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Col de Bussang

col français

Le col de Bussang est l'un des plus fréquentés du massif des Vosges. Il relie la Lorraine et l'Alsace par la route nationale 66. Les deux communes au bas de ce col sont Bussang du côté lorrain et Urbès du côté alsacien.

Col de Bussang
Image illustrative de l'article Col de Bussang
Vue de la route franchissant le col.
Altitude 731 m
Massif Massif des Vosges
Coordonnées 47° 53′ 22″ nord, 6° 53′ 51″ est
Pays Drapeau de la France France
Vallée Vallée de la Moselle
(ouest)
Vallée de la Thur
(est)
Ascension depuis Saint-Maurice-sur-Moselle Urbès
Déclivité moy. 2,2 % 4,2 %
Déclivité max. 4,6 % 6,8 %
Kilométrage 8 km 6,5 km
Accès N 66 N 66
Fermeture hivernale aucune

Géolocalisation sur la carte : Vosges

(Voir situation sur carte : Vosges)
Col de Bussang

Géolocalisation sur la carte : Haut-Rhin

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Col de Bussang

Géolocalisation sur la carte : France

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Col de Bussang

Sommaire

ToponymieModifier

 
Col de Bussang

L’usage du terme col de Bussang est plutôt récent. De chaque côté de la limite des langues franco-allemandes, on avait l’habitude de dire ou de lire :

  • Pour la partie francophone (y compris en dialecte vosgien)
    • Passage de Taye
    • Pertuis d’Estaye(Perthus, Perthuix, Potieu)[1]
    • Col de l’Estaye[2]
    • Pertuis de Taye ou de la Taye[3]
    • La Côte du Taye[4],[5]
  • Pour la partie germanophone (y compris en dialecte alsacien)
    • Steige zur Linden (Steig zür Linde)[6]
    • D’Steig[7],[8]
    • Pass zur Linden[7],[9]
    • Der Bussang-Sattel (ou der Sattel) [7]

Les toponymes des agglomérations en deçà du col de chaque côté, Bussang ou Urbès, apparaissent visiblement très peu ou pas du tout dans les premières appellations du col. La partie germanophone insiste, comme c’est le cas pour d’autres régions du massif vosgien côté alsacien, sur la caractéristique topographique : l’emploi du terme « Steige » désigne une « côte » ou une « montée ». On retrouve la même dénomination pour le col de Saverne (en allemand Zaberner Steige)[10],[11], le col de Steige à Offwiller entre Moselle et Bas-Rhin[12],[13]. En réalité, la dénomination Steige renvoie dans l’esprit des germanophones très peu à des régions montagnardes ou de haute montagne. La Steige fait référence en général dans les langues allemandes du sud et sud-ouest à une route qui monte de manière abrupte[14]. Contrairement au col, elle n’a pas forcément pour vocation de permettre le franchissement d’une montagne pour passer dans la vallée voisine. Ainsi, on trouve beaucoup de Steigen dans les régions collinéennes ou encaissées du centre-sud de l’Allemagne quand on passe du fond de vallée aux parties surélevées du relief environnant.

Le terme Sattel (désignant la selle en allemand) renvoie en revanche clairement à la vocation du col de montagne comme structure « en selle de cheval » formée en montagne par l'intersection entre une ligne de crête et de deux talwegs situés de part et d'autre. L’échancrure resserrée entre la Tête des Allemands, 1 014 m, et la Tête des Russiers, 1 187 m, est très visible en venant de Lorraine. Les dénominations germanophones ajoutent fréquemment la mention zur Linden : « des ou aux tilleuls ». En français régional lorrain, les cols sont fréquemment désignés par les appellations « pertuis », « plain » ou « passage ». On parlait du pertuis d’Estaye[15] ou du Passage de la Taye[16]. On utilisait couramment en langue patoise vosgienne des pays de Saint-Dié ou Remiremont les termes régionaux pour « pertuis » potieu ou pètu pour désigner un trou, un col ou un passage étroit qui fait figure d’ensellement dans la montagne[17]. Comme pour Steige, le terme de côte revient souvent dans les écrits du XIXe siècle. Le premier préfet des Vosges, Henri-Zacharie Desgouttes, décrit le col de Bussang sans prononcer le mot « col » une seule fois : « La Moselle a sa source dans l’arrondissement de Remiremont, au pied de la côte du Taye, dont le point le plus haut, faisant la jonction de deux côtes, forme la limite des départements des Vosges et du Haut-Rhin. » En revanche, l’accent est mis sur deux côtes qui se rejoignent au point culminant du col[4].

GéographieModifier

Voie routière et ferroviaireModifier

Axe routierModifier

 
Carte de localisation des principaux col des Vosges

Le col de Bussang est situé sur la RN 66, anciennement route royale no 66, autrefois route impériale no 84. L’ancien tracé de la route romaine a perduré jusqu’au XVIIe siècle. C’est en 1724-25[18] que la nouvelle route, donc l’actuelle, emprunte le fond de vallée après avoir asséché les parties marécageuses contournées par la voie romaine. Vingt années plus tard, et pendant 18 ans, la nouvelle route[19] de Saint-Maurice-sur-Moselle vers Giromagny par ce qui deviendra le col du Ballon d'Alsace désenclavera la haute vallée mosellane et accélérera le transit vers l’Alsace par Thann ou Belfort.

À l’origine, la route royale, puis nationale reliait Bar-le-Duc en Meuse (Lorraine) à Bâle (Suisse). Cela correspond à la voie commerciale de l’Ancien Régime. En revanche, le tracé de la route nationale ne suit pas toujours celui de la voie romaine[19]. La partie meusienne a été déclassée dans les années 1970 en route départementale 966 (Meuse) ou elle est partiellement devenue l'actuelleroute nationale 135) de Bar-le-Duc à Ligny-en-Barrois ; le tronçon vosgien de la route nationale 66 jusqu’à Épinal s’est transformé en route départementale 166. Des tronçons de la partie haut-rhinoise ont également été déclassés en routes départementales. La RN 66 relie aujourd’hui Remiremont à Mulhouse, son équivalent européen est la route européenne 512. Pour faciliter le passage du col, notamment pour la grosse artillerie, un tunnel a été construit[20] en 1848 sous la direction de M. Houot, conducteur des Ponts et Chaussées, maire d’Épinal. La longueur totale s’élevait à 251 m dont 60 % étaient du côté lorrain. À l’annexion de l’Alsace-Lorraine se trouvait à l’entrée du tunnel le bureau des douanes avec un poste de secours établi par le Touring-Club. De nombreuses anciennes cartes postales montrent les deux côtés du tunnel avec les douaniers[21]. Sur les cartes postales anciennes, on reconnaît facilement l’ancien tracé de la route du col qui, côté lorrain, passe à droite du tunnel en le surplombant encore de quelques mètres. Le tunnel a été dynamité en 1944, il n’a pas été reconstruit.

Projet de tunnel ferroviaireModifier

 
Pont ferroviaire inachevé à Urbès pour la ligne Bussang-Urbès

Comparées aux Alpes suisses, pourtant plus élevée en altitude, les moyennes montagnes des Vosges ont longtemps été contournées. Il n’existe qu’un seul tunnel ferroviaire long de 6 950 m, puis routier qui traverse le massif, celui de Sainte-Marie-aux-Mines ; il a été ouvert à la circulation en 1976, auparavant il n’était destiné qu’aux chemins de fer. Le col de Sainte-Marie fut également l’un des passages entre la Lorraine et l’Alsace en empruntant la vallée de la Meurthe et le plus souvent le col du Bonhomme[22].

 
Effort de guerre Daimler-Benz et la déportation

La voie mosellane historique, qui a le col de Bussang pour seul obstacle naturel sur son tracé avant l’arrivée en Suisse à Bâle, aurait pu avoir son tunnel ferroviaire entre le Benelux et l’Italie par une nouvelle voie de 52 kilomètres depuis la gare de Bussang jusqu’à la gare de Fellering. Le tunnel Urbès – Saint-Maurice-sur-Moselle aurait mesuré 8 287 mètres de longueur et il aurait été le plus long ouvrage souterrain français au milieu du XXe siècle[23],[24]. Décidée le 11 juillet 1870, la construction du tunnel fut annulée en raison de la guerre franco-allemande et de l’annexion de l’Alsace à l’Empire allemand. Le percement du tunnel démarra en 1932, mais les coûts augmentèrent rapidement, le contexte économique et politique évoluait mal et la société de forage fut en faillite en 1935[25]. La plupart des ouvrages d'art côté alsacien étaient construits et le tunnel était percé sur une longueur de presque quatre kilomètres, soit la moitié du tunnel du côté alsacien. La partie vosgienne était en retard, cela se retournera à son avantage. La frustration locale fut d’autant plus grande que la reprise du projet traîna trop longtemps ; finalement, la Seconde Guerre mondiale stoppa à nouveau la construction du tunnel. En 1943, le tunnel creusé dans sa partie alsacienne sera reconverti en camp de travail, annexe du camp de concentration de Natzwiller-Struthof, pour fabriquer des pièces de moteur d’avion pour le compte de Daimler-Benz. Les déportés, essentiellement juifs, provenaient des camps de Dachau ou du Struthof. Ils étaient majoritairement russes et polonais, il y avait aussi des Allemands et des Luxembourgeois. Finalement, le col de Bussang reste incontournable comme seul lieu de passage entre la Lorraine et l’Alsace par la route.

HydrographieModifier

 
Plaque indiquant la source de la Moselle
 
La source de la Moselle près du col de Bussang

Juste avant la montée du col, la Moselle forme une fourche que l'on peut voir sur le croquis des chaumes-répandises plus bas :

  • vers le nord-est, le vallon du ruisseau de la Hutte séparé du col par le Haut du Charat, 996 m ;
  • vers le sud-est, le vallon du ruisseau du Sèchenat séparé du col par la tête des Allemands, 1 014 m, et alimenté par la goutte Devant ;
  • vers l'est au centre, la rivière de la Moselle dont la source est immédiatement alimentée par d'autres sources nommées respectivement Fontaine des Bôculons[26] et Fontaine Saint-Louis au pied du Drumont, 1 200 m.

Au-dessus du col se trouve l'étang Jean au pied de la côte des Russiers.

Après Bussang en direction du col et de l’annexe de Taye, les noms de route et rue sont assez évocateurs pour se rappeler qu’il y a eu tout autour du col une grande activité thermale : « avenue des sources » ou « route des sources ». Il était de coutume pour les « baignants » de Plombières-les-Bains d’aller au Ballon d’Alsace et aux eaux thermales de Bussang[27].Il ne faut pas confondre les sources d’eau minérale ferrugineuse avec la source de la Moselle. Le premier préfet des Vosges, Henri-Zacharie Desgouttes, explique dans son « Tableau statistiques des Vosges » que la « Moselle a sa source dans l’arrondissement de Remiremont, au pied de la côte du Taye[28]. » Le premier captage des sources eut lieu en 1705[27]. Un hôtel fut construit, une chapelle, un promenoir et un établissement de bains. Tous les bâtiments établis aux sources à proximité du col furent incendiés en 1790 et il fut décidé de ne pas les reconstruire[27]. À partir de cette date, on se contenta de vendre les bouteilles d’eau.

 
La source Marie dans le lieu-dit de Taye dans la montée du col

Les eaux minérales de Bussang[29] qui jaillissent aux alentours du col sont évoquées par un témoignage du XIXe siècle de la manière suivante : « Nous sommes arrivés à Saint-Maurice à temps pour voir la source des eaux de Bussang, qui sortent du gazon dans une prairie ravissante, peuplée de belles vaches noires. C’est un lieu charmant, et l’eau de fontaine de Bussang est meilleure que le vin de Champagne. De là, nous avons été voir la source de la Moselle, qui est à deux pas de l’autre source ; l’eau de Moselle n’a pas de vertus médicinales, mais elle devient une grande rivière(…) »[30]. Selon le préfet Desgouttes, « les eaux de Bussang sont acidules et contiennent beaucoup de gaz acide carbonique. Elles sont renommées par leur efficacité dans un grand nombre de maladies chroniques, notamment celles de l’estomac, du foie et de l’utérus[31] ».

Milieu naturelModifier

 
Étages de végétation des Vosges méridionales au col de Bussang

Le massif de Saint-Maurice et Bussang où se trouve le col est un site NATURA 2000 de type B[32] sur la façade lorraine[33] dont le niveau de conservation est noté comme bon pour l’habitat forestier dominant et excellent pour l’évaluation globale des forêts de pentes et éboulis.

 
Présence du lynx dans les Vosges méridionales

Les informations écologiques de la fiche du site font apparaître que le secteur se situe à 84 % en forêt mixte[34] dans les hêtraies à luzule, ou encore hêtraies du Luzulo-Fagetum, no 9110 de la Directive « l’habitat-faune-flore » de l’Inventaire national du patrimoine naturel[35]. Cette hêtraie à luzule est fortement associée au sapin blanc et à l'épicéa commun typiques des régions de moyenne montagne de l’Est de la France qu’on retrouve surtout dans les massifs hercyniens d’Europe centrale et dans les Alpes du Nord siliceuses[36].Elle est complétée par la hêtraie sapinière à fétuque des bois et la hêtraie subalpine dans les parties alsaciennes en contrebas des chaumes[37].

Le classement supplémentaire Natura 2000 du Rouge-Gazon et des Neufs-Bois eut lieu en 2010, il concerne la crête principale du massif au sud du col de Bussang. Le couvert végétal est du même type montagnard jusqu’aux pelouses alpines des chaumes[38]. Le seul bâtiment existant en 1910 était une ferme d’estive faisant également fonction de ferme-auberge. Aujourd’hui, elle est agrandie et modernisée pour assurer l’accueil les skieurs généralement locaux.

Côté alsacien, le col de Bussang ouvre sur le site Natura 2000 désigné « Vosges du Sud »[39] également situé dans l’habitat global des hêtraies du Luzulo-Fagetum, majoritairement hêtraies-sapinières ou hêtraies d’altitude. On y a constaté la présence occasionnelle du lynx [40]. Le col mène directement dans le vallon d’origine glaciaire où se situe Urbès, trace des dernières glaciations dans les Vosges, et notamment celle de Würm. L’ancien lac glaciaire s’est partiellement transformé en tourbières flottantes, bas marais (mosaïque avec cariçaies)[41] avec saulaies et aulnaies marécageuses protégées. Le site est classé Natura 2000 par la directive habitats et par la directive oiseaux[42].

Les espèces animales ou végétales d’intérêt communautaire du secteur autour du col de Bussang du Drumont au Rouge-Gazon sont identiques[38] aux autres sites des Vosges du Sud :

Par ailleurs, tout le massif de Saint-Maurice-Bussang et les Vosges du Sud, côté alsacien, font partie du parc naturel régional des Ballons des Vosges.

HistoireModifier

Période gallo-romaineModifier

Le nom latin de l’étape au pied du col de Bussang était Wixenterius[43], il deviendra par la suite Visentine pendant quelques siècles pour désigner Saint-Maurice-sur-Moselle et Bussang son annexe. Il se trouve sur la voie romaine secondaire qui va de Trèves, Metz à Augusta Raurica, actuellement en Suisse près de Bâle. Les voies romaines ont souvent repris et amélioré les routes gauloises déjà existantes, c’est le cas de la jonction entre les Leuques et les Séquanes ou Lingons par la haute Moselle[44].

 
Les deux viae publicae contournant les Vosges dans la table de Peutinger

Il s’agit d’une via vicinalis, voie secondaire, qui se détache[45] à Illzach, en latin Uruncis, de la via publica, voie romaine principale Argentoratum - Vesontio pour entrer dans la vallée de la Thur et franchir les Vosges au col de Bussang. La voie de la Moselle poursuit vers Letraye, Vécoux, Remiremont et sort des Vosges pour rejoindre une autre via publica : Lugdunum-Augusta Treverorum par la capitale des Lingons, Andemantunnum. La table de Peutinger indique les deux axes majeurs, mais pas la voie secondaire. Elle est en revanche décrite dans l’itinéraire d’Antonin. Les voies secondaires étaient souvent construites par les légions[46] avec l’aide des habitants des régions qu’elles traversaient. À intervalles réguliers, il y avait des haltes-relais, dits mutationes[47] tous les 15 km, relais pour changement de monture et un petit en-cas, et tous les 40 km, des mansiones ; les mansiones étaient dirigées par un manceps ou praepositus mansionis pour une période de cinq ans. Dans les lieux très fréquentés comme sur la voie romaine Reims-Metz-Strasbourg, des vici ou agglomérations rurales sont nées autour de ces mansiones. À l’origine, elles furent érigées pour le cursus publicus, l’équivalent du service postal officiel. Mais, très vite, elles furent agrandies de plusieurs bâtiments car elles servirent de halte ou de gîte aux voyageurs et aux marchands itinérants. On voyageait d’une mansio à l’autre. Elles avaient souvent une forme en U et comportaient des écuries, des emplacements pour les voitures, des dortoirs et des réfectoires. Parfois, on y trouvait aussi des thermes. Ce n’est pas le cas de Bussang.

En contrebas ou en haut des côtes plus prononcées, le gîte d’étape disposait de bêtes de traie supplémentaires pour aider les attelages à monter ou à descendre. Pour la descente un autre col des Vosges, le col de Saverne à l'Usspann en est une bonne illustration. Le transport de personnes se faisait avec l’essedum[48] déjà pratiqué par les Gaulois, mais aussi par la rheda[46],[49] qui a l’avantage d’être moins large et adapté aux chemins étroits comme ceux des voies naturelles en fond de vallée dans les massifs montagneux [46] ou encore les petorrita[50]. Cependant, comparée à la route royale 66, l’ancienne voie romaine vicinale qui arrivait de Fresse-sur-Moselle empruntait le flanc du coteau du Lait pour éviter un fond de vallée à l’époque très marécageux. La même voie était encore utilisée au XVIIe siècle quoique les ducs de Lorraine aient demandé à une réfection en 1615[51], puis en 1630[52]. Le transport des marchandises se faisait essentiellement avec les diverses variantes du plaustrum [53].

Routes commerciales médiévalesModifier

Les routes commerciales médiévales de la partie méridionale du massif vosgien[54], c’est-à-dire celles qui empruntaient la haute vallée de la Moselle[55], étaient celles qui quittaient la Lorraine :

  • au col de Bussang vers l’Alsace ;
  • au col des Croix vers la Franche-Comté ;
  • au col du Mont de Fourche vers la Franche-Comté.

La route du col de Taye suit l’ancienne voie romaine Metz-Bâle (DivodurumAugusta Basiliensis)[56] et perpétue la tradition de vallée de transit par le col de Bussang.

Col de Taye et tonnage de l’EstayeModifier

Les possessions du chapitre de Remiremont acquises au haut Moyen Âge, au spirituel comme au temporel, étaient très étendues dans la partie méridionale du massif vosgien ; elles englobaient les vallées de la Vologne, de la Moselotte et de la haute Moselle jusqu’aux crêtes à l’est et au sud. Les revenus des chanoinesses provenaient entre autres des droits de péages, des droits d’exploitation dudit haut pâturage et des tonlieux. En tant qu’avoués[57] du chapitre, les ducs de Lorraine ont progressivement mis la main[58] sur les terres périphériques des dames nobles en bâtissant des châteaux-forts[59] comme à Bruyères ou à Arches lesquels deviendront les sièges des deux prévôtés montagnardes du duché lorrain[58]. Ce fut le duc Ferry III qui usurpa le tonlieu à Bruyères en 1255 et à l’Etaye au pertuis de Bussang en 1264 [60]. Cette mainmise sur le tonnage[61] de l’Estaye (Bussang) comme sur le thonnieu[62],[63] de Bruyères ne répond pas au hasard, mais répond à une stratégie territoriale des ducs : il s’agissait des voies de passage principales au Moyen Âge pour passer de Lorraine en Alsace :

  1. la vallée de la Moselle :
    • Épinal,
    • Remiremont,
    • Ban de Longchamp,
    • Ban de Ramonchamp,
    • col de Bussang ;
  2. la vallée de la Vologne, son affluent le Neuné, la vallée de la Meurthe :
    • Lunéville,
    • Bruyères,
    • Corcieux,
    • col du Plafond 620 m,
    • Fraize,
    • col du Bonhomme 978 m.

Une autre route d’échange commerciale et économique secondaire dans la vallée de la Haute-Moselle est celle qui mène au col des Croix (679 m vers la Franche-Comté) où les voués pour la rive gauche de la Moselle, les seigneurs de Faucogney, ont établi un droit de péage[64],[65] et bâti le château Lambert, actuelle commune de Haut-du-Them-Château-Lambert. Comme pour Bussang, la partie lorraine appartenait au ban très étendu de Ramonchamp où se situaient les mines[66] du Thillot. Les deux bans menant aux deux cols, respectivement de Bussang et des Croix, sont nommés dans les archives et dans le langage populaire côté lorrain et comtois les Vaulx[67].

À la jonction de cette voie arrivant du sud et de celle provenant du col de Bussang à l’est, donc le pertuis de l’Estaye, les ducs de Lorraine et les chanoinesses de Remiremont possédaient un autre péage qui fut la station commerciale la plus importante pour les échanges avec l’Alsace, on le nommait le pertuis de L’Etraye (aujourd’hui Letraye) [67]. Les revenus du péage de Taye justifiaient l’établissement d’une charge à caractère anoblissant. Avant le déclin de la route commerciale, en pleine guerre de Trente Ans, le duc de Lorraine confie par exemple à un Jacques Mourel dit Valroff la charge de contrôler le péage. Il arriva à Bussang vers 1638 pour y prendre à ferme le péage de Taye installé depuis 1255 à la frontière ducale de Lorraine[68]. Suivant les sources, Jacques Valroff fut page du duc de Lorraine, chargé au péage de Taye et châtelain de Deneuvre. Jusqu’à l’activité minière qui démarre en 1560 avec l’arrivée de mineurs, forestiers et charbonniers allemands, danois et suédois[69], Bussang est au fond un écart, ou plus encore, une simple succession d’auberges, de tavernes en contrebas de la côte qu’il fallait pouvoir gravir pour traverser les Vosges. C’était un point d’arrêt où l’on prenait des chevaux de renfort pour se lancer dans le col[70]. Le thermalisme n’existe pas encore et l’exploitation forestière pour subvenir à la demande industrielle va s’accroître progressivement jusqu’au XVIIIe siècle[71].

Les commerçants-transporteurs ne voyageaient pas souvent seuls ; en général, ils s'organisaient et se déplaçaient en « convois » de marchands, avec un chariot ou à pied avec une hotte. À cela, il faut ajouter les pèlerins, les voyageurs et les travailleurs itinérants qui allaient de chantier en chantier. Parfois, ils peuvent se rassembler en « nation », donc en communauté de langue ou de culture par affinité. Les marchands « allemands »[72] sont des commerçants alsaciens et autres germanophones. Ils passent le col de Bussang, le pertuis vers le monde francophone, au moins jusqu'à Metz, la plaque tournante des déplacements en Lorraine vu sa position à la croisée des chemins nord-sud et ouest-est. Au Moyen Âge, on utilisait encore les chars à transport hérités de la période gallo-romaine: le chariot à deux roues (plaustrum minus) ou à quatre roues (plaustrum majus), tirés par des bœufs ou des chevaux. La flexibilité et la mobilité de ces chariots étaient limitées, il fallait souvent un cheval d'appoint pour monter les « côtes », noms qu'on utilisait autrefois plus fréquemment que col.

Le soutien logistique par les locaux perdurera jusqu’au XVIIIe siècle puisque dans les archives de la ville on évoque toujours les aubergistes et cabaretiers dont « certains employaient des chevaux uniquement à faire la conduite des voitures jusqu’au col de Bussang »[73]. Les rouliers faisaient aussi les commissions des particuliers et des communautés. Il y avait une voiture qu’on appelait « l’accéléré » qui gérait également les services de la poste. En outre, les aubergistes devaient posséder des locaux très spacieux pour loger hommes et montures, remiser les voitures, abriter les chevaux et les bœufs[74]. Les produits transportés sur cette voie mosellane sont peu ou prou les mêmes que ceux qui circulaient sur l'axe rhénan de la Basse Rhénanie à Bâle, sur les routes qui traversaient la Champagne en direction de Langres et de la Suisse ou encore le long du Neckar. Néanmoins, on relève des spécificités en fonction des périodes économiques ou des activités artisanales en vogue à tel ou tel moment de l'histoire lorraine. Parmi les produits phares, on compte :

  • le vin pour lequel Metz et Cologne assurait l'essentiel du trafic[75] ;
  • le verre : le verre plat, blanc ou coloré « façon Lorraine », et après le séjour d’un verrier local à Murano pendant 13 ans[76], le verre cristallin ou « verre de Venise jusqu’à la moitié du XVIe siècle. Tous furent produits dans les verreries de la Vôge autour de Darney et Fontenoy-le-Château. On connaît l’ascension professionnelle de Pierre Thierry à Fontenoy qui devint commissionnaire de grandes firmes internationales du secteur parce qu’il avait la responsabilité de la conduicte d’Italie[77]. Son réseau commercial s’étend de l’Angleterre à l’Italie du Nord en passant par la Flandre ;
  • la laine ou la draperie : la Flandre resta longtemps le centre de la branche textile en relation constante avec l'Italie qui servait de transition avec l'orient. En revanche, la Moselle servait de relais[75] avec le Rhin pour ceux qui ne circulaient pas par la voie principale légèrement plus au sud que le massif vosgien, donc par la Porte de Bourgogne ;
  • le bois pour les fonderies et manufactures royales de chaque côté de la ligne de crête (Masevaux, Oberbruck, Saint-Maurice-sur-Moselle…) ;
  • le sel : la route du sel qui passait par le col de Bussang en direction de Mulhouse, puis Bâle, était la route de la Lorraine à la Suisse[78]. Le sel lorrain était vendu également dans la Haute-Alsace (qui appartenait essentiellement à l’Autriche antérieure), le sud-ouest de l’actuelle Allemagne, la région frontalière suisse avec l’évêché de Bâle[79]. Le « roulage » du sel par le col de Bussang continua jusqu’à la Révolution française. C’est probablement le dernier produit régulièrement transporté par le col avant l’industrialisation et l’arrivée du textile dans la vallée[80]. On lit dans les archives que la « grande traite des sels » allait de Thann à Delle à la frontière avec la Suisse. La route du col de Bussang y est décrit comme tellement étroite dans la montée (nommée « die Steige » par les Alsaciens) que le double sens n’était pas possible pour deux chariots. Ceux qui descendaient devaient utiliser les emplacements spécialement aménagés à cet effet[81] pour laisser passer les chariots qui montaient[82].

Déclin progressif de la voie commercialeModifier

 
Lorraine ducale au moment du rattachement à la France au XVIIIe siècle

La guerre de Trente Ans, la guerre de Dix Ans et la guerre de Hollande ont mis fin au commerce international régulier sur la route d’Alsace et de Franche-Comté par le col de Bussang[83]. Les raisons sont multiples, mais la première est géopolitique et la seconde est économique. Après ces guerres, les cols vosgiens deviennent frontières territoriales: pour le col de Bussang avec l’Alsace devenue française[84] en 1648 au traité de Westphalie [85] et pour le col des Croix avec la Franche-Comté devenue française en 1678 au traité de Nimègue [86]. Comme on le voit sur la carte ci-contre, Bussang et les Hautes-Vosges restent en Lorraine ducale[87] jusqu’en 1766[88]. Au-delà des dates, ce sont surtout les nombreuses décennies de désordre, de pillage et de guerre qui ont durablement perturbé et désorganisé le pays[89] comme les documents d’archive[90] le montrent pour l’ensemble du massif vosgien très touché par la guerre de Trente Ans[91]. L’autre facteur expliquant le déclin de la route Lorraine-Alsace-Suisse est d’ordre économique[77]. Les changements géopolitiques perturbent les échanges traditionnels dans l’axe lotharingien car les régions annexées adoptent la législation française, notamment en ce qui concerne les taxes et les impôts. C’est par exemple Louis XIV qui introduit la gabelle en Lorraine pendant l’occupation du duché en 1633[92]. Le rattachement de la Lorraine ne changera d’ailleurs rien aux problèmes car les taxes douanières sur les produits passant de Lorraine en France ont été maintenues. Les débouchés traditionnels des Lorrains au sud-est du massif vosgien ont périclité.

Une lettre[93] de l’empereur Rodolphe II adressée à Eberhardt, seigneur de Ribeaupierre, permet d’avoir la confirmation de l’abandon de la route d’Alsace ancestrale par le col de Bussang. L’empereur fait connaître à son vassal son intention d’établir un bureau de péage à Sainte-Marie, « attendu que les marchandises qui entraient en France ou qui venaient du côté d’Épinal, de la Lorraine et de la Bourgogne, passaient autrefois par Bergheim, Thann et Belfort, où elles étaient soumises à un droit de péage, passent maintenant par le val de Lièpvre, où elles ne payent aucun droit de péage. » Or la route qui mène à Thann est celle de la vallée de la Moselle qui passe par le col de Bussang et son péage de Taye. La destinée de Thann[94],[95] dépendit de sa position géographique à l'entrée de la vallée de la Thur[96] puisqu’elle « verrouillait l'accès au col de Bussang et occupait une situation de passage entre l'Empire et le royaume de France ». Un extrait de l’ouvrage de l’historien local Louis Jouve[97] sur Bussang illustre très bien la nostalgie de l’ancienne route du col de Taye : « Sa situation au pied des montagnes des Vosges, loin des grandes villes, devait faire de Bussang un lieu d’arrêt tout indiqué sur la route de Metz à Bâle. Les rouliers et les voyageurs de tout ordre y faisaient une halte forcée entre Thann et Remiremont, entre lesquels la distance était beaucoup trop grande pour une seule journée de voyage, vu l’état ancien des routes, presque impraticables dans la première moitié du XVIIIe siècle pour les grands transports comme pour les troupes. L’argent y circula avec plus d’abondance, les relations avec le dehors y devinrent plus actives et plus fréquentes, quand on eut rectifié, amélioré, les routes qui traversaient les montagnes des Vosges. Ah ! Les rouliers avec leurs voitures de transport énormes, les mallebroucks et l’accéléré, nous disent les vieux, quel mouvement, quelle animation, quel courant commercial cela produisait à Bussang ! Vous n’avez pas idée de cela, vous, les jeunes ! ».

Passage de troupes, garnisons et conflitsModifier

Guerre de Bourgogne 1474-1477Modifier

 
Charles le Téméraire
  • 1473 : Passage de Charles le Téméraire avec la dépouille de Philippe le Bon

Avant l’occupation de la Lorraine pendant la Guerre de Bourgogne en 1475, il y avait déjà un précédent : on lit dans Guerres d’autrefois et leçons d’aujourd’hui[98] le récit à connotation patriotique qui évoque la vocation frontalière du col de Bussang de la manière suivante : « (…) En septembre 1473, il (Charles le Téméraire) a paru à Nancy, aux yeux un peu émus du très jeune René II, duc de la veille, escortant, de Bruges à la chapelle sépulcrale de Dijon, le corps de son père, Philippe le Bon. Son arrivée à Nancy se fit par le Nord et la route classique du pont de Bouxières, son départ par le Sud et la Terre des Neufchâtel, puis par Charmes, Épinal, Remiremont, le pertuis d'Estaye, défilé où s'élevait, près de Bussang, le dernier château de nos limites lorraines, que gardera plus tard, au Ballon de Servance, le premier fort du rideau défensif de la haute Moselle. Ainsi, le cercueil ducal étant passé, à Charmes même, au plus près de Domrémy, Philippe le Bon va-t-il finir son dernier voyage dans notre pays, lui qui, ayant pris jadis à Compiègne la Bonne Lorraine, l'a vendue aux Anglais. Et c'est ici, du reste, dans ce même duché, qu'après deux ans, sans plus, sa dynastie pour toujours s'écroulera. »

  • La voie mosellane

Les mêmes Mémoires font allusion au fait que les Bourguignons connaissent bien la voie mosellane car des nobles de Bourgogne, les seigneurs de Neufchâtel, se sont emparés de sites importants au sein du duché lorrain : « Et, déjà, un Neufchâtel est sur le siège épiscopal de Toul, une Marguerite de Neufchâtel sur le trône abbatial de Remiremont : de bout en bout, le long chemin de Moselle est ouvert, la fissure prête qui coupera en deux la Lorraine : le Maître (Charles le Téméraire) peut entrer[99]. On sait que cette guerre se terminera avec le décès du duc de Bourgogne à la bataille de Nancy le 5 janvier 1477[100].

Guerre de Trente Ans et Guerre de Dix ansModifier

  • Novembre 1638
 
Reinhold von Rosen au service des armées protestantes

Le duc Charles IV sort de Franche-Comté, où il s'est réfugié après l'occupation de son duché par la France, avec environ 4 000 hommes dans l'intention de sauver Breisach aux mains des troupes protestantes. Il passe par Épinal, puis Remiremont. Il poursuit sa marche par le col de Bussang pour rejoindre la vallée de la Thur, mais il ne parviendra pas à Breisach car les troupes weimariennes, notamment la cavalerie, l'arrêteront à Thann. De nombreux nobles lorrains sont faits prisonniers, environ 600 Lorrains entrent au service de Bernard de Saxe-Weimar. Le 18 novembre 1638, les Lorrains font chanter un Te Deum dans de nombreuses paroisses pour remercier Dieu d'avoir épargner leur souverain[101]

  • 1639

Bernard de Saxe-Weimar envoie von Rosen et Kanowski investit Thann, puis ordonne à Rosen d'empêcher les Lorrains d'approcher cette place. Rosen franchit les Vosges; il se rend à Saint-Dié où il bat un régiment de Charles IV, puis il marche sur Épinal bien que la cité fût sous les ordres de du Hallier, gouverneur de Lorraine. Puis il repart d'Épinal à Thann, donc par la route d'Alsace.

Guerre de HollandeModifier

 
Traversée des Vosges par Turenne en hiver

Pendant la Guerre de Hollande, Turenne [102] passe trois jours en décembre 1674 à Rambervillers pour faire reposer ses troupes. Il poursuit sa route vers Épinal et Remiremont par Padoux et Eloyes [103]. Les sires d’Allamont et de Majastre, qui venaient juste de libérer respectivement la première et la seconde cité pour le compte du duc de Lorraine, repartirent donc au plus vite car ils ne pensaient pas tenir devant les troupes de Turenne. Le Maréchal de Créquy rejoint Turenne à Épinal afin de poursuivre les Lorrains vers la Haute –Alsace[103], donc par la vallée de la Moselle et le col de Bussang. Les poursuites finissent à la Bataille de Turckheim le 5 janvier 1675 avec la victoire de Turenne. En ayant fait passer ses troupes par plusieurs cols vosgiens en plein hiver pour parvenir de manière inattendue au-dessus de Turckheim[104], Turenne remporte une première victoire qui lui permet de gagner Strasbourg [103].

Certains auteurs font passer Turenne en personne au col de Bussang[105], d’autres sont certains qu’il est passé par la Franche-Comté à Faucogney[106]. Il a fait converger plusieurs détachements vers la plaine alsacienne par de nombreux cols, ce n’est donc pas exclu. On lit dans Mémoires de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain que « Saint-Dié voit passer le comte de Bourlémont, qui va, avec 400 hommes, occuper le col de Sainte-Marie. Enfin, le chevalier d'Hocquincourt, par la Haute Moselle et le col de Bussang, pousse une pointe dans la vallée alsacienne de la Thur »[107]. Le chevalier est Georges de Monchy, marquis d'Hocquincourt, lieutenant-général des armées du roi en 1655, fait chevalier du roi en 1688. Pour confirmer cette thèse, on lit dans le Bulletin de la Société philomatique vosgienne de 1887[108] que Turenne, est parti « de Belfort tandis que ses troupes légères prennent le chemin plus direct du col de Bussang et de la vallée de Thann »[109]. Cela va de le même sens que l’article de la Société belfortaine d'émulation où on lit le texte suivant : « Il y a erreur : c'est un des lieutenants de Turenne qui traversa le col de Bussang et la vallée de Saint-Amarin. Quant à l'illustre général, après s'être emparé de Remiremont, il passa par Rupt, Faucogney, Mélisey où il resta deux jours »[110]. Une carte postale ancienne de Ad. Waick[111].

Ancienne Monarchie – Période révolutionnaireModifier

En 1749, on sait[112] que les compagnies de Le Deuil de l’Hôtel des Invalides et de La Cour au Chantre, doivent se rendre à Bussang. La seconde du Régiment suisse qui deviendra le 76e régiment d’infanterie en 1791, appartenait au régiment de Grandvillars qui dépendait du 2e corps commandé par le comte Woldemar de Lowendal[113]. Elle avait déjà servi peu de temps avant pendant la Guerre de Sept Ans ou la guerre de succession d’Autriche de 1744 à 1747. Elle attendait en quelque sorte une autre affectation. En 1749, cette compagnie qui en garnison dans plusieurs villes du nord-est, fut mis sous les ordres du chevalier Jean-Alexandre de Balthazard qui en prit le commandement comme colonel propriétaire le 15 juin 1749[114]. Le 13 mars 1755, la ville de Remiremont adresse une lettre de protestation au Chancelier de Lorraine contre une amende de 100 livres « pour défaut d’entretien de la route de Remiremont à Bussang » [115]. Le 3 août 1790, il a été donné l’ordre de donner logement, nourriture et escorte aux marquis de Lambert et de Nesle qui allaient en Alsace par Remiremont et le col de Bussang[116].

Invasion de la France par les Coalisés en 1814Modifier

Le 4 janvier, le quartier général[117] du généralissime des armées alliées Schwarzenberg met en place les opérations des 6, 7 et 8 janvier 1814 dans le cadre de la Campagne de France : il décide de la formation de quatre groupes d’armée. Le 6e corps de Wittgenstein et le 5e corps du feld-maréchal Wrede constituèrent le « Groupe d’armée d’Alsace ». Le « Groupe d’armée des Vosges » fut formé par un détachement du prince Tcherbatow et le 4e corps, renforcé par une batterie lourde autrichienne et le régiment de hussards autrichiens archiduc Ferdinand.

Le corps bavarois reçut l’ordre d’investir Sélestat et d’établir le contact avec Wittgenstein après avoir apporté son appui aux Wurtembergeois à Neuf-Brisach le 6 janvier 1814. Schwarzenberg confia à Wittgenstein la tâche d’occuper la Basse Alsace et de marcher vers la Lorraine en passant par Haguenau, Saverne et Phalsbourg. Le groupe d’armée des Vosges eut Épinal pour objectif. Le baron Friedrich Wilhelm von Bülow reçut l’ordre de rejoindre Sainte-Croix le 6 janvier, puis de passer les Vosges au col du Bussang pour poursuivre le long de la vallée de la Moselle vers Remiremont et atteindre Épinal le 9 janvier. Schwarzenberg ordonna finalement au 4e corps de ne pas emprunter le col du Bonhomme pour se rendre à Épinal bien qu’il fût proche ; il préféra faire le détour de 40 km par Thann et le col de Bussang[118] pour rejoindre Remiremont, puis Épinal. Pour soutenir le corps bavarois et assurer sa jonction avec le corps autrichien, le quartier général de l’Armée de Bohème commanda au corps wurtembergeois de passer les Vosges afin d’atteindre Remiremont la haute vallée de la Moselle, et de là se diriger vers Plombières-les-Bains et Langres. Pour les aider dans leur tâche, on leur adjoignit les Cosaques du Don sous le commandant de Platow. Les troupes franchirent les Vosges les unes après les autres par le col de Bussang, nommé Büssing Pass en allemand.

Première Guerre mondialeModifier

 
Chasseurs alpins dans le paysage hivernal des Vosges, par Francois Flamenge
  • 6e B.C.A.

Le soldat Jean Fourty écrit dans son journal que le 6e BCA est retiré de l’Artois pour être envoyé en Alsace. « Le 25 janvier 1914, le bataillon quitte le Thillot, passe par Bussang, franchit l’ancienne frontière à 16 heures, au col de Bussang et va cantonner à Felleringen, dans la vallée de la Thur. Le 26, il vient à Saint-Amarin, où il reste jusqu’au 11 février, exécutant des travaux de défense dans la région »[119].

  • 22e BCA

Victorin Lassiaz, caporal au 22e BCA, 1re Compagnie, raconte qu’il est parti le 9 août pour la guerre à Bourg Saint Maurice et qu’il est arrivé à Bussang, le 11 à h 0 du matin. Ensuite il est monté au chalet Drumont en avant-postes. Il trouve la « vue superbe sur Mulhouse et le Rhin, de la table d’orientation ». Le 12, il est descendu au tunnel de Bussang et a couché dans la forêt. Le 13, la 1re section monte au chalet de Neuf-les-Bois pour assurer un petit poste. Il a quitté le col de Bussang le 14 août avec le 12e Bataillon de chasseurs alpins pour arriver à Thann le soir[120].

Entre le 4 et 10 août 1914, la 41e DI est en couverture entre le col de la Schlucht et le col de Bussang. Elle sera très engagée dans les conflits des Vosges au début de la guerre.

  • 359e régiment d’infanterie

Le régiment reprend le train à Toul le 16 décembre 1914 au matin, pour être transporté en Alsace. Débarqué à Bussang le même jour, il franchit le col de Bussang dans la nuit du 16 au 17 et vient cantonner à Urbeis, où il arrive vers 2 heures[121].

Seconde Guerre mondialeModifier

  • Campagne d’Allemagne
 
Insigne de la 1re armée, Rhin et Danube

Des notes[122] du capitaine Petit du 4e / 7e RCA, élément de la 1re armée française, on apprend que le 26 novembre 1944, les pelotons du 7e RCA doivent être engagés vers entre le Thillot et le col de Bussang car des opérations sont prévues sur les cols des Vosges pour pénétrer en Alsace. Comme les troupes allemandes se sont repliés au col de Bussang, une fois l’essentiel des troupes parvenu à Bussang et installé près de la gare où se trouve le PC du 4e escadron, les tirs d’artillerie sur le col commencent en début de soirée. Le 29 novembre, le col et la montagne du Drumont sont aux mains des Français à l’exception du tunnel qui résiste encore. Le 1er décembre, le Génie doit ouvrir une voie pour le passage des troupes qui attendent en bas à Bussang car le tunnel a sauté. Le lendemain, les troupes peuvent franchir le col en empruntant le chemin réalisé par le Génie qui a contourné le tunnel bouché aux deux extrémités.

En 1944, les troupes d’occupation allemandes ont longtemps défendu le col de Bussang et ont tenté de le reconquérir. La 19e armée, Groupe d’armées G, 198e ID, stationne encore côté vosgien en septembre 1944. Le recul vers le flanc alsacien de la crête vosgienne se poursuit inexorablement. Jusqu’au 14 octobre 1944, le 64e corps d’armée et la 198e division d’infanterie, sous le commandement du Generalmajor Otto Schiel (de septembre 44 à janvier 45), occupaient le secteur. Après le 1er novembre 1944, la 198e combattait avec le 4e Luftwaffe-Feldkorps[123]. Au moment des affrontements avec les troupes françaises du 7e RCA, 708e Volks-Grenadier-Division sous le commandement du Generalmajor Wilhelm Bleckwenn[124],[125] et la 716e Infanterie-Division[126], sous le commandement du Generalmajor Ernst von Bauer, qui représentent le 64e corps d’armée et la 19e armée[127].

Col frontièreModifier

Frontière linguistiqueModifier

Limite des langues germano-romanesModifier
 
Limites des langues romano-alémaniques

Contrairement aux cols de la partie septentrionale et médiane du massif vosgien qui ne forment pas souvent la frontière linguistique entre les familles de langue romane et germanique, tout au plus la limite entre des variantes entre sous-familles de la même langue, les cols de la partie méridionale comme le col de Bussang correspondent aussi fréquemment à la frontière linguistique entre la Germania et la Romania[128]. Cela s’explique par le fait que la limite des langues ne suit pas au nord exactement la ligne sommitale des Vosges[129]. Parfois ce sont les langues germaniques qui débordent à l’ouest (Vosges du Nord, Moselle-Est), parfois ce sont les patois lorrains qui dépassent les crêtes à l’est comme le welche par exemple.

Le col de Bussang sépare le bas-alémanique du sud[130], point d’enquête no 175[131], à Storckensohn[132], et le vosgien des Vosges méridionales étudiées par Oscar Bloch, notamment avec son atlas linguistique de cette région[133].

Patois de Bussang, côté roman :

Di ton péssa, on fyé byen mœ ké métnan. Li gen ni guégni mi tan d’ergen : lè fomme, on li p’yé di sou par jour, é on n’léz i bévé pwon d’bwèsson ; léz homme guégni déj-œt è vin sou, pou lè bwon sèyêre, è on léz i bèyè in wérre dé vin é médi[134].

(Traduction) Du temps passé, on faisait bien mieux que maintenant. Les gens ne gagnaient pas tant d’argent ; les femmes, on le spayait dix sous par jour, et on ne leur donnait point de boisson ; les hommes gagnaient 18 à 20 sous, pour les bons ouvriers de scierie, et on leur donnait un verre de vin à midi[134].

Bas alémanique du sud

‘Nèier Siasser’ (oder eifàch ‚Nèier‘) ìsch a Spezialität wo ma ìm Spotjohr trìnkt. 's ìsch Triwelmoscht, vu dr letschta Erbschta, wo fàngt à jara. Dr Nèier Siasser "risst", dàs heißt : dr Sàft ìsch triab, sprudlig un enthàlt a betsi Àlkohol. A Bsunderheit vum Nèier Siasser ìsch àss d Flascha nìt züe sìn: ma losst ìmmer a Lächla ìm Kapsala, àss dr Gàs vu dr Jarung üssa kàt geh. Tràditionell, trìnkt ma Nèier ìm Oktower, àm a eifach Owaassa, mìt Brot, Spack, Kaas, Nussa[135].

Le vin bourru (ou tout simplement le « Nouveau ») est une spécialité que l’on boit en automne. C’est un moût de raisin de la dernière vendange qui commence à fermenter. Le vin bourru « prend un goût de levure », c’est-à-dire que le jus est trouble, gazeux, et il contient un peu d’alcool. L’une des particularités du vin nouveau est que la bouteille n’est pas fermée : on laisse toujours un petit trou dans la capsule pour que le gaz de la fermentation puisse s’échapper. Traditionnellement, on boit le vin nouveau en octobre, lors d’un simple repas du soir, avec du pain, du lard, du fromage et des noix[136].

Témoignage de Michel de MontaigneModifier
 
Bussang sur le tracé du parcours du voyage

Montaigne est resté à Plombières-les-Bains, « assise aux confins de la Lorraine et de l’Allemagne », du 16 septembre au 27 septembre 1580 avant de poursuivre vers Bussang[137]. Il décrit son passage au col de Bussang dans son journal de voyage[138] de la manière suivante : « A partir de là, nous suivimes longtems un très beau & très plaisant vallon, couroiant la riviere de Moselle & vinsmes disner à BOSSAN, quatre lieues. Petit meschant[139] village, le dernier du langage françois, où MM. d’Estissac & de Montaigne revetus de souguenies de toile qu’on leur préta, allarent voir des mines d’argent, que M. de Lorrene a là, bien deux mille pas dans le creus d’une montaigne. Apres disner, nous suivimes par les montaignes où on nous monstra, entre autres choses, sur des rochers inaccessibles les aires où se prennent les autours, & et ne coutent là que trois testons du païs, & la source de la Moselle, & vinsmes souper à TANE[140], quatre lieuës. »

Le terme de col de Bussang n’étant pas d’usage au Moyen Âge et au XVIe siècle[141], Montaigne ne peut pas l’écrire, mais il évoque clairement le creux dans la montagne, les rochers inaccessibles et la source de la Moselle qui se trouvent à l’actuellement emplacement du col à 3 km du village de Bussang après le lieu-dit de Taye[142].

Aux frontières d’AllemagneModifier

Au contact de deux familles de langues vernaculaires, il sépare aussi deux langues littéraires et administratives, le français et l’allemand, et ceci pas uniquement depuis l’annexion de d’Alsace-Lorraine comme Terre d'Empire en 1871 ou le rattachement manu militari de l’Alsace au IIIe Reich en 1940. L’usage des termes « allemand » et « Allemaigne » était très fréquent dans le français régional de Lorraine pour désigner tout ce qui n’est pas franco-roman. Donc l’Alsace voisine au franchissement des cols vosgiens est terre d’Allemagne. L’actuelle Moselle germanophone formait autrefois le « bailliage d'Allemagne » au sein du duché de Lorraine. La Tête des Allemands (1 014 m) et le col des Allemands (915 m) au-dessus du col de Bussang au sud font référence à la vocation frontalière culturelle entre le monde germanophone[143] et le monde francophone bien avant la création de l’Empire allemand en 1871[144]. Dans les patois vosgiens de la haute Moselle, on nomme aussi l’Alsace « Ollemaine » ou « Almê » alors que les habitants des Vosges romanes se nomment des « Lôrés » (donc Lorrains)[145]. Les marchands et voyageurs qui passent par le pertuis de Bussang se distinguent bien sûr grâce à leur langue ; parmi ceux-ci, il est logique de dénombrer en majorité les habitants de deux versants du massif, ceux de la vallée de la Thur et ceux de la vallée de la Moselle. Aux XVe siècle et XVIe siècle, les contrôleurs des péages situés du côté lorrain signalent des convois de marchands allemands qui passent tous les huit jours entre Colmar et Saint-Nicolas de Port[72]. Un vigneron de Thann, donc de « l’Allemagne », déclare avoir « franchi le col de Bussang à plus de cent reprises dans les dernières décennies du XVe siècle »[72]. On se côtoie pour le transit, mais également au XIXe siècle quand des Alsaciens viennent peupler le pays de Bussang, particulièrement les cités ouvrières[146]. Bussang comptait moins de 200 habitants au XVIe siècle, moins de 500 au XVIIe siècle et 1000 en 1789. L’apport de la population germanophone au XIXe siècle ont perpétué la tradition du contact des deux cultures dans la zone tampon des crêtes vosgiennes. Le col de Bussang, comme quasiment l’ensemble de la ligne sommitale vosgienne n’est pas une limite hermétique[147], ni pour ce qui est du passage des personnes, ni pour l’interpénétration des langues respectives[148]. Certains noms de lieu sont bilingues ou plurilingues si l’on compte les versions dialectales[148]. Des mots alsaciens sont entrés dans la langue patoise locale, au-delà du pays de la vallée de la Moselle. Le terme le plus emblématique est peut-être le mot « marcaire » qui est la prononciation romane de « Malker », le trayeur. Les marcaireries symbolisent avec les chaumes les hauts pâturages des sommets vosgiens très influencés par la culture helvético-alémanique.

Frontières territoriales ou politiquesModifier

 
Borne frontière France – Empire allemand près du col de Bussang
Pays no 1 (Bussang) Drapeau/blason Pays no 2 (Urbès) Drapeau/blason De A Sous-état de (pays 1) Sous-état de (pays 2)
Cité des Leuques Cité des Séquanes IIe millénaire av. J.-C. - 61 Gaule belgique Gaule lyonnaise
Gaule belgique Cité des Leuques Gaule lyonnaise Terres des Suèves - 61 84 Empire romain Empire romain
Belgique première Germanie supérieure 84 476 Empire romain Empire romain
Austrasie xx Alémanie xx 550 845 Royaume des Francs Royaume alaman
Lotharingie Principauté abbatiale de Murbach   925 1268 Duché de Souabe
Duché de Lorraine   Principauté abbatiale de Murbach   973 1274 Duché de Lorraine Duché de Souabe
Duché de Lorraine   Landgraviat de Haute-Alsace   1274 1324 Saint-Empire romain germanique Saint-Empire romain germanique
Duché de Lorraine   Autriche antérieure   1324 1648 Saint-Empire romain germanique Saint-Empire romain germanique
Duché de Lorraine   France   1648 1766 Saint-Empire romain germanique Royaume de France
France   Empire allemand   1871 1918
France   IIIe Reich   1940 1945

À l’époque celtique et gallo-romaine, le massif des Vosges sert de limite territoriale, bien que souvent perméable. Ce sont les rivières qui servent de points de repère[149]. Le col de Bussang sépare les peuples de la terre mosellane de ceux du Rhin supérieur. Les premiers peuples germaniques, les Suèves, s’installent en échange de leur aide apportée aux Celtes Séquanes contre leurs ennemis, les Eduens. Au nord de la plaine alsacienne, ce sont les Triboques. Les prémices de la germanisation du versant oriental des Vosges comment donc à l’antiquité. À l’époque mérovingienne, l’Alsace quitte rapidement l’Austrasie franque et elle est rattachée au royaume d’Alémanie [150].

 
Lotharingie

Le col de Bussang perd provisoirement son statut de frontière quand la Francie médiane, puis la Lotharingie sont créées car l’Alsace fait partie de ce vaste royaume[151]. Mais, peu de temps avant le partage du duché de Lotharingie[152] en Basse-Lorraine et Haute-Lorraine au Xe siècle[153], l’Alsace passe au duché de Souabe [154] sous Burchard II en 917, donc encore une fois dans la sphère germanique[75].

En fait, dès le Xe siècle, le véritable État voisin de Bussang au-delà du col est la principauté abbatiale de Murbach dirigée par un prince-abbé qui a autorité au spirituel et au temporel avec une voix à la Diète d’Empire où il siégeait à titre personnel. Son territoire s’est étendu au fur et à mesure des siècles depuis sa création en 728 par l’évêque missionnaire saint Firmin[155], l’évangélisateur[156] de la région alémano-souabe du royaume franc oriental. L’abbé de Murbach venait en deuxième position après le primat de Fulda par sa préséance sur tous les abbés de l’Empire. Le scriptorium de Murbach fit partie des centres du développement du vieux haut-allemand dans la sphère alémanique[157] avec Saint-Gall et Reichenau.

 
Territoire de la principauté abbatiale de Murbach

En tant qu’ecclésiastique qui n’a pas le droit de verser le sang, l’abbé de Murbach était toutefois représenté par un avoué qui se chargeait de la défense et des questions militaires. C’étaient la plupart du temps des seigneurs locaux comme les comtes de Ferette ou les seigneurs de Bollwiller. Avec la création du Landgraviat de Haute-Alsace qui a aussi autorité sur la principauté abbatiale de Murbach malgré son statut d’autonomie quasi totale, le col de Bussang sert de porte d’entrée dans le Sundgau, puis l’Autriche antérieure aux mains des Habsbourg[158][réf. insuffisante]. L’Autriche, en la personne de l’archiduc d’Autriche, arrive ainsi aux portes des cols vosgiens méridionaux.

À quelques kilomètres près, le col de Bussang aurait pu être un simple col de passage entre les terres de l’Insigne Chapitre de Remiremont d’un côté et de l’autre de la crête[159] dont le duc de Lorraine est l’avoué. Les villages d’Oderen et de Kruth et une partie de Fellering appartenaient, en effet, aux Chanoinesses de Remiremont. C’est Charlemagne qui fait don au chapitre de Murbach en 973 d'une grande partie de ses possessions à Fellering. Le col d’Oderen, un peu au nord du col de Bussang, sert donc logiquement de passage vers la haute vallée de la Thur. En 1537, le prince-abbé de l'abbaye de Murbach devint le seigneur féodal de toute la haute vallée de la Thur, après avoir racheté toutes les terres que Charlemagne n'avait pas données. Le col de Bussang aura donc servi le plus longtemps de frontière entre le duché de Lorraine et la Haute-Alsace, environ sept siècles. Quand la principauté abbatiale de Murbach et la Haute-Alsace sous l’autorité des Habsbourg passent en France en 1648[160], le col de Bussang sépare un petit duché lorrain indépendant et un royaume français de plus en plus puissant. Ce statut de limite territoriale disparaît en 1766 quand la Lorraine ducale est annexée à la France[161]. Un siècle plus tard, le col redevient frontière d’État entre la France et l’Empire allemand nouvellement créé en 1871[162]. En 1918, il ne sépare plus que deux départements. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le IIIe Reich ne se contente pas d’occuper l’Alsace-Lorraine, mais la réintègre dans le Reich[163]. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le col de Bussang n’est plus une frontière entre deux États.

Limites diocésainesModifier

 
Evêché de Bâle avant la Révolution

Au spirituel, le col de Bussang servit également de frontière pendant des siècles entre deux très anciens et vastes diocèses qu’il ne faut pas confondre avec les principautés épiscopales impériales : celui de Toul dépendant de la province ecclésiastique ou archidiocèse de Trèves et celui de Bâle. Une fois passé le col de Bussang vers l’Alsace, le voyageur entrait dans le doyenné ou chapitre rural de Mazopolitanum du diocèse de Bâle, donc celui de Masevaux[164]. Ce n’est qu’à la Révolution française, plus exactement en 1790[165], que la réorganisation du diocèse de Bâle lui a amputé les parties aujourd’hui françaises en Alsace pour les incorporer au nouveau diocèse constitutionnel du Haut-Rhin. Côté lorrain, le Pouillié ecclésiastique et civil du diocèse de Toul de 1402 décrit très précisément les origines et les divisions de « l’un des diocèses les plus étendus de l’ancienne Gaule »[166], en 6 archidiaconés comprenant 680 paroisses. La limite diocésaine touloise épouse au col de Bussang la frontière de l’ancienne cité des Leuques[167] (Civitas Leuquorum) qui relevait de la métropole de Trèves. Cela explique pourquoi Bussang qui se trouve à 265 km de Trèves et à seulement 65 km de Bâle, appartient au Toulois. Jusqu’à l’Ancien Régime, l’évêque de Toul a officiellement conservé le titre honorifique de Leuchorum episcopus[166]. Les archidiaconés sont apparus vers le milieu du Xe siècle[166] et le pays de Bussang, autrefois annexe de Saint-Maurice-sur-Moselle, se trouvait dans l’archidiaconé de Vosges[168] et le doyenné de Remiremont[169] dont le Pouillé fait la description succincte suivante : « Le Doyenné de Remiremont s’étend dans les Montagnes de Vôges, & il est séparé par ces Montagnes de l’Alsace à l’Orient, il a au Midy le Diocèse de Besançon, & il est borné au Couchant & au Septentrion par le Doyenné d’Epinal. La rivière de Moselle se partage en deux, depuis sa source qui est à Bussans, dans la paroisse de Saint Maurice, jusqu’au-dessous d’Arches qui est la dernière paroisse de ce Doyenné du côté d’Epinal (…) [169] ».

Les premières modifications remontent à la bulle Ad univeram agri du 19 novembre 1777 par laquelle le pape Pie VI érige les diocèses de Nancy-Toul et de Saint-Dié [170] qui dépendent tous les deux à partir de 1823 de la province ecclésiastique de Besançon, tout comme d’ailleurs le diocèse de Strasbourg qui sera élevé au rang d’archidiocèse par Jean-Paul II par la constitution apostolique Antiquissima ipsa du [171]. Avec le traité de Campo-Formio qui met fin à la guerre franco-autrichienne en 1797, Trèves et la rive gauche du Rhin[172] passent de toute façon sous administration française pour la période napoléonienne. La restructuration de 1823 met un terme au lien historique des diocèses lorrains avec l’archidiocèse de Trèves créé au VIIIe siècle après 1 100 ans d’histoire commune au spirituel. La caractéristique de ces territoires diocésains se trouve, en effet, dans le caractère transfrontalier des deux territoires dépendant chacun d’une ancienne principauté épiscopale dirigée par un prince-évêque du Saint-Empire romain germanique. Toul appartenait aux Trois-Évêchés et Bâle se scindera[100] en une ville dans la Fédération helvétique au traité de Bâle en 1499 et un évêché qui s’étend jusqu’à la trouée de Belfort. Le flanc oriental des Vosges relevait d’une terre épiscopale, aujourd’hui suisse, tandis que la façade occidentale rassemblaient des diocèses suffragants de l’archidiocèse de Trèves[147], désormais en Allemagne. Les deux anciens sièges épiscopaux séculaires sont donc situés en terres germanophones.

Diocèse côté lorrain Blason Diocèse côté alsacien Blason De A
Diocèse de Toul   Diocèse de Bâle   IVe siècle 1777
Diocèse de Saint-Dié   Diocèse de Bâle   1777 1790
Diocèse de Saint-Dié   Diocèse du Haut-Rhin 1790 1801
Diocèse de Nancy-Toul   Diocèse de Strasbourg   1801 1823
Diocèse de Saint-Dié   Diocèse de Strasbourg   1823 2014

Limites d’abornement de répandises et chaumesModifier

 
Chaumes et répandises de Bussang

Les Bussenets avaient droit de pâture sur les répandises des chaumes. On entend par répandises les pentes boisées qui sont en dessous des hauts pâturages exploités par les marcaires. La répandise fait partie de la chaume pour lui fournir le bois de chauffe pour la fabrication du fromage et la réfection des chalets[173]. L’abornement[174] de 1712 décrit les limites[175] ainsi :

  • les pentes de l’envers de la Hutte, de Taye jusqu’au col formaient les répandises du Drumont[176], 1 200 m ;
  • les pentes de l’envers de Taye, depuis Lamerey jusqu’au col étaient répandises des Neuf-Bois, 1 228 m ;
  • les Champs-Colnots jusqu’au derrière de la Hutte appartenaient aux répandises de Forgoutte, 1 008 m.

Notes et référencesModifier

  1. On peut citer un passage de V. E. Volfrom, dans Mémoires de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, Le perthux d'Estaye, Volume 50, Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, Nancy, 1900, à la page 340 : Une discussion s'engagea, il y a quelque douze ans, à propos des château et pertuis d'Estaye ; les deux passages que nous venons de citer, et surtout le panorama d'Alix, décident de la question.
  2. Fournier 1994, p. 527.
  3. Dans Les noms de lieux-dits de l'arrondissement de Remiremont (Vosges): étude de caractérisation toponymique de Marc Georgel, Loos, 1966, on lit à la page 35 : PERTUIS pôtce s. m. Pertuis de la Taye (Bussang, Saint-Maurice) - Poitu d' Horion (Eloyes). Nous avons trouvé ce vocable dans l'arrondissement de Saint-Dié sous les formes « Pertuis », « Poiteu » et « Potieu »
  4. a et b Desgouttes 1894, p. 14.
  5. Villiers Armand Dufrénoy, Explication de la carte géologique de la France avec notice sur la carte, Imprimeries royales, 1841, volume 1, page 325
  6. Paul Weiss, 1516-1700: heurs et malheurs d'une ville et d'une province, ACM Edition, 2000 - 287 pages, page 140, évoque la Steig zur Linden et le traduit par „Montée du Tilleul“
  7. a, b et c Loux 1976, p. 109.
  8. Dans Die Vogesen, d‘Eduard Grucker chez Velhagen & Klasing en 1908, on lit l’extrait suivant : « Über den tiefen Einschnitt des Col de Bussang (720 m, früher Steig oder Paß zur Linden) »
  9. Cf. citation op.cit. E. Grucker
  10. Il reste toujours deux rues dans la commune de Saverne qui portent ce nom : « La Côte de Saverne » qui est le prolongement de la D1006 à partir du panneau de l’agglomération et la « Rue de la côte » juste avant de commencer l’ascension du col – « Localisation sur une carte des rues de Saverne », sur Google/maps (consulté le 31 mai 2014)
  11. Le segment no 21 de l’Atlas de Trudaine pour la généralité de Metz, de 1745 et 1780, porte le titre suivant : « Carte de la route de Metz à Strasbourg jusqu’au fond du Holderlock entre Phaltzbourg et la coste de Saverne où finit la généralité de Metz ». Carte accessible en ligne: « Carte généralité de Metz », sur ARCHIM, (consulté le 31 mai 2014)
  12. « localisation du col de Steige », sur Google.com/maps, (consulté le 30 mai 2014)ou encore le col de Steige à Steige entre Vosges et Bas-Rhin
  13. « Localisation du col de Steige », sur Google.com/mpas, (consulté le 30 mai 2014)
  14. L’équivalent en Allemagne centrale est Stich. On peut lire également le terme de Berg (montagne) ou Höhe (hauteur) dans des paysages de plaine
  15. Prononcer comme le mot français « taille » et non comme le mot « taie »
  16. Richard 1909, p. 27, 34.
  17. Georgel 1966, p. 35.
  18. Richard 1909, p. 362.
  19. a et b Richard 1909, p. 363.
  20. Richard 1909, p. 401 note 1.
  21. « Voir des cartes postales anciennes sur Bussang », sur vosgescpa.fr, (consulté le 30 mai 2014)
  22. Pour rappel, les passages ancestraux majeurs en venant de l’ouest vers l’Alsace furent le col de Saverne, le col du Donon, le col du Bonhomme et le col de Bussang. Des cols secondaires reliaient plutôt à l’échelle locale deux versants en relation fréquente : col de Sainte-Marie, col de Bramont, col d’Oderen, col de Saales, col du Calvaire, col du Ballon d'Alsace, col des Charbonniers
  23. « Site naturel du See d'Urbès », sur lieux insolites en France ou ailleurs (consulté le 5 mai 2014)
  24. « Tunnel ferroviaire Bussang-Urbès », sur ansvosges.wordpress (consulté le 5 mai 2014) Il relate avec de nombreuses photographies le destin du tunnel de Bussang-Urbès
  25. Pierre Deslais, L'Alsace, géographie curieuse et insolite, Éditions Ouest France, , 116 p. (ISBN 978-2-7373-6364-1), p. 103
  26. Bôculon, beuquillon, signifie « bûcheron » en patois vosgien
  27. a, b et c Richard 1909, p. 523.
  28. Desgouttes 1894, p. 15.
  29. Dans le tableau statistique de Desgouttes, page 57, on lit l’extrait suivant : « Parmi le grand nombre d’eaux minérales et thermales que la nature bienfaisante a procurées au département des Vosges, les plus connues et le splus accréditées par leurs salutaires effets, sont celles de Bains, Bussang, Contrexéville et Plombières. »
  30. Extrait tiré de Lettres et pensées de Madame de Tracy, Essais divers, volume 1, tome premier, chez PLON, 1852, par Sarah Newton, comtesse de Destutt de Tracy, page 50
  31. Desgouttes 1894, p. 59.
  32. Code du site FR4100199, date de compilation : 31/12/1995 ; Type pSIC / SIC / ZSC = proposition de site d’importance communautaire, site d’importance communautaire et zone spéciale de conservation – Dernière base transmise à la Commission européenne le 09/01/2014 « Site Natura 2000 n°FR4100199 », sur Ministère du développement durable, section Lorraine, (consulté le 30 mai 2014)
  33. « DREAL Lorraine », sur Ministère du développement durable, section Lorraine, (consulté le 30 mai 2014)
  34. MEDDE 2008, p. 6.
  35. « Habitats du profil 9110 », sur INPN-MNHN, (consulté le 30 mai 2014)]
  36. « Milieux forestiers d'intérêt communautaire », sur Ministère du développement durable, section Alsace, (consulté le 30 mai 2014), p. 7 - 10
  37. « Hêtraie subalpine », sur Ministère du développement durable, section Alsace, (consulté le 30 mai 2014), p. 13
  38. a et b MEDDE 2008, p. 12.
  39. Code du site FR4202002, date de compilation : 31/07/2002 ; Type pSIC / SIC / ZSC = proposition de site d’importance communautaire, site d’importance communautaire et zone spéciale de conservation – « Site Natura 2000 n° FR4202002 », sur INPN-MNHN, (consulté le 30 mai 2014)
  40. MEDDE 2008, p. 4.
  41. « Habitats naturels du See d'Urbès », sur Ministère du développement durable, section Alsace, (consulté le 30 mai 2014)
  42. « Contours et espèces d'oiseaux au See d'Urbès », sur Ministère du développement durable, section Alsace, (consulté le 30 mai 2014)
  43. Idoux 1908, p. 16.
  44. Mémoires de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, Série 2, tome 24, Volume 73, Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, Nancy, 1929, pages 52-53'
  45. Maud’heux 1897, p. 5.
  46. a, b et c Maud’heux 1897, p. 1.
  47. Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français, Hachette, Paris, 1977, 31e édition, page 1106 : le mot désigne au départ « échange », il met en évidence le fait qu’on changeait souvent de monture dans relais de poste.
  48. Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français, Hachette, Paris, 1977, 31° édition, page 602 : « mot gaulois, voiture, char »
  49. Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français, Hachette, Paris, 1977, 31° édition, page 1361 : « mot gaulois, voiture de voyage, chariot à quatre roues »
  50. Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français, Hachette, Paris, 1977, 31° édition, page 1168 : « mot gaulois, chariot suspendu à quatre roues »
  51. AD Meurthe&Moselle 1615 B.8361 – 1617 B.8365 citées par
  52. AD Meurthe&Moselle 1630 B.8379 –citées par
  53. Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français, Hachette, Paris, 1977, 31° édition, page 1189 : « chariot, charrette, voiture »
  54. Bulletin de la Société d’émulation du département des Vosges 1929
  55. Parisse 2008, chap. 2 « Les villes et les Marchands ».
  56. Idoux 1908, p. 140.
  57. Site officiel de la commune de Rupt-sur-Moselle : « Ce qui deviendra plus tard la commune de Rupt en fait partie. Le souverain Lorrain confie bientôt la sous-avouerie, c'est-à-dire la protection – par la force si besoin est – de ce territoire, à des familles de chevalerie : les Villacourt, avoués des Vosges jusqu'au début du XIIIe siècle, puis les descendants des comtes de Lunéville, les Savigny et les Faucogney apparentés au Roi de France, notamment la rive gauche de la Moselle, sauf Longchamp. »
  58. a et b Fray 2006, p. 272.
  59. Poull 1985, p. 44.
  60. Fray 2006, p. 272 note no 777.
  61. On a appelé tonnage en Lorraine une sorte d’impôt qu’on avait levé dans certains lieux. Une charte donnée par l’archevêque de Trèves en 1255, qui se trouve au chapitre 29 du cartulaire de Remiremont, en parle de la manière suivante : « praesata Katherina et sui apud Bruïeras et apud Estaie tonagium imposuerant (…) ». in : Jurisprudence: dédiée et présentée à Monseigneur Hue de Miromesnil, Garde des Sceaux de France, Volume 8, Ed. Panckoucke, 1789, page 49
  62. Une autre charte, donnée par Frédéric, duc de Lorraine, en 1295, rapportée au même cartulaire, chapitre 34, l’appelle thonneu. « dou thonneu de Brueires, cognoissons nous, que nous ne avons droit en panre, ne ou faire panre. »
  63. Op. cit. même page
  64. Dans, la série VII H 3— 3 pièces parchemin ; 2 sceaux, on lit : « ils avaient notamment «certain peaige appelé le peaige du Tillot desoulz Chastel Humbert», donné autrefois aux seigneurs de Faucogney par un duc de Lorraine qui la possédait en qualité de voué de Remiremont
  65. Robert Curien-Girot, Berthe Curien-Girot, Counehets d'autrefois, éditeurs : auteurs, Cornimont, 1968 - 130 pages. « Les seigneurs établissent alors sur les limites de leur domaine des péages. Les seigneurs de Faucogney dont dépendent nos hautes vallées en fixent un au col de Taye (Bussang) et un autre à Chastel-Humbert. »
  66. « Les mines du Thillot », sur Les Hautes-Mynes, actualisé 2014 (consulté le 31 mai 2014)
  67. a et b Florence et Philippe 2004, p. 8.
  68. « Origine probable des Valroff », n° 95, sur Union des Cercles Généalogiques Lorrains, (consulté le 30 mai 2014)
  69. Fournier 1994, p. 505.
  70. Fournier 1994, p. 512.
  71. Garnier 2004, p. 387-389.
  72. a, b et c Bischoff 2003, p. 399.
  73. Richard 1909, p. 365.
  74. Richard 1909, p. 364-365.
  75. a, b et c Parisse 2008.
  76. Poull 1985, p. 126.
  77. a et b Poull 1985, p. 127.
  78. « La seule route passant par Mulhouse était la route de la Lorraine à la Suisse, dite Route du Sel (…) », citation à la page 8 de Musée de l'impression sur étoffes de Mulhouse, « Quelques aspects de l'impression sur étoffes », Éd. Musée de l’impression sur étoffes, Mulhouse, 1970
  79. Drouot 1957, p. 119-127.
  80. Richard 1909, p. 366.
  81. Décrit dans les A.D. du Haut-Rhin, C. 1210
  82. Société savante d'Alsace et des régions de l'Est 1957, p. 447.
  83. Société savante d'Alsace et des régions de l'Est 1957, p. 125.
  84. En réalité, il faut éviter de désigner l’Alsace comme un ensemble homogène tel qu’on le connaît aujourd’hui. Au traité de Westphalie, Louis XIV annexe la Décapole, le Sundgau et le vicariat sur les Trois Evêchés Metz, Toul et Verdun
  85. Kinder et Hilgemann 1979, p. 254-255.
  86. Kinder et Hilgemann 1979, p. 258-259.
  87. Ploetz 1986, p. 674.
  88. Parisse 2005, p. 42.
  89. Idoux 1908, p. 117.
  90. Archives municipales de Thann no EE 3 et archives départementales Haut-Rhin C.893
  91. Société savante d'Alsace et des régions de l'Est 1957.
  92. Lenattier 2011, p. 6.
  93. Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Archives civiles ; séries A à E, Volume 1a, 1863, 563 pages, page 223 : Liasse 2108, 163 pièces en allemand et français sur papier, période 1513 – 1628 pour le Bailliage de Sainte-Marie-aux-Mines concernant les droits seigneuriaux, les péages et les affaires contentieuses
  94. Heider 2004.
  95. Extrait de l’article de Christine Heider : « Fondée à la fin du XIIIe siècle par les comtes de Ferrette, passée ensuite sous la domination des Habsbourg, la ville de Thann avait un statut ambigu, car elle était à la fois ville seigneuriale et chef-lieu de seigneurie. En tant que ville seigneuriale, elle était placée sous la dépendance des Habsbourg, mais bénéficiait d'une autonomie importante, à l'exemple de certaines villes impériales. Cité prospère, siège d'une trésorerie depuis 1486, elle pouvait être considérée comme la véritable capitale économique de la Haute-Alsace autrichienne. Elle exerçait en outre sur les villages de son ressort une autorité qui faisait d'elle quasiment l'équivalent d'un seigneur territorial. (…) La frontière linguistique passait d'ailleurs à l'intérieur même de la seigneurie de Thann. Le bailliage comptait en effet cinq villages "welches". La connaissance de la langue française était assez répandue à Thann. Le bilinguisme était un atout indispensable pour tous les administrateurs souhaitant exercer des fonctions de responsabilité. Sur le plan religieux, Thann s'est affirmée au XVIIe siècle comme l'un des principaux bastions de la Contre-Réforme catholique en Haute-Alsace. »
  96. Clémentz 2007, p. 560-561.
  97. Jouve 1888, p. 58.
  98. AdS 1853, p. 69.
  99. AdS 1853, p. 70.
  100. a et b Kinder et Hilgemann 1979, p. 192-193.
  101. Gazette extraordinaire du 18 novembre 1638
  102. Poull 1985, p. 147.
  103. a, b et c Poull 1985, p. 148.
  104. A. Pichat, Géographie militaire du bassin du Rhin, Delagrave, 1876 - 304 pages, page 65
  105. Dans l’ouvrage de Louis Spach Dominique Dietrich, ammeistre de Strasbourg, 1857, page 15, Turenne passe par le col de Bussang
  106. C’est par exemple le cas d’un ouvrage scolaire qui parle clairement d’une tromperie du passage de Turenne passant par l’ouest, dans : Albert Malet, Histoire moderne (1498-1715), rédigée conformément aux programmes officiels du 31 mai 1902, Classe de seconde A B C D. Hachette, 1918, 762 pages, page 628
  107. Mémoires de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, Volume 61, Nancy, 1911, page 55
  108. - Volumes 12 à 13, page 51, Société philomatique vosgienne, Saint-Dié, 1887
  109. Cette citation d’un article d’une revue de géographie allemande adopte la même thèse : (…) verteidigte 1674 die Vogesenpässe erfolgreich gegen die Truppen Ludwig's XIV., bis es dem Marschall Turenne gelang, über Belfort offensiv zu werden. Dans : Alfred Hettner, Heinrich Schmitthenner, Albert Kolb, G.B. Teubner, Geographische Zeitschrift, Volume 6, 1900, page 491
  110. Ferdinand Scheurer, Bulletin de la Société belfortaine d'émulation, Volumes 11 à 13, Société belfortaine d'émulation, 1892
  111. La date indique qu’il serait repassé 5 mois plus tard par le col de Bussang, « Au Col de Bussang. Maison dans laquelle coucha Turenne le 16 juin 1675 », sur vosgescpa.fr, Carte postale d'A.Waick, n°11939, (consulté le 30 mai 2014)
  112. Chevreux et Philippe 1920, p. 126.
  113. Dollin du Fresnel 1804, p. 327.
  114. Dollin du Fresnel 1804, p. 287,328.
  115. Chevreux et Philippe 1920, p. 63.
  116. Chevreux et Philippe 1920.
  117. L’ensemble de ce paragraphe repose sur l’ouvrage de Michael V. Leggiere, The Fall of Napoleon: Volume 1, The Allied Invasion of France, 1813-1814, Cambridge Military Histories, Cambridge University Press, 2007, (ISBN 0521875420) (en), pages 284-286
  118. Ce détour est commenté comme suit dans l’ouvrage de M.V. Leggiere : « This direction lengthened the march by almost twenty-five miles and would force the troops to trudge through the most inhospitable region of the Vosges », op. cit. p. 285
  119. Son journal a été retapé sur de nombreux sites, par exemple « Journal du soldat Jean Fourty numérisé », sur jburavand.free.fr (consulté le 30 mai 2014)
  120. « Nous étions des Chasseurs Alpins Avec le 22e et le 62e B.C.A. », Guerre 1914 – 1918. Témoignages, Nice - Octobre 1993. « Histoire du 22e BCA », sur lacostelle.org (consulté le 30 mai 2014)
  121. Historique du 359e Régiment d'Infanterie, Librairie Chapelot – Nancy - P. Chagnoux, « Numérisation de l'Historique du 359e », sur ancestramil.fr, (consulté le 30 mai 2014)
  122. « Bulletin du 7e RCh », sur unabcc.org, (consulté le 30 mai 2014), p. 14]
  123. (de) Andreas Altenburger, « Gliederungen der Korps der Wehrmacht, insbesondere LXIV. Korps », sur Lexikon-der-wehrmacht.de (consulté le 30 mai 2014)
  124. Cette division était composée des troupes suivantes : Grenadier-Regiment 728, Grenadier-Regiment 748, Grenadier-Regiment 760, Feldersatz-Bataillon 1708, Divisions-Füsilier-Bataillon 708, Artillerie-Regiment 658, Pionier-Bataillon 708, Infanterie-Divisions-Nachrichten-Abteilung 708, Divisions-Versorgungs-Regiment 708
  125. Georg Tessin, (de) Verbände und Truppen der Deutschen Wehrmacht und Waffen-SS im Zweiten Weltkrieg 1939–1945. Tome 11. Die Landstreitkräfte 501 – 630. Biblio-Verlag, Bissendorf 1975
  126. Début 1945, elle est composée des troupes suivantes : Grenadier-Regiment 706, Grenadier-Regiment 726, Grenadier-Regiment 736, Divisions-Füsilier-Kompanie 716, Artillerie-Regiment 716, Pionier-Bataillon 716, Divisionseinheiten716
  127. Werner Haupt, Die deutschen Infanterie-Divisionen, 3 tomes, Podzun-Verlag
  128. Haubrichs 2007.
  129. König 1981, p. 138-139.
  130. Hudlett 2001, p. 46.
  131. Hudlett 2001, p. 71.
  132. « Atlas linguistique d’Alsace, ALA1 », sur ala.u-strasbg.fr (consulté le 30 mai 2014)
  133. Bloch 1917.
  134. a et b Bloch 1915, p. 155.
  135. (gsw) « Extrait du texte complet Nèier Siasser », sur Alsa immer, un site en alsacien (consulté le 30 mai 2014)
  136. Traduction libre
  137. Poull 1985, p. 142-143.
  138. Michel de Montaigne, Journal du voyage de Michel de Montaigne en Italie, par la Suisse et l’Allemagne en 1580 et 158, chez Le Jay, 1774, page 40-41
  139. « mescheant » prend le sens de misérable, pauvre en ancien français, cf. page 270, Dictionnaire de Godefroy
  140. Aujourd’hui THANN dans le Haut-Rhin, verrou à la sortie de la vallée de la Thur
  141. Bulletin de la société philomatique vosgienne, 21e année - 1896-96, Imprimerie Humbert, Saint-Dié, 1896, en ligne sur Harvard University Library, page 6 : « De tous les cols des Hautes-Vosges, celui de Bussang a été, sans contredit, le plus fréquenté; (…)Le col conserva longtemps le nom latin de Pertums : Perthuis d'Estaye »
  142. A. Fournier, Le Pertuis d'Estaye, Annales de l’Est : « Le nom d'Estaye est l'ancienne forme de Taye, donné à la région avoisinant le col »
  143. BischoffHuckBlanchet 2006, p. 87.
  144. « Extrait de l’article de Georges Bischoff », revue-cahiers-de-sociolinguistique, sur cairn.info, (consulté le 30 mai 2014), p. 87: « Avant les traités de Westphalie, l’Alsace est une région allemande. Elle est même, par excellence, la plus allemande de régions d’Allemagne : elle en est un des creusets culturels et se targue d’en être le rempart face à la France.»
  145. Bloch 1915.
  146. Bloch 1917, p. XVI.
  147. a et b Kammerer 2003, p. 35.
  148. a et b Kammerer 2003, p. 36.
  149. Parisse 2008, Chap.2 « Les villes et les marchands ».
  150. Ploetz 1986, p. 339-340, 351.
  151. Werner 1984, p. 407.
  152. Parisse 1990.
  153. Parisse 2005, p. 14-15.
  154. Ploetz 1986, p. 351.
  155. Ploetz 1986, p. 333.
  156. Saint Firmin a également créé les abbayes alsaciennes de Wissembourg, Marmoutier, Herbitzheim
  157. König 1981, p. 66-67.
  158. Extrait de la page wikipédia sur l’Autriche antérieure : Ulrich III (1310-1324), comte de Ferrette, meurt sans descendant mâle. Sa fille Jeanne épouse Albert II d'Autriche en 1324 et le Sundgau (le sud de l'Alsace) devient ainsi possession des Habsbourg. L'Autriche antérieure était sous la domination du duc d'Autriche jusqu'en 1379. Le 9 septembre 1379, le traité de Neuberg partage le patrimoine des Habsbourg entre les 3 frères5 Rodolphe, Albert (Basse-Autriche) et Léopold (Styrie, Carinthie, Carniole, Tyrol). Albert de Habsbourg devient Albert III, duc d’Autriche. Après cette date, l'archiduc Léopold III du Tyrol régna sur l'Autriche antérieure. En 1431, la capitale ou le siège du gouvernement de l’Autriche antérieure fut Ensisheim.
  159. Kammerer 2003, p. 34.
  160. Ploetz 1986, p. 627.
  161. Parisse 2005, p. 43-44.
  162. Kinder et Hilgemann 1980, p. 76-77.
  163. Ploetz 1986, p. 944.
  164. Froidevaux 1995, p. 2, série A,cote A23.
  165. Froidevaux 1995, p. 1.
  166. a, b et c AD54 1790, p. 392.
  167. Werner 1984, p. 156.
  168. Benoît 1711, p. 102.
  169. a et b Benoît 1711, p. 103.
  170. Poull 1985, p. 188.
  171. (la) Constitution apostolique Antiquissima ipsa du 1er juin 1988, dans Acta Apostolicae Sedis (AAS), vol. LXXX (1988), no 13 (12 décembre 1988), pp. 1729-1730 (consulté le 1er décembre 2013)
  172. Kinder et Hilgemann 1980, p. 24-25.
  173. Garnier 2004, p. 508.
  174. Richard 1909, p. 291.
  175. M. Richard dans son Histoire de Bussang, 1904, page 291-292, cite les AD Meurthe-et-Moselle, cote B8359
  176. Voir la fiche et la carte postale ancienne de cette chaume sur le site du Ministère de la culture dans les liens externes

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Aspects linguistiquesModifier

  • Oscar Bloch, Les parlers des Vosges méridionales, Paris, H. Champion Editeur, (présentation en ligne)
  • Oscar Bloch, Atlas linguistique des Vosges méridionales, Paris, H. Champion Editeur, (présentation en ligne)
  • Oscar Bloch, Lexique français-patois des Vosges méridionales, Paris, H. Champion Editeur, (présentation en ligne)
  • Albert Hudlett, Synopsis Géolinguistique, Continuum des parlers alémaniques et franciques d’Alsace et de Moselle germanophone, Strasbourg, Hirlé, , 271 p. (ISBN 2 910048 90 X)
  • Wolfgang Haubrichs, L’espace physique, l’histoire, la langue. L’élaboration des zones de contact et des frontières linguistiques entre Romania et Germania, entre la Suisse et le Luxembourg, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Construction de l’espace au Moyen Âge, Acte SHMESP no 37, 2006 », (présentation en ligne)
  • (de) Werner König, dtv-Atlas zur deutschen Sprache : Tafeln und Texte mit Mundartkarten, Munich, Deutscher Taschenbuchverlag, coll. « dtv-Atlas », (1re éd. 1978), 248 p. (ISBN 3-423-03025-9)
  • Georges Bischoff, Dominique Huck et Philippe Blanchet, « Une minorité virtuelle. Etre Welsche en Alsace dans les coulisses du Siècle d'Or (1477-1618) », Cahiers de Sociolinguistique, Rennes, PUR, série Minorations, Minorisations, Minorités, no 10,‎ , p. 87-109

HistoireModifier

  • Raphaël Parmentier, Histoire d'un col, Vesoul, Les Éditions de Franche-Comté, , 96 p.
  • Raphaël Parmentier, Urbès - St Maurice. Le souterrain du Col de Bussang, Vesoul, Les éditions de Franche-Comté,, , 127 p.
  • Louis Jouve, Bussang, vol. 1, in-8°, Épinal, (notice BnF no FRBNF30664825, présentation en ligne)
  • Jean-Paul Germonville, Martine Riboux et Brigitte Jeanpierre, Vallée de la Haute-Moselle et Ballon d'Alsace; autour du Thillot : entre le col de Bussang, Gérardmer et Remiremont, Metz, Casterman Serpenoise, coll. « Le Guide Les Terroirs », , 80 p. (ISBN 2-203-61504-4)
  • Christine Heider, Entre France et Allemagne; Thann, une ville de Haute-Alsace sous la domination des Habsbourg (1324-1648) : Thèse de doctorat en histoire et civilisation de l’Europe, Strasbourg, BNU, , 382 p. (ISBN 978-0375726262, présentation en ligne)
  • Michel Parisse, Allemagne et Empire au Moyen Âge (400-1510), Université de Nancy II, Hachette Education, coll. « Carré Histoire », (1re éd. 2002), 336 p.
  • Michel Parisse, Remiremont: l'abbaye et la ville, Université de Nancy II, Service des Publications de l'Université de Nancy II, coll. « Institut de recherche régionale, Société d'histoire locale de Remiremont et de sa région », (1re éd. 2005), 369 p.
  • Père François Benoît OFM cap, Pouillié ecclésiastique et civil du diocèse de Toul, vol. tome 2, Toul, Louis & Etienne Rolin, , 404 p. ([books.google.frbooks%20?id=NVXqxMSHg9EC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s lire en ligne])
  • Michel Parisse, Austrasie, Lotharingie, Lorraine : L'époque médiévale., Nancy, Presses Universitaires de Nancy, coll. « Encyclopédie illustrée de la Lorraine », , 253 p. (ISBN 2864803437)
  • Marc Georgel, Les Noms lieux dits de l'arrondissement de Remiremont (Vosges) : Etude de caractérisation toponymique, Saint-Dié, Loos, , 399 p.
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  • Karl-Ferdinand Werner, Les origines, Paris, Fayard, coll. « Histoire de France, tome I », , 540 p. (ISBN 2-213-01487-6)
  • (de) Hermann Kinder et Werner Hilgemann, DTV-Atlas zur deutschen Geschichte, Karten und chronologischer Abriss : Von den Anfängen bis zur französischen Revolution, Band 1, Munich, Deutscher Taschenbuchverlag GmbH (DTV), (1re éd. Septembre 1964), 287 p. (ISBN 3-423-03001-1)
  • (de) Hermann Kinder et Werner Hilgemann, DTV-Atlas zur deutschen Geschichte, Karten und chronologischer Abriss : Von der Französischen Revolution bis zur Gegenwart, Band 2, Munich, Deutscher Taschenbuchverlag GmbH (DTV), (1re éd. 1966), 342 p. (ISBN 3-423-03002-X)
  • Michel Parisse, Histoire de Lorraine, Rennes, Editions Ouest-France, (ISBN 2-7373-3628-7)
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  • Comte Henri Victor Dollin du Fresnel, Un régiment à travers l'histoire, le 76e, ex-1er léger, Paris, Flammarion, , p. 327-328
  • Émile Legrand-Girarde, Turenne en Alsace: Campagne de 1674-1675, Paris, Berger-Levrault et cie, , 160 p., p. 124-130327-328
  • Henri Choppin, Campagne de Turenne en Alsace, 1674-1675 : D'après des documents inédits, Paris, J. Dumaine, , In-8° (notice BnF no FRBNF: département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LH4-1412, présentation en ligne)
  • René Loux, La Réalité historique de l'Alsace, Paris, La Pensée universelle, , 502 p.
  • Alban Fournier (préf. Albert Ronsin, ill. Victor Franck et Henri Valentin), Les Vosges du Donon au Ballon d’Alsace, Raon-l’Etape, Louis Geisler, (1re éd. 1901), 539 p.
  • Henri-Zacharie Desgouttes (Préfet des Vosges), Tableau statistique du département des Vosges, Paris, Le Clere, Heinrichs, Treuttel et Wurtz,
  • Emmanuel Garnier (préf. Jean-Marc Moriceau, Université de Caen), Terre de conquêtes : La forêt vosgienne sous l’Ancien Régime, Paris, Fayard, , 620 p. (ISBN 2-213-61783-X)

ArticlesModifier

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  • Pierre Heili, « Un grand projet manqué... le tunnel ferroviaire de Bussang », Dialogues transvosgiens, vol. 1988-91,‎ (lire en ligne)
  • (en) Raymond Horber, « La route de Bussang et son col, la R.N. 66 à travers les âges », Bulletin - Société industrielle de Mulhouse,‎ , p. 119-134 (lire en ligne)
  • SHMES, « Montagnes médiévales », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, Chambéry, SHMES, vol. 34,‎ (ISBN 2-85944-513-7, présentation en ligne)
    • Odile Kammerer, « Les Vosges sont-elles une montagne au Moyen Âge ? », Actes des congrès de la SHMES, Chambéry, SHMES, vol. 34 « Montagnes médiévales »,‎ , p. 23-39 (présentation en ligne)
    • Pierre Racine, « Le col du Saint-Gothard, maillon du grand commerce international (1260-1320) », Actes des congrès de la SHMES, Chambéry, SHMES, vol. 34 « Montagnes médiévales »,‎ , p. 63-82 (présentation en ligne)
    • Georges Bischoff, « La montagne et les voyageurs à la fin du Moyen Âge : de l'indifférence au regard », Actes des congrès de la SHMES, Chambéry, SHMES, vol. 34 « Montagnes médiévales »,‎ , p. 395-413 (présentation en ligne)
  • SHMES, « Voyages et voyageurs au Moyen Age », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (SHMES), Aubazine, SHMES, vol. 26,‎ (présentation en ligne)
    • René Germain, « Déplacements temporaires et déplacements définitifs dans le centre de la France aux XIVe et XVe siècles », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (SHMES), Aubazine, SHMES, vol. 26 « Voyages et voyageurs au Moyen Age »,‎ , p. 53-61 (présentation en ligne)
  • E. Richard (préf. Maurice Pottecher), « Histoire de Bussang (Vosges) », Bulletin de la Société philomatique vosgienne, Saint-Dié, Société philomatique vosgienne- Imprimerie C. Cuny, vol. 34,‎ , p. 5-370 (lire en ligne)
  • Abbé Idoux, « Voies romaines de Langres à Strasbourg, de Corre à Charmes », Bulletin de la Société philomatique vosgienne, Saint-Dié, Société philomatique vosgienne- Imprimerie C. Cuny, vol. 33,‎ , p. 115-181 (lire en ligne)
  • Marc Drouot, « Trois provinces de l'Est: Lorraine, Alsace, Franche-Comté : Le commerce du sel lorrain en Haute-Alsace, Sundgau, Brisgau et la concurrence des sels tyroliens », Bulletin de la Société savante d'Alsace et des régions de l'Est, Paris, Strasbourg, Éd. F.-X. Le Roux et Librairie Istra, vol. 6 « 1947-1977 »,‎ , p. 119-127
  • Hélène Lenattier, « Histoire du sel en Lorraine », Journée du Sel de l’Académie lorraine des sciences,‎ (lire en ligne)
  • Elisabeth Clémentz, « Heider (Christine), Entre France et Allemagne : Thann, une ville de Haute-Alsace sous la domination des Habsbourg (1324-1648) : Thèse de doctorat (Art, Histoire et Civilisation de l’Europe) », Revue d’Alsace, Strasbourg, vol. 133,‎ (lire en ligne)
  • Académie de Stanislas Fray, « Guerres d’autrefois et leçons d’aujourd’hui », Mémoires de l'Académie de Stanislas, tome XXXIII, Nancy, Éditeur Grimblot et Veuve Raybois, série no 6,‎ (lire en ligne)
  • Père Maud’heux, « Voies antiques dans le Département des Vosges : Ruines et vestiges », Annuaire général des Vosges, Léon Louis,‎ , p. 34-57 (lire en ligne)
  • Raymonde Florence et André Philippe, Série H Clergé régulier avant 1790 : 7H Prieuré du Saint-Mont, Épinal, (lire en ligne)
  • Emmanuel Garnier, « L’homme et son milieu : Le massif du Grand Ventron à travers les âges », Bulletin du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, Munster, PNRBV,‎
  • Emmanuel Garnier, « L’homme et la forêt dans la gruerie de Ramonchamp (XVIe-XVIIIe) », Bulletin de la Haute-Moselle, Le Thillot, Collège du Thillot, série no 21,‎ , p. 3-29
  • Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie (Ministère chargé de l’Écologie) et Museum d’Histoire naturelle (MNHN – Service du Patrimoine Naturel), « FR4202002 – Vosges du Sud », Natura 2000 – Formulaire standard de données, Journaux officiels République française (2008),‎ (lire en ligne)

Fonds d’archivesModifier

  • Philippe Froidevaux, « La recherche en histoire des paroisses aux AAEB », Rapport annuel des AAEB, Bâle, Fonds des Archives de l’ancien diocèse de Bâle,‎
  • AD54, « Clergé séculier avant 1790 », Archives anciennes (avant 1790), Archives départementales de Meurthe-et-Moselle Nancy, vol. Série G, 79 mètres linéaires, 1389 articles,‎
  • Paul-Étienne Chevreux et André Philippe, Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790, vol. 1, Remiremont, Impr. administrative des Vosges,

Liens externesModifier

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