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Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité

association loi de 1901
Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité
upright=Article à illustrer Organisation
Histoire
Fondation
mai 1986
Origine
catastrophe de Tchernobyl
Cadre
Sigle
CRIIRADVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Forme juridique
Objectif
Contrôler la radioactivité, informer sur la radioactivité, protéger les populations
Siège social
Pays
Organisation
Président
Didier Glatigny
Publication
Traits d'union
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates
Prise de parole de Roland Desbordes, lors de l'inauguration de la stèle devant l'OMS, Genève

La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) est une association loi de 1901 française agréée dans le cadre de la protection de l'environnement. Elle conduit des études et des analyses dans le domaine de la radioactivité. Cette association du mouvement antinucléaire utilise l’expertise scientifique, basées sur des mesures réelles sur site du fait de, selon elle, l'impossibilité de faire effectuer ces analyses par plusieurs laboratoires indépendants, comme outil de lutte contre ce qu'elle considère comme de la non information ou de la désinformation sur le sujet de l'énergie nucléaire. Elle a été créée en mai 1986 par Michèle Rivasi à la suite de l'accident de Tchernobyl.

PrésentationModifier

La CRIIRAD revendique plus de 6 000 adhérents et emploie quinze salariés. Elle est domiciliée à Valence dans la Drôme[1].

L'assemblée générale élit un conseil d'administration qui élit en son sein un bureau.

LaboratoireModifier

Elle comprend notamment un laboratoire d'analyse possédant un certificat de qualification technique délivré par le ministère de la Santé, équipé pour le dépistage et l'identification des pollutions radioactives (aliments, eau, gaz radon, etc.). Composée d'une équipe de scientifiques, elle effectue des interventions tant en France qu'à l'étranger. La CRIIRAD est principalement financée par les travaux qu'elle effectue (plus de 1 000 études et analyses depuis sa création) et les cotisations de ses adhérents.

HistoriqueModifier

Michèle Rivasi fut sa première présidente, remplacée en 1997 par Roland Desbordes puis par Didier Glatigny en 2018.

ActivitésModifier

MissionsModifier

Les missions que s'est fixées la CRIIRAD sont les suivantes :

  • contrôler la radioactivité dans l'environnement, en s'appuyant sur son laboratoire ;
  • informer ses adhérents, et plus largement la population (publications, communiqués de presse, présence sur des salons) ;
  • protéger la population en alertant les autorités (sites pollués, règlementation inadéquate), en demandant des modifications de lois ou accords par des actions militantes ou judiciaires.

TravauxModifier

Parmi ses travaux, on peut citer :

BalisesModifier

En partenariat avec des collectivités locales, la CRIIRAD gère un réseau de balises de surveillance de la radioactivité dans l'air et dans l'eau dans la vallée du Rhône[3]. Ces balises permettent à la fois de lever des alertes en temps réel et de stocker des échantillons analysables en temps différé en laboratoire.

Actions en justiceModifier

Parmi les actions de l'association, on peut citer :

  • en 2001, une plainte contre X a été déposée, motivée par l'action du SCPRI en 1986[4] ;
  • un recours devant le Conseil d'État contre la nomination de Marc Sanson à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) que le Conseil d'État a rejeté en 2007[5], aux motifs que la loi du 13 juin 2006 n'avait pas entendu réserver la qualité de membre de l'Autorité de sûreté nucléaire aux seules personnes disposant de compétences d'ordre scientifique et technique dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection et que le président de la République n'avait pas entaché sa décision de nomination d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu des compétences et des fonctions antérieures de l'intéressé ;
  • une demande d'annulation de l'homologation du règlement intérieur de l'ASN, rejetée par le Conseil d'État le 13 février 2008 [6] ;
  • la demande de l'abrogation de l'accord OMS-AIEA de 1959[7]. Cette action donne lieu à une pétition[8] ainsi qu'à une action à Genève dans le cadre du collectif Independent WHO (pour l'indépendance de l'OMS) ;
  • une demande[9] d’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009 qui, selon l'association, déroge aux lois d'interdictions du recyclage des matières radioactives dans les biens de consommations courantes[10] ; le 10 juillet 2009, la CRIIRAD a adressé au Conseil d’État un recours[11] pour excès de pouvoir. La demande d’annulation de l’arrêté est basée sur des arguments de légalité interne et externe, l'arrêté ayant été pris en dépit d’un avis défavorable[12] de l’ASN.

Actions médiatiquesModifier

  • le 6 novembre 2009, la CRIIRAD adressait une lettre ouverte[13]aux trois ministres compétents : Roselyne Bachelot, ministre chargé de la santé, Christine Lagarde, ministre chargé de la consommation et Jean-Louis Borloo, ministre chargé de la construction, leur demandant d’abroger l’arrêté du 5 mai 2009 ;
  • en complément de ces démarches, la CRIIRAD appelle les consommateurs et les associations à se mobiliser et à demander aux autorités le maintien des interdictions et l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009. Des modèles de lettre[14] sont à la disposition de tous ceux qui souhaitent participer à la campagne. Pour la CRIIRAD, le recyclage des matériaux radioactifs doit rester confiné dans les filières nucléaires (CENTRACO et D’Hart Industrie)[15], sans possibilité de diffusion dans le domaine public.

PositionModifier

La CRIIRAD est une organisation « indépendante des exploitants du nucléaire, de l'État et de tous partis politiques[16]. »

Bien que ne faisant pas partie du Réseau Sortir du nucléaire, ses prises de position la placent aux côtés des acteurs du mouvement antinucléaire français[17]. En témoigne notamment, la déclaration de sa fondatrice, Michèle Rivasi qui fut par ailleurs présidente de Greenpeace France de septembre 2003 à novembre 2004, qui attribuait à la CRIIRAD le « fleuron de la contestation scientifique sur le nucléaire »[18].

Pour l'IRSN, la CRIIRAD aurait fait des critiques infondées, délibérées et répétées, quand l'Institut a effectué et rendu compte de la surveillance de l’iode radioactif dans l’air, après l'accident nucléaire de Fukushima[19],[20]. De plus, pour l'Institut, la CRIIRAD n’aurait aucune légitimité à émettre des revendications de garanties telles qu’elle l’a exprimé dans sa lettre publique au Premier Ministre François Fillon du 9 juin 2011[21], car elle aurait toujours refusé de collaborer avec l'IRSN, à des travaux collectifs sur l’évaluation des conséquences radiologiques et dosimétriques en situation post-accidentelle et sur les hypothèses à retenir pour les évaluations prédictives des conséquences, dans le cadre des travaux du CODIRPA, qui ont donné lieu à deux rapports publiés en 2010[22].

Selon Roland Desbordes, ancien président de la CRIIRAD :

« Notre mission consiste à alerter nos concitoyens sur les risques associés à telle technique, telle pollution, tel déchet. Nous faisons de la recherche pour informer de manière indépendante [...] Nous voyons sur le terrain tous les pions se mettre en place discrètement en faveur des réacteurs de la 4e génération alors qu’il est évident que cette technologie nous oriente sur un modèle de société beaucoup plus dangereux que notre modèle actuel, basé sur l’uranium. La CRIIRAD, sur ce point, appelle au débat public[23]. »

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier