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Commanderie de Douzens

commanderie située dans l'Aude, en France

Douzens
Présentation
Fondation Drapeau de l'Ordre du Temple Templiers 1141[n 1]
Reprise Drapeau des chevaliers hospitaliers Hospitaliers 1312
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Aude
Ville Douzens
Coordonnées 43° 11′ 12″ nord, 2° 35′ 51″ est

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Douzens

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Douzens

La commanderie de Douzens, dans le département de l'Aude, était une commanderie templière devenue hospitalière lors de la dévolution des biens de l'ordre du Temple en 1312.

Sommaire

HistoireModifier

« Les templiers eurent, dès les premières années de leur établissement en France, de nombreuses possessions dans la partie du Bas-Languedoc, située aux environs de la ville de Carcassonne. Ils en formèrent une commanderie, dont la ville de Douzens fut le chef-lieu[1].

Le jour des kalendes d'avril de l'année 1132, les trois frères et vicomtes Roger de Béziers, Raimond Trencavel et Bernard Aton, avec l'assentiment et le conseil de la vicomtesse Cécile leur mère, donnèrent à l'Ordre du Temple un mas situé aux pieds des murs de Carcassonne et ses habitants. Le troisième jour des Ides de l'année 1133, donation par Bernard de Canet, Aymeric de Barbayrac et autres seigneurs, à l'Ordre du Temple, de la ville de Douzens et de son territoire[2] »[3].

En 1250, le pape Innocent IV écrit au comte de Poitiers pour qu'il fasse restituer par le sénéchal de Carcassonne des terres appartenant au Temple de Douzens[4]. En effet, Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX, était devenu par sa femme Jeanne comte de Toulouse en 1249.

Comme partout ailleurs les biens templiers passèrent à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem au moment de la dissolution de l'ordre du Temple.

« Le commandeur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem avait la seigneurie temporelle, foncière et directe, avec toute juridiction, de Cabriac, de Fajac, de Saint-Jean-de-Molières, de Magrier, de Campagne, de Peyriac, la seigneurie spirituelle de Salles, de Notre-Dame-de-Vaux, de Cours, des fiefs et des rentes à Limoux et à Montredon, son revenu net, en 1751, était de 6 055 livres[5]. »

Liste des commandeurs templiers de DouzensModifier

La commanderie ne dispose de son propre commandeur qu'à partir de 1141[6] mais on signale la présence ou le passage de dignitaires templiers dans les années précédentes :


La commanderie de Douzens faisait partie de la baillie de Carcassonne, avec un maître ou commandeur dont dépendait le commandeur de Douzens. Certains ont été à la fois maîtres de la baillie et commandeurs de cette maison[9]:

Commandeur Période Commentaires
fr. Peire de Rovira 1141-1143[10]
fr. Bérenger de Rovira 1150[11] (la): Berengarius de Roeria, de Rueria
Maître de la maison de Douzens
Apparait dans le cartulaire de Douzens en 1141, 1143 puis en 1147 et 1150 comme « domnus magister » mais aussi en 1150 comme « minister ymnus »
[12]
fr. Pons de Luantione 1152[11] (la): Poncius de Luantione

Maître de la baillie de Carcassonne (1153-1157)
[11]
Pierre de Sainte-Suzanne 1152[5] [Erreur?]
fr. Arnaud de Sournies 1153[11],[13] (la): Arnaldus de Surniano[n 3]
fr. Pierre de Saint-Jean 1156-1159[11] (la): Petrus de Sancto Johanne

Maître de la baillie de Carcassonne (1159, 1167-1169)
[11] ou (1156-1160, 1164, 1166-1169) d'après Léonard[13]
Commandeur de Bordeaux (1167)
Mentionné dans le cartulaire de Roaix accompagnant Arnaud de Bedos(1137/38)
[14]
fr. Guillaume Bernard 1160[11] [Incertain][11]
(la): Guillelmus Bernardus
fr. Hector de Gerundia 1161[11] (la): Ictor, Iterius de Gerundia

Maître de la baillie de Carcassonne (1161-1162)
[11],[13]
fr. Bernard de Paulaco 1163[11] (la): Bernardus de Paulaco

Maître de la baillie de Carcassonne (1163-1164)
[11] et (1168)[13]. Source contradictoire pour 1168, cartulaire de Douzens où on trouve Pierre de Saint-Jean (1167-1169)[11]
fr. Pierre Radulfus 1164-1165[11] (la): Petrus Radulfus
Contradiction avec Léonard qui indique maître de la baillie de Carcassonne (1164-1165) et ne le cite pas dans les commandeurs de Douzens
[13]
fr. Jean de la Selve 1166-1169/70[11],[13] (la): Johannes de Silva
fr. Bernard de Mayrac 1172/73-1179[11],[5],[13] (la): Bernardus Mairagii, de Mairacho
Antoine du Bourg le nomme Bertrand de Mayrac.
[5]
Izarn de Molières 1182-1184[5] [Erreur?]
Mentionné uniquement comme maître de la baillie de Carcassonne en 1182 d'après les auteurs du cartulaire de Douzens
[11], 1183-1186 selon Léonard[13]
fr. Guillaume de Scampno 1183[13] (la): Guillelmus de Scampno
fr. Amaury 1184[13] (la): Amelius

Peut-être Amaury de Podioxairico, maître de la baillie de Carcassonne (1186, 1188, 1195-1199, 1202)
[13]
fr. Bernard de Mayrac 1187-1188
1195-1196
(la): Bernardus de Mairac, de Mairacho
fr. Guillaume de Scampno 1197[13] (la): Guillelmus de Scampno
fr. Bernard de Mayrac 1199[13] (la): Bernardus de Mairacho
fr. Guillaume de Moissac 1210[5],[13] (la): Guillelmus de Moissiaco, Guilielmus de Moissiaco

Maître de la baillie de Carcassonne (1210 ?, 1214-1215)
[13]
fr. Pierre Fournier 1215[13] (la): Petrus Furnerius
fr. Jacob / Jacques 1217[13] (la): Jacobus
fr. Robert 1218[13] (la): Robertus
fr. Durand 1224[13] (la): Durandus
fr. Guillaume Rostand 1231[13] (la): Guillelmus Rostandus
fr. Guillaume Bérenger 1238[13] (la): Guillelmus Berengarius
Guillaume Othon 1244[5] [à vérifier]
N'est pas mentionné par Léonard
Peut-être Guillelmus (de Curano ?), maître de la baillie de Carcassonne (1244, 1246?)
[13]
fr. Guillaume « de Curano » ? 1246[13] (la): Guillelmus
fr. Pons de Castelnau 1248-1251[5] [à vérifier]
(la): Poncius de Castronovo
Uniquement maître de la baillie de Carcassonne (1249, 1252) d'après Léonard
[13]
fr. Bernard Vitalis 1252[13] (la): Bernardus Vitalis
Hugues de Santhès 1274[5] [à vérifier]
(la): Hugo de Sentes
N'est pas mentionné par Léonard

maître de la baillie de Carcassonne (1264-1266)
[13]
fr. Pierre de Lauraco 1274-1275[13] (la): Petrus de Lauraco
fr. Andreas Rayembaudi 1276[13] (la): Andraeas Rayembaudi
fr. Raimon d'Uzès-Posquières 1278[13] (fr): Raymond de Posquières[15] ; (la): Raimundus de Posqueria

Frère de la commanderie d'Avignon (1263), frère chevalier présent à Arles (1264)
Commandeur de La Selve (1267-1279), de Sainte-Eulalie (1280)
[16]
fr. Raymond Bérenger 1281-1283[13] (la): Raimundus Berengarii
fr. Pierre Geoffroy 1289[13] (la): Petrus Jaufredi
fr. Bernard de Combret 1290-1292
1299[13]
(la): Bernardus de Combreto
Ithier de Rochefort 1298[5] [à vérifier]
(la): Iterius de Rocaforti, de Rupeforti
N'est pas mentionné par Léonard

Maître de la baillie de Carcassonne (1298-1307)
[13]

Liste des commandeurs hospitaliers de DouzensModifier

  • 1322 - 1327 Jean de Bogie[17].
  • 1331. Jean de Villeneuve.
  • 1334. Bernard Olit.
  • 1375. Bernard de Gaujae.
  • 1390. Pierre de Boysson, Prieur de Rhodes.
  • 1407. Pierre de Vabe ?
  • 1421 - 1427 Gaillard de Capdenac.
  • 1476 - 1477 Bernard Tabula.
  • 1478 - 1490 Jacques du Pin.
  • 1506 - 1518 Bernard de Montlezun.
  • 1527 - 1528 François de La Tour le Bran.
  • 1528 - 1545 Foulques de Caritat
  • 1545 - 1552 Martial de Corneillan.
  • 1567. Octavien de Baschi.
  • 1582 - 1598 Jean de Villeneuve-Chastuel.
  • 1616. Jules de Montmorency.
  • 1623 - 1626 Christophe de Seytre-Caumon.
  • 1644 - 1652 Honoré de Grasse-Montauzon.
  • 1665. Joseph de Panisse-d'Oiselet.
  • 1678 - 1679 Thomas de Villages.
  • 1657 - 1691 Cosme d'Estuard-Valéon.
  • 1693 - 1705 Gaspard de Vente de Pennes.
  • 1711 - 1715 Jean-George de Caulet.
  • 1716 - 1718 Charles de Fabre de Mazan.
  • 1731 - 1738 Bernard de Roquette-Buisson.
  • 1746. François de Raymond-d'Eaulx.
  • 1750 - 1751 Louis-Hippolyte de Varagne-Belesta-Gardouch.
  • 1771 - 1783 Chevalier de Lezay-Marnésia.

NotesModifier

  1. Les premières donations datent de 1133 mais le premier précepteur de cette commanderie, Pierre de Rovira n'est signalé qu'à partir de 1141, cf. Barber 2005, p. 40. Ce précepteur deviendra ensuite le premier maître de la province de « Provence et partie des Espagnes », cf. Carraz 2005, p. 93.
  2. cf. Bourg 1883, p. 590, mentionné à tort comme précepteur de Douzens.
  3. 1153 (n. st.), 4 février. Pons de Leuntiano, précepteur et Arnaud de Sournies, commandeur de Douzens, cèdent à Pons le Paraire (Parator), à son frère et à leurs associés un terrain situé à Arrapesac, dans le terroir de Douzens, pour y construire un moulin drapier chargé d'un cens annuel de 16 sous melg.; le droit d'acapte est de 12 deniers de la même monnaie. Dans la marge de gauche, titre de la fin du XIIIe siècle : (la) « Instrumentum molendini draperii quod fuit datum ad lucrandum ».

RéférencesModifier

  1. Cartulaires des Templiers de Douzens publiés par Pierre Gérard et Elisabeth Magnou a lire en ligne
  2. Bourg 1883, p. 588
  3. Barber 2005, p. 39
  4. Bourg 1883, p. 589
  5. a b c d e f g h i et j Bourg 1883, p. 590
  6. Barber 2005, p. 40
  7. Carraz 2005, p. 92 (note 50)
  8. Bulst-Thiele 1974, p. 34
  9. Léonard 1930, p. 14-18, 23-29, 56 et suiv.
  10. Barber 2005, p. 40
  11. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Gérard, Magnou et Wolff 1965, p. XXXIX-XL, disponible sur Gallica
  12. Gérard, Magnou et Wolff 1965, p. XXXVIII, disponible sur Gallica
  13. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af et ag Léonard 1930, p. 56-...
  14. Chevalier 1875, p. 63 (n°104), disponible sur Gallica
  15. Schenk 2012, p. 197
    Erratum de l'auteur quant à la date la plus tardive qui est 1279 au lieu de 1289, cf. la source qu'il indique (Bourg 1883, p. 582) où bien qu'il y ait une faute de frappe (69) il faut lire 1279-1280.
  16. Carraz 2005, p. 299 (note 70)
    À La Selve jusqu'en 1279 d'après l'auteur or il est en 1278 à Douzens et a donc du quitter cette commanderie avant cette date. Un nouveau commandeur de La Selve, Bertrandus de Castelnou / Castronovo est attesté en 1280.
  17. Bourg 1883, p. 591. Ainsi que les commandeurs qui suivent (à vérifier sans doute).

SourcesModifier

Études portant sur la commanderie de Richerenches
  • (en) Malcolm Barber, « The Templar Preceptory of Douzens (Aude) in the Twelfth Century », dans Marcus Graham Bull and Catherine Léglu, The World of Eleanor of Aquitaine : Literature and Society in Southern France between the Eleventh and Thirteenth Centuries, Woodbridge, Boydell Press, , 139 p. (ISBN 978-1-8438-3114-3, présentation en ligne), p. 37-55
Généralités
  • Antoine du Bourg, Ordre de Malte : Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France..., Toulouse, L. Sistac et J. Boubée, , p. 588-591, disponible sur Gallica
  • (de) Marie Luise Bulst-Thiele, Sacrae domus militiae templi hierosolymitani magistri, Göttingen, Vandenhoeck und Ruprecht, coll. « Abhandlungen der Akademie der Wissenschaften in Göttingen. Philologisch-historische Klasse », , 416 p. (ISBN 3-525-82353-3, présentation en ligne)
  • C.-U.-J. Chevalier, Cartulaires des Hospitaliers et des Templiers en Dauphiné, (lire en ligne)
  • (la) E.G Léonard, Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale suivi d'un tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs, E. Champion, , xv-259 p.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Bibliographie complémentaireModifier

  • Bruno Julien, Étude de la commanderie templière de Douzens, Aude, d'après les cartulaires publiés par Pierre Gérard et Élisabeth Magnou sous la direction de Philippe Wolff, Université Jean Moulin, Lyon, 2005, 1 vol. (82 f.-[1] f. de dépl.).
  • Laurent Macé, « L'utilisation des ressources hydrauliques par les Templiers de la commanderie de Douzens (Aude) », Archéologie du Midi Médiéval, vol. 12,‎ , p. 99-113 (lire en ligne)
  • Laurent Macé, « Morphogenèse villageoise et aménagement seigneurial : l'exemple de Douzens (Aude) », Archéologie médiévale, vol. 28,‎ , p. 149-160 (ISSN 0153-9337, lire en ligne)
  • Jean Raffanel, « La commanderie de Douzens, de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ou ordre de Malte en 1778 », Bulletin de la Société d'études scientifiques de l'Aude, vol. 102,‎ , p. 65-69 (résumé)