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Communauté linguistique

Une communauté linguistique est un groupe de personnes qui utilisent le même outil linguistique pour communiquer[1]. Cet outil linguistique est une langue ou un dialecte partagé.

Puis que ce concept est principalement associé à la sociolinguistique et l'anthropologie linguistique, sa définition est débattue dans la literature. Les définitions d'une communauté linguistique ont tendance a accorder des différents niveaux d'importance par rapport aux points suivantes:

  • Appartenance à la communauté partagée
  • Communication linguistique partagée

Toutes les communautés linguistiques ont la particularité d'être hétérogènes. Il y a de plus petits groupes au sein d'une communauté linguistique qui diffèrent spatialement et / ou ont des comportements socioculturels variés[2]. Ces différences conduisent à une variation dans la prononciation des sons et des mots et du vocabulaire. Alors, un exemple d'une communauté linguistique peut être une petite ville. Cependant, des sociolinguistiques tels que William Labov affirment qu'une grande région métropolitaine, comme la ville de New York, peut également être considérée comme une seule communauté linguistique.

Les premières définitions de ce concept ont identifié les communautés linguistiques en étant que des groupes de personnes habitant ensemble dans un endroit spécifique. Cette proximité aurait permis le partage des normes linguistiques entre les membres de la communauté. Également, il a été supposé qu'au sein d'une communauté linguistique, il doit exister un ensemble homogène de normes. Ces hypothèses ont été contestées par des études plus recents prouvant que des individus participent généralement en plusieurs communautés linguistiques simultanément et en différent moments de leurs vies. Ainsi, chaque communauté linguistique a des normes différentes partagées partiellement par les membres de la communauté. De plus, les communautés peuvent être décentralisées (sans frontières) et constitués de sub-communautés ayant de normes linguistiques différentes. Alors, en reconnaissant que des locuteurs utilisent une langue pour creer et manipuler des identités sociales, l'idée d'une communauté linguistique centralisée ayant des normes homogènes a été abandonné pour faire de l'espace pour des communautés de pratique.

Une communauté linguistique partage des règles spécifiques pour l'utilisation du langage à travers de l'interaction sociale. Ainsi, des communautés linguistiques peuvent émerger entre tous les groupes qu'interagissent fréquemment et partage certain règles et idéologies. Tels groupes peuvent être des villes, des pays, des communautés politiques ou professionnelles, des communautés qui partage des intérêts ou passe-temps, ou des groupes d'amis. Les communautés linguistiques peuvent partager à la fois un vocabulaire spécifique, des conventions grammaticales, des styles de parole, et des règles de quand et comment parler de façon particulier.

Les communautés d'intérêt peuvent être des groupes d'humains qui appartiennent toujours à une communauté linguistique. Par exemple, les Québécois et les Français s'associent à une communauté linguistique, mais il y a beaucoup de différences entre les deux groupes.

Les trois communautés linguistiques de Belgique: Communauté flamande (jaune), Communauté française (rouge), Communauté germanophone (bleu) et Région de Bruxelles-Capitale (langues française et flamande sont parlées).

Il y a des pays avec plus d'une communauté linguistique. Par exemple, en Belgique il y en a trois[3] :

  1. La communauté flamande comprend environ 58 % de la population belge, vivant généralement dans la région flamande.
  2. La communauté française est composée d'environ 41 % de la population totale, localisée principalement en Région wallonne et dans la Région de Bruxelles-Capitale.
  3. La communauté germanophone représente moins de 1 %, répartie dans les neuf communes proches de la frontière allemande.

Histoire des définitionsModifier

Hockett (1958) a suggéré qu'une communauté linguistique parlerait une langue, construite à partir de « l'unicité linguistique » [4].

Grumperz (1968) a proposé une communauté linguistique représentée par les interactions au sein d'un groupe[5].

Labov (1976) a proposé qu'il y ait un accord par les locuteurs pour les applications d'éléments dans une langue, caractérisant la communauté linguistique[2].

Chevillet (1991) a suggéré que l'unité spatiale, temporelle et culturelle définisse une communauté linguistique[6].

Notes et référencesModifier

  1. Dubois, Jean, 1920-, Dictionnaire de linguistique., Paris, Larousse, (ISBN 203532047X, OCLC 46475097, lire en ligne)
  2. a et b Labov, William., Sociolinguistique, Paris, Éditions de Minuit, (ISBN 9782707301208, OCLC 238881388, lire en ligne)
  3. « LA CONSTITUTION BELGE », sur www.senate.be (consulté le 24 février 2018)
  4. Charles F. Hockett, A course in modern linguistics, New York, Macmillan,
  5. John Gumperz, « The speech community », International Encyclopedia of the Social Sciences, vol. 9,‎ , p. 381-386
  6. Chevillet François, Les Variétés de l'anglais, [Paris], Nathan, (ISBN 2091900184, OCLC 25388798, lire en ligne)