Croque-monsieur

sandwich chaud, au pain de mie, au jambon et au fromage.

Croque-monsieur
Image illustrative de l’article Croque-monsieur
Un croque-monsieur

Lieu d’origine France
Place dans le service Plat principal
Température de service Chaud
Ingrédients Pain de mie
Jambon blanc
Fromage
Mets similaires Croque-madame
Classification Cuisine française

Un croque-monsieur est un sandwich chaud, originaire de France, à base de pain de mie, de jambon blanc et de fromage (emmental, comté...), grillé à la poêle, au four ou dans un appareil spécialisé.

On peut l'agrémenter de beurre, de crème fraîche ou de sauce béchamel voire lui superposer un œuf au plat pour obtenir un croque-madame.

OrigineModifier

Certaines sources indiquent qu'il serait apparu pour la première fois en 1910 au menu d'un café parisien, boulevard des Capucines[1]. L'origine du mot resterait néanmoins inconnue, la théorie plus répandue étant que le bistrotier du café aurait lancé, sous forme de boutade, que la viande à l'intérieur du sandwich était de la chair humaine[2].

Mais le croque-monsieur a été inventé avant son apparition à la carte des restaurants et on en trouve mention dès la fin du xixe siècle : ainsi, en 1891, on peut lire dans La Revue athlétique : « Il est tard et nous avons grand faim. Que faire pour le déjeuner ? Le jambon devient monotone à la longue. Le Diplomate qui est un peu gourmand, en quoi il ressemble à Talleyrand, a une idée. "Faisons des croque-monsieur". Vite le pain à toast, le beurre, le fromage de gruyère, le jambon, un peu de poivre de Cayenne et à l'œuvre. L'un coupe, l'autre beurre, le troisième réunit le tout en sandwichs que Vincent fait sauter dans la poêle. Ils sont exquis, les croque-monsieur, un peu gros peut-être, faits pour des mâchoires de géants, mais qu'importe. On en mange, on y revient, on s'extasie. »[3] En 1893, dans La Liberté, un journaliste fait l'éloge d'un « plat tout à fait délicieux » qu'il vient de découvrir : les croque-monsieur[4]. Il en donne sensiblement la même recette. Au début du xxe siècle, le croque-monsieur a fait son entrée dans la cuisine familiale[5]. L'apparition du « croque-madame » semble plus tardive, mais néanmoins antérieure[6] à 1948, date indiquée dans la notice du mot dans Le Petit Robert.

Marcel Proust fait mention du croque-monsieur dans À l'ombre des jeunes filles en fleurs, paru en 1919 : « Or, en sortant du concert, comme, en reprenant le chemin qui va vers l'hôtel, nous nous étions arrêtés un instant sur la digue, ma grand-mère et moi, pour échanger quelques mots avec madame de Villeparisis qui nous annonçait qu'elle avait commandé pour nous à l'hôtel des croque-monsieur et des œufs à la crème. »[7],[8]

Lors de la première séance du Dictionnaire de l'Académie française à laquelle Louis Leprince-Ringuet a assisté, en 1966, il a été discuté du mot « croque-monsieur ». La définition retenue a été : « Mets composé de deux tranches de pain de mie entre lesquelles on a placé du jambon recouvert de fromage et que l'on passe au four. » De retour chez lui, madame Leprince-Ringuet lui fit remarquer que c'était bien la preuve que cette assemblée était uniquement masculine, puisque, comme toutes les femmes le savent, un croque-monsieur ne se cuit pas au four, mais au moyen d'un ustensile ménager spécifique. À la session suivante, Louis Leprince-Ringuet montra cet ustensile à ses collègues. Malgré cette démonstration amusante, la définition est restée inchangée[9].

VariantesModifier

 
Croque-monsieur cuisiné à la poêle.

L'ajout ou la substitution d'un ingrédient ont donné naissance à d'autres variantes, telles :

  • le croque provençal (avec des tomates) ;
  • le croque auvergnat (avec du bleu d'Auvergne) ;
  • le croque normand (avec des pommes et du camembert) ;
  • le croque gallois ;
  • le croque norvégien (avec du saumon) ;
  • le croque tartiflette (avec des pommes de terre) ;
  • le croque sucré (on remplace la garniture par de la banane et du chocolat en poudre)[10] ;
  • le croque caramélisé (la garniture est composée de sucre en poudre) ;
  • le croque hawaïen (avec une rondelle d'ananas) ;
  • le sandwich Monte Cristo (en)[11] ;
  • le croque-monsieur bourguignon avec de la moutarde de Dijon.

DiversModifier

Le nom « croque-monsieur » est invariable selon l'orthographe traditionnelle. On trouve néanmoins parfois l'orthographe « croque-messieurs », comme dans le Dictionnaire Quillet de la langue française, édition de 1965[12].

Depuis les rectifications orthographiques du français en 1990, il s'écrit aussi sans trait d'union et alors, il « suit la règle générale du singulier et du pluriel[13],[14] ».

Dans la culture populaireModifier

  • Dans l'épisode 95 de la saison 2 de Kaamelott, Guethenoc se plaint à Arthur que la Bretagne n'a pas de plat national. Soulignant que la paysannerie bretonne produit le plus mauvais vin et le plus mauvais pain, Arthur invite Karadoc pour inventer le fameux plat composé de deux tranches de pain, deux tranches de jambon fumé et deux tranches de fromage. Guethenoc propose de l'appeler le Karadoc, qui répond : « Non, c'est trop long. Ma famille m'appelle Croque. » Arthur présente donc le fameux mets : « Le croque, messieurs[15]. »

RéférencesModifier

  1. « Tartines craquantes et croque-monsieur fondants », www.cuisine.larousse.fr.
  2. « Origine des mots », sur originedesmots.blogspot.be (consulté le 22 juin 2012).
  3. « En wherry. Trois semaines dans les broads du Norflok », sur Gallica, La Revue athlétique, (consulté le 15 mai 2020), p. 541
  4. Arnolphe, « Notes d'un vieux garçon », sur Gallica, La Liberté, (consulté le 15 mai 2020), p. 2
  5. « Leçons complètes de bonne cuisine », encart publicitaire, sur Gallica, Le Petit Écho de la mode, (consulté le 15 mai 2020), p. 355
  6. « Une maison sympathique : Chez Ramponneau, 21 avenue Marceau », sur Gallica, La Semaine à Paris : Paris-guide... : tout ce qui se voit, tout ce qui s'entend à Paris, (consulté le 15 mai 2020), p. 53
  7. « L'histoire du croque-monsieur », sur club-sandwich.net (consulté le 23 juillet 2008).
  8. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. À l'ombre des jeunes filles en fleurs, Paris, Nouvelle Revue française, 1918, tome 2, p. 231.
  9. [1]Bruno Fuligni, Folle histoire. Les gourmands mémorables, Éditions Prisma, 2015 (ISBN 2810416060 et 9782810416066).
  10. « Croque-monsieur aux poires et Nutella », 750g,‎ (lire en ligne).
  11. « Le sandwich Monte Cristo », www.recette-americaine.com.
  12. « Définition de croque-monsieur », CNRTL (consulté le 11 juin 2008).
  13. « Règles », www.renouvo.org.
  14. « Liste de mots selon l'orthographe de 1990 », www.renouvo.org.
  15. Hypnoweb, « Kaamelott : S02E95. Le Plat national », sur kaamelott.hypnoweb.net (consulté le 28 janvier 2019).

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier