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Corinne Luchaire

actrice française
Corinne Luchaire
Description de cette image, également commentée ci-après
Corinne Luchaire et Camillo Pilotto dans le film L'Intruse (1940)
Nom de naissance Rosita Christiane Yvette Luchaire
Surnom Zizi
Naissance
Paris 16e
Nationalité France Française
Décès (à 28 ans)
Paris 16e
Profession Actrice
Films notables

Prison sans barreaux (1938)

Le Dernier Tournant (1939)

Rosita Luchaire, dite Corinne Luchaire, est une actrice française, née le 11 février 1921, à Paris 16e, et morte le 22 janvier 1950 à Paris 16e à l'âge de 28 ans.

Sommaire

BiographieModifier

Elle est la fille de Jean Luchaire (journaliste célèbre fusillé à la Libération pour faits de collaboration) et de Françoise Germaine Besnard. Elle est la petite-fille de l'historien et écrivain Julien Luchaire. Une de ses sœurs est l'actrice Florence Luchaire.

Corinne Luchaire abandonne l'école dès la classe de troisième pour suivre les cours d'art dramatique de Raymond Rouleau. Son grand-père écrit pour elle la pièce de théâtre Altitude 3200. Cela lui vaut d'être engagée pour le rôle principal du film Prison sans barreaux, qui la révèle au grand public en 1938. À seize ans, elle devient alors l'une des vedettes les plus prometteuses du cinéma français. En deux ans, elle tourne six films, dont le plus connu est Le Dernier Tournant. Mais, sa carrière au cinéma est rapidement interrompue par ses soucis de santé : souffrant de tuberculose, elle doit chaque année séjourner plusieurs mois en sanatorium à partir de 1941, d'abord au plateau d'Assy, puis, à Megève[1].

Sous l'Occupation, elle profite de la position et des relations de son père pour mener, durant ses séjours à Paris, une vie mondaine et insouciante. Elle se marie, le 27 décembre 1941 à Megève, avec Guy de Voisins-Lavernière [2], qu'elle quitte un mois après. Elle aurait fait une tentative de suicide à la fin d'une prétendue liaison avec le champion de ski Émile Allais[réf. nécessaire]. Elle a ensuite une relation avec un officier allemand, le capitaine de la Luftwaffe Wolrad Gerlach[3], avec lequel elle a une fille Brigitte, née le 10 mai 1944, déclarée sous le nom de Luchaire[1]. Après une nouvelle tentative de suicide (elle avait de nombreux amis juifs, notamment Simone Signoret, avec qui elle était allée en classe auparavant[4] et des amis résistants), un temps secrétaire de son père, Corinne suivra sa famille à Sigmaringen, puis, en Italie, où elle est arrêtée à Merano avec son père. Elle est transférée avec lui à Fresnes, et sera libérée quelques jours après l'exécution de Pierre Laval. En 1946, bien que n'ayant eu aucune activité politique, elle est condamnée à dix ans d'indignité nationale.

Avant sa mort prématurée due à la tuberculose en 1950, elle a publié un ouvrage autobiographique (Ma drôle de vie, 1949) qui constitue un document intéressant sur sa situation de fille d'une personnalité influente de la collaboration.

Corinne Luchaire a exercé une certaine fascination sur l'écrivain Patrick Modiano.

FilmographieModifier

 
Corinne Luchaire en 1943 (photo studio Harcourt)

CinémaModifier

ThéâtreModifier

Sur Corinne LuchaireModifier

  • Carole Wrona, Corinne L, une éclaboussure de l'Histoire, Paris, Centre national de la cinématographie, 2008 (OCLC 758619195)
    Portrait documentaire qui retrace sa vie.
  • Carole Wrona, Corinne Luchaire, un colibri dans la tempête, préface de Pierre Barillet, Grandvilliers, Éditions La Tour verte, 2011, 192 p. (ISBN 9782917819111)
  • Cédric Meletta, Jean Luchaire. L'enfant perdu des années sombres, Paris, Perrin, 2013, 450 p.
  • Marco Innocenti, Il profumo di Corinne, Milano, Mursia, 2015, 292 p.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Corinne L, une éclaboussure de l'Histoire
  2. Associé au faux marquis Lionel de Wiette, proche de la fausse marquise d'Abrantès (Sylviane Quimfe), il trafiqua au marché noir et alimenta la Gestapo française. Il fut incarcéré à la Libération en même temps que son ex-femme
  3. du Schnellkampfgeschwader 10
  4. Simone Signoret, La nostalgie n'est plus ce qu'elle était, édition de poche Points, p. 43, 1975.

Liens externesModifier