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Claude Montal

accordeur, puis facteur de pianos
Claude Montal
Portrait of Claude Montal (cropped).jpg
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Accordeur, facteur de pianos, fabricant d'instruments de musiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
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Instrument
Distinctions

Chevalier de la Légion d'Honneur Chevalier de la Rose du Brésil

Médaille d'Or du Mérite du Royaume de Hanovre
L'Art d'accorder soi-même son piano (1865)
Fils d'un sellier-bourrelier, Claude Montal naquit à La Palisse le 28 juillet 1800 . Il devint totalement aveugle à l'âge de six ans et demi.

Claude Montal, né à Lapalisse (Allier) le 28 juillet 1800, mort à Paris le 7 mars 1865, était un accordeur et facteur de pianos, aveugle.

Sommaire

BiographieModifier

L'émancipation et les débuts incertains d'un aveugle surdoué.Modifier

 
Arrivée de Madame la duchesse d'Angoulême (Madame Royale) aux bains de Vichy, le 16 juillet 1816. Gravure de Jazet. (XIXe).

Claude Montal naquit dans une famille modeste de Lapalisse où son père était bourrelier[1]. À l'âge de quatre ans, victime d'une amaurose il perd progressivement la vue, des suites d'une fièvre typhoïde.

 
Ami de Madame Royale, le vicomte Félix de Conny, sous-préfet de La Palisse en 1816 . Gravure de Maurin.

Malgré ce lourd handicap, l'enfant montre d'indéniables capacités intellectuelles, manuelles et musicales qui impressionnent le Maître de poste de Droiturier, bourgade située à quelques kilomètres de Lapalisse où les parents s'étaient transportés pour ouvrir une auberge sur la grande route entre Paris et Lyon. Ne voulant pas être une charge financière pour ses modestes parents, l'adolescent Montal avait ouvert dans l'auberge familiale une petite échoppe d'articles de cuir, objets qu'il vendait à son profit auprès des voyageurs, afin de satisfaire à son entretien. Esprit créatif et inventif , en possession de quelques planches de bois et de crin de cheval , il se mit dans l'idée de confectionner un violon muni d'un archet, objet certes très rudimentaire mais d'où il parvint cependant à tirer quelques sons. Client de l'auberge Montal et admiratif des prouesses manuelles et musicales insoupçonnées du jeune aveugle, M. Noailly notable de la région, riche marchand de blé et Maître de Poste à Droiturier, le récompensa en lui offrant un jour... un véritable violon. L'histoire phénoménale et les avatars politiques nés sous La Terreur de ce bon M. Noailly qui fut accusé d'être un " Affameur du Peuple " , passèrent à la postérité dans un ouvrage au succès international : " Histoire d'une Famille noble sous la Terreur " d'Alexandrine des Echerolles, descendante de la Famille Giraud des Écherolles .

 
L'Institution royale des aveugles, installée en 1815, dans l'ancien séminaire Saint-Firmin de la rue Victor à Paris. La flèche indique le logement qu'occupa l'abbé Vincent-de-Paul.

À la fin du printemps de 1816, la requête de la famille Montal fut exposée par le sous-préfet de La Palisse Félix de Conny lors d'une audition auprès de Marie-Thérèse Charlotte de France, venue en séjour prendre les eaux à Vichy. Bien qu'ayant dépassé l'âge autorisé pour être pensionnaire, l'année suivante, Claude fut admis à l'Institution Royale des Aveugles de Paris, institution charitable installée depuis 1815 dans l'ancien et austère séminaire Saint-Firmin, dont la figure emblématique fut Vincent de Paul qui y jeta les premiers fondements de sa congrégation. Cette institution nouvellement dirigée par le docteur Sébastien Guillié, médecin en chef de l'établissement fut par ailleurs ophtalmologiste de la bienveillante Madame Royale.

Montal poursuivit dans l'Institution d'excellentes études aux côtés de son camarade de classe Louis Braille. Quatre ans après son admission, le directeur le fit en 1820, répétiteur d'une classe de grammaire, et bientôt après il professa ensuite dans plusieurs autres disciplines : la géographie, l'arithmétique, l'algèbre, la géométrie, etc. Au début du XIXe , malgré les mérites du système d'enseignement mis au point par Valentin Haüy, les méthodes pédagogiques en usage pour l'instruction des aveugles étaient encore embryonnaires et fort imparfaites , car il restait à trouver une forme d'écriture adaptée à la cécité des non-voyants. Au sein de l'institution, un scientifique du nom de Charles Barbier de La Serre, expérimenta en 1823 aux côtés du répétiteur Montal, un nouveau procédé d'écriture appelé sonographie.

C'est pendant ces années passées à l'institut que Claude Montal prend conscience de la médiocrité des accordeurs intervenant sur les pianos de l'école. Rapidement il constate l'empirisme, les approximations des professionnels responsables des instruments de l'Institution. Il décide de se consacrer à l'étude de cette science avec son ami Tourasse. Imprégné de théories puisées dans le traité de Dom Bédos de Celles, en 1829, secondé de son ami Tourasse-Maupas, Montal excellent mécanicien, fut chargé par le directeur (le Dr. Pignier) d'examiner le vieil orgue de la chapelle de l'Institution, alors dans un état de délabrement très avancé. Après quelques inouïs travaux de remise en jeu du grand orgue, afin de le récompenser de ce travail accompli avec brio, le conseil de classe délibéra de lui octroyer une somme de 50 francs, placée sur un livret d'épargne mis à sa disposition à échéance. Bénéficiant de la protection qu'offrait alors l'Institution Royale des Aveugles où il pu mener en toute sérénité ses recherches, l'habileté et la sagacité du jeune acousticien ne manqua pas d'attirer fin 1829, l'attention d'un physicien Charles Cagniard de Latour , qui fit appel aux étonnantes capacités de Montal, pourtant encore un parfait inconnu dans le Tout-Paris musical. Le scientifique Latour sollicita les connaissances de Montal, afin d'établir le calcul d'un tempérament juste du diapason[2] de l'Opéra. Dans un ouvrage particulièrement éclairant, Adrien de La Fage fit allusion de cette première expertise apportée par l'acousticien Montal.

En septembre 1830, suite au décès de son fidele Tourasse, Montal pris la décision audacieuse mais hasardeuse de quitter l'Institution. En effet, quelques mois après la Révolution de Juillet 1830, Claude Montal en quête d'émancipation quitta l'Institution Royale des Aveugles de la rue Victor, trouvant refuge dans les combles d'une modeste mansarde située au 11 rue Poupée. Pensant vivre de son expérience passée de professeur et d'accordeur de pianos, Montal affronta le sibérien hiver de 1830 dans le plus grand dénuement, affamé et mis au ban de la société qui n'avait cure des « prétentions ubuesques » de cet aveugle imprudent.

Totalement désœuvré, ne possédant que quelques maigres économies en poche, Claude Montal fut inscrit le 23 juillet 1831 comme grand indigent sur le Livre des Pauvres du Bureau de Charité du 11e arrondissement de l'Hôpital des Quinze-Vingts, où il fut assuré d'une salutaire pitance (N° d'admission : 9127)

 
Compositeur et professeur de piano au Conservatoire de Paris, Pierre Joseph Guillaume Zimmermann, fut en 1832 l'inconditionnel protecteur de l'accordeur Claude Montal.

Malgré sa situation précaire, en 1832 Montal réussit à entrer en relation avec M. Laurent[3], professeur au Conservatoire de musique. Celui-ci avait chez lui deux pianos anciens de différentes factures, qu'aucun accordeur n'avait pu jusqu'ici accorder... L'intuitif M. Laurent, voulant sans doute tester les capacités supposées de l'aveugle Montal, lui fit l'offre de répondre à cette mission mécanicienne jugée des plus périlleuse. Montal se proposa d'essayer et après quelques laborieux travaux d'examination, parvint à dompter le mécanisme de ces deux instruments dissemblables et à en ajuster à la perfection, le réglage des cordes à l'unisson.

Complètement médusé, Laurent présenta Montal comme « le meilleur accordeur de Paris » à MM. Jean-Louis Adam et à Pierre-Joseph-Guillaume Zimmerman alors deux des pédagogues les plus éminents du Conservatoire de musique. Admiratifs de ce travail accompli avec maestria, conforté de leurs unanimes suffrages, l'ancien répétiteur Claude Montal devint Accordeur de pianos agréé auprès du Conservatoire de Paris.

1833 : fondateur du premier cours d'accord de pianos en France.Modifier

Rompu aux inlassables travaux de recherches en ingénierie mécanique et en acoustique passés sur les instruments à cordes de l'Institution, Montal devint un technicien hors pairs dans sa spécialité. Bravant les puissants préjugés ressentis dans la société à l'encontre des aveugles, Montal, fortement encouragé par certains professeurs du Conservatoire, ouvrit le 11 mars 1833 un cours public d'accord de pianos, donné à l'usage des instrumentistes. Placé sous l'égide du Conservatoire de musique, l'ouverture de ce cours inédit fut donné dans les salons du facteur Wetzels, audition qui suscita dans l'opinion publique la plus grande des curiosités. Si comme tout un chacun Montal ne put jouir de l'usage de la vue, il posséda en revanche un toucher et une ouïe étonnement remarquable.

Basé sur les principes rigoureux de l'acoustique et de l'harmonie, la programmation de ce cours d'organologie en 25 leçons appliqué à l'accordage des pianos fut annoncé par l'édition chez l'imprimeur Fain & Thunot d'un prospectus[4] distribué chez les divers marchands de musique. La réservation des places[5], d'un coût de 50 Frs par personne, se fit chez l'auteur, chez Wetzels ou auprès du Conservatoire de musique. Sous la Monarchie de Juillet, la propagation de cours publics donnés par divers spécialistes en tout genre, devint vite un de ces évènements à la mode, très prisés des salons parisiens. Aussi celui que se proposa de donner l'aveugle Montal devait-il susciter un intérêt non négligeable ? Hormis quelques rares et brèves annonces journalistiques lacunaires, la presse se fit plutôt discrète sur la tenue de cette manifestation. De tous les grands quotidiens nationaux ou de la presse de spectacles, seules La Gazette de France ou La Gazette des Théâtres[6] en date du 31 janvier 1833 daignèrent porter une bienveillante attention au projet de M. Montal, en publiant à son égard un article des plus accueillant qui se terminait ainsi

« Nous indiquerons plus tard l'époque de l'ouverture de ce cours et les conditions, nous ajouterons seulement qu'il sera fait par un professeur de musique M. Montal, ancien répétiteur à l'Institution des jeunes aveugles, accordeur de pianos de plusieurs établissements et de MM. Adam, Zimmermann, Laurent et Goblin, professeurs au Conservatoire de musique et de MM. Ch. Schunke, Ferdinand Hiller. Ce qui augmentera l'intérêt, sans diminuer la confiance après les noms que nous avons cités, c'est que ce professeur est aveugle dès sa plus tendre enfance. »

 
Première renommée en Allemagne pour Claude Montal dans le Berliner Musikalische Zeitung, ( Journal Musical de Berlin ) - 1e année - No 3 daté du 20 avril 1833.

Dans toute la presse spécialisée, seul le musicologue François-Joseph Fétis fondateur et rédacteur en chef de La Revue Musicale (qui deviendra la Revue et gazette musicale de Paris) osa signer un grand article enthousiaste porté à l'intérêt de la prestation professorale de Montal. L'engouement de ce Cours assura à son initiateur une grande popularité dont les retombées passèrent pourtant inaperçues dans la presse française. Peut-être l'émergence d'un front revendicatif né dans la corporation des accordeurs de pianos parisiens décida-t-il de se liguer contre l'importuniste conférencier ? Malgré cette indifférence éditoriale, l'attribution des premiers lauriers du succès fut-elle annoncée par l'influence de quelques bonnes fées protectrices venues d'Outre-Rhin ou Montal fut l'objet d'une gratifiante considération à la une des pages du Berliner Muzikalische Zeitung, prestigieuse revue de musicologie en Allemagne. Dans son édition[7] datée du 20 avril 1833, qui fit référence à cette vulgarisation pédagogique sur l'accordage des claviers, on pouvait lire notamment :

" (....) Il semble que M. Montal garde ce procédé comme un secret pour lui-même. Mais il faut espérer que son amour pour les Arts le décide à le faire connaître."

Désormais la route de la Providence vers des lendemains meilleurs sembla-t-elle toute tracée pour l'avenir encore incertain de M. Montai, qui eu à affronter bien des adversités ou de redoutables épreuves, sur un chemin parsemé d'embuches, mais où cependant il lui fut toujours permis d'espérer.

1834 : A l'Exposition de l'Industrie, les enseignements magistraux d'un Abrégé très convoité.Modifier

Vu les insistantes sollicitations émanant du Conservatoire de musique, l'accordeur Montal se résolut à écrire un traité d'acoustique. Sa situation de handicapé visuel l'exposait immanquablement dans une très inconfortable subordination vis a vis du monde des voyants, monde où il risquait à tout moment d'être trahi, marginalisé et qui de plus est de se faire ravir le fruit de ses travaux par quelques envieux sans scrupules. C'est ce qui arriva précisément à MontaL.

 
Pavillons de l'Exposition nationale de l'Industrie en 1834 , installés sur la place de la Concorde à Paris.

Au moment où l'aveugle Montal s'apprêta à publier en avril 1834 chez l'éditeur et marchand de musique Joseph Meissonnier (guitariste) un premier opuscule intitulé Abrégé de l'Art d'Accorder soi-même son Piano[8], déduit des principes rigoureux de l' Acoustique et de l'Harmonie, un de ses élèves voyant Giorgio di Roma (de son vrai nom Giorgio Armellino) s'apprêta à publier en même temps chez l'éditeur Roret, un document similaire intitulé Manuel simplifié de l'accordeur ou L'Art d'Accorder le Piano, mis à la portée de tout le monde[8]. Cette affaire de plagiat affecta grandement le moral de M. Montal qui menaça son plagiaire d'un procès en règle pour usurpation de propriété littéraire. Afin de déjouer cette navrante forfaiture éditoriale, une course de vitesse s'engagea entre MM. Montal et Armellino, avant que ce dernier n'imprima sa mauvaise copie et la fit enregistrée par le bureau du dépôt légal. Grâce à l'énergique intervention de François-Paulin Terzuolo imprimeur de Montal, celui-ci parvint en un temps record à faire imprimer l'Abrégé de Montal et à le faire valider, obligeant au passage son contrefacteur à dénaturer son ouvrage, sous peine de poursuites judiciaires. Extirpé in extremis de cette mauvaise situation, Montal eut toujours une infinie reconnaissance envers l'exemplaire intégrité morale que montra M. Terzuolo. Dans les pages de la Gazette Musicale de Paris, qui venait d'être fondée en cette année 1834 par Maurice Schlesinger, le vingtième numéro de cette nouvelle revue, ne manqua pas de conseiller (Annonce du 18 mai 1834) auprès de ses lecteurs, de l'incontournable intérêt qu'ils pourraient retirer des enseignements de cet opuscule inédit, mais hélas suivi aussi de celui de son plagiaire Georges Armellino. Dans l'épilogue de cette fâcheuse forfaiture éditoriale, Montal s'en remis aux suffrages du public connaisseur, qui à son total bonheur, su très vite faire la différence...

Pendant qu'une campagne de presse fit la promotion de l’Abrégé de l'accordeur Montal, celui-ci visita les instruments de musique présentés à l'Exposition nationale des Produits de l'Industrie. Celle-ci occupa en front de Seine, quatre grands pavillons de bois, qui furent installés sur l'immense terre-plein de la Place de La Concorde. Inaugurée le 1er mai 1834, le journal du Constitutionnel du dimanche 4 mai rendit compte de la visite officielle du souverain : « Le Roi dans sa visite à l'Exposition des Produits de l'Industrie, a demandé à M. Franz Liszt, qui se trouvait présent, de lui faire entendre les pianos ». Pas moins de 150 pianos furent exposés dans le pavillon No 4 : PLEYEL, ERARD, PAPE, PETZOLD, MERCIER, etc. Si M. Montal put se prévaloir de n'être pour l'instant que l'accordeur des plus célèbres professeurs du Conservatoire, son invincible témérité lui dicta de déposer quelques exemplaires de son précieux opuscule sur les pianos du facteur Rogez, et d'après Maurice de La Sizeranne, voici comment il se fit superbement remarquer par son entrée modeste mais triomphale chez les fabricants d'instruments : « L'Exposition des Produits de l'Industrie en 1834 acheva de mettre Montal hors de pair parmi les accordeurs. La plupart des facteurs voulurent que leurs pianos fussent accordés par lui. Il profita de cette circonstance pour faire imprimer une brochure intitulée Abrégé de l'Art d'Accorder soi-même son Piano. Cette brochure qui se vendait à l'Exposition même, sur les pianos des facteurs, fit sensation; on en parla dans le monde artistique et une moitié de l'édition fut enlevée en moins de huit jours ».

Le simple abrégé d'acoustique de l'accordeur Montal suscita le plus grand intérêt dans la presse nationale, au point que celui-ci fit aussitôt la UNE de la chronique musicale [9]du journal Le Constitutionnel . La critique journalistique quelque peu septique quand à la réelle utilité de cet opuscule , les éclairages organologiques apportés par son auteur ne manquèrent pas d'être cependant âprement soutenus par Pierre-Armand Dufau, alors premier instituteur à l'Institution Royale des Aveugles, mais aussi directeur et rédacteur en chef en 1834 du grand quotidien Le Constitutionnel.

Cependant le vif intérêt que suscita l'Abrégé de l'accordeur Montal fut l'objet en 1835 d'une réédition augmentée, parue dans le Ier volume de l'Encyclopédie Pittoresque de la Musique, ouvrage publié sous la direction d'Alphonse Ledhuy et Henri Bertini. Très loin d'avoir reçu un simple succès d'estime, le petit traité de Montal aiguisa aussitôt la curiosité de la presse allemande spécialisée et eut les faveurs de l'éditeur Bernhard Schott de Mayence, qui fit traduire en 1835 (Schott Music) ce savant petit ouvrage, dont la science musicale fut jugée digne de figurer au catalogue de sa prestigieuse maison d'édition.

1836 : Une Méthode d'Acoustique dédiée à Camille Pleyel & Création de la Ière Classe d'Accord-Facture.Modifier

 
Café des Aveugles, aux galeries du Palais-Royal à Paris. Gravure XIXe.

Bien qu'investi de la confiance des plus célèbres professeurs du Conservatoire, Montal ne fut pas en peine de combattre certains ostracismes ou préjugés, observés à l'encontre des aveugles. La piteuse image misérabiliste que renvoyait la société du XIXe siècle sur le statut social des aveugles, pour la plupart promis à la mendicité, s'identifiait dans la société parisienne au pittoresque attrait culturel, quelque peu grotesque, cultivé par le célèbre Café des Aveugles, étrange cabaret tripot où ces infortunés se produisaient musicalement pour quelques oboles, nourrissant sans doute l'illusion d'avoir peut-être décroché là un semblant de reconnaissance ? Une gazette populaire parue sous la Monarchie de Juillet fit paraître en juillet 1834, une rubrique consacrée aux cafés parisiens et dans un article[10] intitulé : " Une soirée au Café des Aveugles " on pouvait lire dans un éclairant témoignage non dénué d'intérêts :

" ...(....) à l'extrémité de la salle, sur une espèce d'amphithéâtre, il se trouvait douze ou quinze pauvres diables qui étaient bien aveugles, ma foi, mais aveugles tout de bon, pas pour rire malheureusement. (....) Les concertants , c'étaient ces pauvres diables. Ils firent de la musique comme on en fait à... je ne sais pas où l'on en fait de pareille ; car je n'en ai jamais entendu nulle part. (...) "

Un superbe tableau représentant les artistes musiciens du Café des Aveugles peint par Charles Joseph Traviès vers 1840 et restituant l'ambiance de ce café-vaudeville, se trouve actuellement conservé au musée Carnavalet. Décrivant l'atmosphère et l'engouement pour cet étrange café-théâtre des Galeries du Palais-Royal, véritable institution des soirées parisiennes du temps de la Révolution, Gérard de Nerval écrivit entre autres ceci :

" Pourquoi des aveugles, direz-vous, dans ce seul café, qui est un caveau ? C'est que, vers la fondation, qui remonte à l'époque révolutionnaire, il se passait là des choses qui eussent révolté la pudeur d'un orchestre. Aujourd'hui tout est calme et décent. Et même la galerie sombre du caveau est placée sous l'œil vigilant d'un sergent de ville.[11]"

 
Ier Traité complet sur l'accord du piano, dédié à Camille Pleyel. 1836.
 
Accordeuse de pianos. Couverture de l'ouvrage de C. Montal. Paris 1836.
 
Portrait de Chopin en 1835.
 
Portrait sculpté d'Edouard Monnais par François Jouffroy. Cimetière du Père-Lachaise - 55e division.

Confronté au monde misérable des aveugles, depuis l'épreuve subie pendant la terrible année de 1831 où Montal fut exposé à l'ingratitude du monde des voyants, essuyant nombre d'humiliations; celui-ci finit par se convaincre qu'il était impératif de trouver en direction des aveugles-musiciens, un débouché professionnel qui put leur être utile afin de les libérer de leur torpeur quotidienne et leur rendre un peu de cette dignité matérielle considérée comme chimérique. Nourri de ses patientes recherches et de son expérience passée à l'institution, en autodidacte et grâce à ses connaissances musicales et mathématiques, Montal portera la précision et la qualité de l'accord du piano à un degré encore jamais atteint. Pour cela, il mit au point une méthode rationnelle et sophistiquée pour la réalisation de la partition, réelle pierre angulaire du métier d'accordeur. Ayant enfin grandement finalisé la rédaction de son Ier Abrégé , l'accordeur Montal fit publier le 7 mai 1836, le premier traité complet sur l'accord du piano qu'il intitula : " L'art d'accorder soi-même son piano, d'après une méthode sûre, simple et facile, déduite des principes exacts de l'acoustique et de l'harmonie, contenant en outre la manière d'enseigner l'accord aux aveugles et un traité d'acoustique". L'objet de cet étonnant ouvrage d'organologie particulièrement utile pour les fabricants d'instruments afin de résoudre la difficulté de l'accord, fut dédié à Camille Pleyel, alors le plus célèbre des facteurs de pianos parisien. Le succès de cette méthode inédite fut immédiat et nombre de journaux saluèrent l'intelligente pertinence pédagogique de cet ouvrage. Désormais parvenu à une relative aisance matérielle, l'accordeur Montal qui fut dorénavant en mesure de fonder un foyer eut le rare bonheur de trouver une épouse aimante et dévouée, dont l'altruiste générosité ne put être rebutée par le soutien d'un aveugle. Avec l'élue de son cœur, il se maria le 19 mai 1836 avec Anastasie-Françoise Denis[12] dite Flaissières, institutrice de profession, domiciliée au 38 passage Sandrié. La bénédiction de cette union inespérée fut donnée en l'église Saint-Séverin par l'abbé Constant Gallard Vicaire, ancien chapelain de l'hospice royal des Quinze-Vingts, lequel deviendra plus tard chanoine titulaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris et confesseur de l'Impératrice Eugénie. À ce mariage religieux assistèrent pour principal témoin, l'éditeur-imprimeur François-Paulin Terzuolo ( son sauveur de 1834 ) sollicité par Montal, ainsi que plusieurs commerçants de la Cour Batave, témoins des mariés. Dans le cycle romanesque de La Comédie humaine, le célèbre écrivain Honoré de Balzac fit dans son roman sur César Birotteau ( paru en 1837 ) une description peu rassurante de l'ancienne Cour Batave, vaste temple commerçant de la rue Saint-Denis, antre boutiquière de divers marchands. Les formalités de son mariage accomplies, l'accordeur Montal qui fut fortement encouragé par la presse allemande ( dès 1833 ) à divulguer son savoir, s'évertua à le répandre d'abord progressivement vers les facteurs d'instruments, puis privilégia surtout l'enseignement de l'accord plus spécifiquement orienté à l'usage de ses frères d'infortune. Devenu un ardent défenseur du tempérament égal, il militera également pour l'établissement d'une fréquence fixe pour le diapason. Fort de son expérience personnelle, comme premier accordeur de pianos non-voyant au monde, Montal eut pour ambition d'apporter ses connaissances d'accordeur mécanicien, à l'usage des non-voyants, solution qu'il jugea susceptible, à son exemple, de pouvoir mettre à profit une possible insertion professionnelle plus valorisante pour ses semblables. Dans cette perspective, ce fut donc à l'initiative et sous l'impulsion de Claude Montal que fut créée dans le courant du second semestre de 1836, la première classe d'apprentissage d'accord-facture, enseignement jusqu'alors inédit à l'Institution royale des Aveugles. L'inauguration de la nouvelle classe d'accord-facture à l'Institution Royale des Aveugles, se fit vraisemblablement au cours du second semestre de 1836. Plusieurs élèves avides de connaître cette nouvelle discipline commencèrent à se former sous la direction de Montal et à constituer un noyau restreint de potentiels formateurs. Mais ce fut surtout l'aveugle Augustin Moulin qui fut pressenti - dès 1836 - pour diriger cette nouvelle classe, propageant l'irremplaçable enseignement légué par Montal. Dans une rare notice biographique[13], le docteur Alexandre René Pignier directeur de l'Institution Royale des Aveugles écrivit à cet effet : " (...) Mais comme cet art de l'accordeur , qui, jusque là, n'avait été exercé que par quelques aveugles, devait être lucratif pour les élèves qui auraient des dispositions, et qu'il était important de le perpétuer parmi ces élèves, une classe régulière d'accord de pianos fut établie à l'Institution et Moulin en fut chargé." . S'il resta toutefois nombre de difficultés à vaincre pour la formation des aveugles accordeurs, la route vers le succès fut néanmoins assurée. Cette année 1836 constitua une étape des plus décisive dans la carrière de l'accordeur Montal, qui eut l'immense satisfaction d'avoir concrétisé ses deux projets majeurs : celle de l'édition d'un premier traité sur l'art de l'accord du piano et l'inauguration pour ses condisciples d'une classe de mécanique acoustique. Lors de l'installation de Frédéric Chopin à Paris en 1831, la plupart des facteurs d'instruments de musique ne savaient qu'imparfaitement construire des pianos et peu d'entre eux parvenaient à leur trouver une juste tonalité. Ce défi jugé jusqu'alors comme presque insurmontable, seul l'accordeur Montal le maîtrisa à la perfection. L'immense popularité que rencontra l'édition du premier traité complet sur l'accord du piano ( L'Art d'Accorder soi-même son Piano) valut à Montal de nombreux éloges dans la presse française ou étrangère. Cependant l'apothéose de cette année mémorable viendra le jour de Noël 1836, où un article de presse[14] sorti de la plume experte du distingué critique musical Édouard Monnais, fut particulièrement flatteur à l'égard de M. Montal ; article dans lequel on put lire :

" (...) Ce sont de beaux musiciens que vos pianistes; ils disent : mon piano est faux, et ils vont toujours. Le mot n'est que trop exact, pour la douleur des oreilles sensibles. M. Montal célèbre accordeur , a senti le mal ( nous ne dirons pas qu'il l'ait vu ) et il a tâché d'y remédier. (...) Nous exposons la méthode de l'auteur et nous ne la jugeons pas : à cet égard nous proclamons notre incompétence ; mais l'expérience est là qui dépose en faveur des principes de M. Montal. Sa nombreuse et brillante clientèle d'artistes et d'amateurs doit aussi justifier la confiance en ses procédés.

(...) Chemin faisant ,l'auteur a donné quelques notions d'acoustique ; il a émis, sur la nécessité d'un diapason unique pour tous les orchestres de France, des idées dont on reconnaîtra le mérite et là-propos. L'ouvrage de M. Montal appartient au petit nombre de ceux qui honorent la science, en rendant des services positifs et auxquels une certaine popularité ne saurait manquer."

1837-1847 : Jusqu'au triomphe à l'Hôtel de Ville, la persévérante ascension d'un artisan atypiqueModifier

 
À partir de 1838, Claude Montal devint membre de la Société Académique des Enfants d'Apollon. ( Jeton- XIXe ).

Le plébiscite unanime rencontré en 1834 dans les milieux musicaux depuis l'édition de son Abrégé sur l'Accord du Piano, avait soudainement propulsé l'accordeur Montal dans une position d'incontestable supériorité au sein de la corporation des accordeurs parisiens. Depuis son accréditation officielle auprès du conservatoire de Paris, Montal, qui avait enfin réussi à surmonter certains préjugés à son encontre, avait trouvé à se placer professionnellement comme accordeur chez les meilleurs facteurs de pianos de la capitale, en particulier dans les ateliers de Sébastien Mercier dont il fut un proche collaborateur, d'Érard ou de Pleyel. Désormais libéré des obligations liées à l'édition de son Ier traité complet sur l''acoustique du piano paru en 1836, l'accordeur MONTAL commença en 1837 d'après L'Agenda Musical [15]de l'accordeur Planque , à se créer un bien modeste atelier . Dans une première monographie [16]parue en 1845 , sous la plume de son ancien directeur à l'Institution royale des Jeunes Aveugles, Joseph Guadet écrivit à ce propos :

" ... aidé d'un seul ouvrier (...) son établissement était encore bien modeste , il avait pour siège une mansarde de la rue Poupée, au quatrième étage. M. Montal faisait là des petits pianos droits dans le genre de ceux que M. Pleyel avait importé d'Angleterre et qui avaient alors beaucoup de vogue . Ces pianos confectionnés avec soin et intelligence se plaçaient aisément à l'aide des accords que le facteur était loin de négliger. (...) " .

 
Le jeune Franz Listz élu en 1824, membre d'honneur de la Société Académique des Enfants d'Apollon. Dessin de Leprince - Lithographie de François Le Vilain. 1824.

En 1838 ayant troqué sa modeste mansarde pour une habitation plus spacieuse, Montal envisagea réellement de construire les premiers instruments de sa marque. De célèbres maisons[17] qui avaient pignon sur rue, étaient déjà fortement implantées dans la corporation des facteurs de pianos parisien : Petzold , Henri Herz, Pleyel, Henri Pape, Mercier , Roller & Blanchet, Sébastien Érard , etc. et sans doute voyait-elles comme anachronique l'arrivée de cet opportuniste aveugle, qui dû essuyer à son encontre bon nombre de perfides ironies... Sous le directorat du docteur Alexandre René Pignier, Mme Louisa Vander Burch chargée de l'enseignement du piano à l'Institiution Royale des Aveugles , conseilla en 1838 à l'accordeur Montal, d'adhérer à la Société Académique des Enfants d'Apollon[18], laquelle fut fondée en 1741 et dont son père Jean Bisch, professeur de musique fut le doyen des sociétaires. Cette association philanthropique à but culturel , regroupa plusieurs personnalités venues du monde musical (André Grétry, Fromental Halévy, etc.) des Arts ou des Lettres et compta dans ses membres honoraires en 1824,le jeune et déjà célèbre Franz Liszt alors âgé de treize ans seulement... En 1824 , ce jeune musicien en herbe avait déjà conquis le public, lors d'un concert[19] annuel donné au profit de la Société Académique, où sa prestation pianistique fit grande sensation par son incroyable virtuosité :

" Un enfant réellement extraordinaire , le jeune Listz à peine âgé de onze ans, s'est fait entendre dimanche dernier à la Société Académique des Enfants d'Apollon. ce pianiste imberbe a étonné les artistes les plus habiles, par son exécution vigoureuse et par l'originalité et la grâce de son improvisation."

En 1851, l'insigne de chevalier de la Légion d'honneur lui est personnellement remise par le Prince-Président suite au brillant succès rencontré lors de la première Exposition Universelle de Londres. En 1853, année du mariage de Napoléon III, il reçut le titre officiel de Fournisseur breveté de LL. MM. l'Empereur et de l'Impératrice des Français, suivi l'année d'après de celle de Fournisseur officiel de la Maison Impériale du Brésil.

Il sera plus tard honoré par le roi George V du Royaume de Hanovre.

Claude Montal meurt à Paris le 7 mars 1865 et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (10e division).

Commémoration

En 2015, un collectif d'institutions et d’associations commémore le 150e anniversaire de la disparition de Claude Montal.

HommageModifier

Le Conseil municipal de Paris a voté lors de sa séance de novembre 2017 l'attribution du nom de Claude Montal a une allée du 7e arrondissement de Paris[20].

BibliographieModifier

  • Abrégé de l'art d'accorder soi-même son piano par Claude Montal. Meissonnier, 1834 (notice BnF no FRBNF30967488)
  • Manuel simplifié de l'accordeur ou l'art d'accorder son piano mis à la portée de tout le monde. par Georges Armellino. Librairie Roret - Paris 1834
  • L'Art d'accorder soi-même son piano; par Claude Montal. Édition Meissonnier - Paris 1836.
  • Biographie Universelle des Musiciens. par François-Joseph Fétis. Tome VIe - Méline & Cie- Bruxelles.1840 (Montal. p. 445)
  • Les Artisans Illustres par Edouard Foucaud. Béthune & Plon Éditeurs. Paris 1841 (Montal pages 560-563)
  • Notice biographique sur Claude Montal par Joseph Guadet. Paris imprimerie De Fain & Thunot, 1845 [lire en ligne]
  • Des aveugles, considérations sur leur état physique, moral et intellectuel. par Pierre-Armand Dufau. Ed. Renouard 1850 (Prix Monthyon)
  • Tableau de Paris, par Edmond Texier. Volume II (l'Institution des Jeunes Aveugles - p. 191–94) - Édition Paulin et Le Chevalier. Paris 1851
  • Annuaire Musical. Paris 1857. Notice biographique sur Claude Montal, pages 190-196. (Lre en ligne sur Gallica)
  • Claude Montal, facteur de pianos (aveugle) sa vie et ses travaux. par MM. Dufau, Bienaimé, Tahan préface de Michel Môring. Édition Firmin-Didot. 1857
  • Dictionnaire Universel des Contemporains. par Gustave Vapereau. Éditions Hachette - Paris 1858. (Montal, page 1238)
  • Heroes of the Laboratory and the Workshop. par Cécilia Lucy Brightwell. Routlege Édition - London.1859 (Sébastien Erard & Claude Montal)
  • Les Conteurs en Famille par Michel Möring. Éditions Vermot. Paris 1860 (Gallica lire el ligne)
  • Galerie Historique et Critique du XIXe siècle. par Henri Lauzac (Montal pages 609-616) - Paris 1862. (A lire en ligne sur Gallica)
  • Nouvelle Biographie Générale. dirigée par Hoefer. Notice Biographique sur Montal signée par Dieudonné Denne-Baron -Tome 36; Ed. Firmin-Didot 1865
  • Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle. Tome 11eme par Pierre Larousse. Paris. 1871
  • Biographie Universelle des Musiciens. Suppléments et Compléments par Arthur Pougin - 1881 (Montal page 233)
  • Les Aveugles Utiles par Maurice de La Sizeranne. Ed. Auteuil Orphelins. 1881
  • La Grande Encyclopédie : inventaire raisonné des Sciences, des Lettres et des Arts. Ier Vol. (Montal p;306 = Accordeur) Ed. Lamirault. Paris 1886
  • Les facteurs d'instruments de musique. par Pierre Constant. Paris. Édition Sagot. 1893
  • Master School of Modern Piano playing & Virtuosity par Alberto Jonàs. Editor Carl Fischer New York-Boston 1922 - (Montal page : 215)
  • The Piano-Forte. Its History traced To The Geat Exibition of 1851 par Rosamond E.M Harding. Cambridge University Press-1933 (Montal 213-214)
  • L'Art d'Accorder soi-même son Piano. par Claude Montal. Édition Minkoff. Genève 1976
  • The Encyclopaedia Britannica. par Hugh Chisholm. Volume 4. London 1910. (Montal, page 67)
  • Les facteurs d'instruments de musique à Paris au 19e siècle, des artisans face à l'industrialisation. par Malou Haine. Éditions de l'Université de Bruxelles.1985
  • Le Tempérament Musical : philosophie, histoire, théorie et pratique. par Dominique Devie - Sté de Musicologie du Languedoc. 1990
  • La Musique en France à l'époque romantique : 1830-1870 par Jean-Marc Bailbé. Édition Flammarion 1991. (Montal pages.115 et 129)
  • Makers of The Pianos - Volume II. 1820-1860 par Martha Novak Clinkscale. Ed. Oxford University Press. 1993 (Montal pages 256-257)
  • Le Piano de Style en Europe, des origines à 1850. par Pascale Vandervellen. Édition Mardaga. 1994
  • Musique et Musiciens au faubourg Saint-Germain. par Jean Gallois, Françoise d'Aboville et Béatrice de Andia. Édition Délégation Artistique à la ville de Paris. 1996
  • Handicaps, pauvreté et exclusion dans la France du XIXe. par André Gueslin et Henri-Jacques Stiker. Édition de l'Atelier.2003
  • The piano. An Encyclopédia. par Robert Palmieri. Second édition. Routlège. New York and London.2003. (Montal. p. 74–75, 234-235,239-240,292,362,405)
  • Joël-Marie Fauquet, Dictionnaire de la Musique en France au XIXe siècle, Paris, Fayard,
  • Interpréter Chopin. Actes du colloque des 25 & 26 mai 2005. Les cahiers de la musique. Edition Cité de la Musique. Paris 2006
  • Chopin vu par ses élèves. par Jean-Jacques Eigeldinger. Édition Fayard. Paris 2006
  • A Romance on Three Legs. Glenn Gould's obsessive Quest for the Perfect Piano - par Katie Hafner. Bloomsbury. USA. 2008 (Montal pages 38–39)
  • Chopin et Pleyel. par Jean-Jacques Eigeldinger. Édition Fayard 2010
  • Vivre sans voir : Les aveugles dans la société française, du Moyen Âge au siècle de Louis Braille. par Zina Weygand. Édition Créaphis. Paris 2013
  • The Art of Tuning by Claude Montal. traduit en English par Fred Sturm. Édition Piano Technicians Guild Foundation. Kansas City - USA. 2015
  • Les Cahiers Bourbonnais, été 2015, no 232, page 34
  • Recueil de morceaux d'orgue (1863) à l'usage spécial des élèves de l'Institution Impériale des Jeunes Aveugles de Paris. Édité par Hervey H. Miller. A-R Éditions . Middleton Wisconsin (U.S.A) 2017
  • Claude Montal : Un prodige non-voyant à l'âge d'or de la Facture Instrumentale. (Chronologie Biographique) par Pierre Desmarais. (à paraître en 2019 )
  • Édition commémorative Claude montal, VIP-2015

RéférencesModifier

  1. Biographie sur commemoration-claude-montal.fr
  2. De l'Unité Tonique et de la Fixation d'un Diapason Universel par Adrien de La Fage . Edition E. Dentu - Paris 1859 - ( Montal page 61 - Table des Diapasons )
  3. Adolphe François Laurent ( 1796-1867 ) fut professeur de piano au Conservatoire de Paris et suppléant de Pierre Joseph Guillaume Zimmermann . Ce professeur de piano initia de nombreux élèves, dont le plus célèbre fut le compositeur Jules Massenet.
  4. Bibliographie de la France ou Journal de l'Imprimerie, No 6, samedi 9 février 1833
  5. Journal de Débats, politique & littéraire. 5 mars 1833
  6. Gazette des Théâtres - Journal des Comédiens, No 473, 4e année, jeudi 31 janvier 1833 (Voir sur Gallica)
  7. Berliner Muzikalische Zeitung (Journal Musical de Berlin) No 3, 20 avril 1833
  8. a et b Bibliographie de la France No 17, 23e année, samedi 26 avril 1834
  9. Journal : Le Constitutionnel . Lundi 21 Juillet 1834 - N° 103 - Chronique Musicale .
  10. Journal : Le Flaneur. - Journal des étrangers - 24-25-26 juillet 1834
  11. Gérard de Nerval : La Bohême Galante " p.136
  12. « Arbre généalogique - Claude Montal, VIP-2015 »
  13. Notices Biographiques sur 3 professeurs, anciens élèves de l'Institution royale des aveugles. par Alexandre René Pignier. Paris 1859
  14. Journal : L'Indépendant-Furet de Paris - Littérature, Beaux-Arts, Théâtre, Librairie, Industrie et Annonces. Dimanche 25 décembre 1836 - 10e Année.
  15. Agenda Musical - 2e Année - 1837 - par l'accordeur Planque. Edition Librairie E. Duverger - Paris 1837
  16. Notice biographique sur Claude Montal, facteur de pianos à Paris. par Joseph Guadet. Extrait des Annales de l'Éducation des Sourds Muets et des Aveugles. - Imprimerie Fain & Thunot - Paris 1845.
  17. Les facteurs d'instruments de musique à Paris au 19e siècle. Des artisans face à l'industrialisation . par Malou Haine - Edition de l'Université de Bruxelles. 1985
  18. La Société Académique des Enfants d'Apollon ( 1741 - 1880 ) par Maurice Decoucelle. Edition Durand Schoenewerk.Paris 1881. --- La Société Académique des Enfants d'Apollon : musiciens et intellectuels dans la société française 1741- 1891 , ( Thèse en anglais ) par Gabrielle Erise Clark - Edition Havard Unisersity- 2002
  19. Le Corsaire - Journal des Spectacles , de la Littérature , des Arts, des Mœurs et des Modes - 15 janvier 1824 - No 189 - IIe Année .
  20. Délibération 2017 DU 218.

Liens externesModifier

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