Couvent des Cordeliers de Paris

couvent situé à Paris, en France

Le couvent des Cordeliers fut fondé à Paris grâce aux largesses de Saint-Louis. Ce fut l'un des hauts lieux de la Révolution française.

Couvent des Cordeliers de Paris
Couvent des cordeliers.jpg
Le site du couvent aujourd'hui, avec l'ancien réfectoire au centre
Présentation
Type
Construction
Occupant
Propriétaire
Commune
Patrimonialité
Logo monument historique Classé MH (1975, Réfectoire)
Localisation
Pays
Région
Commune
Paris
Adresse
15 rue de l'Ecole-de-Médecine
Coordonnées
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Avant la RévolutionModifier

 
Le couvent des Cordeliers en 1793

Sans avoir cette indépendance radicale, franche, marquée par des murailles qui l'entourent et en font une véritable ville (tel le Temple)[réf. souhaitée], le couvent des Cordeliers était un vaste conglomérat où les siècles avaient accumulé des bâtiments de nature et de vocation variées. C'était l'une des plus anciennes implantations monastiques dans le Paris médiéval. Occupant un espace circonscrit par la rue Antoine-Dubois, la rue Monsieur-le-Prince, jouxtant l'église Saint-Côme (angle de la rue Racine et du boulevard Saint-Michel), la rue de La Harpe et bordé par la rue qui porte alors son nom, devenue rue de l'École-de-Médecine.

Sous le règne d'Henri IV, on y installa temporairement la bibliothèque du Roi. Avant la Révolution, les moines louaient certaines de leurs salles à des artistes ou à des sociétés. C'est ainsi que l'urbaniste Edme Verniquet y installa avec ses collaborateurs en 1785 un atelier où fut dessiné le fameux plan de Paris de l'époque[Lequel ?]. Le couvent connaissait alors une période de décadence due à une crise de recrutement.[réf. souhaitée]

 
Couvent des Cordeliers, 1793

DescriptionModifier

Le couvent comprenait une chapelle, une des plus vastes de Paris, dite parfois église des Cordeliers de Paris. Elle était accolée à un cloître dont l'une des faces était surélevée par un bâtiment où se réunissaient les théologues de l'ordre. Elle donnait tout à la fois sur le cloître et le beau jardin qui s'étendait derrière jusqu'au collège d'Harcourt : planté d'arbres, il offrait de plaisantes allées en arceaux de verdure. C'est dans cette salle que se réunissent les membres du Musée de Paris que l'on trouve rue Dauphine ; et c'est dans cette salle que l'on trouvera bientôt les membres du Club des Cordeliers qui vont y tenir des réunions dont le caractère insurrectionnel est d'emblée plus marqué qu'au Club des Jacobins où la progression dans la violence sera plus lente.

Réquisition du couventModifier

La chapelle du couvent fut réquisitionnée par le club que fonda Georges Jacques Danton en mai 1790. Il prit le nom de Club des Cordeliers. Cependant, le club, dont la dénomination exacte était Société des amis des droits de l'homme et du citoyen, fût chassé du couvent par la Municipalité de Paris qui apposa des scellés sur la porte le 16 mai 1791. Le club changea donc de local à plusieurs reprises pour se fixer, dès le 18 mai, dans l'Hôtel de Genlis (aujourd'hui détruit), alors appelé le musée de Paris, à l'actuel n°24 de la rue Dauphine[1].

Les personnalités du ClubModifier

Intégré au tissu urbain du quartier comme les autres clubs et sociétés fraternelles qui se multiplièrent dès le début de la Révolution,[réf. souhaitée], le couvent des Cordeliers va être le point de fixation d'une activité démocrate de gauche, fondée, comme l'emblème du club - l'oeil de la surveillance - l'indique, sur la dénonciation des abus et des injustices faites aux patriotes de toutes conditions.[réf. souhaitée]. Des meneurs habitent dans le voisinage immédiat, tels Pierre-Gaspard Chaumette, le couple Simon, — que l'on retrouvera à la prison du Temple assurant l'éducation du dauphin —, Jean-Paul Marat et Danton (bien que ce dernier, souvent présenté à tort comme le leader des Cordeliers, s'éloigna rapidement du club après sa création). Enfin, Camille Desmoulins habite un peu plus haut dans les maisons que l'on vient de construire sur la place du Théâtre-Français (l'ancien Odéon). Le boucher Louis Legendre, amis de Danton, a son étal dans une rue voisine. Les journalistes Momoro et François Robert, Fournier l'Américain, ou encore le Chevalier de Rutledge, fréquentent le club, qui est ouvert aux femmes, comme la demoiselle Le Maure (ou Lemaure) qui est une membre assidue et participe à la rédaction d'adresses et de pétitions.[2]

La chapelleModifier

On peut se référer à une description que donna Roussel d'Épinal : « Une chapelle assez vaste, servait de local au club des Cordeliers : malgré les mutilations qu'on y avait faites, on trouvait encore à la voûte des traces de dévotion. Cette enceinte présentait un ovale tronqué à ses extrémités, garni de bancs de bois en amphithéâtre, surmonté d'espèces de tribunes : l'ovale était coupé dans sa longueur d'un côté par le bureau du président et par la tribune des orateurs de l'autre. Environ trois cents personnes de tout âge et de tout sexe garnissaient ce local ; leur costume était si négligé et si crasseux qu'on les aurait pris pour une réunion de mendiants. Derrière le président était collé sur le mur le tableau de la Déclaration des droits de l'Homme, couronné de deux poignards en sautoir. Les bustes en plâtre de Brutus et de Guillaume Tell, placés de chaque côté, semblaient mis là exprès pour servir de gardiens au tableau. En face, derrière la tribune, figuraient pour pendants les bustes de Mirabeau et d'Helvétius, avec celui de Jean-Jacques Rousseau au milieu. De grosses chaînes rouillées, rangées en feston au-dessus de leurs têtes, servaient de couronnement. On me dit qu'on avait tiré ces chaînes de la Bastille ; mais j'ai appris depuis qu'elles avaient été achetées sur le quai de la Ferraille » (Le Château des Tuileries, ou Récit de ce qui s'est passé dans l'intérieur de ce Palais, par P. J. A. R. D. E. [Pierre-Joseph-Alexis Roussel, d'Épinal], Paris, Lerouge, 1802, t. I, p. 266.)

Le couvent, le jardinModifier

Après la journée du 10 août 1792, une partie du couvent fut transformée en hôpital pour les Marseillais révolutionnaires blessés au cours de l'assaut des Tuileries.

Jean-Paul Marat († juillet 1793) fut enterré dans le jardin des Cordeliers sous un saule pleureur, jusqu'à son transfert au Panthéon français.

Le club fut fermé en 1795.

Aujourd'huiModifier

Le bâtiment du réfectoire, seul subsistant de l'édifice d'origine, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [3].

Le développement de l'école de médecine a enseveli une partie du couvent dont il ne subsiste que le réfectoire récemment restauré. Le musée Dupuytren y fut installé pendant un siècle, de 1835 à 1937. Depuis une quinzaine d'années, cet ancien réfectoire est un lieu d'expositions temporaires artistiques.

La partie orientale du cloître est affectée à la faculté de médecine sous l'Empire, qui en conserve le tracé et utilise même les pierres pour sa reconstruction. Dans sa disposition actuelle, il rappelle le troisième cloître du couvent, construit en 1673[4]. De part et d'autre du bâtiment qui lui fait face, on abat les groupes de maisons qui l'entourent, dont celles où vivait le couple Simon, et la maison de Jean-Paul Marat. Cette maison se trouvait à l'extrémité des bâtiments qui font l'angle de la rue de l'École-de-Médecine et du boulevard Saint-Germain.

Le cloître appartient à Sorbonne Université et abrite des laboratoires de recherche ainsi que certains des services administratifs des études doctorales et des services de médecine préventive.

Notes et référencesModifier

  1. Albert Mathiez, Le Club des Cordeliers pendant la Crise de Varennes et le Massacre du Champs de Mars, Paris, H. Champion, , 392 p., page 4-5
  2. Albert Mathiez, Le Club des Cordeliers pendant le Crise de Varennes et le Massacre du Champs de Mars, Paris, H. Champion, , 392 p., page 66
  3. Notice no PA00088502, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Émile Gilbrin, « Le réfectoire du Grand couvent des Cordeliers de Paris », Histoire des sciences médicales, vol. Vol. 10, nos 1-2,‎ (ISSN 0440-8888, lire en ligne)

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Laure Beaumont-Maillet, « Le grand couvent des Cordeliers de Paris », dans Annuaires de l'École pratique des hautes études 1973, 1973, p. 757-766 (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier