Crise existentielle

Un homme debout sur le rivage de la mer contemplant le sens dans sa vie et l'univers autour de lui.

Une crise existentielle (ou crise de la vie) est une crise qui peut se produire au cours de la vie d’un individu. Elle correspond aux moments où les individus se demandent si leur vie a un sens, un but ou de la valeur.[1] Ce phénomène est communément mais pas nécessairement lié à une dépression. Le problème du sens et du but de l'existence est un sujet traité par le mouvement philosophique existentialiste.

DescriptionModifier

Une crise existentielle peut être assimilée de façon incorrecte, ou être combinée avec les troubles suivants (sans être exhaustif) :

Une crise existentielle est souvent provoquée par un événement marquant : traumatisme psychologique, mariage, séparation, perte importante, décès d'un être cher, expérience mettant la vie en danger, nouveau partenaire amoureux, consommation de drogues psychoactives, progéniture quittant le domicile familial, obtention d’un âge significatif (16 ans, 40 ans, etc.), etc.

Généralement, cette crise provoque chez le souffrant une introspection concernant sa propre mortalité et révélant l’origine de son refoulement.

ExistentialismeModifier

Une crise existentielle peut ressembler à l'anomie (les conséquences de l'absence de normes sur l'état d'un individu) ou à une crise de la quarantaine. Une crise existentielle peut provenir de la nouvelle perception qu'un individu a de la vie et de l'existence. Par analogie, l'existentialisme postule qu'une personne peut et définit le sens de sa vie et de sa raison d'être, et de ce fait doit choisir de résoudre cette crise de l'existence.

Dans l'existentialisme, l'expression "crise existentielle" désigne spécifiquement la crise d'un individu quand il reconnaît qu'il doit toujours définir sa vie à travers les choix qu'il fait. La crise existentielle se produit lorsqu'il réalise que même la décision de ne pas agir ou de refuser de consentir à quelque chose est, en elle-même, un choix. En d'autres termes, l'humanité est "condamnée" à être libre. De plus, une fois qu'un individu a terminé une crise existentielle, il peut facilement plonger dans une autre, ou ne pas en être complètement sorti.

PsychologieModifier

En psychologie, le terme « crise existentielle » regroupe différents moments liés à un changement d'époque de la vie : crise d'adolescence[2], crise du quart de vie, crise de la quarantaine, mais aussi crise de l'entrée en vieillesse[3].

Pour le médecin Kazimierz Dąbrowski, une crise existentielle peut s'inscrire dans un processus de désintégration positive, et être utile voire nécessaire à la construction de la personnalité[4].

Contexte culturelModifier

C'est au 19ème siècle que Kierkegaard a identifié que l'angoisse et la crise existentielle pouvaient apparaître lorsque l’individu se trouve dans l'incapacité de gérer des événements inattendus et extrêmes dans son existence[5]. Nietzsche a élargi ce point de vue en suggérant que "Dieu est mort", c'est-à-dire la perte collective de foi en la religion et en une morale traditionnelle, créait une crise existentielle plus large.

En effet, la crise existentielle a été considérée comme un accompagnement inévitable du modernisme. Alors que Durkheim considère que les crises individuelles sont le produit de pathologies sociales et d’un manque de normes collectives[6], certains ont affirmé que l'existentialisme est né de la crise moderne ; de la perte de sens à travers le monde moderne[7].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Richard James, Crisis Intervention Strategies, Cengage Learning, (ISBN 978-0-495-10026-3, lire en ligne)
  2. Franck Despretz, « Inquiétante névrose », VST - Vie sociale et traitements, 2003/3 (no 79), p. 12-18, premier paragraphe Lire en ligne
  3. Jean-François Coudreuse, « L'entrée en vieillesse : une nouvelle crise existentielle », dans Les Chaos du vieillissement, Toulouse, ERES, « Pratiques gérontologiques », 2003, p. 45-50. En ligne
  4. Les hyperstimulabilités - la théorie de la désintégration Positive - les surdoués
  5. « Existential depression in gifted individuals », sur www.davidsongifted.org (consulté le 29 mai 2020)
  6. (en) « Suicide (Durkheim book) », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  7. (en) M.Hardt/K.Weeks, The Jameson Reader, , p.265

BibliographieModifier

Pour une bibliographie complète, voir : Danièle Zucker, « Bibliographie », dans Penser la crise. L'émergence du soi, sous la direction de Zucker Danièle', Louvain-la-Neuve, De Boeck Supérieur, « Oxalis », 2012, p. 199-203. Lire en ligne

Ouvrages
  • Christiane Singer, Du bon usage des crises, éditions Albin Michel, 1996.
  • Vincent Légaut, Réflexion critique et crise existentielle : chez Fichte et Sartre, thèse sous la direction de Françoise Dastur, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC), 1999. Notice sur Sudoc.
  • Lisbeth von Benedek, La crise du milieu de vie: Un tournant, une seconde chance, édition Eyrolles, 2015. Lire sur Google Books
Articles & chapitres d'ouvrage
  • Danielle Quinodoz, « La crise existentielle du “milieu de la vie ?' : la porte étroite », Revue française de psychanalyse, 2005/4 (Vol. 69), p. 1071-1086. Lire en ligne
  • Andreoli, A., « Les crises existentielles comme problème de la psychothérapie d’aujourd’hui », Psychothérapies, 3, 1981 pp. 167-174.
  • Marguerite Charazac-Brunel, « 1 . Le désir de suicide comme symptôme d'une crise existentielle », dans Le suicide des personnes âgées, sous la direction de Marguerite Charazac-Brunel Toulouse, ERES, « L'âge et la vie - Prendre soin des personnes âgées et des autres », 2014, p. 21-32. Plan de l'article en ligne.
  • Jean-François Coudreuse, « L'entrée en vieillesse : une nouvelle crise existentielle », dans Les Chaos du vieillissement, Toulouse, ERES, « Pratiques gérontologiques », 2003, p. 45-50. En ligne
  • Elliott Jaques, « Mort et crise du milieu de la vie », in : Anzieu D. et al. Psychanalyse du génie créateur, Paris, Dunod, 1974, p. 277-305 [lire en ligne]

Voir aussiModifier