Combat de Carpio

Le combat de Carpio se déroule le 25 septembre 1811 à Carpio de Azaba, durant la guerre d'indépendance espagnole, et oppose la cavalerie française du général Pierre Wathier aux forces britanniques commandées par le général Thomas Graham. Au cours de cet affrontement, deux unités de cavalerie anglaises soutenues par de l'infanterie légère mettent en échec une colonne de cavalerie française supérieure en nombre, succès qui donne, de l'avis de l'historien Ian Fletcher, « une démonstration de ce dont étaient capables les dragons légers britanniques en combat rapproché ».

ContexteModifier

Après sa défaite à Fuentes de Oñoro le 5 mai 1811 face aux Anglo-Portugais, le maréchal Masséna est remplacé à la tête de l'armée française du Portugal par le maréchal Auguste de Marmont. Simultanément, les forces alliées commandées par le duc de Wellington viennent mettre le siège devant Badajoz, mais devant la résistance de la garnison, le général britannique se dirige plus au nord en direction de Ciudad Rodrigo et établit son quartier-général à Fuenteguinaldo au mois d'août[1].

Marmont, mal renseigné sur la position de son adversaire, décide d'envoyer en avant une reconnaissance de cavalerie chargée de tâter le dispositif de Wellington et de savoir si ce dernier se prépare à un siège en règle de Ciudad Rodrigo. Pour cela, le maréchal déploie deux brigades de cavalerie aux ordres du général Pierre Wathier[2], un commandant aguerri considéré comme l'un des meilleurs généraux de cavalerie de la péninsule[3]. Au total, la colonne se compose d'environ 1 300 hommes issus majoritairement des lanciers de Berg et du 26e régiment de chasseurs à cheval[2].

Déroulement du combatModifier

 
Lancier de Berg à la charge, par Richard Knötel. À Carpio, la cavalerie britannique affronte des lanciers pour la première fois dans la guerre de la péninsule[4].

Le matin du 25 septembre, Wathier arrive devant Carpio[2] où se trouve l'aile gauche de l'armée anglo-portugaise, constituée des 1re et 6e divisions d'infanterie commandées par le général Thomas Graham et de la brigade de cavalerie du général Anson (14e et 16e régiments de dragons légers)[5]. Les avant-postes du 14e évacuent Carpio et se replient sur le gros du régiment derrière l'Azaba. Laissant six escadrons dans la localité, le commandant français franchit à son tour la rivière avec huit escadrons et se lance à la poursuite de la cavalerie britannique qui s'est réfugiée sur les hauteurs environnantes. Graham ordonne à trois compagnies légères de la brigade Hulse de se porter en soutien du 14e dragons légers, déjà appuyé par deux escadrons du 16e[2].

Les troupes britanniques prennent position dans une zone boisée, ce qui rend la progression des Français plus difficile car ils ne peuvent pas distinguer les mouvements de leurs adversaires à travers les arbres. Prudent, Wathier fait une première tentative avec quatre escadrons mais une charge de deux escadrons britanniques la fait échouer, contraignant le général français à engager la totalité de ses forces. La brigade Hulse se démasque alors et arrête les assaillants par son feu, tandis que les dragons légers attaquent une nouvelle fois et repoussent la cavalerie française sur près de 3 km jusqu'à ce que cette dernière repasse la rivière Azaba en sens inverse[2].

Conséquences et analyseModifier

Les Français déplorent 11 tués et 37 prisonniers alors que les Britanniques ne comptent dans leurs rangs que 11 blessés et 1 disparu. L'accrochage confirme la présence d'infanterie britannique aux alentours de Carpio, permettant à Marmont de se faire une meilleure idée du dispositif adopté par Wellington[5].

L'historien Ian Fletcher, dans son ouvrage sur la cavalerie britannique dans la péninsule, considère à ce titre l'affaire de Carpio « comme l'une des plus brillantes de la guerre » et la compare à celles de Sahagún et de Benavente en termes de résultats et de performance. La discipline observée par les cavaliers anglais, leur habileté manœuvrière ainsi que la coordination et le sens toujours à-propos donnés à leurs charges face à un adversaire numériquement supérieur donne selon lui « une démonstration de ce dont étaient capables les dragons légers britanniques en combat rapproché »[6].

Notes et référencesModifier

  1. Fletcher 2008, p. 133.
  2. a b c d et e Fletcher 2008, p. 134.
  3. Burnham 2011, p. 99 et 236.
  4. Fletcher 2008, p. 133 et 134.
  5. a et b (en) J. Rickard, « Combat of Carpio, 25 September 1811 », sur historyofwar.org, (consulté le 30 septembre 2016).
  6. Fletcher 2008, p. 134 et 135.

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Ian Fletcher, Galloping at Everthing : The British Cavalry in the Peninsular War and at Waterloo 1808-15, A Reappraisal, Spellmount, , 320 p. (ISBN 978-1-86227-419-8).  
  • (en) Robert Burnham (préf. Howie Muir), Charging against Wellington : The French Cavalry in the Peninsular War, 1807-1814, Barnsley, Frontline/Pen and Sword Books, , 240 p. (ISBN 978-1-84832-591-3).