Comportement sexuel situationnel

Le comportement sexuel situationnel est le comportement dans lequel une personne s'écarte de ses habitudes en raison de circonstances qui, d'une manière ou d'une autre, permettent, encouragent ou imposent cet écart. Cette variation peut apparaître quand des circonstances rendent impossibles les activités sexuelles préférentielles d'une personne qui, au lieu de s'abstenir de toute activité sexuelle, opère une substitution.

GénéralitésModifier

Un comportement sexuel pouvant apparaître dans des circonstances particulière est celui d'une personne qui se considère comme hétérosexuelle mais qui pratique des activités sexuelles avec des représentants du même sexe lorsqu'il n'existe aucune alternative : ce phénomène est observé chez des soldats (en), en milieu carcéral (en), chez des étudiantes (en) ou dans d'autres milieux où prévaut la séparation des sexes[1]:48. De même, une personne qui déclare gay ou lesbienne (soit sur le moment, soit ultérieurement) est susceptible de s'adonner à des activités sexuelles avec des représentants du sexe opposé s'il n'existe aucune possibilité de relation homosexuelle[2].

Il arrive que certaines personnes changent de comportement sexuel selon des circonstances ou selon plusieurs phases au cours de leur vie[2]. Ainsi, certains hommes et certaines femmes en milieu universitaire peuvent adopter des conduites bisexuelles, mais uniquement dans ce cadre. Ces expériences sont plus courantes chez les adolescents et les jeunes adultes, tant hommes que femmes. Certains termes d'argots désignent cette tendance comme hétéroflexible[3] ou Lesbianisme transitoire à l'université (en) (avec des variantes : hétérosexualité ou homosexualité masculine transitoire à l'université)[4].

En prison, il arrive que des hommes hétérosexuels aient des relations sexuelles avec d'autres hommes et y voient un « comportement situationnel » : ils ne voient pas comme bisexuels. Ces hommes déclarent souvent qu'ils s'imaginent être auprès d'une femme lorsqu'ils pratiquent des activités sexuelles avec un homme. Lorsqu'ils se masturbent, il se représentent leurs expériences avec des femmes[5]. Ils pratiquent des activités homosexuelles uniquement parce qu'ils n'ont aucun « exutoire hétérosexuel »[6].

Dans certaines cultures, de nombreux hommes ne pouvaient accéder à des relations sexuelles avec des femmes car celles-ci étaient isolées dans des espaces réservés et il leur était strictement interdit de pratiquer une sexualité hors du mariage (en). En conséquence, il est possible que certains hommes, surtout célibataires, aient adopté des comportements homosexuels. Des exemples historiques sont la pédérastie dans la Grèce antique et le bacha bazi[7].

Certaines enquêtes récentes dans le monde occidental montrent qu'environ 87 % des femmes et 93 % des hommes se reconnaissent « entièrement hétérosexuels »[1]:55. Une analyse sur 67 enquêtes montrent que, à l'échelle d'une vie entière, la prévalence de relations sexuelles entre hommes (indépendamment de l'orientation) correspond à entre 3 et 5 % en Asie de l'Est, entre 6 et 12 % en Asie du Sud et du Sud-Est, entre 6 et 15 % en Europe de l'Est et entre 6 et 20 % en Amérique latine[8]. Les estimations de l'Organisation mondiale de la santé sur la prévalence d'hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes correspond à une fourchette compris entre 3 et 16 %[9].

Notes et référencesModifier

  1. a et b J. Michael Bailey, Paul Vasey, Lisa Diamond, Marc Breedlove (en), Eric Vilain et Marc Epprecht, « Sexual Orientation, Controversy, and Science », Psychological Science in the Public Interest, vol. 17, no 2,‎ , p. 45–101 (PMID 27113562, DOI 10.1177/1529100616637616  , lire en ligne)
  2. a et b Rosario, M., Schrimshaw, E., Hunter, J., & Braun, L. (2006, February). Sexual identity development among lesbian, gay, and bisexual youths: Consistency and change over time. Journal of Sex Research, 43(1), 46–58. Retrieved February 8, 2011.
  3. E.M. Thompson et E.M. Morgan, « "Mostly straight" young women: Variations in sexual behavior and identity development », Developmental Psychology, vol. 44, no 1,‎ , p. 15–21 (PMID 18194001, DOI 10.1037/0012-1649.44.1.15)
  4. See for instance "Campus Lesbians Step Into Unfamiliar Light" New York Times, June 5, 1993
  5. John Money et Carol Boomer, « Prison Sexology: Two Personal Accounts of Masturbation, Homosexuality, and Rape », The Journal of Sex Research, vol. 16, no 3,‎ , p. 258–266 (DOI 10.1080/00224498009551082)
  6. Christopher Hensley et Richard Tewksbury, « Inmate-to-Inmate Prison Sexuality : A Review of Empirical Studies », Trauma, Violence, & Abuse, vol. 3, no 3,‎ , p. 226–243 (DOI 10.1177/15248380020033005, S2CID 144144111)
  7. Simon LeVay, Gay, Straight, and the Reason Why: The Science of Sexual Orientation, Oxford University Press, , 11–12 p. (ISBN 9780199752966, lire en ligne)
  8. C. Caceres, K. Konda, M. Pecheny, A. Chatterjee et R. Lyerla, « Estimating the number of men who have sex with men in low and middle income countries », Sexually Transmitted Infections, vol. 82, no Suppl. III,‎ , iii3–iii9 (PMID 16735290, PMCID 2576725, DOI 10.1136/sti.2005.019489)
  9. Between Men: HIV/STI Prevention For Men Who Have Sex With Men, International HIV/AIDS Alliance.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Jan Bridget, « Lesbian, Gay, Bisexual Young People and Teenage Pregnancy » [RTF], Lesbian Information Service
  • Leigh Goodmark, Juanita Flores, Julie Goldscheid, Andrea Ritchie et SpearIt, « Plenary 2 – Redefining Gender Violence Transcripts », dans University of Miami Race & Social Justice Law Review, vol. 5, coll. « Converge! Reimagining the Movement to End Gender Violence », , p. 289