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Crotale (missile)

missile sol-air français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Crotale (homonymie).

Crotale R-440
Image illustrative de l’article Crotale (missile)
Présentation
Type de missile missile sol-air à courte portée
Constructeur Thales et MBDA
Déploiement 1971 (en Afrique du Sud)
Caractéristiques
Moteurs Moteur à poudre
Masse au lancement 85 kg
Longueur 2,89 m
Diamètre 150 mm
Envergure -
Vitesse Mach 2,3 / Mach 3,5 pour le VT1
Portée 13 000 m / 15 000 m pour le VT1
Altitude de croisière >6 000 m / 9 000 m pour le VT1
Charge utile 13,9 kg pré-fragmentée à gerbe focalisée qui explose juste après avoir croisé sa cible en lançant environ 75 % des éclats vers l'arrière
Guidage Radar et infrarouge
Détonation Fusée de proximité
Plateforme de lancement Véhicule lanceur P-4 R
Navire de guerre

Le missile Crotale est un missile sol-air français à courte portée, composé d'une batterie comportant une unité d'acquisition et deux ou trois unités de tir ou embarqué à bord de navires militaires.

HistoireModifier

L'origine du Crotale remonte à la volonté de l'Afrique du Sud de se doter d'un système antiaérien mobile en tout temps en 1964. À la suite du refus du gouvernement britannique de lui fournir un tel système d'arme, l'Afrique du Sud demanda à Thomson-CSF de le développer, Pretoria assurant 85 % des coûts de développement.

Il fut conçu par une équipe dirigée par Jean Galipon de la Division Systèmes Électroniques de Thomson-CSF située à Bagneux. Après une série d'essais au centre d'essai des Landes, les premières unités furent livrées à l'armée sud-africaine en 1971, sous le nom de Cactus. L'Armée de l'air française, intéressée, commanda une unité d'acquisition et deux unités de tir puis, après une série de tests concluants, passa commande de 20 batteries[1].

La Libye a déployé une unité durant la guerre du Kippour en 1973. La France l'a déployé au Tchad et lors de la guerre du Golfe mais ne l'a, en 2018, pas utilisé au combat.

VersionsModifier

Le Crotale a été constamment amélioré, et compte de nombreuses versions, dont certaines embarquées sur des navires de guerre.

  • Crotale 3000 : système tout temps destiné à combattre en ambiance de guerre électronique, contre des avions évoluant à basse et très basse altitude et à grande vitesse.
  • Crotale évolué : performances et résistance aux contre-mesures électroniques améliorées.
  • Système Shahine : ensemble d'acquisition et de tir de Crotale amélioré, monté sur châssis AMX 30, livré à l'Arabie saoudite.
  • Crotale NG : Crotale Nouvelle Génération, destiné à lutter contre les aéronefs évoluant à basse altitude et à faible vitesse, y compris les hélicoptères en vol stationnaire. Il est composé d'une unité d'acquisition et de tir montée sur remorque shelter.

UtilisateursModifier

 
  • Utilisateurs actuels (l'Iran a développé une version du HQ-7 chinois.)
  • Retiré du service
 
Tir depuis un véhicule de l'armée sud-coréenne.
  •   Afrique du Sud, 7 unités d'acquisition et 14 unités de tir, retiré du service.
  •   Arabie saoudite, 16 unités d'acquisition, 32 unités de tir, 36 systèmes Shahine.
  •   Chili, 2 unités d'acquisition et 4 unités de tir.
  •   Égypte, 12 unités d'acquisition et 24 unités de tir (Sphinx).
  •   Émirats arabes unis, 3 unités d'acquisition et 9 unités de tir.
  •   France, 12 unités de Crotale NG en service en 2018[2], au sein des escadrons de défense sol-air (EDSA) 1/950 Crau (BA 125 Istres), 2/950 Sancerre (BA 702 Avord), 5/950 Barrois (BA 113 Saint-Dizier) et 12/950 Tursan (BA 118 Mont-de-Marsan). Les Crotales de première génération ont été retirés du service.
  •   Grèce, 9 unités pour la force aérienne, 2 pour la marine.
  •   Libye, 9 unités d'acquisition et 27 unités de tir.
    Lors du conflit au Tchad, l'armée française et l'armée libyenne aligneront toutes deux des missiles Crotale.
  •   Pakistan, 12 unités d'acquisition et 24 unités de tir.
  •   Portugal
  •   Chine, une batterie a été livrée en Chine à des fins d'évaluation. Par ingénierie inversée, elle en a produit le système HQ-7 (en).
  •   Corée du Sud, 114 unités de tir livrés en 1999 et 2009. Construit avec la participation de Samsung Thales pour l'armée sud-coréenne et opérationnel. Le nom est KM-SAM Chunma ou Pegasus[3].

Batterie CrotaleModifier

 
Une unité d'acquisition en 2008.
Véhicule P-4 R
Équipage 2 hommes
Poids 14,8 t
Longueur 6,22 m
Largeur 2,65 m
Hauteur 2,04 m
Vitesse maximale 70 km/h
Autonomie 500 km
Blindage 3 à 5 mm

La batterie de missiles sol-air Crotale est composée d'une unité d'acquisition et de deux ou trois unités de tir. Toutes deux sont montées sur un véhicule spécifique Hotchkiss, le P-4 R (sans rapport avec la Peugeot P4), monté sur vérins hydrauliques en position de tir.

L'unité d'acquisition a pour fonction la détection, l'identification et la désignation des cibles. Pour cela, elle est équipée d'un radar Thomson-CSF Mirador IV Doppler, d'une portée maximale de 18 km. Ce radar est capable de prendre en charge jusqu'à douze objectifs à la fois. La cible repérée est identifiée et, si elle est hostile, est affectée à l'une des unités de tir. La batterie fonctionne donc en réseau.

L'unité de tir porte quatre missiles Crotale R-440. Elle comporte un radar d'acquisition et de poursuite, qui engage la cible dès que l'unité d'acquisition a envoyé le signal d'engagement. Elle est capable de tirer deux missiles à quelques secondes d'intervalle. Elle n'emporte aucun de rechange, mais dispose d'un camion chargé de la ravitailler. Le rechargement des lanceurs peut être effectué en moins de deux minutes par un équipage entraîné.

Crotale navalModifier

Le Crotale CN2 est armé de missile VT 1 allant à mach 3,5. Une version testée en octobre 2008 est lancée depuis un système de lancement vertical[4].

Notes et référencesModifier

  1. « Crotale Système d’arme sol-air à courte portée (France) », sur Communauté sol-air nationale (consulté le 7 février 2016).
  2. « Chiffres clés 2018 », sur ministère de la Défense, (consulté le 11 octobre 2018).
  3. (en) « K-SAM Pegasus », sur Missile Defense Advocacy Alliance, (consulté le 8 septembre 2019).
  4. « Les missiles surface-air européens », sur Mer et Marine, (consulté le 7 février 2016).

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier