Cupule (archéologie)

dépression circulaire effectuée par un être humain à la surface d'une dalle ou d'un rocher

En archéologie, une cupule est une dépression circulaire effectuée par un être humain à la surface d'une dalle ou d'un rocher. Une telle pierre est désignée comme « pierre à cupules » ou « pierre à écuelles ».

Ensemble de cupules sur un rocher, Galice, Espagne.

Description et fonctionsModifier

Une cupule est une forme de pétroglyphe réalisée à la surface de rochers ou d'affleurements rocheux. Il s'agit d'une dépression concave, de forme circulaire ou ovale et d'une profondeur de quelques mm. Les cupules sont généralement de taille modeste, de quelques centimètres de diamètre ; au-delà de 20 cm on parle plutôt de bassins[réf. souhaitée].

Certaines cupules sont entourées par des anneaux concentriques symétriques, également tracées dans la pierre. Parfois, plusieurs cupules sont reliées par une rigole. Des cupules apparaissent parfois sur des mégalithes.

Leur disposition est en général horizontale mais aussi parfois verticale (mégalithe de la pierre femme, 38-Vénérieu)

Vidéo montrant comment un liquide s'écoule sur une pierre à cupules (la Pierre aux écuelles, en Suisse).

Jean Abélanet distingue deux types de cupules, les cupules à fonction figurative (constituant les yeux ou les seins d'une représentation anthropomorphe, telle une déesse-mère ou une « idole », ou servant de départ à des figurations soléiformes[1]) et les cupules à fonction utilitaire[2].

Le but des cupules à fonction utilitaire n'est pas connu, pas plus que l'usage exact qui en était fait. Au vu de rigoles qui reliaient, dans certains cas, les cupules entre elles sur des surfaces plus ou moins horizontales, des archéologues comme Abélanet ont parfois pensé qu'elles étaient liées à des libations rituelles[3]. D'autres hypothèses évoquent des dispositifs astronomiques, de résultat d'affutage, de signalement (frontières ou autre) mais les preuves de telles théorie font absolument défaut.

LocalisationModifier

 
Pierre à cupules à Mours-Saint-Eusèbe, France.

Les cupules se rencontrent fréquemment en Europe continentale, le long de la façade atlantique (nord de l'Angleterre, Écosse[4],[5], Irlande, Bretagne, île d'Yeu[6], île de Noirmoutier, Galice et Portugal), sur la façade atlantique du Maroc du nord (region de Tanger)[7], le long des côtes méditerranéennes (nord-ouest de l'Italie, Thessalie). On trouve des formes similaires dans le reste du monde, comme au Mexique, au Brésil, en Inde et en Guadeloupe (à Trois-Rivières). Elles sont très présentes sur les reliefs, particulièrement en montagne[8].

RéférencesModifier

  1. Signe solaire avec ou sans rayons. Exemples : cupules avec rayons, cupule au centre d'un cercle de cupulettes…
  2. Jean Abélanet, Signes sans paroles. Cent siècles d'art rupestre en Europe occidentale, Hachette, , p. 152
  3. Michel Martzluff, Roches ornées, roches dressées, Presses universitaires de Perpignan, , p. 236.
  4. (en) « Cup and Ring carvings ......... What are they ?? », Yorkshire Rock Art
  5. (en) « Drumtroddan », The Whithorn Trust
  6. Marcel Baudouin, « La Roche aux Fras, Pierre à 95 cupules et 6 cavités pédiformes, à l'Ile d'Yeu (Vendée) », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 11, no 10,‎ , p. 484-513 (lire en ligne).
  7. (es) Cravioto, E. G., & García, H. G., « Un santurario de Cazoletas (Cupules) en Tánger (Douar Ziaten) », Akros: Revista de Patrimonio, (14),‎ , p. 7-14
  8. « pierres a cupule - alpes » (consulté le 23 octobre 2016)

Voir aussiModifier

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