Cubzac-les-Ponts

commune française du département de la Gironde

Cubzac-les-Ponts
Cubzac-les-Ponts
La mairie.
Blason de Cubzac-les-Ponts
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Gironde
Arrondissement Blaye
Intercommunalité Communauté de communes du Grand Cubzaguais
Maire
Mandat
Alain Tabone
2020-2026
Code postal 33240
Code commune 33143
Démographie
Gentilé Cubzacais
Population
municipale
2 501 hab. (2019 en augmentation de 8,64 % par rapport à 2013)
Densité 280 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 58′ 17″ nord, 0° 27′ 10″ ouest
Altitude Min. 1 m
Max. 42 m
Superficie 8,92 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Bordeaux
(banlieue)
Aire d'attraction Bordeaux
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton du Nord-Gironde
Législatives Onzième circonscription
Localisation
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Cubzac-les-Ponts
Liens
Site web www.mairie-cubzaclesponts.com/

Cubzac-les-Ponts est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Gironde, en région Nouvelle-Aquitaine.

GéographieModifier

Localisation et accèsModifier

La commune est située dans le Cubzaguais, sur la rive droite (nord) de la Dordogne, à 20 km au nord-nord-est de Bordeaux, chef-lieu du département, à 28 km au sud-est de Blaye, chef-lieu d'arrondissement et à 3 km au sud de Saint-André-de-Cubzac, chef-lieu de canton[1].

La commune fait partie de l'aire d'attraction de Bordeaux et de son unité urbaine. Elle faisait auparavant partie de l'unité urbaine de Saint-André-de-Cubzac absorbée par celle de Bordeaux selon la délimitation de 2020.

Les trois ponts qui enjambent la Dordogne, dits de Saint-André-de-Cubzac, sont dans cette commune.

Communes limitrophesModifier

Sur la rive droite de la Dordogne où se trouve la commune, les communes limitrophes en sont Saint-André-de-Cubzac au nord et Saint-Romain-la-Virvée au sud-est ; sur la rive gauche, se trouvent Saint-Vincent-de-Paul à l'ouest-sud-ouest et Saint-Loubès au sud, en quadripoint (point de la surface de la Terre où quatre frontières différentes se rejoignent).

Communes limitrophes de Cubzac-les-Ponts[2]
Saint-André-de-Cubzac .
 
Saint-Vincent-de-Paul

 
                 (quadripoint)

Saint-Loubès
Saint-Romain-la-Virvée

 

ClimatModifier

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique franc », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[3]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Ce type de climat se traduit par des températures douces et une pluviométrie relativement abondante (en liaison avec les perturbations venant de l'Atlantique), répartie tout au long de l'année avec un léger maximum d'octobre à février[4].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[5]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[3]

  • Moyenne annuelle de température : 13,3 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 1 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 7,5 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 1] : 14,7 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 2] : 876 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 12 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 6,7 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[7] complétée par des études régionales[8] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Saint-Gervais », sur la commune de Saint-Gervais, mise en service en 1995[9] et qui se trouve à 5 km à vol d'oiseau[10],[Note 3], où la température moyenne annuelle est de 13,7 °C et la hauteur de précipitations de 784,8 mm pour la période 1981-2010[11]. Sur la station météorologique historique la plus proche, « Bordeaux-Mérignac », sur la commune de Mérignac, mise en service en 1920 et à 21 km[12], la température moyenne annuelle évolue de 13,3 °C pour la période 1971-2000[13], à 13,8 °C pour 1981-2010[14], puis à 14,2 °C pour 1991-2020[15].

Milieux naturels et biodiversitéModifier

Natura 2000Modifier

La Dordogne est un site du réseau Natura 2000 limité aux départements de la Dordogne et de la Gironde, et qui concerne les 104 communes riveraines de la Dordogne, dont Cubzac-les-Ponts[16],[17]. Seize espèces animales et une espèce végétale inscrites à l'annexe II de la directive 92/43/CEE de l'Union européenne y ont été répertoriées[18].

ZNIEFFModifier

Cubzac-les-Ponts fait partie des 102 communes concernées par la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type II « La Dordogne »[19],[20], dans laquelle ont été répertoriées huit espèces animales déterminantes et cinquante-sept espèces végétales déterminantes, ainsi que quarante-trois autres espèces animales et trente-neuf autres espèces végétales[21].

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Cubzac-les-Ponts est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 4],[22],[23],[24]. Elle appartient à l'unité urbaine de Bordeaux, une agglomération intra-départementale regroupant 73 communes[25] et 969 897 habitants en 2018, dont elle est une commune de la banlieue. L'agglomération de Bordeaux est la sixième plus importante de la France en termes de population, derrière celles de Paris, Lyon, Marseille-Aix-en-Provence, Lille (partie française) et Toulouse[26],[27].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bordeaux, dont elle est une commune de la couronne[Note 5]. Cette aire, qui regroupe 275 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[28],[29].

Occupation des solsModifier

 
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,7 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (77,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (25,7 %), zones agricoles hétérogènes (20,8 %), zones urbanisées (16,8 %), cultures permanentes (16,3 %), eaux continentales[Note 6] (10,4 %), terres arables (9,9 %)[30].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

ToponymieModifier

Deux origines sont proposées quant au nom de la commune :

l'une comme l'autre terminée par le suffixe localisant -acum.

Ses habitants sont appelés les Cubzacais [31] ou Cubzaquais[32], le gentilé gascon authentique étant Cubzaqués ou -gués.

Sur deux poèmes en gascon du Cubzagués, voir :

http://www.gasconha.com/spip.php?article220

HistoireModifier

À Cubzac-les-Ponts, des traces très anciennes ont été retrouvées et témoignent d'un habitat du Néolithique. Le territoire aurait été occupé dès le VIe siècle avant Jésus-Christ par une tribu de Bituriges Vivisques. Le plateau de Cubzac était un site naturel difficile d'accès sur lequel se sont probablement construit des habitats fortifiés. Des recherches y ont mis en évidence l'existence de structures funéraires pouvant dater de la protohistoire tant par des vestiges archéologiques[33] que par des découvertes fortuites[34].

L'habitat proprement dit de Cubzac, éloigné d'environ 800 mètres de ce plateau fortifié, s'étendait d'abord sur un second plateau, plus en longueur, qui forme un petit coteau orienté Sud, depuis longtemps recouvert de vignes, qui domine la vallée de la Dordogne. C'est là que se trouvent le village ancien et l'église actuelle. C'est à cet endroit aussi qu'on été découvertes, dans les années 1980, des traces tangibles d'habitat du haut Moyen Âge, notamment par des sépultures (nombreuses tombes en pleine terre et, à environ trois mètres, plusieurs cuves taillées dans du calcaire avec coussin de tête au plat et couvercle en bâtière, orientation est-ouest) mises au jour lors d'un sondage archéologique réalisé sur l'emplacement de l'ancien cimetière. Il en a été déduit qu'il était autrefois situé au pied de l'église actuelle, elle-même probablement construite sur un édifice plus ancien encore[35]. C'est au cours de ce sondage qu'avait été mis au jour un exceptionnel anneau d'or paléochrétien, en jonc, frappé d'un emblème en creux « au poisson », dont la découverte a été publiée en son temps[36]. Cela témoigne d'une occupation bien ancrée, et sans doute organisée, sur le site dans le Haut Moyen Age. En 1249, Simon V de Montfort fait ériger une gigantesque place forte juste à côté, sur le très étendu plateau de Cubzac, pour le compte du roi d'Angleterre qui le charge de la gestion de ses terres en Aquitaine. En 1341, la seigneurie est érigée en châtellenie et donnée par le roi Édouard III d'Angleterre à l'un se ses vassaux en France[37], Bérard III d'Albret[38].

La fin de la période médiévale est caractéristique de l'abandon des lieux fortifiés au bénéfice des lieux de gestion, qui privilégient les revenus, les échanges et l'économie. La forteresse anglaise de Cubzac, qui n'avait plus d'utilité après que la victoire de Castillon ait permis à la France de recouvrer l'ensemble du royaume, périclita. La seigneurie se transmit, puis son siège se déplaça à la maison noble du Bouilh, située tout près de Saint André, dont le développement économique était fondé sur une tout autre problématique, plus adaptée aux temps qui s'annonçaient. Alors que Cubzac perdait de son influence, Saint André augmentait considérablement la sienne[39].

À la Révolution, la paroisse Saint-Julien de Cubzac, autour de son église, forme la commune de Cubzac. En 1885, la commune de Cubzac devient Cubzac-les-Ponts[40].

L'habitat de Cubzac est indissociable de son petit port sur la Dordogne. Il est possible que, dès l’époque romaine Cubzac, où avait été construite une importante villa, ait peut-être été un lieu de « surveillance » du passage de la Dordogne, si l'on tient compte de la proximité du chemin de la vie, voie romaine construite avec soin, dont le parcours est archéologiquement attesté[41]. Ce passage de Cubzac, parmi d'autres qui existaient, n'a jamais cessé, l'endroit devenant progressivement un petit port pour les barques de pêche ou celles assurant du commerce de proximité dans la région. Le port de Cubzac est mentionné dans les actes en tant que tel, c'est-à-dire une dépendance seigneuriale ouvrant droit à revenus, en 1289[42]. Le passage entre la rive droite de la Dordogne et l'Entre-deux-Mers était ainsi assuré de plusieurs manières, et s'est développé avec le perfectionnement des bateaux. Avec des embarcations plus fiables il était possible de rejoindre directement Bordeaux, par le Bec d'Ambès et de remonter ensuite la Garonne. Pour assurer la traversée de la rivière à Cubzac, au cours des siècles, de nombreux dispositifs ont été essayés : ponts de bateaux, bateaux à voile, bacs à manège et à vapeur. Mais les périls étaient toujours nombreux en raison de la dangerosité de la Dordogne dans cette zone, comme l'indiquent les sources[43].

De 1839 à 1869 avait été construit un pont suspendu permettant le passage d'une rive à l'autre. L'ouvrage était remarquable pour l'époque, mais il avait été endommagé par une forte tempête en mars 1869, et pour éviter qu'il ne s'écroule et fasse des victimes, il fut décidé d'en stopper l'accès. Un projet de rénovation vit le jour. il fut décidé de conserver les structures principales de ce pont, et d'ériger une armature métallique abritant la voie de circulation. Les ateliers Eiffel, qui avaient déjà assuré la construction de la très importante passerelle des voies ferrées de la gare Saint-Jean à Bordeaux, remportent le marché en 1879, et les travaux dureront deux ans (1879-1880). Le nouveau pont, rebaptisé « pont Eiffel » du nom de son concepteur devenu célèbre depuis pour d'autres réalisations, a longtemps fait l'admiration des ingénieurs.

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1947 1977 Marcel Lagarde    
1977 2008 Guy Lagarde PS  
mars 2008 En cours
(au 17 décembre 2014)
Alain Tabone[44] PS Cadre supérieur
Les données manquantes sont à compléter.

ArrondissementModifier

La commune fait partie de l'arrondissement de Blaye depuis 2006[45].

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[46]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[47].

En 2019, la commune comptait 2 501 habitants[Note 7], en augmentation de 8,64 % par rapport à 2013 (Gironde : +7,85 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8556068041 0031 0381 037936820804
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
8569758918869629901 005853828
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
818829788766779728719655802
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
8849871 1151 3981 7011 7881 9101 9272 261
2017 2019 - - - - - - -
2 4662 501-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[48] puis Insee à partir de 2006[49].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  Le château des quatre fils AymonModifier

 
Ruines du château des quatre fils Aymon

A Cubzac, sur la haute rive rocheuse qui domine la Dordogne, et en plein centre bourg, se trouvent parmi des habitations ordinaires, les ruines du château dit « des quatre fils Aymon ».

La porte d’entrée de la forteresse est flanquée des restes de deux tours. Mais ces quelques pierres sont extraordinairement chargées d’histoire et de légende. Cependant, ce château dont témoignent ces modestes vestiges, n’est pas celui des quatre fils Aymon qui vécurent, peut-être, au temps de Charlemagne.

L'étude historique et archéologique détaillée consacrée au site de Cubzac, ainsi qu'à l'histoire de la seigneurie éponyme, (située entre Bourg-sur-Gironde et Libourne) [50], a démontré que les actuelles ruines, se trouvant sur un oppidum gaulois, sont seulement celles de la porte principale et remontent à un édifice fortifié construit en 1249 par Simon V de Montfort. Il est vrai que le récit historique d'un moine anglais (Matthieu Paris) indique qu'un peu avant cela, en 1206, Jean Sans Terre, le roi d’Angleterre (dernier fils d’Aliénor d’Aquitaine) se serait vengé du roi de France Philippe Auguste (qui l’a fait accuser de forfaiture et déchu de ses fiefs) en se livrant des exactions diverses, aurait pris d’assaut le château de Cubzac et l'aurait détruit. Mais tout indique que, en réalité, ce ne fut pas le cas, d'une part parce que rien n'atteste (historiquement ou archéologiquement) qu'il existait un château sur le site avant 1249, et d'autre part parce que Cubzac était, en 1206, déjà une possession anglaise et rend cette hypothèse d'un supposé château anglais prétendument attaqué par le roi anglais, très improbable[51]. Les premiers textes prouvent que, dès 1249, Cubzac était le siège de la seigneurie du Cubzaguais, attribuée par le roi d'Angleterre à Simon de Montfort, comte de Leicester (fils du terrible et sanglant vainqueur de la croisade des Albigeois), qui avait fait construire pour son roi une forteresse réputée imprenable. Réputée comme telle parce que son plan, à l'époque était novateur : c'était celui d'une Bastide, c'est-à-dire d'un projet de mise en valeur territorial précis qui accompagnait l'édifice fortifié. Il n'en reste aujourd'hui que les ruines de la monumentale porte d'entrée. Dès 1250, Cubzac fut attaqué par les barons gascons révoltés contre Simon de Montfort, l'entrée en fut probablement abîmée et l'ensemble fut restauré aux XIIe et XIIIe siècles, ce qui expliquerait la non-symétrie des deux tours, très atypique dans ce type d'architecture [52].

Le plan de Cubzac, restitué pour la première fois dans son ensemble [53], témoigne de l'existence d'une bastide et suggère qu'il était alors l'une des premières construites par les Anglais en Aquitaine ; mais sa gestion a été contrariée par plusieurs facteurs, et ce fut une tentative de développement territorial qui échoua, au profit de la plus ancienne et toute voisine petite "ville" de Saint-André-de-Cubzac dont le plan en sauveté, suggère un autre type de projet de développement, plus ouvert, comme en témoignaient les marchés qui assuraient son développement économique, voire démographique [54]. Après la victoire de Castillon, en 1453, toutes les possessions anglaises, y compris Cubzac, reviennent dans le giron français. À demi saccagé, Cubzac servit encore de résidence seigneuriale, jusqu’au déménagement de la seigneurie au Bouilh. Par la suite, il servit de carrière de pierres aux habitants locaux[55].

La "tradition" locale raconte que Cubzac aurait été bâti sur l’emplacement d’un édifice plus ancien, datant de l’époque carolingienne, dont il ne reste rien. Il n'y a de cela aucune preuve archéologique. Selon la Légende des "Quatre fils Aymon", les Fils d’un duc franc, Allard, Renaud, Guichard et Richard avec l’aide de l’enchanteur Maugis et du merveilleux cheval Bayard (qui pouvait les porter tous les quatre sur son dos) étaient en guerre ouverte de rébellion contre Charlemagne. Leur allié local, Huon de Bordeaux, qu’ils avaient aidé dans son combat contre les Sarrasins, leur accorda le droit de construire un château sur un petit mont, non loin d'un confluent de deux rivières. Selon l'interprétation de l'une des plus célèbres chansons de gestes « Renaud de Montauban », Montauban serait le nom carolingien d'un piton rocheux (monta alba) que nombre d'érudits locaux ont identifié au "plateau des Quatre Fils Aymon", où se trouvent les actuelles ruines du cubzaguais. La vieille épopée médiévale nous décrit la construction d'un château avec du « mortier de première qualité » et une « tour de marbre face au vent dominant ». D'autres lieux revendiquent l’honneur d’avoir abrité le château de « Mautauban » entouré de sa « forêt d’Ardenne »… Les noms prêtent à confusion. Le texte de la chanson de geste semble sans équivoque : tout cela se passe au-dessus de la Gironde, « au confluent des deux fleuves », mais certains y décèlent, parmi plusieurs hypothèses, le tertre de Fronsac que l'on sait déjà, avec des éléments plus sûrs, avoir été occupé sous Charlemagne [56].

Le château des Quatre Fils Aymon est inscrit au titre des Monuments Historiques depuis le 31 août 1938[57].

Le pont Gustave-EiffelModifier

 
Les ponts sur la Dordogne.

Le pont routier de Cubzac mesure 553 mètres et est divisé en 8 travées. Ce pont routier construit par Gustave Eiffel entre 1879 et 1883, pour la route nationale 10 entre Hendaye et Paris. En imaginant ce pont, Gustave Eiffel innove encore en combinant les procédés de lançage à partir des deux côtés et du porte-à-faux pour la partie centrale.

Le pont de Cubzac fut construit en remplacement et contrairement au précédent qui était suspendu, celui-ci sera fixe à poutre droite métallique. Le pont de Cubzac est construit sur les bases de l’ancien pont suspendu, mis en service en 1839, qui avait été très endommagé par une tempête en 1869[58]. Le nombre de piles et culées est porté à 9, pour supporter ces poutres. Les travaux engagés en 1873, n'étaient pas achevés en 1876. Sur une partie de la poutre du pont déjà construit par lançage, on a accroché en porte-à-faux, par un boulonnage, les pièces en fer qui y font suite et une fois qu'elles sont rivées, on s'en sert comme de nouveaux points d'appui pour boulonner les pièces suivantes. En cheminant ainsi de proche en proche, on arrive à monter complètement dans le vide les pièces successives sur la travée jusqu'à ce que l'on soit arrivé à l'appui voisin où à l'aide de vérins on relève le pont de la quantité dont il s'était abaissé par la flexion.

Le pont fut détruit pendant la Seconde Guerre mondiale puis rebâti par le petit-fils de Gustave Eiffel. Sa rampe d’accès est supportée par des arcades de pierre qui, vues de dessous, ont une allure de cathédrale gothique.

Il est accessible depuis le port toute l’année gratuitement.

Le pont de chemin de ferModifier

Le pont ferroviaire de Cubzac, destiné au chemin de fer, fut construit par Lebrun, Dayde et Pile sur le modèle du pont Eiffel. Construit sur commande de la Compagnie des chemins de fer de l'État, pour la ligne Chartres - Bordeaux, ce pont est achevé en 1885. C’est un pont à poutres en treillis, en fer forgé, de 2 178 mètres de long, le plus long de France. La plus longue portée est de 73,60 mètres.

Le pont autoroutierModifier

Le pont autoroutier de Cubzac, dit aussi pont de Guyenne, qui traverse la Dordogne a été achevé en 1974, il a été construit par Campenon-Bernard et il porte l’autoroute A10. Le pont est construit en béton armé, le pont compte 17 travées et la méthode pour construire le pont a été les voussoirs préfabriqués.

Le pont a été doublé en 2000.

L'église Saint-JulienModifier

L’église Saint-Julien a été modifiée au XIXe siècle, sa façade a cependant conservé quelques vestiges romans. Côté nord, la porte aveugle est ornée d'une frise de bâtons rompus et la porte du sud est de style baroque. Le clocher fut reconstruit au début du XIXe siècle et le portail roman accompagné de deux portes aveugles en plein cintre fut détruit. La nef est lambrissée. Les chapiteaux sont décorés de feuillages et de figures.

L'intérieur de l'église abrite la toile du « Baptême du Christ », datant du XVIIIe siècle et classée Monument Historique à titre d'objet par arrêté du 20 octobre 1913.

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Personnalités liées à la communeModifier

HéraldiqueModifier

  Blason
Écartelé, au premier d'azur à la muraille ruinée d'or, maçonnée de sable, chargée de feuillages de sinople, mouvant des flancs, ouverte sur une portion de route de gueules bordée d'une haie et de trois arbres de sinople, au deuxième d'azur à la maison d'argent, charpentée de sable, ouverte et ajourée du même, mouvant du flanc senestre, essorée à dextre d'un toit d'une pente de gueules, brochant sur une haie de sinople mouvant du flanc senestre, posée sur une terrasse d'or chargée de buissons de sinople mouvant du flanc senestre, au troisième d'azur à trois ponts rangés en pal et mouvant des flancs, le premier d'argent en poutre droite posé en bande, le second d'argent en poutre droite à treillis de sable posé en barre sur deux piliers d'or, le troisième de quatre arches d'or, maçonné de sable, posé en barre sur une terrasse de sinople, au quatrième d'azur à l'église d'or en demi-profil maçonnée de sable et ajourée de deux portails du même, au clocher essoré de sable et ouvert du même et sommé d'une croisette du même, à la nef essorée de gueules, accostée de deux bouquets d'arbres de sinople mouvant des flancs, le tout sur une terrasse d'or[59].
Détails
statut officiel, présent sur le site internet de la commune[60].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Pascal Reigniez, Une carte de 1723 de la région nord de la Guyenne comportant les plans des villes de Saint-André-de-Cubzac, Cubzac, Lormont, Libourne et de la place de Fronsac, Paris, éd. Lepaintre, 1999, 57 pages + cartes et plans en n/b.
  • Office de tourisme du Cubzaguais, Dis-moi, c'était comment le Cubzaguais il y a cent ans ?, 2000.
  • Sylvette Quancard, Terrefort en Guyenne, 2009.
  • Pascal Reigniez, Cubzac et le château des Quatre fils Aymon - Ethno-histoire d'un habitat en basse vallée de la Dordogne, Paris, éd. Les Indes Savantes ; décembre 2009 - (l'édition de mars 2009, non corrigée, a été pilonnée) - 406 pages + cartes et illustrations couleur - http://www.lesindessavantes.com/ouvrages/24578
  • Christophe Meynard, Phred, Le Cubzaguais, un siècle en 100 photos, éd. ARHAL, 2015

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

Notes et cartesModifier

  • Notes
  1. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  2. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[6].
  3. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  4. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  5. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en celle d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  6. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  7. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.
  • Cartes
  1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.

RéférencesModifier

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