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Coupe du monde de rugby à XV

Compétition internationnale la plus importante de ce sport.
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Cet article concerne la coupe du monde masculine. Pour la coupe féminine, voir Coupe du monde de rugby à XV féminin.
Coupe du monde de rugby à XV
Description de l'image RUGBY WORLD CUP - 2019 (Neutre).png.
Généralités
Sport Rugby à XVVoir et modifier les données sur Wikidata
Création 1987
Organisateur(s) World Rugby
Type / Format Coupe du monde
Périodicité 4 ans
Nations 20 qualifiées[note 1]
(94 partants[note 2])
Statut des participants professionnel ou amateur
Site web officiel
Palmarès
Tenant du titre Drapeau : Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Plus titré(s) Drapeau : Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (3)
Meilleur(s) marqueur(s)

Drapeau : Afrique du Sud Bryan Habana (15)

Drapeau : Nouvelle-Zélande Jonah Lomu (15)
Meilleur réalisateur Drapeau : Angleterre Jonny Wilkinson (277)
Crystal Clear app kworldclock.png
pour la compétition à venir voir :
Coupe du monde 2019

La Coupe du monde de rugby à XV est une compétition internationale de rugby à XV qui se déroule tous les quatre ans depuis 1987. Elle est ouverte à toutes les fédérations reconnues par World Rugby (WR, nouveau nom à partir de 2014  : International Rugby Board, la fédération internationale). La première édition se déroule en 1987 en Nouvelle-Zélande et en Australie. Elle est remportée par la Nouvelle-Zélande.

Seules quatre nations figurent au palmarès de la Coupe du monde. La Nouvelle-Zélande, gagne trois fois en 1987, 2011, 2015. L'Australie en 1991 et 1999 et l'Afrique du Sud en 1995 et 2007 ont chacune remporté la compétition deux fois. L'Angleterre a gagné l'épreuve en 2003, seul pays de l'hémisphère Nord à s'emparer du trophée planétaire. La France a été présente trois fois en finale (1987, 1999, 2011), sans jamais gagner. Aucune autre nation n'a accédé à la finale.

Le trophée récompensant le vainqueur de cette compétition est appelé William Webb Ellis Trophy, en hommage à l'étudiant qui, selon la légende, aurait inventé le rugby en 1823.

Le pays organisateur de la Coupe du monde est désigné par World Rugby. La huitième édition s'est déroulée en Angleterre du 18 septembre au 31 octobre 2015. Le Japon organisera l'édition 2019. Pour 2023, le pays hôte sera la France[1].

Sommaire

HistoriqueModifier

Origine de la compétitionModifier

Dès 1947, Alfred Eluère, alors président de la Fédération française de rugby (FFR), émet l'idée d'une grande compétition regroupant les équipes des hémisphères Nord et Sud. Cette idée est rejetée par l’IRB qui la juge « farfelue »[2]. Elle est reprise à la fin des années 1970 par un autre président de la FFR, Albert Ferrasse, toujours sans succès.

Le Tournoi des cinq nations est alors la seule compétition de rugby à XV qui oppose plus de deux grandes nations du rugby à XV, elle est disputée uniquement par les meilleures équipes européennes : les trois nations de Grande-Bretagne avec l'Irlande et la France. Si l'on excepte les tournois de rugby disputés pendant les Jeux olympiques d'été de 1900 à 1924, il n'existe pas de grande compétition internationale mettant aux prises les nations des hémisphères Nord et Sud. Le Tri-nations, qui est disputé par les trois meilleures équipes de l'hémisphère Sud, n'a vu le jour qu'en 1996.

L’IRB repousse l’idée d’organiser une Coupe du monde en 1983, essentiellement pour éviter que cette compétition devienne une opération commerciale et mette fin à l'amateurisme. L'Australie fait une proposition d'organisation en juin 1983, suivie quelques mois plus tard par la Nouvelle-Zélande en mars 1984. À la suite de ces deux propositions, l'IRB demande qu'une étude de faisabilité soit faite. Cette étude débute le 1er décembre 1984[3].

L’opposition à la création de la Coupe du monde venait des fédérations de rugby britanniques qui craignaient qu’elle mette un terme à l'amateurisme[3]. L'organisation d'une Coupe du monde peut conduire en effet à une plus grande popularité du rugby, à plus d'échanges avec les nations de l'hémisphère Sud, à l'attraction de nombreux commanditaires et donc des moyens financiers beaucoup plus importants. Les craintes des fédérations britanniques se sont avérées puisque le rugby à XV est devenu professionnel en 1995[4].

En mars 1985, à Paris, l'IRB décide que le premier tournoi sera organisé conjointement par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, durant les mois de mai et de juin 1987. L'organisation est partagée entre les deux pays car, d'une part, la Nouvelle-Zélande n'a pas les infrastructures suffisantes pour organiser seule la compétition et d'autre part, cette alliance est nécessaire pour que le projet soit approuvé. Le vote décisif en faveur de l’organisation de la Coupe du monde de rugby est fourni par l'Afrique du Sud, bien que ce pays ne soit pas en mesure de participer, compte tenu de sa politique d'apartheid de l'époque.

La première Coupe du monde (1987)Modifier

Article détaillé : Coupe du monde de rugby à XV 1987.

Lors de la première édition de la Coupe du monde de rugby à XV, la compétition se déroule conjointement en Nouvelle-Zélande et en Australie en 1987. Seules seize équipes sont invitées. Elle est remportée par la Nouvelle-Zélande qui gagne en finale face à la France par 29 à 9 à l'Eden Park d'Auckland[5].

La première Coupe du monde en Europe (1991)Modifier

Article détaillé : Coupe du monde de rugby à XV 1991.

La deuxième Coupe du monde se déroule au Royaume-Uni (Angleterre, Écosse, pays de Galles), en Irlande et en France. L’équipe d’Australie remporte cette édition de 1991[6] en battant l'équipe d'Angleterre, hôte officiel du tournoi, sur le score de 12 à 6 en finale au Stade de Twickenham.

La domination de l'hémisphère Sud (1995 et 1999)Modifier

Articles détaillés : Coupes du monde de rugby à XV de 1995 et 1999.
  • En 1995, pour la première Coupe du monde en Afrique, l'équipe d'Afrique du Sud est enfin admise à participer. Elle s'impose en dominant la Nouvelle-Zélande par 15 à 12 à l'Ellis Park Stadium de Johannesburg. Le pays des Springboks (surnom des joueurs de l'équipe d'Afrique du Sud) devient, après celui des All Blacks de Nouvelle-Zélande, la deuxième nation à organiser et remporter le Coupe du monde[7].

La première victoire d'une équipe de l'hémisphère Nord (2003)Modifier

Article détaillé : Coupe du monde de rugby à XV 2003.
 
L'Équipe anglaise parade à Londres en exhibant la coupe, après la victoire de la Coupe du monde 2003

La Coupe du monde 2003 est organisée par l'Australie seule pour la première fois. L'équipe d'Angleterre la remporte au bout des prolongations sur un drop de Jonny Wilkinson (meilleur réalisateur du tournoi) qui scelle une victoire de 20 à 17 face à l'équipe d’Australie. La finale s'est jouée au Telstra Stadium de Sydney devant 82 957 spectateurs, ce qui est le record d'affluence pour une finale de Coupe du monde de rugby. L'Angleterre est pour le moment la seule équipe de l'hémisphère Nord à avoir remporté la Coupe du monde. Les joueurs du XV de la Rose prennent leur revanche sur les Wallabies qui les avaient battus en finale de leur Coupe du monde en 1991.

Le retour des Springboks (2007)Modifier

Article détaillé : Coupe du monde de rugby à XV 2007.

La France accueille sa première Coupe du monde de rugby à XV, avec des délocalisations en Écosse (deux matchs) et au pays de Galles (quatre matchs). L'Australie, finaliste de l'édition précédente, est éliminée en quarts de finale par l'Angleterre. Ni la France ni la Nouvelle-Zélande n'atteignent la finale après le match qui les oppose en quart de finale au Millenium Stadium de Cardiff : les Bleus , bien que victorieux des Blacks, sont défaits en demi-finale par l'équipe d'Angleterre pour la seconde fois de suite. L'Afrique du Sud s'impose en finale face à l'Angleterre, par 15 à 6 au Stade de France.

Doublé des All Blacks (2011 et 2015)Modifier

Les phases de poule ne révèlent pas de grosses surprises sur les nations qualifiées. En quarts de finale, le pays de Galles sort de la compétition l'Irlande (22-10), la France bat l'Angleterre (12-19), l'Australie élimine les Springboks (11-9), et les All Blacks écartent les Pumas d'Argentine (33-10). La France se qualifie pour la finale en battant de justesse le pays de Galles (9-8). Enfin, la Nouvelle-Zélande se qualifie pour la finale en battant l'Australie 20 à 6.

Vingt-quatre ans après la 1re Coupe du monde, la Nouvelle-Zélande rencontre donc à nouveau la France en finale et la bat cette fois avec un écart d'un point seulement (8-7). Tout comme en 1987, le match pour la troisième place oppose le pays de Galles à l'Australie, mais avec un résultat inversé. Diffusé à 10h sur TF1, le match réunit la meilleure audience en France pour un match de rugby, avec quinze millions de téléspectateurs.

  • En 2015, la Nouvelle-Zélande remet son titre en jeu pour une compétition qui se joue en Angleterre.

Sur son propre sol, le XV de la Rose ne parvient pas à s'extirper de sa poule en concédant deux défaites face au pays de Galles et à l'Australie. Un premier coup de tonnerre avait été la victoire des Japonais dans le match d'ouverture de la poule B face aux Sud-Africains (34-32), sans conséquence toutefois pour ces derniers qui atteignent le dernier carré.

En quart de finale, on retrouve donc l'Afrique du Sud face au pays de Galles, la Nouvelle-Zélande à la France, l'Irlande à l'Argentine et l'Australie à l'Écosse. Les Australiens peinent face aux Écossais en quarts et gagnent 35 à 34 dans les toutes dernières minutes du match. Les All Blacks ne font pas de détail et se propulsent en demi-finale après avoir battu nettement l'équipe de France 62 à 13, pourtant finaliste en 2011. L'Afrique du Sud bat le pays de Galles difficilement 23 à 19, alors que l'Argentine s'impose nettement face à l'Irlande 43 à 20.

Ce sont donc quatre équipes de l'hémisphère Sud qui se retrouvent face à face, une première dans une Coupe du monde de rugby à XV : l'Afrique du Sud s'incline de justesse face aux All Blacks sur le score de 18 à 20 et l'Argentine est dominée par l'Australie, 15 à 29. En finale, les All Blacks remportent cette huitième édition en battant les Wallabies 34 à 17 dans un match qualifié par les journalistes de plus belle finale de l'histoire. Premier doublé pour la Nouvelle-Zélande qui confirme, en devenant la première nation à détenir trois titres mondiaux, sa nette domination dans ce sport. Les Springboks prennent la troisième place devant les Pumas argentins.

OrganisationModifier

La Coupe du monde de rugby à XV est organisée tous les quatre ans depuis 1987. Le choix d'une année impaire permet de n'être en concurrence ni avec la Coupe du monde de football ni avec les Jeux olympiques qui se déroulent en alternance les années paires. La Rugby World Cup Limited (RWC Ltd.)[9] supervise l'organisation de la Coupe du monde sous tous ses aspects : sportif, réglementaire, commercial et financier. Elle est dirigée par cinq directeurs, élus par le Conseil de l'IRB. Le choix du pays organisateur est fait au moins quatre ans avant le déroulement du tournoi final[10], par un vote secret des membres de l'IRB. Depuis sa création, toutes les éditions se sont déroulées dans des pays où le rugby à XV est un sport populaire, largement pratiqué :

La Nouvelle-Zélande est retenue pour organiser l'édition de 2011, de préférence à l'Afrique du Sud, éliminée au premier tour de vote, et au Japon, éliminé au deuxième. La fédération argentine donne le vote décisif qui permet à la Nouvelle-Zélande d'être organisatrice. Le manque de transparence de la procédure de vote a été critiqué à cette occasion mais la fédération néo-zélandaise nie que des arrangements aient eu lieu afin d'obtenir le soutien de l'Argentine[12].

En juillet 2009, le conseil de la fédération internationale (IRB) attribue les Coupes du monde 2015 et 2019 respectivement à l'Angleterre[13] et au Japon, une première pour l'Asie.

En novembre 2017, la France est choisie par World Rugby (WR, ex-IRB) comme nation hôte de l'édition 2023.

Déroulement de la compétitionModifier

Depuis l’édition de 1991, cette compétition se déroule en deux phases : une phase de qualification et un tournoi final. Lors de l’édition 1987, neuf équipes avaient été invitées par l’IRB à se joindre aux sept membres de la fédération internationale de l'époque pour disputer le premier tournoi mondial de rugby à XV.

Phase de qualificationModifier

 
Pays participants par zone de qualifications (coupe 2007).

Le nombre de places disputées pendant l'épreuve préliminaire de qualification est égal à huit pour l'édition 1991, sept en 1995, seize en 1999, douze en 2003 et 2007, enfin huit depuis 2011. Cette variation est liée d'une part à l'augmentation du nombre de sélections présentes au tournoi final à partir de 1999, qui passe de seize à vingt équipes. D'autre part, le nombre de qualifiés d'office a aussi varié : si les huit équipes qui ont disputé les quarts de finale de l’édition antérieure sont généralement qualifiées automatiquement pour la phase finale, l'édition 1999 n'a accordé ce droit qu'aux trois premiers de 1995 ainsi qu'au pays hôte et celle de 1995 l'a étendu à l'organisateur. Enfin depuis 2011, sont qualifiés d'office les trois premiers de chaque poule, soit douze équipes.

La limitation du nombre d'équipes qualifiées automatiquement pour l'édition de 1999 n'a en fait rien changé puisque les huit quarts de finalistes de l'édition 1995 ont participé à la Coupe du monde de 1999 et sept d'entre elles sont parvenues à nouveau en quart de finale — l'exception venant de l'Irlande battue par l'Argentine en match de barrage. Ces résultats montrent la supériorité des huit ou neuf meilleures équipes du monde et justifient que depuis l'édition de 2003 les équipes qui ont disputé les quarts de finale d'une édition soient à nouveau qualifiées pour l'édition suivante. De fait, sept des huit premiers de 1999, qualifiés d'office, sont parvenus en quarts de finale en 2003, l'Argentine constituant l'exception.

Les autres places sont disputées dans des tournois de qualification. Pour 2007, trois places sont attribuées aux Amériques, une à l’Asie, une à l’Afrique, trois à l’Europe et deux à l’Océanie. Les deux dernières places sont attribuées par repêchage, entre les équipes éliminées les mieux classées, d’une part en Europe et en Afrique, d’autre part en Asie et en Océanie.

Lors de l'édition 2003, l'attribution des places en phase de qualification est similaire mais l'Europe et les Amériques avaient respectivement quatre et deux places. Juste avant le début de la Coupe du monde 2007, l'IRB annonce une réforme de la phase de qualifications pour l'édition 2011 avec la création d’un Rugby World Trophy en 2010, une compétition qui permettra de déterminer les qualifiés venant compléter le plateau de la compétition, regroupant déjà les trois premiers de chaque poule de l'édition 2007, soit douze équipes[14].

Tournoi finalModifier

Premier tourModifier

Points accordés dans la phase de poules
(à partir de 2003)[15]
Victoire 4
Match nul 2
Défaite serrée
(de 7 pts ou -)
1
Essais
(4 ou +)
1

Pendant le tournoi final, les sélections nationales sont regroupées en poules. De quatre (1987 à 1995) puis cinq (1999) poules de quatre équipes, le premier tour est depuis 2003 organisé en quatre poules de cinq. Chaque équipe affronte une fois chacun des adversaires de sa poule, les deux équipes les mieux classées sont qualifiées pour disputer les quarts de finale[note 3]

Les règles précises dans le classement du premier tour (phase de poules) varient selon les éditions : on attribue un certain nombre de points aux victoires, aux matchs nuls, aux défaites serrées ainsi qu'un bonus à une équipe inscrivant un certain nombre d'essais ou perdant de peu. En cas d'égalité de plusieurs équipes, plusieurs critères peuvent être utilisés : le vainqueur des matchs joués entre équipes ex æquo, l'équipe possédant la plus grande différence de points et/ou d'essais, le plus grand nombre de points et/ou d'essais inscrits[15].

Second tourModifier

Détermination du vainqueur d'un match en cas d'égalité
à la fin du temps réglementaire
[15],[16],[17],[18]
Critères 1987 1991 1995 1999 2003 2007 2011 2015 2019
Comparaison
(essais, cartons)
                 
Prolongations
(2×10 minutes)
                 
Mort subite
(sur dix minutes)
                 
Tirs au but
(drops)
                 

La suite de la compétition se déroule entre les huit meilleures équipes issues des poules et comporte trois tours à élimination directe : quarts de finale, demi-finales et finale. Celle-ci met aux prises les vainqueurs des demi-finales, les perdants disputant la « petite finale » pour la troisième place de la compétition. Les perdants des quarts de finales ne sont pas classés.

La détermination du vainqueur des matchs en cas d'égalité à la fin du temps réglementaire a varié au cours des différents tournois. Elle a toujours comporté des prolongations; la différence concerne le départage des équipes si les deux fois dix minutes de temps supplémentaire conduisent à un match nul. Depuis 2003, une prolongation supplémentaire à « mort subite » puis une séance de tirs au but en drops en cas d'égalité persistante[15]. Si la mort subite et les tirs au but n'ont jamais été employés en Coupe du monde pour départager deux équipes, deux des huit finales ont été remportées au terme des vingt minutes de prolongations, en 1995[19] et en 2003[20]. Il ne s'en est fallu de peu — un drop de Jonny Wilkinson à la centième minute — pour que la rencontre Angleterre - Australie lors de la finale de 2003 ne débouche sur la mort subite[20]. Jusqu'en 1999, des critères de comparaison comme le nombre d'exclusions et le nombre d'essais servait à désigner le vainqueur en cas de match nul après prolongation, et le tirage au sort en cas d'égalité parfaite était prévu, sauf en finale où les ex æquo devaient partager le trophée[15],[18]. Ces dispositions n'ont toutefois jamais servi, tous les matchs s'étant terminés sur une différence de points[21],[22],[23],[24].

ParticipationModifier

Participations à la Coupe du monde Note : * sur invitation de l'IRB
Édition 1987 1991 1995 1999 2003 2007 2011 2015 2019
Total 16 33 52 65 89 86 81 87 88
Phase finale 16 16 16 20 20 20 20 20 20
Qualifiés d'office 16* 8 9 4 8 8 12 12 12
Qualifiés 8 7 16 12 12 8 8 8
Qualifiés différents 16 17 19 22 23 24 25 25

Pour la première édition, en 1987, seize sélections nationales participent à la compétition. Elles représentent les sept membres de l’IRB de l'époque. Celle-ci invite neuf nations supplémentaires pour compléter le plateau. Par la suite, le nombre de participants augmente rapidement pour atteindre le nombre de 88 pour l’édition 2019 de sorte qu'un système de phase qualificative par zone géographique se met en place dès 1991. Depuis 1999, un système de repêchage (barrages) est introduit lors de la phase qualificative qui oppose les premiers non qualifiés des différents continents ; le système revient à donner une seconde chance aux meilleurs non qualifiés, donc un nombre variable de places à chaque zone géographique en fonction de leur performance.

Durant les trois premières éditions, seize équipes participent à la phase finale du tournoi ; ce nombre passe à vingt à partir de 1999. Sont qualifiées d'office les huit équipes ayant atteint les quarts de finale lors de la compétition précédente, à l'exception de l'édition de 1995 qui accorde aussi ce droit à la nation hôte principal et celle de 1999 qui ne l'accorde qu'aux trois premiers de 1995 et à l'hôte. À compter de l'édition 2011, l'IRB étend la qualification d’office aux trois premiers de chacune des quatre poules de l'édition précédente, soit douze sélections. Ainsi le nombre de places offertes à la qualification a-t-il varié de huit et sept en 1991 et 1995, pour 31 et 45 sélections[25] nationales candidates respectivement, à seize en 1999 pour 65 nations[26], puis à douze places en 2003 pour 81 sélections[27] et en 2007 pour 86 équipes. Par la suite, ce processus sert à remplir huit places de qualifiés et concerne 81 sélections pour 2011, 87 pour 2015 et 88 pour 2019.

PalmarèsModifier

Par éditionModifier

Malgré une ouverture aux différents continents et aux nouveaux venus par qualification, le bilan fait apparaître que la compétition est jusqu'ici dominée par cinq nations, trois de l'hémisphère Sud et deux européennes : l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud pour le Sud ; l'Angleterre et la France pour l'Europe. Seules ces cinq sélections nationales sont parvenues à se hisser en finale.

Éditions Pays hôte(s) Finales Finales de bronze
  Champions Scores   Finalistes   Troisièmes Scores Quatrièmes
1987    
Australie et
Nouvelle-Zélande
 
Nouvelle-Zélande
29 − 9  
France
 
Pays de Galles
22 − 21  
Australie
1991  
Angleterre [note 4]
 
Australie
12 − 6  
Angleterre
 
Nouvelle-Zélande
13 − 6  
Écosse
1995  
Afrique du Sud
 
Afrique du Sud
15 − 12
ap
 
Nouvelle-Zélande
 
France
19 − 9  
Angleterre
1999  
Pays de Galles [note 5]
 
Australie
35 − 12  
France
 
Afrique du Sud
22 − 18  
Nouvelle-Zélande
2003  
Australie
 
Angleterre
20 − 17
ap
 
Australie
 
Nouvelle-Zélande
40 − 13  
France
2007  
France [note 6]
 
Afrique du Sud
15 − 6  
Angleterre
 
Argentine
34 − 10  
France
2011  
Nouvelle-Zélande
 
Nouvelle-Zélande
8 − 7  
France
 
Australie
21 − 18  
Pays de Galles
2015  
Angleterre [note 7]
 
Nouvelle-Zélande
34 – 17  
Australie
 
Afrique du Sud
24 – 13  
Argentine
2019  
Japon
2023  
France
  • Trois autres nations ont atteint le stade des demi-finales : le pays de Galles en 1987 et 2011, l'Écosse en 1991 et l'Argentine en 2007 et 2015.

La Nouvelle-Zélande est l'équipe comptant le plus de demi-finales, sept en huit éditions (elle a été éliminée en quarts de finale lors de l'édition 2007). La France et l'Australie sont parvenues six fois en demi-finale, l'Angleterre et l'Afrique du Sud quatre fois.

  • Enfin quatre nations, soit douze au total, ont disputé un quart de finale : l'Irlande et les îles Fidji en 1987 ; les îles Samoa (dites occidentales à l'époque) et le Canada en 1991.

Classement selon le tour atteintModifier

Depuis les seize nations invitées au premier tournoi de 1987, neuf autres sont parvenues à se qualifier pour le tournoi final. Les résultats de ces vingt-cinq sélections sont synthétisés ci-après :

Rang Nations Éditions remportées Deuxièmes places Troisièmes places Quatrièmes places Éliminations en quarts Éliminations
au premier tour
/ en barrages (b)
Participations
(et note)
1   Nouvelle-Zélande   1987
  2011
  2015
  1995   1991
  2003
1999 2007 8
2   Australie   1991
  1999
  2003
  2015
  2011 1987 1995
2007
8
3   Afrique du Sud   1995
  2007
  1999
 2015
2003
2011
6
(depuis 1995)
4   Angleterre   2003   1991
  2007
1995 1987, 1999
2011
2015 8
5   France   1987
  1999
  2011
  1995 2003, 2007 1991, 2015 8
6   Galles   1987 2011 1999, 2003
2015
1991, 1995
2007
8
7   Argentine   2007 2015 1999, 2011 1987, 1991
1995, 2003
8
8   Écosse 1991 1987, 1995
1999, 2003
2007, 2015
2011 8
9   Irlande 1987, 1991
1995, 2003
2011, 2015
1999 (b), 2007 8
10   Samoa 1991, 1995 1999 (b), 2003,
2007, 2011, 2015
7
(sauf 1987)
  Fidji 1987, 2007 1991, 1999 (b),
2003, 2011, 2015
7
(sauf 1995)
12   Canada 1991 1987, 1995, 1999,
2003, 2007, 2011, 2015
8
13   Italie Éliminée en phase de groupe
à toutes les éditions
8
  Roumanie Éliminée en phase de groupe
à toutes les éditions
8
  Japon Éliminé en phase de groupe
à toutes les éditions
8
16   Tonga 1987, 1995, 1999,
2003, 2007, 2011, 2015
7
(sauf 1991)
  États-Unis 1987, 1991, 1999,
2003, 2007, 2011, 2015
7
(sauf 1995)
18   Namibie 1999, 2003, 2007,
2011, 2015
5
(depuis 1999)
19   Géorgie 2003, 2007,
2011, 2015
4
(depuis 2003)
20   Uruguay 1999, 2003
2015
3 (sauf
2007, 2011)
21   Zimbabwe 1987, 1991 2
22   Côte d’Ivoire 1995 1
  Espagne 1999 1
  Portugal 2007 1
  Russie 2011 1

Par nationModifier

Bilan des sélections nationales par édition

Année  
NZL
 
AUS
 
RSA
 
ENG
 
FRA
 
WAL
 
ARG
 
SCO
 
IRE
 
FIJ
 
SAM
 
CAN
 
ITA
 
JPN
 
ROU
 
USA
 
TGA
 
NAM
 
GEO
 
URU
 
ZIM
 
CIV
 
ESP
 
POR
 
RUS
Année
1987[21] 1re 4e [note 8] Q 2e 3e é Q Q Q é é é é é é é 1987
1991[22] 3e 1re [note 8] 2e Q é é 4e Q é Q Q é é é é é 1991
1995[23] 2e Q 1re 4e 3e é é Q Q Q é é é é é é 1995
1999[24] 4e 1re 3e Qb 2e Q Qb Qb b b b é é é é é é é é é 1999
2003[28] 3e 2e Q 1re 4e Q é Q Q é é é é é é é é é é é 2003
2007[29] Q Q 1re 2e 4e é 3e Q é Q é é é é é é é é é é 2007
2011 1re 3e Q Q 2e 4e Q é Q é é é é é é é é é é é 2011
2015 1re 2e 3e é Q Q 4e Q Q é é é é é é é é é é é 2015
2019 q q q q q q q q q q q q q q q 2019
LÉGENDE

Classement de gauche à droite par ordre décroissant de performance.
Les équipes sont comparées sur leur meilleure performance toutes éditions confondues ;
en cas d'égalité, selon leur seconde meilleure, etc.

1re, 2e, 3e, 4e : classement des demi-finalistes
• Q : quart de finaliste
• Qb : barragiste (1999) • b : barragiste éliminé (1999)
• é : éliminé en phase de poules

Qualification pour l'édition 2019
• q : qualifié • ... : processus en cours

Répartition par continent dans le tournoi finalModifier

 
Meilleur résultat par pays en Coupe du monde de rugby à XV.
Participation par continent
1987 1991 1995 1999 2003 2007 2011 2015 2019
Afrique 1 1 2 2 2 2 2 2 2(+)
Amérique 3 3 2 4 4 3 3 4 3(+)
Asie 1 1 1 1 1 1 1 1 1(+)
Europe 7 7 7 8 8 9 9 8 8(+)
Océanie 4 4 4 5 5 5 5 5 4(+)
Total 16 16 16 20 20 20 20 20 18++
Les + indiquent que deux places sont attribués aux vainqueurs
de différents tournois, barrages et un repêchage (en cours jusqu'en juin 2018).

Le règlement de qualification de la Coupe du monde assure que tous les continents sont représentés dans le tournoi final en raison de la phase de qualification par zone géographique. Depuis la première édition de 1987 entre seize nations invitées, chaque Coupe du monde a vu au moins un pays gagner une première qualification (ou un retour) à la compétition :

L'édition 2015 n'accueille pas de nouvelle nation qualifiée, mais seulement le retour de l'Uruguay (qui avait manqué la qualification au profit du Portugal en 2007 puis de la Russie en 2011).

Au total, vingt-cinq équipes sont parvenues au moins une fois dans le tournoi final d'une des huit éditions.

Records et statistiquesModifier

Distinctions individuellesModifier

Les statistiques personnelles données par le site officiel concernent principalement le nombre de points inscrits et la manière de les marquer (essais, transformations, drops et pénalités)[30]. Elles reflètent à la fois le talent individuel d'un certain type de joueurs (par exemple les buteurs) et le travail collectif conduisant aux occasions de marquer.

Le Néo-Zélandais Jonah Lomu est le meilleur marqueur d'essais de la Coupe du monde avec quinze réalisations. Il est aussi un des meilleurs joueurs des éditions 1995 et 1999. Malgré d'excellentes performances, il n'est pas champion du monde[31]. Lors de l'édition 2015, le Sud-Africain Bryan Habana le rejoint au palmarès des meilleurs marqueurs d'essai au cours d'une édition.

Parmi les sept meilleurs marqueurs d'essais au cours d'une édition (avec sept ou huit essais inscrits), on distingue cinq Néo-Zélandais[32]. A contrario, le classement individuel en termes de points marqués au cours d'une édition montre un panel plus ouvert avec six nationalités différentes (Nouvelle-Zélande, Angleterre, France, Écosse, Argentine, Australie)[32], avec des joueurs aux profils similaires : des buteurs dont cinq des sept jouant au poste de demi d'ouverture[33].

Jonny Wilkinson est le joueur ayant marqué le plus de points en Coupe du monde avec 277 points inscrits lors de quatre Coupes (1999, 2003, 2007 et 2011).

Les sept meilleurs marqueurs de points et d'essais au cours de l'ensemble des matches d'un tournoi final de Coupe du monde[32]
Essais Joueur Équipe Année Points Joueur Équipe Année
8 Jonah Lomu   Nouvelle-Zélande 1999 126 Grant Fox   Nouvelle-Zélande 1987
Bryan Habana   Afrique du Sud 2007 113 Jonny Wilkinson   Angleterre 2003
Julian Savea   Nouvelle-Zélande 2015 112 Thierry Lacroix   France 1995
7 Marc Ellis   Nouvelle-Zélande 1995 105 Percy Montgomery   Afrique du Sud 2007
Jonah Lomu   Nouvelle-Zélande 1995 103 Gavin Hastings   Écosse 995
Doug Howlett   Nouvelle-Zélande 2003 102 Frédéric Michalak   France 2003
Mils Muliaina   Nouvelle-Zélande 2003 101 Gonzalo Quesada   Argentine 1999
Mils Muliaina   Australie 2007


Les statistiques individuelles suivantes sont ramenées au nombre d'essais ou de points par match pour compenser le nombre de rencontres disputées, qui varie de trois à sept, en fonction du format de l'édition et du niveau de la compétition atteint. On remarque que, si le classement est modifié, ce sont les mêmes joueurs qui apparaissent parmi les cinq premiers[note 9].

Les cinq meilleurs marqueurs de points et d'essais par match au cours d'un tournoi final de Coupe du monde[note 9]
Essais Joueur Équipe Année Points Joueur Équipe Année
1,4 Jonah Lomu   Nouvelle-Zélande 1995 26,0 Gavin Hastings   Écosse 1995
1,3 Jonah Lomu   Nouvelle-Zélande 1999 21,0 Grant Fox   Nouvelle-Zélande 1987
1,2 Marc Ellis   Nouvelle-Zélande 1999 20,4 Gonzalo Quesada   Argentine 1999
1,1 Bryan Habana   Afrique du Sud 2007 18,8 Jonny Wilkinson   Angleterre 2003
1,0 Doug Howlett   Nouvelle-Zélande 2003 18,7 Thierry Lacroix   France 1995

Statistiques collectivesModifier

La performance d'une équipe est indiquée par le nombre de points marqués (ainsi que la méthode) comme indiqué par le site officiel[30], la différence entre points marqués en encaissés et le nombre de matchs remportés. Ces statistiques se concentrent sur le résultat et non sur ses causes, multiples (touches, mêlées, passes, récupérations de balle, jeu au pied).

En termes de points ou d'essais marqués au cours d'une édition, les Néo-Zélandais dominent le haut du classement, avec trois des cinq premières places. Figurent aussi dans les cinq premiers deux autres vainqueurs de la Coupe, l'Angleterre et l'Australie. (La comparaison dans le haut du classement fait intervenir des équipes ayant joué un nombre voisin de matchs — six ou sept selon les éditions —, car elles sont parvenues en finale ou en petite finale.)

Les cinq meilleures équipes en termes de points et d'essais inscrits au cours de l'ensemble des matchs d'une des éditions du tournoi final de Coupe du monde[30]
Nombre d'essais Équipe Année Nombre de points Équipe Année
52   Nouvelle-Zélande 2003 361   Nouvelle-Zélande 2003
48   Nouvelle-Zélande 2007 345   Australie 2003
43   Nouvelle-Zélande 1987 327   Nouvelle-Zélande 1987
43   Australie 2003 327   Angleterre 2003
41   Nouvelle-Zélande 1995 327   Nouvelle-Zélande 2007

Plus grand nombre de spectateursModifier

Affluence Lieu Date Match
89 267 [34]   Stade de Wembley, Wembley 27 septembre 2015 Irlande   44-10   Roumanie poule D
89 019 [35]   Stade de Wembley, Wembley 20 septembre 2015 Nouvelle-Zélande   26-16   Argentine poule C
82 957   Telstra Stadium, Sydney 22 novembre 2003 Australie   17-20 a. p.   Angleterre finale
82 346   Telstra Stadium, Sydney 16 novembre 2003 France   7-24   Angleterre demi-finale
82 244   Telstra Stadium, Sydney 15 novembre 2003 Nouvelle-Zélande   10-22   Australie demi-finale
81 350   Telstra Stadium, Sydney 10 octobre 2003 Australie   24-8   Argentine poule A, ouverture
80 430   Stade de France, Saint-Denis 20 octobre 2007 Angleterre   6-15   Afrique du Sud finale
80 267   Stade de France, Saint-Denis 21 septembre 2007 France   25-3   Irlande poule D
80 283   Stade de France, Saint-Denis 13 octobre 2007 Angleterre   14-9   France demi-finale
80 012   Telstra Stadium, Sydney 2 novembre 2003 Nouvelle-Zélande   53-37   Galles poule D
80 000   Stade de France, Saint-Denis 14 octobre 2007 Afrique du Sud   37-13   Argentine demi-finale
79 700   Stade de France, Saint-Denis 14 septembre 2007 Angleterre   0-36   Afrique du Sud poule A
79 312   Stade de France, Saint-Denis 7 septembre 2007 France   12-17   Argentine poule D, ouverture
78 974   Telstra Stadium, Sydney 25 octobre 2003 France   51-9   Écosse poule B
76 866   Stade de France, Saint-Denis 7 octobre 2007 Argentine   19-13   Écosse quart de finale
72 500   Millenium Stadium, Cardiff 6 novembre 1999 Australie   35-12   France finale
72 000   Millennium Stadium, Cardiff 4 novembre 1999 Afrique du Sud   22-18   Nouvelle-Zélande 3e place
71 699   Millenium Stadium, Cardiff 6 octobre 2007 Nouvelle-Zélande   18-20   France quart de finale
71 022   Millenium Stadium, Cardiff 23 septembre 2007 Galles   20-32   Australie poule B

Différents recordsModifier

  • Le plus grand nombre de points marqués par une équipe lors d'un match du tournoi final est de 145, par la Nouvelle-Zélande contre le Japon en 1995. Suit l'Australie contre la Namibie avec 142 points en 2003[32].
  • Le plus grand nombre d'essais marqués par une équipe lors d'un match du tournoi final est de 22, par l'Australie contre la Namibie en 2003, suivi de la Nouvelle-Zélande contre le Japon avec 21 essais en 1995[32].
  • La Nouvelle-Zélande est la sélection avec le plus grand nombre de matchs gagnés toutes éditions confondues : 44[32] sur cinquante matchs disputés.
  • Elle a aussi inscrit le plus grand nombre de points : 2 302. Suivent l'Australie avec 1 645 points et la France avec 1 487[30].
  • La Nouvelle-Zélande possède aussi le record de 311 essais marqués en cumulé lors des éditions de la Coupe du monde. Elle précède l'Australie avec 209 essais et la France avec 171 essais[30].
  • Brian Lima, joueur de l'équipe des îles Samoa, est le premier à participer à une cinquième Coupe du monde de rugby lors de son entrée sur le terrain pour le match contre l’équipe d'Afrique du Sud à Paris le 9 septembre 2007.
  • Vingt joueurs sont doubles champions du monde :
+ quatorze Néo-Zélandais: Richie McCaw, Keven Mealamu, Tony Woodcock, Daniel Carter, Ma'a Nonu, Conrad Smith, Kieran Read, Owen Franks, Sam Whitelock, Jerome Kaino, Ben Franks, Victor Vito, Sonny Bill Williams et Colin Slade;
+ cinq Australiens: Phil Kearns, Tim Horan, Jason Little, Dan Crowley et John Eales;
+ un Sud-Africain: Os du Randt.

Couverture par les médias et spectateursModifier

La Coupe du monde de rugby à XV est un des événements les plus médiatiques, avec d’autres compétitions comme la Coupe du monde de football, les Jeux olympiques d’été et le Tour de France.[réf. nécessaire]

Spectateurs cumulés lors de la Coupe du monde de rugby[36],[37].
Édition Télévision
(millions)
Stades
(millions)
1987 230 0,6
1991 1 400 1,0
1995 2 300 1,1
1999 3 100 1,7
2003 3 400 1,8
2007 4 200 2,2
2011 3 900 1,5

Les données ci-contre sont un indicateur de la popularité croissante de la compétition depuis 1987 jusqu'à aujourd'hui. Il est possible que la tendance se confirme lors de l'édition 2007 : la demande de billets d'entrée a en effet été très forte dès les premiers jours de mise en vente au public[38],[39].

Couverture télévisuelleModifier

La finale de l’édition 2003 a été retransmise dans 205 pays. Le nombre cumulé de téléspectateurs progresse d’une édition à l’autre, avec une très forte croissance sur les quatre premières éditions de 300 millions en 1987 à 2,67 milliards en 1995. Le rythme de croissance diminue jusqu'en 2003, qui attire 3,4 milliards de téléspectateurs.

L'audience de la Coupe du monde de rugby depuis 1995 est certes très élevée mais reste un ordre de grandeur inférieure à celle des Jeux olympiques d'été de 2000 avec 30 milliards de téléspectateurs cumulés et de la Coupe du monde de football de 2002 avec 28,8 milliards[40].

Présence dans les stadesModifier

L'édition de 2003 attire le plus grand nombre cumulé de spectateurs : 1 837 547 pour les 48 rencontres disputées. La croissance depuis 1987 est toutefois moins marquée que celle du nombre de téléspectateurs et reste essentiellement liée à l'augmentation du nombre de matchs disputés. L'affluence moyenne, une des plus importantes enregistrées pendant une compétition internationale[note 10], n'a connu qu'une variation modérée entre 1991 et 2003: si, en 2003, le nombre moyen de spectateurs par rencontre est égal à 38 282[41], ce nombre n'est que modérément supérieur à ceux des éditions de 1991 et 1995 (31 250) et inférieur à celui de 1999 (42 683) — seule la première édition attire un nombre nettement inférieur, 18 750 spectateurs[42]. À titre de comparaison, le record du nombre de spectateurs par match lors d'une Coupe du monde de football, événement le plus populaire, est obtenu lors de celle de 1994 aux États-Unis avec 68 991 spectateurs[43].

 
Match d’ouverture de l’édition 2003 à Sydney.

Le nombre record de spectateurs pour une finale de Coupe du monde de rugby est obtenu en 2003. La rencontre disputée au Telstra Stadium de Sydney (Australie), opposant l'Australie et l'Angleterre, attira 82 957 spectateurs[44].

Visiteurs étrangersModifier

Une étude faite à la demande du gouvernement australien montre que la Coupe du monde de rugby 2003 a attiré 65 000 visiteurs en Australie, contre 110 000 pour les Jeux olympiques d'été de 2000, disputés à Sydney[40].

Aspect économiqueModifier

Finances de la Coupe du monde rugby en millions de livres sterling[note 11]
Édition Budget (M£) Bénéfice (M£)
1987 3,3 1,0
1991 23,6 4,1
1995 30,3 17,6
1999 70,0 47,3
2003 81,8 64,3

Le tableau ci-contre montre que le budget et les profits générés par la Coupe du monde de rugby ont augmenté à chaque édition[36]. Les montants sont indiqués en livres sterling; en 2003, le budget commercial de 81,8 millions de livres correspond à environ 118 millions d'euros.

L'édition de 1999 fut surtout marquée par la construction du Millennium Stadium de Cardiff d'une capacité de 74 500 places[45] et d'un coût de 126 millions de livres[46] (environ 190 millions d'euros). Le financement étant fourni par des prêts, des investisseurs privés, des fonds publics (46 millions de livres) et la prévente de billets d'entrée[47]. La construction du stade a généré 1200 emplois pendant deux ans et le fonctionnement du complexe sportif a créé 1600 emplois permanents dans la région[46].

La popularité de la Coupe du monde ayant sans cesse augmenté depuis sa création, son influence sur l'économie du pays organisateur fut davantage marquée lors de la dernière édition disputée en Australie en 2003 : elle rapporte 97,4 millions à l'IRB : les droits de diffusion télévisée 56,5 et ceux de marketing 40,9. La fédération australienne enregistre un bénéfice net de l’ordre de 22 millions d’euros[48]. Les organisateurs ont en fait réalisé un bénéfice de 150 millions de dollars australiens[41]. Selon une étude du gouvernement australien, le tournoi a généré pour 494 millions de dollars australiens de ventes en Australie pour une valeur ajoutée de 251 millions[40],[note 12] et a créé 4476 emplois à temps plein partiel[40].

Le budget des futures éditions mise sur une popularité croissante. Pour la Coupe du monde 2007, la Fédération Française de Rugby (FFR) prévoit une vente de 2,5 millions de billets qui devraient rapporter environ 180 millions d’euros, soit 70 millions d’euros de droits pour la Rugby World Cup Ltd. et 5,5 millions de bénéfice à la FFR, la Rugby World Cup Ltd recueillant en sus les droits de diffusion télévisée et de marketing[49],[50],[51]. Le gouvernement néo-zélandais prévoit que l'organisation de l'édition 2011 devrait générer pour 408 millions de dollars néo-zélandais (environ 200 millions d'euros) à l'économie et 90 millions de taxes (environ 45 millions d'euros)[52],[53].

Aspect politiqueModifier

La Coupe du monde de rugby a eu aussi une influence dans des domaines extra sportifs, par exemple sur les plans sociologique et politique. L'édition de 1995 fut la première grande manifestation sportive internationale organisée par l'Afrique du Sud dans la période post-apartheid. Elle s’est déroulée un an après les premières élections multiraciales au suffrage universel organisées dans ce pays et un an après l’élection de Nelson Mandela comme Président. Il est reconnu que l’organisation réussie de la Coupe du monde en Afrique du Sud a contribué au processus de réconciliation qui a débuté dans ce pays en 1995, année de la mise en place de la Commission de Vérité et de Réconciliation[54],[55]. En Afrique du Sud, le rugby à XV était traditionnellement le sport par excellence des blancs, depuis la Coupe du monde 1995, il est davantage pratiqué par la population noire[54].

Retombées dans le monde du rugbyModifier

L’organisation de la Coupe du monde a permis de populariser davantage le rugby à XV dans le monde[note 13] et a eu des retombées économiques positives pour les organisateurs et les fédérations concernées[note 14]. Elle a permis d’accroître les confrontations entre les meilleures équipes des hémisphères Nord et Sud: dans les 20 saisons précédant la première édition, l'Australie et la Nouvelle-Zélande totalisent 44 matchs contre l'Angleterre ou la France; dans les vingt suivantes, ce total se monte à 75[56],[note 15]. Le tournoi a aussi donné l’occasion aux équipes moins renommées de rencontrer des équipes plus fortes dans le cadre de rencontres de Coupe du monde ou lors de matchs de préparation : par exemple, de 1967 à 1986, l'Italie rencontre quatre fois l'Angleterre, la France, la Nouvelle-Zélande ou l'Australie, ce nombre passe à 37 de 1987 à 2006[57]; pour l'Argentine le nombre de parties disputées contre ces équipes croît de 20 à 51[58]. Cela a ainsi contribué à hausser le niveau des équipes plus faibles.

Sur le plan des infrastructures, l'organisation de la Coupe du monde de rugby donne l'occasion à un pays de créer de nouveaux stades et d'améliorer les stades existants. À titre d'exemple, le Millennium Stadium de Cardiff fut créé à l'occasion de la Coupe du monde 1999 et, avec sa capacité de 74 500 places, il devint alors le plus grand stade du Royaume-Uni[59].

Le trophéeModifier

 
Coupe Webb Ellis
Article détaillé : Coupe Webb Ellis.

Le trophée mesure 38 centimètres de hauteur[60]. Il est en argent, plaqué d'or, et doté de deux poignées[61]. Sur l'une d'elles se trouve la tête d'un satyre, sur l'autre la tête d'une nymphe[60]. Enfin sur l’avant de la coupe sont gravés les mots International Rugby Board suivi de The Webb Ellis Cup.

La coupe a été faite sur la base d'un modèle de 1906 de Carrington & Co of London, version victorienne d'une coupe créée à l'origine par Paul de Lamerie en 1740. La copie a été réalisée par l'atelier londonien Garrard en 1906, connu pour avoir produit la coupe de l'America au XIXe siècle[62]. Elle a été choisie peu avant la première édition en 1987 dans la collection de cet atelier par l'avant anglais John Kendall-Carpenter et le secrétaire de l'IRB, Bob Weighill, chargé de l'organisation de la Coupe du monde[60].

La coupe est surnommée Bill depuis 1991[61]. Elle n'est pas définitivement acquise : un pays ne la conserve que durant les quatre années de son titre de champion. Il a été suggéré qu'un triple vainqueur puisse garder le trophée, mais cette idée n'a jamais été officiellement discutée[61].

Faits et anecdotesModifier

 
Célébrations à Trafalgar Square lors de la victoire anglaise lors de la Coupe du monde 2003, une première pour l'hémisphère Nord.
  • Le même sifflet et la même pièce pour le toss sont utilisés par l'arbitre du premier match de chaque édition de la Coupe du monde. Ce sifflet a une longue histoire puisqu'il fut utilisé pour le premier test match entre la Nouvelle-Zélande et l'Angleterre en 1905 ainsi que pour la finale de la compétition de rugby lors des Jeux olympiques d'été de 1924 (le dernier match de rugby organisé dans le cadre des Jeux olympiques)[36]. Ces objets sont exposés au musée du Rugby de Palmerston North en Nouvelle-Zélande et sont sortis du musée à chaque Coupe du Monde.
  • 1987 : David Kirk, capitaine de l'équipe de Nouvelle-Zélande, est le premier joueur à recevoir le trophée William Webb Ellis[63].
  • 1991 : l'Australie remporte le trophée, mais elle a failli être éliminée dès les quarts de finale par l'Irlande. À la fin du temps réglementaire, les Irlandais menaient par 18 à 15, l'Australie remporte le quart de finale lors de l'ultime action de jeu grâce à David Campese et Michael Lynagh et bat ensuite la Nouvelle-Zélande en demi-finale et l'Angleterre en finale.
  • 1995 : la remise du trophée de la Coupe du monde 1995 par Nelson Mandela, Président de l'Afrique du Sud, fut un des moments les plus émouvants de l'histoire de la Coupe du monde de rugby[64]. Pour sa première participation, possible après la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, Nelson Mandela, qui durant toute sa vie avait combattu la politique de ségrégation, devenu le premier Président noir d'Afrique du Sud, pouvait remettre le trophée à Francois Pienaar, capitaine (blanc) de l'équipe d'Afrique du Sud. Pour l'occasion Nelson Mandela portait le maillot de l'Afrique du Sud et une casquette de baseball.
  • 1999 : le pays de Galles fut le pays organisateur de l'édition de 1999, mais seulement huit matchs sur 46 furent disputés au pays de Galles, les autres eurent lieu dans les autres nations du Tournoi (Angleterre, Écosse, Irlande et France). En particulier, les deux demi-finales ont eu lieu en Angleterre, au Stade de Twickenham, la finale étant tout de même disputée au Millennium Stadium de Cardiff.
  • 2003 : la victoire de l'équipe d'Angleterre fut célébrée par 75 000 supporters dans les rues de Londres[65].
  • 2007 : l'équipe d'Argentine dispute le match d'ouverture de trois éditions successives de la Coupe du monde, en 1999, en 2003 et en 2007.
  • Peu avant le match d'ouverture France-Argentine de la Coupe du monde de rugby, le , l'encadrement du XV de France, sous la houlette de Bernard Laporte, futur secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports, a décidé de faire lire la lettre de Guy Môquet aux joueurs, qui en eurent les larmes aux yeux. Selon le journaliste Laurent Benezech du journal sportif L'Équipe, cette tension émotionnelle a pu être une des causes de la défaite contre l'Argentine (17-12)[66].
  • 2011 : le Néo-Zélandais Stephen Donald, quatrième choix au poste de demi d'ouverture après Daniel Carter, Colin Slade et Aaron Cruden, entré à la 34e minute, est le premier joueur à faire ses débuts en Coupe du monde en finale. Il est suivi lors de la même rencontre à la 76e minute par le Français Jean-Marc Doussain, qui joue en toute modestie son premier match international.
  • 2015 : l'Angleterre est le premier pays organisateur à ne pas dépasser la phase de poules à la suite de défaites face au pays de Galles (28-25) et à l'Australie (33-13). Le Japon est la première nation à ne pas se qualifier bien qu'ayant remporté trois matchs dans sa poule (contre l'Afrique du Sud, les îles Samoa et les États-Unis). Pour mémoire, en 2011, la France ne s'était qualifiée en ayant gagné seulement deux matchs (contre le Japon et le Canada); étant battue par la Nouvelle-Zélande et les îles Tonga.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Depuis l'édition 1999.
  2. Pour l'édition 2007.
  3. .L'édition 1999 a une organisation particulière avec cinq poules de quatre équipes : les cinq équipes classées en tête de leur poule sont directement qualifiées pour disputer les quarts de finale. Les trois places restantes sont disputées lors de matchs de barrage par les six équipes suivantes ayant obtenu les meilleurs résultats.
  4. avec 6 matchs de poules et 2 matchs de phase finale en France, 6 et 1 au pays de Galles, 3 et 2 en Écosse, et 3 et 2 en Irlande.
  5. avec 6 matchs de poules et 2 matchs de phase finale en France, 6 en Irlande, 6 et 3 en Angleterre, et 6 en Écosse.
  6. avec 3 matchs de poules et 1 match de phase finale au pays de Galles et 2 en Écosse.
  7. avec 6 matchs de poules et 2 matchs de phase finale au pays de Galles.
  8. a et b L'Afrique du Sud est exclue du tournoi, à cause de sa politique d'apartheid
  9. a et b Chiffres totaux divisés par le nombre de matchs joués. Le nombre de rencontres disputées par chaque joueur est indiqué dans les articles connexes du joueur et/ou de son équipe.
  10. Voir aussi Liste des affluences sportives pour plus de détails
  11. En 2006, 1 livre vaut environ 1,5 euros, soit 2 dollars.
  12. Les tableaux indiquent des « $m » sans précision de type de dollar, américain ou australien. En d'autres endroits de l'étude, « A$ billion » fait clairement référence à des dollars australiens ; là où le A est omis, on peut supposer qu'il s'agit de dollars américains.
  13. Voir Couverture par les médias et spectateurs
  14. Voir Aspects économiques
  15. L'Afrique du Sud n'est pas prise en compte en raison de son exclusion des matchs internationaux jusqu'en 1995.

RéférencesModifier

  1. « COUPE DU MONDE 2023 - La France organisera le Mondial ! » (consulté le 15 novembre 2017)
  2. Histoire de la coupe du monde sur http://www.rugby-nomades.qc.ca
  3. a et b (en) The History of RWC sur le site http://www.worldcupweb.com
  4. Jean Bernard Moles, La professionnalisation du rugby français. Pouvoir économique et lien social (lire en ligne)
  5. Finale CM 1987: Nouvelle-Zélande France Vidéo des archives de l'INA
  6. Présentation de la CM de 1991 Vidéo des archives de l'INA
  7. CM 1995 : cérémonie d'ouverture et Afrique du Sud-Australie, Vidéo des archives de l'INA.
  8. Finale CM 1999 Australie-France Vidéo des archives de l'INA
  9. (en) Rugby World Cup Limited sur http://www.irb.com
  10. (en) France Wins Right to Host the 2007 Rugby World Cup, article en ligne du 11 avril 2003 sur http://www.brumbies.com.au
  11. Liste des matchs de la coupe du monde sur le site de l’IRB.
  12. (en) Argentina spills the beans on 2011, article en ligne du 10 janvier 2006 sur http://www.planetrugby.com.
  13. L'Angleterre aux œufs d'or, Henri Bru, L'Équipe, 29 juillet 2009, consulté le 31 juillet 2009.
  14. Des qualifications plus lisibles, La Page des Sports, publié le 5 septembre 2007
  15. a, b, c, d et e (en) Tournament rules sur http://www.worldcupweb.com
  16. (en) Tournament Rules sur le site officiel de la Coupe du monde
  17. Pour l'existence des prolongations avant 1999 : demi-finale Écosse-Angleterre (1991), finale Afrique du Sud-Nouvelle-Zélande (1995) et l'article 1987: France 30-24 Australia de la BBC évoquant un tel risque en 1987
  18. a et b Pour l'absence de mort subite avant 2003, voir l'article « Prolongations et drops au menu » sur sport.fr
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AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Denis Lalanne, Le fabuleux roman de la coupe du monde de rugby, Calmann-Lévy, 1987, 109 p. (ISBN 2702116213)
  • Roger Brunel, Jean-Claude Morchoisne, Michel Rodrigue, Le rugby en coupe (du monde), Presses de la Cité, 1999 (ISBN 2-258-05103-7)
  • Jean-Pierre Bodis, Le rugby : de l'esprit de clocher à la coupe du monde, Privat, 1999 (ISBN 2-7089-5414-8)
  • (en) Nick Farr-Jones, Story of the Rugby World Cup, Australian Post Corporation, 2003 (ISBN 0-642-36811-2)
  • (en) Gerald Davis et John Eales, History of the Rugby World Cup, Faber and Faber Ltd., 2003 (ISBN 1-860-74445-1)

FilmographieModifier

  • Coupe du monde de rugby : anthologie, éditeur : Sony music vidéo, 2004 (3 DVD)

Lien externeModifier

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