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Le comité d'Olten est un comité d'action suisse fondé le .

Sommaire

HistoireModifier

À la suite de plusieurs manifestations dont une émeute qui se déroule le à Zurich, ainsi qu'à la décision, prise par le Conseil fédéral au début de 1918, d'instaurer un service civil obligatoire, Robert Grimm, alors rédacteur de la Berner Tagwacht et membre du Parti socialiste suisse, forme autour de lui un comité d'action qui rassemble des membres de l'aile gauche du parti ainsi que des syndicalistes. Ce comité, appelé soviet par ses opposants politiques, prend le nom de comité d'Olten en référence à la ville d'Olten où ses membres se réunissent.

Ce comité négocie pendant la première partie de l'année 1918 avec le gouvernement fédéral sur plusieurs points, dont le prix du lait. En juillet, il devient le porte-parole officiel du congrès ouvrier suisse dans le négociations sur les revendications syndicales.

À la fin de l'automne, des troupes sont mobilisées et occupent la ville de Zurich pour éviter des débordements. Le comité d'Olten proteste et organise plusieurs grèves qui débouchent sur la grève générale déclarée le 12 novembre.

Lors de la grève, le comité remet au gouvernement fédéral une liste de neuf revendications à la fois politiques et sociales (dont l'introduction du suffrage féminin ou la semaine de 48 heures). Cependant, la mobilisation de 100 000 hommes, venus principalement des cantons agraires[1], provoque la capitulation du comité trois jours plus tard, après que le Conseil fédéral a exigé le 13 novembre la fin de la grève, sans conditions.

Perception du groupeModifier

Le fait que le comité ait désigné un collège de sept membres pour le représenter à longtemps amené l'opinion publique à le considérer comme un contre-Conseil fédéral[2].

Le groupe d'Olten est présenté après la grève dans la presse et par les dirigeants politique comme un groupe bolchévique et révolutionnaire, soutenu par l'URSS. Ce n'est que plus tard que cette thèse sera officiellement combattue par la parution en 1968 d'une étude de Willi Gautschi[3], suivie quelques années plus tard par un ouvrage collectif dirigé par Marc Vuillemier[4], qui présentent l'action du groupe comme une revendication syndicale face aux mauvaises conditions de vie des ouvriers et misère sociale[5]. De plus, plusieurs des revendications du groupe sont finalement satisfaites dans les années suivantes, telle que l'introduction de l'AVS en 1948.

La thèse radicalement inverse est défendue par Charles Gos[6] qui s'aligne sur la thèse officielle que le Comité d'Olten avait organisé avec la mission de l'URSS en Suisse (laquelle, à la suite des troubles de novembre 1918, s'était fait expulser manu militari de Suisse vers l'Allemagne) une tentative d'engager la révolution socialiste violente en Suisse, par la grève, les émeutes et la tentative de prises de contrôle d'arsenaux de Berne et Zurich, et d'installations névralgiques du pays.

RéférencesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Jean-Jacques Bouquet, « La grève générale de 1918 » (consulté le 18 novembre 2007)
  2. Yannick Rub, « Le Comité d'Olten » (consulté le 18 novembre 2007)
  3. (de) Willi Gautschi, Der Landesstreik, 1918, Zurich,
  4. Marc Vuillemier, François Köller, Eliane Baillif, Mauro Cerutti, Bernard Chevaley, La Grève générale de 1918 en Suisse, Genève,
  5. Alix Heiniger, « Vous avez dit grève générale en Suisse? » (consulté le 18 novembre 2007)
  6. Charles Gos, Généraux suisses - Commandants en chef de l'armée suisse de Marignan à 1939, Morges 1990, pp. 224-236

SourcesModifier