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Confédération étudiante

Cadre
But Syndicalisme étudiant
Zone d’influence Enseignement supérieur en France
Fondation
Fondation
Identité
Siège 41, rue Émile Zola
93100 Montreuil
Présidente Cindy Pétrieux
Financement Adhérents, subventions d'universités, subventions publiques, CFDT
Membres 2 000 revendiqués (2012)
Représentativité Non
Site web confederation-etudiante.org
Dissolution
Dissolution 2013

La Confédération étudiante () était une organisation étudiante française, fondée en mars 2003, active jusqu'en 2013. Elle était reconnue comme représentative entre 2006 et 2013, et non représentative à la suite de l'annulation du scrutin de 2012 et l'organisation d'un nouveau en 2013 (élections CNESER du 28 juin 2013). Proche de la Confédération française démocratique du travail, la Confédération étudiante, qui se définissait comme syndicat étudiant, revendiquait, en 2012, 6 000 adhérents[1]. Après sa disparition, la CFDT s'est rapprochée de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE)[2].

Statut juridiqueModifier

La Cé n'était pas un « syndicat » étudiant, car le statut juridique n'existe pas, mais une association loi de 1901. Le statut de syndicat est réservé au monde du travail (association de travailleurs ou d'employeurs). la Cé se réclame du syndicalisme étudiant.

La Cé était reconnue par l'État français comme représentative de 2006 à 2013[3].

La Cé défendait un programme qu'elle qualifiait de « réformiste »[4]. Elle était officiellement liée à la CFDT par un contrat d'association[5].

GenèseModifier

OriginesModifier

La Confédération étudiante est née début 2003 d'un petit nombre[6] de membres de l'UNEF (dont une élue au CNOUS et un élu CNESER[7]) issus de la Tendance syndicale (minoritaire) et prônant la création d'un pôle « réformiste » de gauche chez les étudiants, en rupture avec la ligne nationale[8]. Ils sont rejoints par les AGE d'Angers, de Nantes, de Limoges, de La Rochelle, de Paris 3, de Paris 5 et de Sceaux issus de la même tendance ; ralliées par plusieurs associations locales : TNT (Marne la Vallée), Jade (Bordeaux 4), JTL1 (Toulouse 1), Association étudiante d'Amiens, Re Agir (Montpellier 2), Associatif pour la défense des étudiants (Orléans), Change ta fac (Le Mans), Réunir (La Réunion), et soutenus par la CFDT[5] (et notamment par Nicole Notat[9]).

À l'origine du départ de l'UNEF, certains militants accusaient la direction d'être sous la tutelle de l'appareil du Parti socialiste et de « jouer le jeu de ses courants[10] ». Ce départ fait aussi suite à la réunification des deux UNEF en 2001, qui selon la présidente de la Cé, Julie Coudry, l'aurait « radicalisée » et notamment fait prendre position contre la réforme LMD[9].

Selon Le Figaro[11] la création de la Cé a créé de nouveaux rapports de forces sur les universités[12].

HistoriqueModifier

  • 29 et  : assemblée générale fondatrice de la Confédération étudiante, Julie Coudry devient présidente.
  •  : signature du contrat d'association avec la CFDT[5].
  •  : lancement du manifeste "Fiers et libres manifeste d'une génération engagée "[13]
  • juillet 2006 : la Cé obtient pour la première fois un élu au CNESER[3] et devient ainsi une organisation représentative[14].
  • 1 au  : 2e congrès, élection de Baki Youssoufou à la tête de la Confédération Étudiante[15].
  • printemps 2010: Première campagne nationale CNOUS sur les aides sociales pour les étudiants boursiers, non boursiers et salariés, la Cé remporte 7 élus.
  • : La Cé conserve son élu CNESER, Malick Ndione, membre du Bureau National et élu au Conseil d'Administration de l'université de Strasbourg en 2008. Lancement de la campagne contre les vendeurs de listes.
  • : 3e congrès de la Cé, réélection de Baki Youssoufou à la tête de la Confédération Étudiante[16]. Campagne contre la circulaire Guéant
  •  : La Cé conserve son élu CNESER, elle figure en 5e position des organisations étudiantes représentatives.
  • 2013 : Annulation des élections étudiantes du CNESER 2012, la Cé ne se représente pas de liste pour les nouvelles élections de 2013
  •  : Contrat d'association renouvelé avec la CFDT[17].
  •  : La Cé perd son élu CNESER, et n'est plus organisation étudiante représentative au CNESER.

OrganisationModifier

StructuresModifier

La Cé était organisée sur un schéma fédéral appuyée sur des bases locales. Juridiquement, c'était une association loi 1901[18]. Pour l'essentiel elle avait un mode d'organisation confédérale, à savoir qu'elle ne fonctionnait pas en tendances (le mode de scrutin n'est donc pas proportionnel mais majoritaire), mais en fédération de fédérations.

Les adhérents élisaient, lors de congrès ayant lieu tous les deux ans, un bureau national et une commission exécutive.

Le Bureau nationalModifier

Le Bureau national était l'instance politique de la Cé. Il était chargé de mettre en œuvre les orientations prises en congrès ou lors des Conseils nationaux. Les membres du Bureau national étaient élus tous les deux ans en Congrès par les délégués. Issus des associations locales ou membres de la commission exécutive, ils assuraient leur mandat en tant que responsables nationaux de la Cé. Le Bureau national était une instance de décisions collectives dont les membres représentaient soit leur association locale (regroupant les lycées, universités ou grandes écoles dans une ville ou un territoire donné), soit leur université.

Le CongrèsModifier

Le Congrès était le moment où les délégués des associations locales dressaient un bilan et une analyse sur l’activité syndicale de la Cé durant les deux années écoulées et validaient le rapport d’activité. Il fiaite les enjeux, les grandes orientations et les objectifs de la Cé pour les deux années qui suivent.

Il élisait notamment le bureau national chargé de la mise en œuvre de ces décisions.

Le Conseil nationalModifier

Le Conseil national était une instance de débat sur le bilan des actions menées par la Cé nationalement dans les universités. Il définissait les grandes orientations à venir. Le Conseil national était composé des membres du bureau national et des présidents des différentes associations locales qui débattent entre eux. Il était ouvert à tous les militants.

La commission exécutiveModifier

La Commission exécutive était l'organe de gestion quotidienne de la Cé. Elle mettait en œuvre les décisions prises par le Bureau national. Elle se composait des membres du bureau national élus à cet effet en Congrès tous les deux ans.

ResponsablesModifier

La dernière présidente était Cindy Pétrieux.

  • Cindy Pétrieux, présidente [19].
  • Boubacar Diop, secrétaire général
  • Édouard Renucci, trésorier

Relations extérieuresModifier

La Cé était associée avec la CFDT depuis mars 2004[5] qui, selon Le Monde, la subventionnait annuellement à la hauteur de 30 000 € pour relayer chez les jeunes « une même conception du syndicalisme réformiste et indépendant »[20]. Ce support est aussi matériel à travers, par exemple, l'impression de tracts ou l'intervention de militants cédétistes lors de conférences, manifestations. Les responsables de la Cé sont amenés à participer aux congrès[21] ou aux campagnes[22] de la CFDT. La Cé était aussi partenaire d'organisations dans lesquelles la CFDT est présente comme l'organisation Sauvons l'Europe.

Les relations avec l'UNEF étaient difficiles voire parfois violentes au niveau local, la Cé critiquant son « immobilisme »[10] et sa « duplicité »[23] tandis que l'UNEF reprochait à la Cé d'avoir aggravé la division du syndicalisme étudiant. Cependant selon Robi Morder[24], « une aile (de l'UNEF) est proche » de la Cé (en réalité la Tendance refondation syndicale, qui cherche à ramener dans l'UNEF d'anciens militants de la Cé, comme ceux de Strasbourg, Rennes, Paris 3, Angers ...)[réf. nécessaire].

Ses relations avec les organisations s'inscrivant dans le syndicalisme de lutte comme SUD Étudiant puis Solidaires Étudiant-e-s sont souvent tendues, celles-ci lui reprochant par exemple son programme, qu'ils qualifient de « peu revendicatif » et de « soumission au MEDEF »[25].

Ses relations avec les fédérations et d'associations de filière (FAGE et PDE) étaient en général plus cordiales, hors périodes électorales[réf. nécessaire].

ReprésentativitéModifier

Élection CNESER 2004 à 2013
Années 2004 2006 2008 2010 2012 2013
Voix 105 237 247 229 131 n/a
sièges 0 (=) 1 (+1) 1 (=) 1 (=) 1 (=) 0 (-1)
% 5.56 12.3 12.2 11.14 8.04 n/a

Jusqu'en 2013, la Confédération étudiante est considérée comme représentative[3] aux termes de la loi Jospin du , car elle avait un élu au CNESER. Le nombre total de sièges à pourvoir est de onze au CNESER, et de huit au CNOUS[réf. souhaitée].

Depuis juillet 2013, à l'issue des élections au CNESER, la Confédération Étudiante n'est plus représentative[26].

La Cé revendiquait, en 2007, 4 000 adhérents[27] et 6 000 en 2012. En juin 2006 elle déclarait une présence dans une soixantaine d'universités[réf. nécessaire] et 237 élus en conseils centraux.

PositionnementModifier

Démarche syndicaleModifier

La Cé proposait une démarche de « Syndicalisme réformiste »[4] (en affirmant par exemple que la réforme de l'université était « une nécessité vitale »[23]) qui s'inscrit dans le cadre de ses valeurs de « démocratie, de solidarité et d'Europe »[4].

Campagnes et positionsModifier

Après avoir porté l'insertion des étudiants comme troisième mission de l'université[28] et une amélioration du système d'orientation des étudiants[29], la Cé est favorable a une augmentation des dotations des universités afin de rendre effectives ces évolutions[23]. La Cé soutient le principe de l’enseignement supérieur professionnalisant[30]. Elle était favorable au salariat étudiant qu'elle voit comme une occasion d'acquérir de l'expérience.

Elle réalisait à chaque saison d'été avec la CFDT, des campagnes pour la défense des droits des travailleurs saisonniers.

En 2003, la Cé s'est prononcée pour la Réforme LMD et pour la Constitution européenne en 2005. Elle a participé en 2006 à l'intersyndicale[31] opposée au contrat première embauche. Lors du mouvement contre la loi LRU (2007), la Cé n'en a pas demandé l'abrogation[32] et selon Robi Morder du GERME elle s'est située « en dehors de la coordination » étudiante[24].

À l'automne 2011 - hiver 2012 : La Cé intègrait le Collectif du 31 mai[réf. nécessaire] contre la circulaire du 31 mai 2011[33] dite « circulaire Guéant » à propos des visas des étudiants internationaux[34]. Appelant à son retrait, la Cé organisait sur une quinzaine de campus des "boucans Guéant"[35] sur les campus universitaires. Le ministère de l'intérieur réajustait sa circulaire en janvier, toutefois le Collectif continue de mobiliser pour son retrait[36]. Le gouvernement Ayrault supprime la circulaire, mais pas le décret du 6 septembre (décret qui exige plus de ressources financières aux étudiants étrangers qui souhaitent étudier en France, 460  avant contre 770  en 2012).

Modes d'actionsModifier

La Cé concentrait ses actions dans les campagnes pour l'insertion professionnelle, le soutien des étudiants internationaux, pour l'élection de représentants des étudiants au sein des conseils centraux d'universités (appartenant ainsi à une tendance « cogestionnaire » du syndicalisme étudiant axée sur la représentation des étudiants) et des organes de représentations nationaux auprès du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche[37].

 
Le cortège de la Confédération étudiante lors de la manifestation contre le CPE du 18 mars 2006

Tout en appelant à massifier les assemblées générales d'universités lors des mouvements étudiants pour « marginaliser les radicaux »[9], elle revendiquait pour celles-ci des « exigences démocratiques » notamment par l’organisation de « référendums » à bulletin secret lors de la grève et du blocage d’une université[38].

Après 2013Modifier

Une partie des militants de la Cé se sont investis dans La Fabrique, qui se veut un réseau pour rencontrer et créer des liens avec des étudiants de toutes filières, tous horizons[39],[40]. Cette association sera gérée jusqu'en 2015 par Cindy Pétrieux, Thomas Luquet puis Charline Sabourin en 2016, et enfin, par Salim Bouchama jusqu’à aujourd’hui. Sous l’essor du dernier cité, La Fabrique prit une direction plus entrepreneuriale.[41].

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. [1] « Baki Youssoufou, anarcho-syndicaliste » publié dans Jeune Afrique le
  2. communiqué commun SGEN-CFDT / FAGE du 11 septembre 2015
  3. a b et c JORF du 17 août 2006, proclamation des résultats aux élections du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche sur Légifrance.
  4. a b et c Confédération étudiante, « Les valeurs de la Cé », sur confederation-etudiante.org (consulté le 9 juin 2008) : « La Cé fait le choix d’un syndicalisme de transformation sociale par la voie des réformes. Ce choix s’appuie sur le refus de tout fatalisme construit sur fond de résignation ou de l’attente exaltée d’un « grand soir » au nom duquel le présent est toujours sacrifié. »
  5. a b c et d Confédération étudiante, « Le contrat d’association Cé / CFDT », sur confederation-etudiante.org (consulté le 9 juin 2008) : « Le mercredi 10 mars 2004, Julie Coudry et François Chérèque ont signé le contrat d'association entre la Confédération étudiante et la CFDT. »
  6. Marie-Sandrine Sgherri, « Université - L'étudiante qui n'est pas allergique à l'entreprise », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le 9 juin 2008) : « On était 25 et on ne savait rien faire. »
  7. Cécile Bombel (CNOUS) et Sébastien Couderc (CNESER) ont été élu sur des listes UNEF qu’ils ont quitté pour rejoindre la Confédération étudiante en .
  8. Paul Quinio, « La guéguerre du PS fait école à l'Unef. », sur liberation.fr,
  9. a b et c « L'étudiante qui n'est pas allergique à l'entreprise », paru dans Le Point, édition du par Marie-Sandrine Sgherri.
  10. a et b Rapport de la Cé de 2003 intitulé « UNEF, où sont tes victoires ? », sur le site de la Cé
  11. « Les syndicats étudiants sous le feu croisé des influences » paru dans Le Figaro, édition du
  12. « Portraits, Les figures étudiantes et lycéennes de la contestation » paru dans Libération, édition du
  13. Confédération étudiante, « "Fiers et libres" le Manifeste d'une Génération engagée », sur confederation-etudiante.org, (consulté le 9 juin 2008)
  14. ["loi Jospin du 11 juillet 1989"http://dcalin.fr/textoff/loi_1989.html]
  15. « Julie Coudry quitte la Confédération étudiante », Libération,
  16. «La Confédération étudiante renouvelle ses instances», e-orientation.com, 20 juin2011
  17. http://fr.slideshare.net/juliepoupatce/convention-de-partenariat-c-cfdt
  18. annonce de création au Journal officiel, paru le 10 mai 2003 (n° de parution : 20030019) auprès de la préfecture de police de Paris
  19. « Nouvel Obs : Confédération étudiante: Cindy Pétrieux devient présidente »
  20. « Le congrès de la CFDT, séduire les jeunes générations » paru dans Le Monde, édition du 13 juin 2006
  21. « Julie Coudry acclamée par les congressistes », sur le site de la CFDT
  22. « À Luchon, l’UD CFDT 31 déclare la campagne saisonniers hiver 2006 ouverte ! » sur le site de la CFDT
  23. a b et c Julie Coudry, « Le nécessaire est possible », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 10 juin 2008)
  24. a et b Alain Roux entretient avec Robi Morder, « L'obtention de résultats peut permettre au mouvement de durer », sur nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur, (consulté le 10 juin 2008)
  25. Nicolas, « Élections universitaires », sur sud-etudiant.org, SUDversif n°37, (consulté le 10 juin 2008) : « La confédération étudiante, branche étudiante de la CFDT, syndicat de salariés qui a cassé les retraites, les intermittent-es et les indemnisations chômage, à un peu près le même programme pour l’université : soumission au MEDEF, liquidation et privatisation. »
  26. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027692934&fastPos=1&fastReqId=518704337&categorieLien=id&oldAction=rechTexte
  27. Lien brisé "Celle qui veut réconcilier patrons et universités" publié dansLe Nouvel Observateur le
  28. « Insertion des jeunes : mission ou démission de l'université ? » une tribune publiée par Julie Coudry dans Les Échos le
  29. « Une orientation choisie, une professionnalisation durable », sur le site de la Cé
  30. « Une victoire de la jeunesse » paru dans SGEN-CFDT - Profession Éducation, avril 2006 n°156
  31. CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires, Unef, Cé, FIDL, UNL
  32. « Fac : Qui souffle sur les braises ? » L'Express.fr par Laurence Debril le 21 novembre 2007
  33. Circulaire dite "Guéant"
  34. « VIDEO. Étudiants étrangers : "Guéant se trompe de cible !" », Le Nouvel Observateur,
  35. ""Boucan Guéant" : le combat des diplômés étrangers continue", e-orientation.com, 2 décembre 2011
  36. [2]
  37. extrait de ses statuts publiés au Journal officiel « [...] pour parvenir à ces buts, la Confédération étudiante représentait les étudiants, déposant des candidatures dans les instances électives ouvertes aux étudiants, à tous les niveaux, du local au national [...] »
  38. « La Cé soutient la tenue de référendums dans les facs », sur le site de la Cé
  39. Gilles van Kote, « Cindy Pétrieux, en quête d’action », Le Monde, 8 septembre 2015.
  40. https://www.cfdt.fr/portail/nous-connaitre/nos-partenaires/la-fabrique-le-reseau-des-etudiants-entreprenants-rec_109167
  41. « La Fabrique », sur La Fabrique (consulté le 8 juin 2016)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier