Ouvrir le menu principal
Corinne Luchaire
Abbandono Luchaire Pilotto.jpg
Corinne Luchaire et Camillo Pilotto dans le film L'Intruse (1940)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 28 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Rosita-Christiane-Yvette Luchaire
Surnom
Nationalité
Activités
Père
Mère
Françoise Luchaire (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Florence Luchaire
Robert Luchaire (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Condamnation
Films notables

Corinne Luchaire est une actrice française née le à Paris 16e où elle est morte le .

Sommaire

BiographieModifier

Elle est la fille de Jean Luchaire (1901-1946), journaliste célèbre fusillé à la Libération pour faits de collaboration, et de Françoise-Germaine Besnard. Elle est la petite-fille de l'historien et écrivain Julien Luchaire (1876-1962). Une de ses sœurs est l'actrice Florence Luchaire (1926-1982). Elle a pour frère le décorateur Robert Luchaire[1].

Corinne Luchaire abandonne l'école dès la classe de troisième pour suivre les cours d'art dramatique de Raymond Rouleau. Son grand-père écrit pour elle la pièce de théâtre Altitude 3200. Cela lui vaut d'être engagée pour le rôle principal du film Prison sans barreaux, qui la révèle au grand public en 1938. À seize ans, elle devient alors l'une des vedettes les plus prometteuses du cinéma français. En deux ans, elle tourne six films, dont le plus connu est Le Dernier Tournant. Mais, sa carrière au cinéma est rapidement interrompue par ses soucis de santé : souffrant de tuberculose, elle doit chaque année séjourner plusieurs mois en sanatorium à partir de 1941, d'abord au plateau d'Assy, puis, à Megève[2].

Sous l'Occupation, elle profite de la position et des relations de son père pour mener, durant ses séjours à Paris, une vie mondaine et insouciante. Elle se marie, le 27 décembre 1941 à Megève, avec Guy de Voisins-Lavernière [3], qu'elle quitte un mois après. Elle aurait fait une tentative de suicide à la fin d'une prétendue liaison avec le champion de ski Émile Allais[réf. nécessaire]. Elle a ensuite une relation avec un officier allemand, le capitaine de la Luftwaffe Wolrad Gerlach du Schnellkampfgeschwader 10, avec lequel elle a une fille Brigitte, née le 10 mai 1944, déclarée sous le nom de Luchaire[2].

Après une nouvelle tentative de suicide, elle devient secrétaire de son père. Quelques jours avant la libération de Paris (août 1944), elle suit sa famille à Sigmaringen où se réfugient les principaux collaborationnistes, dont Marcel Déat et Fernand de Brinon, autour du maréchal Pétain, puis, vers l'Italie où ils sont arrêtés à Merano. Elle est transférée avec lui à Fresnes et sera libérée quelques jours après l'exécution de Pierre Laval, tout comme sa sœur. En 1946, bien que n'ayant eu aucune activité politique (elle avait de nombreux amis juifs, notamment Simone Signoret avec qui elle était allée en classe [4], et des amis résistants), elle est condamnée à dix ans d'indignité nationale. Quant à Jean Luchaire, il comparaîtra devant la Haute Cour de justice pour intelligence avec l'ennemi (article 75 du Code pénal[5]) en janvier 1946, et sera fusillé le 22 février au fort de Châtillon.

Avant sa mort prématurée due à la tuberculose en 1950, elle a publié un ouvrage autobiographique (Ma drôle de vie, 1949) qui constitue un document intéressant sur sa situation de fille d'une personnalité influente de la collaboration.

Corinne Luchaire a exercé une certaine fascination sur l'écrivain Patrick Modiano[réf. nécessaire].

ThéâtreModifier

FilmographieModifier

 
Corinne Luchaire en 1943 (photo studio Harcourt)

CinémaModifier

Notes et référencesModifier

  1. Bernard Bastide et Jacques-Olivier Durand, Dictionnaire du cinéma dans le Gard, Montpellier, Les Presses du Languedoc, (ISBN 2-85998-215-9), p. 170.
  2. a et b Corinne L., une éclaboussure de l'Histoire, op. cit.
  3. Associé au faux marquis Lionel de Wiette, proche de la fausse marquise d'Abrantès (Sylviane Quimfe), il trafiqua au marché noir et alimenta la Gestapo française. Il fut incarcéré à la Libération en même temps que son ex-femme.
  4. Simone Signoret, La nostalgie n'est plus ce qu'elle était, Points, p. 43, 1975.
  5. Article 75 sur afmd.asso.fr.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Carole Wrona, Corinne L., une éclaboussure de l'Histoire, Paris, Centre national de la cinématographie, 2008 (OCLC 758619195)
    Portrait documentaire qui retrace sa vie.
  • Carole Wrona, Corinne Luchaire, un colibri dans la tempête, préface de Pierre Barillet, Grandvilliers, Éditions La Tour verte, 2011, 192 p. (ISBN 9782917819111)
  • Cédric Meletta, Jean Luchaire : l'enfant perdu des années sombres, Paris, Perrin, 2013, 450 p.
  • (it) Marco Innocenti, Il profumo di Corinne, Milano, Mursia, 2015, 292 p.

Liens externesModifier