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Commanderie d'Arville

commanderie à Arville (Loir-et-Cher)

Commanderie d'Arville
Image illustrative de l’article Commanderie d'Arville
Entrée de la commanderie d'Arville
Présentation
Fondation Drapeau de l'Ordre du Temple Templiers 1130
Reprise Drapeau des chevaliers hospitaliers Hospitaliers 1312
Protection  Inscrit MH (1954)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Ville Arville
Coordonnées 48° 03′ 51″ nord, 0° 56′ 53″ est

Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire

(Voir situation sur carte : Centre-Val de Loire)
Commanderie d'Arville

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Commanderie d'Arville

La commanderie d’Arville est une commanderie hospitalière d'origine templière située dans le département de Loir-et-Cher à environ 30 km au nord de Vendôme, sur la commune d'Arville.

Description géographiqueModifier

HistoriqueModifier

La commanderie d'Arville est citée pour la première fois en 1185. Elle se situe à proximité du Temple sous Mondoubleau qui existait dès 1134[2].

Cette commanderie était réputée pour la qualité et la quantité de son parc bovin et porcin. On y élevait également des chevaux pour la défense de la Terre Sainte.

L’histoire de la commanderie est marquée par les querelles qui ont opposé les Templiers aux seigneurs de Mondoubleau au début du XIIIe siècle. En effet, ceux-ci ne voyaient pas d'un bon œil la puissance et la richesse grandissante des Templiers dans la région. Les Templiers se virent même interdire de construire un four banal, d'étaler leurs marchandises... Voyant que les querelles s'envenimaient, le représentant du pape, l'abbé de Sainte-Geneviève de Paris, dut excommunier le vicomte de Mondoubleau.

Après l'arrestation des Templiers, la commanderie d'Arville fit partie des biens confisqués à l’ordre par Philippe le Bel. Puis quand le pape Clément V supprima l'ordre en 1312, cette commanderie revint à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Les hospitaliers occupèrent les lieux jusqu'à la Révolution française.

Parmi les commandeurs hospitaliers, se trouve Emery d'Amboise, frère du cardinal-premier ministre de Louis XII qui devint en 1503, le 40e grand-maître de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ensuite la commanderie fut vendue en tant que Bien national et morcelée entre plusieurs exploitants agricoles. Des agriculteurs vécurent là jusqu'à la remise en valeur récente des lieux.

CommandeursModifier

Nom du commandeur Dates
Ordre du Temple
Guillaume d'Arville (supposition, témoin dans une charte) c.1130[3]
frère Gohier c.1176[3],[4]
P. de Béville c.1190[5]
Robert d'Avelin 1208[3],[6]
Hugues Maistre ou Marcq 1209[3],[7]
Geoffroy d'Arville (supposition, témoin)[8] 1218[9]
frère Renaud d'Arville (supposition) 1227[9]
Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Jean le Tort 1380[9]
Emery d'Amboise 1478

PossessionsModifier

De la commanderie d'Arville dépendaient de nombreuses possessions parmi lesquelles on peut citer :

  • la maison de la Foucadière à Arville ;
  • la Provenderie ;
  • la Colasière ;
  • le Bordage de l'Ouche de la Pierre ;
  • la maison de Saint-Mexant à Arville ;
  • l’hôpital de Melleray ;
  • la Gravasière au Gault ;
  • la Chedanerie à Oigny ;
  • la Chesnais des Etilleux ;
  • le petit Croc aux Etilleux ;
  • la Pinterie ou le manoir à La Chapelle-Guillaume.

OrganisationModifier

 
La Commanderie d'Arville

La commanderie possède encore une partie de ses bâtiments d'origine, à savoir une chapelle du XIIe siècle, une grange dîmière... Une tour a été transformée en pigeonnier aux XVe et XVIe siècles. Le logis des chevaliers attenant à l'église a disparu et a été remplacé au XVIIIe siècle par un presbytère encore visible actuellement.

Le porcheModifier

 
Porche d'entrée de la commanderie

L'entrée dans la commanderie se fait par un imposant porche du XIIe siècle entouré par deux tours en briques des XVe et XVIe siècles.

La grange dîmièreModifier

La grange était utilisée par les hospitaliers afin d'y entreposer la dîme qu'ils prélevaient dans la région.

La chapelleModifier

 
L'église Notre-Dame, ancienne chapelle de la commanderie

La chapelle date du XIIe siècle et mesure 32,10 mètres de long sur 9,60 mètres de large. Elle présente de belles fenêtres romanes ainsi qu'un portail à double archivolte et un clocher à arcades.

L'intérieur est de style cistercien, très épuré.

On peut remarquer la présence de deux entrées : l'une était prévue pour les fidèles et l'autre pour les Templiers qui pouvaient y accéder par le logis. La particularité de la chapelle est son plafond en forme de coque de bateau retournée.

Elle est devenue l'église paroissiale d'Arville.

Le pigeonnierModifier

 
Le pigeonnier de la commanderie
 
Vue de l'intérieur

Il s'agit d'une ancienne tour de garde d'un diamètre de 8 mètres utilisée dans le système de défense de la commanderie. Au XVIe siècle, la tour fut transformée en pigeonnier comportant environ 2 000 boulins.

RéférencesModifier

  1. Notice no PA00098323, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Alain Demurger, « Arville », dans Nicole Bériou (dir. et rédacteur), Philippe Josserand (dir.) et al. (préf. Anthony Luttrel & Alain Demurger), Prier et combattre : Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge, Fayard, , 1029 p. (ISBN 978-2-2136-2720-5, présentation en ligne)
  3. a b c et d Métais 1902, p. XXIV-XXV
  4. Métais 1902, p. 9-10 (doc. IV)
    « frater Goherius, tunc præceptor domus illius ».
  5. Charles Métais, Chartes Vendômoises, (lire en ligne), p. 156 (n°122)
    Commandeur des maisons du Temple dans la baillie d'Arville: « P... de Bevilla, preceptor domorum Templi in balleria Aride-Ville ».
  6. Métais 1902, p. 63-64 (doc. LII)
    « frater Robertus de Avelin, preceptor tunc temporis Areville ».
  7. Métais 1902, p. 66-67 (doc. LV)
    « frater Hugo Margister, preceptor Areville ».
  8. Victor de Souancé (vicomte), Abbaye royale de Notre-Dame des Clairets: Histoire et cartulaire, 1202-1790, Nogent-le-Retrou, Hamard, (lire en ligne), p. 85 (doc. XIV)
    L'abbé Métais s'appuie sur ce document pour identifier un certain Guillaume d'Arville comme commandeur supposé à cette date. D'une part, le document date du 17 juin 1218, pas du 12 et il s'agit en fait de Geoffroy d'Arville (Gaufridus d'Areville) qui fait don à l'abbaye des Clairets de la dîme du moulin de Mellart. Il n'y a pas d'autres seigneurs connus hormis les Templiers dans le fief d'Arville au XIIIe siècle.
  9. a b et c Métais 1902, p. XXVII

BibliographieModifier

  • Julien Frizot, Les grands sites templiers en France, Éditions Ouest-France, 2005
  • Charles Métais, Les Templiers en Eure-et-Loir : Histoire et Cartulaire, Chartres, coll. « Archives du diocèse de Chartres » (no VII), , 263 p. (lire en ligne), « Arville et le Temple près Mondoubleau », p. XXIII-XLI

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier