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Le comté de Bassigny est une ancienne région située en France au nord de Langres qui a été successivement un Pagus, puis un comté carolingien, puis un bailliage, et actuellement la petite région du Bassigny.


Sommaire

Géopolitique du comté au Moyen ÂgeModifier

 
Les pagi bourguignons au IXe siècle

IntroductionModifier

Le « Pagus Bassiniacensis » faisant partie de la Civitas-lingonum (territoire des Lingons) était déjà connu au temps de Jules César, comme lieu de passage naturel sécurisé vers la Germanie, et comme zone fertile où installer un poste militaire. Les voies romaines LyonTrèves et Langres - Naix passent en plein Bassigny. Son histoire est intimement liée à la vieille cité de Langres.

Article connexe : Lingons.

Sous les MérovingiensModifier

Après la chute de l'Empire romain et les grandes invasions du Ve siècle, le territoire était alors occupé par les Alamans. Puis il fut intégré au royaume des Burgondes, prenant Langres vers 460, jusqu'à ce qu'il soit annexé au royaume des Francs mérovingiens, en 534. Entre-temps, les Francs Rhénans avaient eux aussi poussé leur migration jusqu'aux portes de Langres, vers 485/486[1].

Ce pagus était situé à la frontière des diocèses de Langres et de Toul, et donc une limite entre les provinces de Lyon et de Trêves. Cette fracture majeure de l'Occident médiéval donna au territoire une situation de confins, dont l'histoire nous a laissé comme témoin le fameux traité d'Andelot.

Au VIIe siècle, le Bassigny avait appartenu à Gondoin (ou Gondouin, † v.656), seigneur de l'Ornois, du Bolenois et du Bassigny[2], père de sainte Salaberge et de Bodon Leudin, évêque de Toul. Le clan Wulfoald/Gundouinides étaient l'un des principaux adversaires aux Pippinides.

Sous les CarolingiensModifier

Au VIIIe siècle, ce fut saint Gengoul (702 - † 760), l'un des principaux barons de Bourgogne. Certains historiens pensent que lui et Gondoin ont un lien généalogique[3].

Lors du traité de Verdun, en 843 (première mention du comté de Bassigny), Lothaire Ier reçut dans sa part, le Bolenois, le Bassigny et le Barrois de l’Aube. Ces trois territoires n’auraient formé qu’un seul comté. En ces temps, l'historien Maurice Chaume nous rapporte que le Bassigny est passé aux mains d'une lignée dont les illustres ancêtres seraient Donat Ier de Melun (v.790 - † ap.858/av.871), qui fut comte et missus dominicus dans la province de Sens, et sa femme Landrade, fille du comte Bégon de Paris. Les divers partages qui suivirent restent assez obscures par rapport aux limites territoriales mais celles-ci redeviennent plus claires avec l’avènement des Ottoniens en Lotharingie[4].

À la suite de la création du duché de Bourgogne, après 880, avec à sa tête le duc Richard le Justicier, le comté y fut annexé. En même temps, il eut à souffrir des raids Vikings, qui ravagèrent la région jusqu’en 925. Puis vint le conflit entre Hugues le Grand et Hugues le Noir. Ce premier seigneur voulant mettre la main sur la Bourgogne, prit le Bassigny sans difficulté, et assiégea Langres (936). Le comté revint pour peu de temps à Hugues le Noir à la suite d'un traité de paix, mais la lutte reprit et Hugues le Grand finit par obtenir le duché.

En 941, Roger II de Laon obtient le Bassigny en bénéfices, et ce par alliance dont plusieurs hypothèses ont été retenues. Puis en 961, son fils Hugues fait don, en présence du roi Lothaire (qui venait d'assiéger Dijon pour la remettre à Othon), sollicité par la reine Gerberge et le comte Renaud de Roucy, de la curtis de Condes pour être inhumé à saint Rémi de Reims et lègue le Val-de-Rognon aux chanoines. Puis il meurt la même année[5].

Sous les CapétiensModifier

Lambert de Bassigny († 1031), dernier descendant mâle et évêque de Langres, aurait partagé ses fiefs de Clefmont, Sexfontaines et Vignory entre ses proches. Il est aussi question d’un tronc commun entre le lignage des comtes avec les familles féodales de Choiseul et de Nogent, qui se partagèrent le Bassigny[6].

Les comtes de BassignyModifier

Première brancheModifier

  • Hugues III de Bassigny († ap. 939) comte de Bassigny vers 906, et du Bolenois par mariage, fils de Hugues II et frère du précédent.
  • Gosselin III († ap. 940), fils du précédent[11], il fut comte du Bassigny-Bolenois, puis aussi abbé de Saints-Geosmes.

Deuxième brancheModifier

  • Roger (?-† 1005), comte ou vicomte de Bassigny[15].

Les Bassigny français, lorrain et mouvantModifier

Le Bassigny français faisait partie de la Province de Champagne, tandis que le restant était Lorrain. La partie de Domrémy où est née Jehanne d'Arc appartenait au Bassigny français, tandis qu'une autre partie était dans le Barrois, donc en Lorraine.

Le bailliage de BassignyModifier

Le Bailliage. du Bassigny comprenait, le Bassigny lorraine et le Bassigny mouvant, distinct du Bassigny français. Le Bassigny lorrain, composé des deux prévôtés de La Mothe et Bourmont, et le Bassigny mouvant, ainsi désignés pour les distinguer du Bassigny mouvant dont le siège de justice était à Chaumont, composé de cinq prévôtés: Conflans, Châtillon, La Marche, Gondrecourt (dont dépendait Domrémy) et Saint-Thiébaut. Le Bassigny mouvant était un fief mouvant de la Couronne de France et ressortissant du Parlement de Paris, et il était tenu par le Duc de Bar puis par le Duc de Lorraine.

La coutume de BassignyModifier

Le Bassigny fait partie de la Champagne, c'est un est Pays d'État.

Le Bailliage de Chaumont a des coutumes qui ont été rédigées et publiées le 19 octobre 1509.

Le Bailliage de Bourmont est en partie régit par la Coutume de Bassigny, laquelle a été réformée par les États de Bassigny, réunis en 1580 au château de La Mothe-en-Bassigny sur ordonnance du grand-duc Charles Ier de Lorraine datée du 1er octobre 1580, puis vérifiée en 1585 au Parlement de Paris[16].

Article 1. - L'ancienne coutume de Bassigny distinguait les personnes nobles des non nobles, et parmi ces dernières les franches personnes et les personnes de condition servile. Mais il n'y a plus de personnes serves en France, et toutes conventions par laquelle une personne entrerait en service d'une autre est déclarée nulle.

Article 2. - Sont tenus pour nobles les enfants légitimes de père ou de mère noble. Il y a la même coutume à Troyes et à Meaux. La Champagne perdit tant de noblesse durant les guerres entre Lothaire, fils de Louis le Débonnaire, et Charles le Chauve, que les gentils femmes eurent privilège d'anoblir leurs maris roturiers et leurs enfants.

Notes et référencesModifier

  1. Histoire de Langres, la vie d'une cité - Hubert Flammarion, Michel Guyard, André Journaux, Roland May, Georges Viard - Éditions Dominique Guéniot, Langres - (ISBN 978-2-87825-426-6)-DG 454
  2. Abbé Louis Dubois, Histoire de l'abbaye de Morimond, 1852, p. 458
  3. Les Cahiers Haut-Marnais no 248/249/250/251 - 2007 - p. 26 à 28
  4. Michel Bur La Champagne médiévale (recueil d'articles), édit. D. GUÉNIOT, 2005, p.  143 & 144
  5. La formation du comté de Champagne - M. Bur - 1977, Nancy - p. 105
  6. Gilles Poissonnier – Histoire des Choiseul – Tome 1 – Le Pythagore Éditions, Chaumont, France 1996 – (ISBN 2-908456-16-8)
  7. M. Chaume, Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon (France) Les origines du duché de Bourgogne 1925, p. 170 et 242
  8. Maurice Chaume Académie des sciences, arts et belles-lettres Recherches d'histoire chrétienne et médiévale 1947, p. 265
  9. Langres et ses évêques, VIIIe-XIe siècles : aux origines d'une seigneurie ecclésiastique : actes du colloque Langres-Ellwangen, Langres, 28 juin 1985 - De Josef Semmler, Société historique et archéologique de Langres - Publié par Société historique et archéologique de Langres, 1986
  10. Philippe Lauer Robert Ier et Raoul de Bourgogne, rois de France (923-936) 1910Tandis que Roegnvald pénétrait dans la Bourgogne, pillant tout sur son passage, les comtes Garnier de Sens, Manasses de Dijon, avec les évêques Josselin de Langres et Anseis de Troyes, prévenus peut-être sous main par le marquis Hugues, avaient rassemblé leurs vassaux. Ces seigneurs se portèrent a la rencontre des Normands qui se retiraient vers la France du nord, charges de butin. Le choc eut lieu sur les confins du Gâtinais, à Chalmont, le 6 décembre. La lutte fut acharnée. Il s'agissait pour les Normands d'assurer leur retraite, et les Bourguignons étaient décidés a leur faire expier les ravages qu'ils avaient faits chez eux. Huit cents Normands restèrent, dit-on, sur la place. Du côte bourguignon, le comte Garnier ayant eu son cheval tué sous lui fut pris et mis a mort.
  11. Victor Hyacinthe Sévigni ou une paroisse rurale en Normandie pendant les trois derniers siècles 1865, p. 101
  12. Michel Bur La formation du comté de Champagne (v. 950-v. 1150) (thèse), 1977, p.  101
  13. Chartes et documents de Saint-Benigne de Dijon : prieures et dependances des origines a 1300 - Par Dijon Saint-Benigne (Benedictine abbey)., Georges Chevrier, Maurice Chaume - Publié par Impr. Bernigaud & Privat, 1943
  14. Cahier Haut-Marnais no 232-233, pages 8, 16 et 17
  15. idem 6.
  16. Durival, Description de la Lorraine et du Barrois, chez la Veuve Leclerc, à Nancy, 1779, tome II, page 165.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier