes Temps
    Colombie Álvaro Pachón
Luis Hernán Díaz
José Ramón Garcés
Jaime Galeano (es)
min 10 s 5
    Pérou - min 13 s 9

Mardi 1er septembre devait être la dernière journée de compétition de cyclisme sur piste mais en raison d'une bruine persistante, la réunion est ajournée au lendemain 9h30. Cependant la première demi-finale a pu se disputer et a vu la nette victoire de la sélection colombienne, composée de Luis Hernán Díaz, de Jaime Galeano (es), de José Ramón Garcés et d'Álvaro Pachón. En réalisant min 45 s 40, nouveau record bolivarien, les Colombiens disposent des Vénézuéliens, chronométrés en min 53 s 25. Panaméens et Péruviens se retrouveront le lendemain matin pour disputer leur demi-finale. Lors de l'échauffement, le Panaméen Fernando Ayala chute lourdement, ce qui nécessite son transfert dans la salle des urgences du vélodrome où quatre points de suture à la tête lui sont apposés[11].

Le 2 septembre, dans la matinée, se déroule la deuxième demi-finale, ajournée la veille en raison de la pluie. L'équipe de poursuite péruvienne s'impose face aux Panaméens. Le quatuor panaméen s'est retrouvé diminué par l'abandon d'un des leurs vers la mi-course. L'écart s'est creusé au point d'échauffer l'esprit d'un coureur panaméen, qui a eu des propos déplacés au passage devant les juges. Celui-ci fut réprimandé une fois terminée l'épreuve. Le Pérou, chronométré en min 57 s 8, rejoint la Colombie (qui a battu le Venezuela la veille) en finale, Panama finissant l'exercice en min 8 s 3.

En finale, la sélection colombienne, composée d'Álvaro Pachón, de Luis Hernán Díaz, de José Ramón Garcés et de Jaime Galeano (es), s'impose de trois secondes et quarante centièmes face au quartet inca, en réalisant min 10 s 5. Les commentateurs colombiens sont virulents quant à l'adversité proposée à leur équipe. Selon eux, « le déséquilibre fut total » entre une formation « très bonne » (la leur), celle du Venezuela, « à peine médiocre » et « deux qui n'avait rien à faire dans un tournoi international », le Pérou et le Panama.

De plus, la façon de disputer les séries par les quatre coureurs colombiens est encore commentée (En terminant quatrième, ils choisissaient d'affronter le Venezuela dès les demi-finales pour leur barrer la route de la finale). Héctor Herrón nie avoir eu l'idée de cette stratégie et déclare qu'elle incombe à ses coureurs. Ces derniers ont agi ainsi en réponse aux invectives qui descendaient des tribunes[7].

3 septembre : 100 km contre-la-montre par équipesModifier

Les 100 km contre-la-montre par équipes, première épreuve de cyclisme sur route des Jeux, voit la victoire de la Colombie.

Le 27 août, le programme des compétitions indique quatre équipes inscrites pour cette première épreuve de cyclisme sur route. Celles-ci doivent s'élancer de trois en trois minutes[3]. Mais la veille du départ se sont bien cinq formations qui sont annoncées :
  Venezuela
  Colombie
  Panama
  Pérou
  Équateur
Elles doivent effectuer sept fois un parcours, long de 14,285 kilomètres, tracé sur la voie rapide n° 1. Les favoris sont de nouveau les coureurs colombiens avec comme principaux rivaux, les Vénézuéliens. Prévu à 8h00 locales, le départ de l'épreuve a été longuement retardé, en raison de problèmes de transport[12],[8]. Les véhicules qui devaient acheminer de la Villa Bolivariana au lieu de départ les délégations, les directeurs techniques et le personnel ne se sont pas présentés à l'horaire prévu. Cela eut pour conséquence que les deux derniers tours à parcourir le furent sous une forte chaleur. L'épreuve se déroule devant un public clairsemé. Plusieurs raisons à cela, la compétition a lieu en périphérie de la ville et puis le cyclisme n'est pas le sport le plus prisé à Maracaibo. Il est à constater aussi que le chronométrage officiel a connu quelques ratés. En l'absence de chronométrage électronique, les temps ont été relevés avec des montre-bracelets. Mais les deux personnes chargées d'additionner les temps ont fait plusieurs erreurs d'arithmétique. Ce n'est que bien plus tard que celles-ci furent corrigées.

Sur les cinq équipes engagées, une seule n'est pas arrivée au terme de l'épreuve. La sélection du Pérou a d'abord subi le retrait de Fernando Cuenca (en) au quatrième tour puis celui de Saturnino Ramírez au sixième (pour une sévère déshydratation, nécessitant son hospitalisation[13]), entraînant l'abandon de la formation. L'Équatorien Jaime Pozo (de) en a fait de même au terme de la quatrième révolution alors que le Panaméen Arquímides Jean est le premier à se retirer, à la fin du troisième tour[8]. Ayant fait tomber son bidon, le Colombien Asdrúbal Salazar ne peut se réhydrater correctement. Victime d'une insolation, il doit abandonner ses compagnons au sixième tour[14]. Tandis que le Venezuela est la seule équipe à terminer au complet.

Au premier passage sur la ligne d'arrivée, avec 19 min 3 s, le quatuor vénézuélien a vingt-trois secondes d'avance sur ses rivaux colombiens. Une révolution plus tard, les Colombiens passent en 38 min 26 s, ils sont désormais aux commandes de l'épreuve et ne les quitteront plus. Le Venezuela, passant en 39 min 7 s, perd min 4 s sur ses adversaires en un peu plus de quatorze kilomètres. Les Colombiens ne sont plus inquiétés alors que les Vénézuéliens disputent un duel serré face aux Équatoriens pour la médaille d'argent. Ce match dans le match tourne à l'avantage des amphitryons. L'abandon d'Asdrúbal Salazar a pu causer une certaine préoccupation pour la délégation colombienne. En effet, une simple crevaison pouvait avoir des conséquences sur le classement final. Mais les hommes dirigés par Ricardo Zea finissent sans accroc l'épreuve avec min 22 s d'avance sur le pays hôte. Panama s'adjuge la médaille de bronze[8] alors que l'Équateur baisse de rythme au point de chuter hors du podium dans le dernier tour[15].

À la différence des commentateurs qui considère comme aisée la victoire du quatuor formé par Álvaro Pachón, Rafael Antonio Niño, Luis Hernán Díaz et Asdrúbal Salazar qui répondent ainsi à leur statut de favoris que leur avaient attribués les supporters et les critiques, ces derniers estiment que la médaille d'or fut difficile à aller chercher du fait de la concurrence des Vénézuéliens et d'un parcours plus dur qu'il n'y paraissait. Pour Niño, Pachón et Díaz, les deux derniers tours furent les plus durs, d'autant plus que Niño n'était plus aussi efficace[8],[14].

D'une part, la sélection colombienne conserve le titre acquis, par notamment Álvaro Pachón, cinq ans auparavant à Guayaquil, lors des V Jeux bolivariens de 1965 (es). D'autre part, grâce à cette victoire, Luis Hernán Díaz remporte sa troisième médaille d'or des Jeux. Tandis que le vainqueur du Tour de Colombie 1970, Rafael Antonio Niño honore sa première sélection internationale, par ce résultat positif[16],[8].

Classement des 100 km contre-la-montre par équipes[15],[8]
Pos Coureur Pays Temps
    Colombie Álvaro Pachón
Rafael Antonio Niño
Luis Hernán Díaz
Asdrúbal Salazar
h 21 min 29 s
    Venezuela -
-
-
-
h 24 min 51 s
    Panama -
-
-
Arquímides Jean
h 27 min 11 s
4   Équateur -
-
-
Jaime Pozo (de)
h 28 min 23 s
Ab.   Pérou -
-
Fernando Cuenca (en)
Saturnino Ramírez
-

5 septembre : course en ligneModifier

Álvaro Pachón s'impose dans un final spectaculaire.

À 7h30 (heure locale), la course en ligne clôt les épreuves cyclistes des VI Jeux bolivariens. Vingt coureurs sont inscrits, représentant cinq sélections : la Colombie, l'Équateur, le Panama, le Pérou et le pays hôte, le Venezuela (quatre compétiteurs par nations). La veille du départ, les commentateurs colombiens s'interrogent sur le côté « monotone » qu'offre un parcours sans relief de 185 km, qu'ils jugent, tout de même, épuisant pour les engagés. Il est en effet présenté comme un aller/retour de quatre-vingt-dix kilomètres, complètement plat. Les quatre compétiteurs colombiens Álvaro Pachón, Rafael Antonio Niño, Luis Hernán Díaz et Jaime Galeano (es), dont les trois premiers ont remporté les 100 km contre-la-montre par équipes, sont cités parmi les favoris. « En espérant un triomphe retentissant avec le gain des trois médailles en jeu », la presse colombienne s'interroge sur qui remportera la médaille d'or. Elle serait la quatrième pour Díaz, la troisième pour Pachón et la seconde pour Niño de ces Jeux[17].

Des vingt coureurs initialement inscrits seuls seize sont au départ. En effet, la sélection du Pérou déclare forfait en regard des résultats de l'épreuve des 100 km contre-la-montre par équipes, où l'équipe dut abandonner. Comme envisagé, les cent-trente premiers kilomètres sont monotones en raison de la topographie complètement plane. Dès le départ, le Panaméen Teodoro Castillo et Jaime Pozo (de), de l'Équateur prennent l'initiative de lancer les hostilités. Pendant cent-vingt kilomètres, les deux vont se relayer en tête de la course. Un effort qui parait démesuré et inutile aux observateurs et qui se reflète dans leur résultat final (respectivement quatorzième et septième). Les favoris de l'épreuve que sont les Vénézuéliens et les Colombiens semblent se désintéresser de la fugue au point qu'elle obtient près de six minutes d'avance. À ce moment-là, les poursuivants reçoivent l'ordre de mener une chasse plus vigoureuse. En cinq kilomètres, l'écart fond à min 20 s.

À cinquante kilomètres de l'arrivée, Jaime Pozo se retrouve seul en tête, abandonné par Teodoro Castillo, épuisé, qui reçoit le soutien de son compatriote Arquímides Jean. Pozo a alors trente-cinq secondes d'avance sur le duo panaméen et min 33 s sur le reste des concurrents. Constatant l'inanité de l'effort solitaire de l'Équatorien, son directeur sportif l'enjoint d'attendre les Panaméens pour unir leur effort et être plus efficace. Mais le peloton, se décidant enfin à organiser la chasse, les absorbe rapidement. Ainsi après tant d'efforts, les seize partants se retrouvent de nouveau ensemble. Les Colombiens établissent une tactique qui les voit attaquer en duo, Pachón avec Galeano et Díaz avec Niño. À vingt-cinq kilomètres de l'arrivée, Pachón et Galeano sont en tête avec deux Vénézuéliens Alvarado et Peraza tandis que, dans un deuxième groupe, roule de concert Díaz et Niño avec deux autres Vénézuéliens Villaroel et Sánchez[n 6].

À quelques kilomètres de l'arrivée au vélodrome, terme de l'épreuve, le Panaméen Reinaldo Cueto et les Équatoriens Pozo et Herrera s'unissent au groupe de tête. Certain de son fait, Álvaro Pachón entre dans le vélodrome en quatrième position. Il ne lui faut pas plus de cent mètres pour remonter et dépasser ses adversaires entrés dans le stade avec une légère avance. Pachón s'empare de la médaille d'or à l'issue du sprint, où son coéquipier Galeano termine deuxième et le Vénézuélien Peraza récupère la médaille de bronze[18].

À l'issue de la course, Álvaro Pachón confie avoir cru, à mi-course que la victoire pouvait échapper aux Colombiens. Mais grâce à une poursuite efficace, ils ont pu annihiler l'avantage laissé à l'échappée. Pour lui, les adversaires les plus dangereux étaient les Vénézuéliens, à domicile et les Panaméens. Par ailleurs, il loue la direction sportive de Ricardo Zea et déclare avoir utilisé un grand plateau de cinquante trois dents et une cassette allant de quatorze à dix-huit dents à l'arrière. Pachón révèle que la course, longue de 185 kilomètres, a été difficile. Ce que confirme Luis Hernán Díaz. Parti avec l'étiquette de favori, ce qu'il nie avoir été, il a souffert d'un marquage excessif de ses adversaires, en raison de cette pancarte. De plus, il se voit sérieusement retardé en étant dévié du parcours menant au vélodrome par un agent de police, étourdi[19].

Un septième podium, donnant une deuxième médaille d'or au Venezuela, est établi à l'issue de la course en ligne. Avant que ne soit instaurée l'épreuve des 100 km contre-la-montre par équipes, la compétition sur route décernait deux classements, un individuel et un par équipes. Avec l'arrivée de l'épreuve en contre-la-montre, le classement par équipes n'a plus lieu d'être et disparait de toutes les compétitions. Pourtant les organisateurs des Jeux décident de revenir sur cette position, en réintroduisant le classement par équipes de la course en ligne. Le délégué de l'Union cycliste internationale, Guillermo Ceballos critique publiquement cette façon de procéder et déclare que ce classement ne peut avoir de caractère officiel. Cette décision est au bénéfice de la sélection vénézuélienne qui récupère une deuxième médaille d'or en cyclisme[20]. En effet, huit coureurs arrivent quasi dans le même temps dans le vélodrome, deux par nationalité présente, Colombie, Équateur, Panama et Venezuela. Ainsi le neuvième à franchir la ligne est déterminant pour la médaille d'or. Et c'est le troisième Vénézuélien César Sánchez qui arrive avec quelques précieuses secondes d'avance sur le troisième Colombien Rafael Niño pour permettre à sa délégation de s'octroyer une nouvelle médaille d'or[21].

Classement de la course en ligne[9]
Pos Coureur Pays Temps
  Álvaro Pachón   Colombie en h 53 min 15 s
  Jaime Galeano (es)   Colombie à s
  Rafael Peraza   Venezuela m.t.
4 Reinaldo Cueto   Panama[n 7] m.t.
5 Alvarado   Venezuela à s
6 José Herrera   Équateur à s
7 Jaime Pozo (de)   Équateur à 11 s
8 Arquímides Jean   Panama m.t.
9 César Sánchez   Venezuela à min 25 s
10 Héctor Roca   Pérou[n 8] à min 29 s

Tableau des médaillesModifier

Malgré les protestations de la presse colombienne et la critique formulée par le délégué de l'UCI[20], rien n'indique que le podium de la course en ligne par équipes n'ait pas été pris en compte dans le tableau des médailles. Ainsi ce sont vingt et une médailles qui ont été distribuées lors de ces Jeux.

Rang Nation Or Argent Bronze Total
1   Colombie 5 4 0 9
2   Venezuela 2 2 3 7
3   Pérou 0 1 1 2
4   Panama 0 0 2 2
5   Équateur 0 0 1 1
Total 7 7 7 21

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Pour que la sélection vénézuélienne obtienne la première place du classement par équipes, celui-ci doit être établi au temps réalisé par ses trois meilleurs coureurs. Ce qui donnerait la troisième marche du podium à la sélection panaméenne, même si aucune source ne l'indique.
  2. Seules six nations participent aux VI Juegos Bolivarianos.
  3. a et b Nommé Silvio Merchán sur la liste des engagés, publiée le 27 août.
  4. Le tableau des médailles des Jeux bolivariens de 1970 se résume à un duel entre les délégations vénézuélienne et colombienne. Héctor Herrón cherche à avantager son pays en "subtilisant" une médaille d'argent à leur adversaire.
  5. a et b Pas de "chrono" disponible, la sélection termine deuxième ou troisième des séries qualificatives.
  6. Dans l'article Pachón dio la última medalla de oro al ciclismo colombiano, Humberto Jaimes parle de deux duos vénézuéliens, Alvarado et Villaroel, en tête de la course, et d'un autre Peraza et Sánchez, dans un second groupe. Mais il semble pour le moins surprenant que, vingt-cinq kilomètres plus tard, Peraza puisse disputer le sprint pour le podium tandis que Villaroel soit relégué dans le deuxième groupe à l'arrivée (cf le classement)
  7. Dans le classement publié dans le quotidien El Tiempo, Reinaldo Cueto représente le Pérou, cependant dans l'article Pachón dio la última medalla de oro al ciclismo colombiano, publié la page précédente, Humberto Jaimes annonce le forfait de la sélection péruvienne et écrit « le Panaméen Reinaldo Cueto ».
  8. Dans l'article Pachón dio la última medalla de oro al ciclismo colombiano, Humberto Jaimes annonce le forfait de la sélection péruvienne, même s'il n'évoque pas particulièrement Héctor Roca.

RéférencesModifier

  1. a b et c (es) Humberto Jaimes Cañarete, « El turno le corresponde al ciclismo », El Tiempo, no 20537,‎ , p. 26 (lire en ligne)
  2. (es) Carlos Emilio Serna Serna, « Pachón, Niño, Díaz y Galeano, hoy en ruta », El Tiempo, no 20545,‎ , p. 26 (lire en ligne)
  3. a b c d et e (es) Humberto Jaimes C., « Programa y participantes en las pruebas de pista y de ruta », El Tiempo, no 20537,‎ , p. 26 (lire en ligne)
  4. a b c et d (es) Carlos E. Serna S., « El ciclismo comenzó a mandar en Maracaibo », El Tiempo, no 20538,‎ , p. 25 (lire en ligne)
  5. a b c d e f g h i j et k (es) Humberto Jaimes C., « Luis H. Díaz, campeón », El Tiempo, no 20541,‎ , p. 22 (lire en ligne)
  6. a b c d e f g h et i (es) Humberto Jaimes C., « Luis H. Díaz llegó a final con gran marca », El Tiempo, no 20540,‎ , p. 29 (lire en ligne)
  7. a b c et d (es) Humberto Jaimes C., « Fácil triunfo de Colombia en carrera de persecución », El Tiempo, no 20543,‎ , p. 21 (lire en ligne)
  8. a b c d e f et g (es) Humberto Jaimes C., « El ciclismo "barre" en los Juegos Bolivarianos », El Tiempo, no 20544,‎ , p. 21 (lire en ligne)
  9. a et b (es) Humberto Jaimes C., « Clasificación », El Tiempo, no 20546,‎ , p. 18 (lire en ligne)
  10. a et b (es) UPI, « Ciclismo, suspendido por lluvia », El Tiempo, no 20539,‎ , p. 13 (lire en ligne)
  11. a et b (es) Carlos E. Serna S., « Colombia clasificó para la final de persecución », El Tiempo, no 20542,‎ , p. 21 (lire en ligne)
  12. (es) Carlos E. Serna S., « Poderoso equipo en los 100 kilómetros », El Tiempo, no 20543,‎ , p. 22 (lire en ligne)
  13. (es) Herman Beals, « Venezuela se quedó con máximo título », El Tiempo, no 20547,‎ , p. 21 (lire en ligne)
  14. a et b (es) Carlos E. Serna S., « El triunfo no fue tan fácil, dicen ciclistas », El Tiempo, no 20544,‎ , p. 22 (lire en ligne)
  15. a et b (es) Humberto Jaimes C., « Parciales en la prueba de los 100 kilómetros », El Tiempo, no 20544,‎ , p. 21 (lire en ligne)
  16. (es) Carlos E. Serna S., « Tres medallas de oro completó Luis H. Díaz », El Tiempo, no 20544,‎ , p. 21 (lire en ligne)
  17. (es) Carlos Serna, « Pachón, Niño, Díaz y Galeano, hoy en ruta », El Tiempo, no 20545,‎ , p. 26 (lire en ligne)
  18. (es) Humberto Jaimes C., « Pachón dio la última medalla de oro al ciclismo colombiano », El Tiempo, no 20546,‎ , p. 17 (lire en ligne)
  19. (es) Carlos E. Serna S., « "El triunfo estuvo en peligro" dijo Pachón », El Tiempo, no 20546,‎ , p. 18 (lire en ligne)
  20. a et b (es) Humberto Jaimes C., « Medalla que no se justifica », El Tiempo, no 20546,‎ , p. 17 (lire en ligne)
  21. (es) AFP, « Colombia, en la ruta de los Panamericanos », El Tiempo, no 20547,‎ , p. 21 (lire en ligne)