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Consommation énergétique des forces armées des États-Unis

Vue des panneaux solaires installés en 2011 sur le toit du quartier général du Space and Naval Warfare Systems Command Headquarters, à San Diego. L'installation photovoltaïque sur le toit correspond à l'objectif du ministère de la Défense d'augmenter les sources d'énergie renouvelables à 25% de toute l'énergie consommée d'ici 2025.

Le Département de la Défense des États-Unis (ou DoD pour Department of Defense) est l’un des plus gros consommateurs d’énergie au monde, consommant à lui seul 93% de la quantité totale de carburant du gouvernement américain en 2007 (Armée de l’air: 52%; Marine: 33%; Armée: 7%; autre branches du DoD: 1%)[1]. Au cours de l’année 2006, le DoD a utilisé près de 30 000 gigawattheures (GWH) d’électricité, pour un coût de près de 2,2 milliards de dollars.

La consommation d'électricité du DoD fournirait suffisamment d'électricité pour alimenter, toujours en date de 2006, plus de 2,6 millions de foyers américains moyens. Le ministère de la Défense utilise également 17 000 000 000 L de carburant par an (soit 48 000 000 L par jour). En 2017, les émissions de dioxyde de carbone du DoD auraient représenté 59 millions de tonnes. S'il s'agissait d'un pays, le DoD serait le 49e pays le plus polluant au monde[2] et se classerait au 58e rang mondial en matière de consommation d'électricité[1].

HistoriqueModifier

 
Un convoi de camions du Red Ball Express chargés de jerrycans en 1944 en France.

En 1910, suite au passage de la marine de guerre des États-Unis du charbon au pétrole, on décide de créer des réserves navales de pétrole et de schiste bitumineux qui servent de réserve stratégique, elles n'ont plus cette fonction depuis 2015.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, l'achat et la distribution de carburant est ressort du Army-Navy Petroleum Board, une entité du Département de l'Intérieur des États-Unis ayant pour mission de gérer les besoins pétroliers critiques pendant ce conflit. En 1945, l'organisation fut transférée au Département de la guerre et devint la Joint Army-Navy Purchasing Agency (agence aux achats conjoint Armée-Marine).

Le carburant constitué de 16 à 17 % de l'approvisionnement de la force terrestre américaine pendant la Seconde Guerre mondiale[3]. Un effort logistique considérable à lieu pour ravitailler les unités en engagés en Europe de l'Ouest. Du débarquement du 6 juin 1944 à la fin août, les Alliés reçurent 5,2 millions de tonnes de carburant dont 80 % directement depuis les navires pétroliers. Les pipelines PLUTO britanniques transporta 379 000 tonnes, soit 8 % du total, avec moins de 1,8 % de perte en ligne[4]. Au total, plus de 781 millions de litres d'essence furent acheminés jusqu'aux forces alliées en Europe avant la capitulation de l'Allemagne, le 8 mai 1945.

L’organisation a subi plusieurs changements de nom, mais sa mission de gestion des besoins pétroliers critiques est restée essentiellement la même jusqu’en , date à laquelle elle devient une entité de la Defense Supply Agency, chargée de logistique militaire des forces armées des États-Unis, qui devient le 1er janvier 1977 la Defense Logistics Agency dont le quartier général est situé dans le Fort Belvoir.

 
Ravitaillement en mer du porte-avions français Charles de Gaulle et du destroyer USS Bulkeley (DDG 84) par le navire ravitailleur USNS Arctic (T-AOE 8) (en) du Military Sealift Command le 29 novembre 2013.

En 1964, elle prend le nom de Defense Fuel Supply Center (Centre de distribution de carburant de la Défense) et a été désigné comme une entité unique pour l’achat et la gestion des produits pétroliers et du charbon du Département de la Défense des États-Unis. En 1990, la mission a été élargie pour inclure la fourniture et la gestion de gaz naturel en plus des produits de base du pétrole et du charbon.

Elle est renommée Defense Energy Support Center[5] de 1998 à 2010. Depuis cette date, elle est la Defense Logistics Agency Energy (DLA Energy)[6]

GénéralModifier

 
Ravitaillement en carburant d'un M2 Bradley en Allemagne de l’Ouest en 1985.

Le DoD a reconnu que les énergies renouvelables pouvaient améliorer la "sécurité de la force et la stabilité budgétaire", tout en atténuant les effets du changement climatique. Il a donc développé plusieurs programmes visant à déployer des énergies alternatives dans ses principales installations et dans les bases d'opérations avancées. L'amiral Samuel J. Locklear déclarait en 2013 que le changement climatique était la principale préoccupation de l'armée américaine[7],[8].

La composante aérienne de la force est le plus grand consommateur de carburant du gouvernement fédéral et utilise 10% du carburant d'aviation du pays. (le JP-8 représentant 90% de ce volume) Cette consommation de carburant est ventilée comme suit: 82% en carburéacteur, 16% pour la gestion des installations et 2% pour les véhicules et équipements au sol[9]. La Defense Logistics Agency fournit aussi le carburant nécessaire aux organismes fédéraux telle la FEMA et le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis en cas de désastre[10].

 
Un avion ravitailleur KC-46 ravitaillant un C-5M Galaxy le 29 avril 2019.

En 2010, le DoD a créé l'Office of the Assistant Secretary of Operational Energy Plans and Programs (bureau du secrétaire adjoint chargé des plans et programmes opérationnels dans le domaine de l'énergie), chargé de coordonner les questions relatives à l'énergie. En juillet 2010, le DoD a également signé un protocole d'accord avec le département américain de l'énergie afin de faciliter la coopération et d'accélérer la recherche, le développement et le déploiement de technologies d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables[11]. Le programme d'investissement dans la conservation de l'énergie du DoD (ECIP) améliore l'efficacité énergétique et de la gestion de l'eau des installations des services existants ainsi que les coûts associés[12]. La loi américaine sur la reprise et le réinvestissement de 2009 prévoyait 120 millions de dollars pour le programme ECIP.

En 2016, il est prévu la moitié de l’énergie requise pour alimenter ses équipements — navires, avions et installations côtières – de l’US Navy proviennent de sources renouvelables et biocarburant[13].

ÉvolutionModifier

De 1991 a 2018, la consommation du DoD a diminué de 46% passant 371 907 GWh (1269.10e12 BTu) à 202 219 GWh (690.10e12 BTu)[14].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Lengyel, Colonel, USAF, « Department of Defense Energy Strategy: Teaching an Old Dog New Tricks » [archive du ], Washington, D.C, Brookings Institution, (consulté le 12 mai 2014)
  2. « L'empreinte carbone de l'armée US égale à celle de la Roumanie et sa consommation de carburant égale à celle du Portugal », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  3. (en) John A. Lynn, Feeding Mars: Logistics in Western Warfare from the Middle Ages to the Present, Westview Press, .
  4. Jean-François Preveraud, « 6 juin 1944 - Ravitailler toute une armée en carburant », sur www.industrie-techno.com, (consulté le 30 aout 2019).
  5. (en) Defense Energy Support Center Fact Book: Providing Energy SolutionsWorldwide, Defense Energy Support Center, , 90 p. (lire en ligne), p. 52
  6. (en) « History of DLA Energy », sur Defense Logistics Agency (consulté le 29 août 2019).
  7. Chief of US Pacific forces calls climate biggest worry March 9, 2013 Boston Globe
  8. Navy Admiral Samuel J. Locklear says the biggest security threat in the Pacific region is climate change. March 12, 2013 Wall Street Journal
  9. Powering America’s Defense: Energy and the Risks to National Security « https://web.archive.org/web/20100108021815/http://www.cna.org/documents/PoweringAmericasDefense.pdf »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), , CNA Analysis & Solutions, May 2009
  10. (en) Connie Braesch, « 3 Hurricanes, 30 Days », Energy Source,‎ , p. 18-21 (lire en ligne).
  11. Environmental and Energy Study Institute, « DoD's Energy Efficiency and Renewable Energy Initiatives » (consulté le 2 août 2011)
  12. Whitehouse.gov
  13. « À terre et en mer, l’US Navy réduit sa consommation d’énergie fossile », sur https://share.america.gov, (consulté le 22 septembre 2019).
  14. (en) Energy Information Administration, « U.S. Government Energy Consumption by Agency, Fiscal Years », Monthly Energy Review,‎ (lire en ligne)

BibliographieModifier

  • Entretien de Jane: William C. Anderson, secrétaire adjoint de la Force aérienne pour les installations, l'environnement et la logistique, Jane's Defence Weekly, 12 mars 2008 (p.   34).

Voir aussiModifier