Le concile d'Aquilée est un synode qui s'est réuni en septembre 381 dans la ville d'Aquilée, en Italie du Nord. Le pape Damase Ier, qui était en lutte contre l'antipape Ursin, ne put s'y faire représenter. Il s'est ouvert le 3 septembre 381.

Concile d'Aquilée
Informations générales
Convoqué par Ambroise de Milan
Début 3 septembre 381
Lieu Aquilée
Accepté par évêques d’Italie du Nord et quelques représentations des évêques des actuelles France, Espagne et Afrique
Organisation et participation
Présidé par Damase Ier (absent)
Documents et déclarations
Déclarations Interdiction de l'arianisme et excommunication des deux évêques accusés

Ce concile ne doit pas être confondu avec cinq autres conciles (en) qui se sont tenus à Aquilée en 553, 579, 1184, 1409 et 1596.

Contexte historique

modifier
 
Michael Pacher, Saint Ambroise, 1480, Alte Pinakothek.

Le premier concile de Nicée en 325 avait définitivement interdit l'Arianisme, mais à la mort de Constantin Ier en 337, l'hérésie reprend vigueur, d'abord dans l'Empire byzantin puis dans l'Empire romain d'Occident, favorisée par le soutien de l'empereur Constance II. Pendant son règne, de nombreux évêques orthodoxes sont persécutés ou remplacés par des évêques ariens.

Lorsque Constance meurt en 361 et que la parenthèse païenne de Julien prend fin, la doctrine orthodoxe refleurit, grâce surtout à l'impulsion que lui donne Théodose Ier qui aboutit à la publication de l'édit de Thessalonique. L'hérésie arienne est encore répandue dans les provinces danubiennes de l'empire. Le principal artisan de l'action contre l'arianisme est l'évêque de Milan Ambroise, qui applique une politique d'attentisme : lorsqu'un évêque arien vient à mourir, les nouveaux élus viennent toujours des rangs orthodoxes.

A la place du défunt Germinius, Ambroise réussit à faire élire Anémius évêque de Sirmium, ville fondamentale, non seulement parce qu'elle est la capitale de la Pannonie, mais aussi parce que l'impératrice Justine y réside, qui au contraire est une fervente arienne et tente de s'opposer à l'entreprise de l'évêque de Milan. Avant même l'ordination d'Anémius, deux évêques danubiens, Palladius de Ratiaria (ville de l'actuelle Bulgarie) et Secondiano de Singidunum, Ariens et donc menacés de perdre leurs évêchés, obtiennent de l'empereur Gratien que leur cause soit jugée lors d'un concile tenu à Aquilée.

Le synode

modifier

Au vu de la situation, l'orthodoxie vise donc à éradiquer définitivement le phénomène hérétique en reconfirmant, pour l'essentiel, les accords conclus lors du concile de Nicée.

Le concile est convoqué à Aquilée, ville très importante du point de vue chrétien, car c'est un centre de diffusion vers l'Europe centrale et la Pannonie en particulier. De plus, de nombreuses congrégations et écoles ascétiques d'Aquilée ont contribué à la revanche de l'orthodoxie chrétienne. En fait, le synode, auquel assistent les évêques du nord de l'Italie et quelques représentants de la France actuelle, de l'Espagne et de l'Afrique du nord-ouest, est un procès contre les deux évêques illyriens, Palladius de Ratiaria et Secondiano de Singidunum, parmi les derniers partisans de l'hérésie arianenne.

Conclusions du synode

modifier

Le synode se conclut par la confirmation de l'interdiction de l'arianisme et par l'excommunication des deux évêques accusés.

De plus, une lettre du concile est envoyée aux empereurs, mais adressée en particulier à Gratien, qui inclut Rome dans son domaine, afin que l'antipape Ursin et ses calomnies contre le pape Damase Ier ne soient pas prises en considération.

Pour finir, dans une quatrième lettre, également adressée aux empereurs, le concile plaide la cause de Paulin d'Antioche et de Timothée d'Alexandrie, et demande également que les empereurs convoquent un nouveau grand concile à Alexandrie pour mettre fin aux divisions entre les chrétiens.

Évêques participants

modifier

32 noms figurent dans la liste des évêques présents au concile et retrouvée au début des actes conciliaires[1], non accompagnés du siège épiscopal auquel ils appartiennent. Parmi les signatures aux condamnations des évêques Palladius et Secondiano, figurent les mêmes évêques, souvent accompagnés de leur siège d'appartenance respectif ; outre ces 32 évêques, ces signatures mentionnent également la présence de l'évêque Juvence de Pavie, dont le nom ne figure pas sur la liste de présence.

Sources

modifier

Les actes du concile d'Aquilée, partiellement traduis, sont conservés dans une transcription de la première moitié du Ve siècle à la Bibliothèque nationale de France à Paris, Cod. Lat. 8907, fol. 336r-353v (provenance : abbaye Saint-Père)[2].

Références

modifier
  1. Acta concili Aquileiensis, pp. 326-327 (nº 1).
  2. (de) Martin Bitschnau et Hannes Obermair, Tiroler Urkundenbuch, II. Abteilung: Die Urkunden zur Geschichte des Inn-, Eisack- und Pustertals. Band 1: Bis zum Jahr 1140, Universitätsverlag Wagner, (ISBN 978-3-7030-0469-8)

Bibliographie

modifier
  • (la) Acta concili Aquileiensis, in Ambroise de Milan, Epistularum liber decimus. Epistulae extra collectionem, Gesta concili Aquileiensis, recensuit Michaela Zelzer, Vindobonae, 1982, CSEL 82/3, p. 325-368 (en ligne).
  • (fr) Jacques Zeiller, Les origines chrétiennes dans les provinces danubiennes de l'empire romain, Paris, 1918, p. 328-343.
  • (it) Manlio Simonetti, La crisi ariana nel IV secolo, Rome, 1975, p. 542-548.

Articles connexes

modifier