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Vue à vol d'oiseau du collège de Cluny et de la porte Saint-Michel, extrait du plan de Truschet et Hoyau (vers 1550).
Le collège de Cluny.

Le collège de Cluny était un collège de l'ancienne Université de Paris, fondé au XIIIe siècle dont les bâtiments, saisies à l'époque de la Révolution disparurent au XIXe siècle. Son emplacement se situerait de nos jours dans le 5e arrondissement de Paris et s'étendrait approximativement du nord au sud entre le côté méridional de la place de la Sorbonne et la rue Cujas, et d'est en ouest de la rue Victor-Cousin jusqu'aux abords du boulevard Saint-Michel. L'hôtel des 3 Collèges occupe une partie de son emplacement.

HistoireModifier

Du XIIIe siècle à la Révolution françaiseModifier

Le collège de Cluny fut fondé en 1269 par Yves de Vergy dit de Beaumont, abbé de Cluny[1], désireux d'établir un logement propre pour les novices de son ordre envoyés étudier à Paris. Un immeuble et un terrain appartenant à l'Hôtel-Dieu furent alors acquis pour implanter l'enclos destiné à abriter plusieurs nouveaux bâtiments.

La parcelle, située non loin de la partie méridionale de l'enceinte de Philippe-Auguste, au nord de la porte Gibard (ultérieurement nommée porte d'Enfer ou porte Saint-Michel) était contigu à l'enclos du couvent des Jacobins de la Grand'rue (rue Saint-Jacques). Elle était alors délimitée au nord par la rue Thomas-d'Argenteuil (ultérieurement rue des Poirées, disparue), à l'ouest par le jardin des Jacobins, au sud par la rue des Grès et à l'est par les abords de la rue Saint-Côme-et-Saint-Damien (ultérieurement rue Saint-Côme puis réunie à la rue de la Harpe).

Yves de Vergy fit cerner le terrain d'une clôture de murailles et y fit construire un réfectoire, une cuisine un dortoir et un cloître dont seul une moitié était achevée lorsqu'il mourut, en 1275. La construction se poursuivit sous son successeur et neveu Yves de Chasant (1275-1289), qui fit édifier la chapelle, la salle capitulaire, l'autre moitié du cloître[2], et la bibliothèque. Construit d'une traite au cours de ces années, le bâtiment resta ensuite dans son état initial jusqu'au XIXe siècle. Le site correspond à l'actuel côté sud de la place de la Sorbonne, entre cette place et la rue Cujas, il bordait le côté Sud de la rue des Poirées aujourd'hui disparue.

Il devait y avoir dans ce collège vingt-huit boursiers, le prieur y compris. Vingt-quatre prieurés de l'ordre de Cluny étaient taxés pour financer ces bourses. Jacques d'Amboise, abbé de Cluny fit faire les réparations de ce collège

Au début du XVIIe siècle, l'établissement, qui ne fonctionnait plus normalement, fut réformé par le prieur Laurent Bénard, qui y fit venir en 1613 des moines de la congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe pour y enseigner. Ce fut l'origine de la congrégation de Saint-Maur, dont le chapitre de fondation se tint en novembre 1618 dans le monastère des Blancs-Manteaux. Le fut signé dans le collège l'acte scellant l'union de la Société de Bretagne à la congrégation de Saint-Maur selon les ordres du Pape Urbain VIII.

De 1795 à 1866Modifier

Le bâtiment fut vendu en 1795 comme bien national. De 1806 à 1815, la chapelle servit d'atelier au peintre Jacques-Louis David pour ses grands formats : il y peignit notamment le Sacre de Napoléon.

La démolition se fit progressivement à partir de 1823, dans le cadre de plusieurs opérations d'urbanisme. La création par le préfet Haussmann de la place de la Sorbonne, en 1859/60, fut fatale aux trois ensembles voûtés qu'étaient l'église, la salle capitulaire et le réfectoire. Les derniers éléments du bâtiment furent détruits en 1866 lors du percement du boulevard Saint-Michel.

Plusieurs personnes illustres furent inhumées dans la chapelle du collège dont : Jean Raulin, doyen de Saint-Denis, de Nogent-le-Rotrou[2].

Vestiges de la chapelle du collège de ClunyModifier

Onze clefs de voûte, trois consoles et deux chapiteaux sont conservés au musée national du Moyen Âge établi à l'hôtel de Cluny, bâtiment encore debout qu'il ne faut pas confondre avec le collège.

Notes et référencesModifier

  1. François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles de France, Veuve Duchesne, 1771 (lire en ligne), p. 197.
  2. a et b Collège de Cluny. Notice historique. In : Émile Rauniér, Épitaphier du vieux Paris : recueil général des inscriptions funéraires des églises, couvents, collèges, hospices, cimetières et charniers, depuis le moyen âge jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, t. 3, Paris, Imprimerie Nationale, 1901, (voir en ligne, pp. 117-142.

AnnexesModifier

Les collèges des ordres religieux à ParisModifier

Liste des collèges des ordres réguliers à Paris
Nom du collège Date de fondation Fondateur Adresse actuelle
Collège des Cordeliers
1217
Ordre des franciscains
Rue Antoine-Dubois
Collège des Jacobins
1217
Ordre des dominicains
Rue Saint-Jacques
Collège des Bernardins
1246
Étienne de Lexington,
abbé de Clairvaux
Rues de Poissy et de Pontoise
Collège des Prémontrés
1255
Ordre de Prémontré
Angle des rues de l’École-de-Médecine
et Hautefeuille
Collège des Carmes
1255
Ordre des Carmes
Rue des Carmes
Collège des Augustins
1259
Chapitre général de Padoue,
puis Gilles de Rome,
confesseur de Philippe IV
53-55, quai des Grands-Augustins
Collège de Cluny
1260
1269
Ordre de Saint-Benoît-Bénédictin,
Yves de Vergy, puis son neveu Yves de Chasant,
abbés de Cluny
1-3, place de la Sorbonne
Collège de Saint-Denis
1263
1266
Matthieu de Vendôme,
abbé de Saint-Denis
21, rue des Grands-Augustins
et sous la rue Christine
Collège de Marmoutiers
1329
Geoffroy du Plessis,
conseiller de Philippe IV
et notaire pontifical
Emplacement du lycée Louis-le-Grand

BibliographieModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier