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Commission Delors I

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Commission Delors.

Commission Delors I
Type d’organe Communauté économique européenne
Présidence Jacques Delors (CPSCE)
Vice-présidences Frans Andriessen, Henning Christophersen, Francis Cockfield, Manuel Marín (1986), Karl-Heinz Narjes, Lorenzo Natali
Début
Fin
Durée 3 ans, 365 jours
Partis
Parlement
130 / 434
Chronologie

La première commission Delors est la commission européenne présidée par Jacques Delors de 1985 à 1988. Elle fut suivie par la commission Delors II.

HistoireModifier

Prise de fonctionModifier

Jacques Delors prit ses fonctions alors que l'eurosclérose atteignait son maximum. Le rythme ralenti des élargissements, le manque de démocratie, les problèmes économiques et les attitudes négatives et apathiques envers la Communauté étaient importantes[réf. nécessaire]. La précédente commission, la commission Thorn, avait été incapable d'exercer son autorité de façon significative face aux vétos britanniques sur les projets européens, pour forcer la mise en place d'un accord sur le budget communautaire. Jacques Delors avait auparavant été l'un des architectes des accords du Conseil européen de Fontainebleau en juin 1984, qui garantissait le rabais britannique, et Delors prévoyait que l'arrangement de la question budgétaire devait annoncer une nouvelle ère de l'intégration européenne[1].

Peu après son arrivée à Bruxelles, il visita les différents États membres. Il testa trois idées : suite logique du Système monétaire européen, il propose d'aboutir à une monnaie commune ; en pleine guerre froide, une politique de défense commune ; une réforme institutionnelle pour gagner en efficacité et démocratiser le processus[2]. Il retrouva les mêmes plaintes concernant le fait que l'Europe réagissait trop lentement aux différentes questions, mais trouvait des accords communs sur le marché unique, avec ses significations commerciales et culturelles, et en effet Delors en fit sa priorité avec une date butoir : 1992 (Objectif 1992). En dépit de sa réputation moderne, il était critiqué par les fédéralistes car, selon eux, il n'allait pas assez loin, faisant aussi l'objet de critique d'Altiero Spinelli au parlement européen, mais Delors défendait son but en déclarant « nous sommes tous les esclaves des circonstances ». Pour mettre en place le marché unique, Delors devait maîtriser le système politique de la communauté : avec tous les membres capables de bloquer une proposition au Conseil de l'Union européenne, Delors convainquit les chefs de partis d'introduire le vote à la majorité qualifiée ainsi la procédure ne pourrait plus connaitre d'arrêt similaire à celui qu'elle avait connu avec la question budgétaire. Delors fit ensuite rédiger la législation par Lord Cockfield, son commissaire européen au marché intérieur[1].

Les eurodéputés votèrent ce qui tenait lieu d'investiture de la Commission Delors par 206 voix contre 34 et 37 abstentions[3].

Principales réalisationsModifier

 
Le Président Delors en 1988

La Commission de Delors a donné un nouvel élan au processus d'intégration européenne. Elle a achevé le marché intérieur et a posé les bases de la monnaie unique. L'Union économique et monétaire européenne a été basée sur un plan en trois étapes rédigé par un comité dirigé par Delors (le Rapport de Delors). Delors et ses commissaires sont considérés comme les pères fondateurs de l'euro. La persuasion politique fut achevée par la signature de l'Acte unique européen en février 1986 et du Traité de Maastricht en 1992[4].

La Commission est aussi l'initiatrice de la création du Comité des régions, ayant conservé l'idée de cohésion entre les États membres et les régions présente dans l'Acte unique en 1986, conduisant Delors à proposer la création de l'organisme en 1992. Celui-ci fut créé en 1994, et le bâtiment qu'occupe l'organisme fut nommé Delors en 2006[5]. La commission de Delors a connu un grand nombre d'élargissements. L'adhésion de l'Espagne et le Portugal est survenue en 1985; la chute du Mur de Berlin a permis la Réunification allemande ; et en 1995 est arrivée l'accession de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède. La Commission Delors a aussi préparé l'élargissement aux pays d'Europe de l'Est qui ont rejoint l'Union en 2004[4].

En 1988, Delors adressa au Trades Union Congress son discours concernant une Europe sociale, qui fit du Parti travailliste un parti pro-européen et du Parti conservateur un parti opposé[5]. En 1992, alors que le second mandat de Jacques Delors prenait fin, l'International Herald Tribune remarqua les effets de la Commission Delors, et la nécessité d'un troisième mandat[6].

Pour le fonctionnaire européen, Derk Jan Eppink, Delors amorça, après son entrée dans une Europe sclérosée, 20 ans d'euphorie[1][source insuffisante]. En opposition, la Commission Santer, qui prit la suite de Delors en 1995 fut forcé de démissionner, à la suite d'allégations de corruption.

Évènements majeursModifier

La Commission Delors fut la plus longue jusqu'à présent et connut beaucoup d'événements de l'histoire de l'Union.

CritiquesModifier

L'une des opposantes les plus virulentes au rapport Delors est alors Margaret Thatcher qui dénonce les dérégulations financières proposées par ce même rapport, notamment la libéralisation totale des mouvements de capitaux, l'interdiction pour les banques centrales de prêter aux États et l'indépendance de la banque centrale. Ces dérégulations sont souvent considérées comme étant à l'origine de la crise bancaire et financière de l'automne 2008 et de ses prolongements.

Jacques de Larosière qui fait partie des signataires du rapport Delors souligne rétropectivement l'une de ses principales faiblesses : la création d’une zone euro sans organe de direction, en reconnaissant que celui-ci avait esquivé la question de l’indispensable coordination économique entre membres de l’Union[7].

CompositionModifier

Le premier mandat dura de 1985 à 1988. Les membres espagnols et portugais n'exercèrent leur fonction qu'à compter de l'adhésion de leurs pays aux Communautés, soit à compter du 5 janvier 1986.

Composition initialeModifier

Portefeuilles
À défaut, titre au sein de la Commission
État membre Commissaire Parti politique
Président de la Commission des Communautés européennes   France Jacques Delors
Parti socialiste
Vice-président
Agriculture et Pêche
  Pays-Bas Frans Andriessen
Christen-Democratisch Appèl
Vice-président
Budget et Affaires administratives
  Danemark Henning Christophersen
Venstre
Vice-président
Marché intérieur, Union douanière, Fiscalité et Institutions financières
  Royaume-Uni Francis Cockfield
Conservative Party
Vice-président
Industrie, Technologies de l'information, Science et Recherche
  Allemagne de l'Ouest Karl-Heinz Narjes
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Vice-président
Coopération, Développement et Élargissement
  Italie Lorenzo Natali
Democrazia Cristiana
Politique méditerranéenne
et Relations Nord-Sud
  France Claude Cheysson
Parti socialiste
Relations extérieures et Commerce   Belgique Willy De Clercq
Partij voor Vrijheid en Vooruitgang
Environnement, Sécurité nucléaire, Protection des consommateurs et Transports   Royaume-Uni Stanley Clinton Davis
Labour Party
Énergie et Euratom   Luxembourg Nicolas Mosar
Chrëschtlech Sozial Vollekspartei
Emploi, Crédit, Investissement, Affaires économiques et statistiques   Allemagne de l'Ouest Alois Pfeiffer
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Questions institutionnelles, Politique de l'information, Culture et Tourisme   Italie Carlo Ripa di Meana
Partito Socialista Italiano
Concurrence, Affaires sociales, Éducation et Formation   Irlande Peter Sutherland
Fine Gael
Relations avec le Parlement, Politique régionale et Protection des consommateurs   Grèce Grigóris Várfis
Πανελλήνιο Σοσιαλιστικό Κίνημα

Changements du 5 janvier 1986Modifier

  • Les nouveaux commissaires sont indiqués en gras, ceux ayant changé d'attributions en italique.
Portefeuilles
À défaut, titre au sein de la Commission
État membre Commissaire Parti politique
Président de la Commission des Communautés européennes   France Jacques Delors
Parti socialiste
Vice-président
Agriculture et Forêts
  Pays-Bas Frans Andriessen
Christen-Democratisch Appèl
Vice-président
Budget et Affaires administratives
  Danemark Henning Christophersen
Venstre
Vice-président
Marché intérieur, Union douanière, Fiscalité et Institutions financières
  Royaume-Uni Francis Cockfield
Conservative Party
Vice-président
Affaires sociales, Emploi, Éducation et Formation
  Espagne Manuel Marín
Partido Socialista Obrero Español
Vice-président
Industrie, Technologies de l'information, Science et Recherche
  Allemagne de l'Ouest Karl-Heinz Narjes
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Vice-président
Coopération, Développement et Élargissement
  Italie Lorenzo Natali
Democrazia Cristiana
Politique méditerranéenne
et Relations Nord-Sud
  France Claude Cheysson
Parti socialiste
Relations extérieures et Commerce   Belgique Willy De Clercq
Partij voor Vrijheid en Vooruitgang
Environnement, Forêts, Sécurité nucléaire et Transports   Royaume-Uni Stanley Clinton Davis
Labour Party
Pêche   Portugal António Cardoso
Partido Social Democrata
Crédit, Investissement, Ingénierie financière, Politique des petites et moyennes entreprises   Espagne Abel Matutes
Alianza Popular
Énergie et Euratom   Luxembourg Nicolas Mosar
Chrëschtlech Sozial Vollekspartei
Affaires économiques et statistiques   Allemagne de l'Ouest Alois Pfeiffer (décédé le )
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Peter Schmidhuber (nommé le )
Christlich-Soziale Union in Bayern
Questions institutionnelles, Politique de l'information, Culture et Tourisme   Italie Carlo Ripa di Meana
Partito Socialista Italiano
Concurrence   Irlande Peter Sutherland
Fine Gael
Relations avec le Parlement, Politique régionale et Protection des consommateurs   Grèce Grigóris Várfis
Πανελλήνιο Σοσιαλιστικό Κίνημα

Affiliation politiqueModifier

SourcesModifier

RéférencesModifier

  1. a b et c Eppink 2007, p. 20-31
  2. Delors 2004, p. 185
  3. Delors 2004, p. 201
  4. a et b « Discover the former Presidents: The Delors Commission », Europa (portail web) (consulté le 21 mai 2009)
  5. a et b Chris Jones, « Row over naming of 'Delors' EU building », TheParliament.com, (consulté le 21 mai 2009) Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « BBC split » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  6. Giles Merritt, « A Bit More Delors Could Revamp the Commission », International Herald Tribune, (consulté le 21 mai 2009)
  7. Jacques de Larosière, 50 ans de crises financières, Odile Jacob, 272 p, 2016

BibliographieModifier

ComplémentsModifier