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Claude Karnoouh

anthropologue français
Claude Karnoouh
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Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Claude Karnoouh est un anthropologue, philosophe, essayiste et réalisateur de film documentaire français.

Il a été impliqué dans une controverse sur l'historiographie de la Shoah, après qu'il eut apporté son soutien à Robert Faurisson.

Sommaire

BiographieModifier

Claude Karnoouh est né le 25 mars 1940 à Paris 18e arrondissement dans une famille juive non pratiquante : ses grands-parents et une grande partie de sa famille élargie maternels sont morts dans les camps d'extermination nazis en Pologne[1].

Carrière universitaireModifier

Spécialiste d'anthropologie politique et culturelle, ainsi que de philosophie de la culture, il travaille pendant une grande partie de sa carrière sur les rites de passage des communautés rurales des Carpates du Nord de la Roumanie, avant que son travail ne s'oriente vers l'interprétation des bases ethnologiques et philosophiques de la pensée du nationalisme ethnique, sur la disparition de la civilisation paysanne, sur la construction des musées d'art populaire, sur les relations entre l'art et la politique.

Il est chercheur au CNRS entre 1968 et 2005 (section sociologie-démographie), mais aussi chargé de cours d'anthropologie aux Universités de Nanterre, Paris IV et à l'INaLCO. Il enseigne à Charlottesville (États-Unis), Urbino (Italie) et à l'Université de Budapest (Hongrie), à l'Université St-Joseph de Beyrouth (Liban).

Il est détaché entre 1991 et 2002 à l'Université Babeș-Bolyai de Cluj (Roumanie) et au Szechenyi Collegium de Budapest (Hongrie).

D'octobre 1996 à février 1997 et d'octobre 1998 à février 1999 il est pensionnaire au Collegium de Budapest (Hongrie).

Depuis 1968 il donne des conférences dans divers pays européens et aux États-Unis d'Amérique.

Pendant sa carrière, il est attaché aux institutions suivantes : groupe de recherches sociologiques (CNRS-Université Paris X-Nanterre) 1968-1984, IMSECO (Institut du monde soviétique, d'Europe centrale et orientale, CNRS-Paris IV) 1984-1998, Centre de recherche sur l'Europe médiane (INaLCO, 1999-2005).

Il prend sa retraite en mars 2005.

Il a été de 2008 à 2011 professeur invité de philosophie de la culture à l'université nationale d'Art de Bucarest (Roumanie) et depuis 2013, professeur invité au département d'anthropologie de l'Université de Bucarest.

Autres activitésModifier

Il est rédacteur en chef de la revue Études Rurales de 1971 à 1981, membre de la rédaction de Communication and Cognition (Université d'État de Gand (Belgique), puis membre de la rédaction de la revue des Études Slaves de 1996 à 2010.

Membre du Réseau Voltaire, il en démissionne en 2005 peu après son entrée dans la direction, à la suite de la controverse provoquée par cette entrée (dans le cadre de la crise de 2001).

Il est actuellement corédacteur en chef de la revue La Pensée libre (lapenseelibre.org) et depuis 2009 publie régulièrement dans trois revues roumaines des articles politiques et culturels d'inspiration à la fois marxiste et heideggerienne, CriticAtac, Cultura et Argumente si Fapte.

OuvragesModifier

  • articles édités en collaboration avec Bruno Drweski et Jean-Pierre Page, La Pensée libre, entre tradition, modernisme et postmodernisme, Tome 1 et 2, bb bloggingbooks, Sarrebruck 2014 (ISBN 978-3-8417-7397-5).
  • Raport asupra postcomunismului și alte eseuri incorecte politic. Traducere din limba franceză de Teodora Dumitru, Alexandria Publishing House, Suceava, 2014.
  • L'Odyssée du brave soldat Alexa: une chronique rimée de la Première Guerre mondiale, bilingue, français-roumain, notes et commentaires traduits du français par Teodora Dumitru, Edition du Musée national de la littérature, Bucarest 2014.
  • Autoportrait d'un adolescent vieillissant. Un petit roman sociographique, Éditions du Présent Littéraire, Arad 2011.
  • Inventarea poporului-națiune. Cronici din România și Europa Orientală (1973-2007), Ideea, Cluj 2011 (avec une préface de Sorin Antohi).
  • La Grande braderie à l’Est ou le pouvoir de la klepthocratie, sous la direction de Claude Karnoouh et Bruno Drweski, Le Temps des Cerises, Pantin 2005. « Introduction » et « de la chute du communisme à la tiers-mondisation ».
  • L'Europe post-communiste : essai sur la globalisation, L'Harmattan 2004.
  • Adio diferenției, deuxième édition augmentée, Ideea, Cluj 2001, 170p.
  • Postcommunisme fin de siècle: Essai sur l'Europe du XXIe siècle, L’Harmattan 2000, (ISBN 2738489664).
  • Vivre et survivre en Roumanie communiste, L’Harmattan, 2000 (en roumain à Dacia, Cluj 1999).
  • Comunism postcomunism și modernitate târzie, ed. Polirom, Iași 2000.
  • Cronica unui sfîrșit de secol (Chronique d’une fin de siècle), série d’essais publiés dans la revue Dilema (Bucarest) entre 1994 et 1998, Dacia, Cluj, 200p.
  • Dușmani noștri cei iubiți, Polirom, Iași 1997.
  • Petites chroniques d'Europe orientale et d'Ailleurs, Acratie 1996.
  • Adio diferenței (Traduction roumaine d’Adieu à la différence), Dacia, Cluj 1994, 189 p.
  • Românii. Tipologii și mentalități (Traduction roumaine de L'Invention du peuple), Humanitas, Bucarest 1994.
  • Adieu à la différence. Essais sur la modernité tardive, Arcantère, 1993.
  • Consensus et dissensions dans la Roumanie de Ceaușescu, Acratie, 1992.
  • L'invention du peuple, chronique de Roumanie, Arcantère, 1990, deuxième édition, revue corrigée et augmentée d'une postface, L'Harmattan, Paris 2008.
  • Paysans, femmes et citoyens, Actes Sud, 1980.
  • Le rite et le discours, introduction à la lecture de la versification populaire, Gand 1983.
  • Paysans et nations d'Europe centrale et balkanique, Maisonneuve et Larose, 1985.
  • Populisme, restauration et utopie, 1987.
  • « De l'usage du folklore ou les avatars du folklorisme », in Paysans & Nations d'Europe centrale et balkanique, édit par Cath. Durandin, Altan Gokalp, J-Ch Szurek, St. Damianakos et Cl. Karnoouh, Maisonneuve & Larose, Paris, 1985, 320p. Dans le même volume : « Repenser le folklore ? introduction au premier chapitre ». Traduction anglaise in Epistemology and Process: Anthropological views, edit by R. Rubinstein & R. Pinxten, Communication & Cognition, Gand 1985.
  • « Le paradoxe de l'observation en ethnologie », in Theory of Knowledge, edit by R. Pinxten et Cl. Karnoouh, Communication & Cognition, Gand 1980, 131 p. Résumé in Philosophical index, Ohio State University Press, 1983.

Autres publicationsModifier

Claude Karnoouh est l'auteur d'environ trois cents articles publiés dans diverses revues et en diverses langues.

Controverse sur l'historiographie de la ShoahModifier

En 1981, dans un essai[2], Claude Karnoouh déclare adopter la position de Noam Chomsky sur la liberté d'expression, expliquant que ce n'est ni à l'État ni à la justice d'instaurer un « dogme de vérité en histoire » concernant la Shoah, mais que la vérité dans le discours historique incombe à la responsabilité des historiens, et d'eux seuls.

C'est dans cette logique qu'il apporte son soutien à Robert Faurisson et déclare je crois qu'effectivement les chambres à gaz n'ont pas existé ; un certain nombre de « vérités de l'histoire officielle » ont fini par être révisées[3]. Pour Claude Karnoouh, si j'ai des réserves ou même de franches oppositions avec Faurisson, elles ne concernent pas les arguments techniques qu'il fournit pour démontrer l'inexistence de chambres à gaz, mais deux problèmes interdépendants : son estimation du nombre des victimes et son interprétation du nazisme. Par ailleurs, pour Claude Karnoouh, le Journal d'Anne Frank est un « faux postfactum » rédigé par le père de la jeune fille d'après des notes, expurgées, de celles-ci.

En décembre 1989, il précise exactement sa position dans une lettre envoyée à la revue La Nouvelle Alternative[4] : S'il est vrai qu'en un certain temps j'ai, comme Noam Chomsky, plaidé pour la liberté d'expression contre les procès d'opinion, et ce pour quelqu'un (Faurisson) dont je ne partageais pas l'essentiel des opinions (quoi qu'il en dise aujourd'hui), il est faux, voire mensonger d'affirmer que dans le long essai que j'ai écrit à cette occasion, « De l'Intolérance », et que votre lecteur rappelle, j'ai pu à un moment quelconque, nier le génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. En somme pour Karnoouh la Shoah est réelle (et éprouvée dans sa famille), mais certains faits particuliers comme les chambres à gaz peuvent être soumis à questionnement comme de possibles instrumentalisations a posteriori et méritent pour cela d'être revus sine ira nec studio (sans passion dans l'étude).

FilmographieModifier

  • Jours tranquilles en Lorraine: réalisateurs Jean Arlaud (Université Paris VII) et Claude Karnoouh (CNRS-Paris) ; producteurs : Comité du Film ethnographique du Musée de l'Homme et Groupe de recherche sociologique du CNRS; distributeur CNRS, Paris-Meudon. Ce film a reçu le prix du documentaire du Centre national du cinéma en 1976.
  • Retour au Maramures, quinze ans après : réalisé avec la télévision roumaine TVR2, juin 2000 : ce documentaire montre les transformations de cette région dans l'après-communisme.
  • Conservation et dévastation : autour des ruines du château de Bontida, documentaire de la chaîne TVR 2, 52 min, en collaboration avec Carmen Cristian, Juin 2001, dénonçant les insuffisances de la politique de conservation du patrimoine en Roumanie.

Notes et référencesModifier

  1. Didier Daeninckx, « Temps des cerises: le déshonneur du poète… (partie 2) », Amnistia.net, 12 juillet 2006
  2. « De l'Intolérance… », publié dans l'ouvrage collectif Intolérable Intolérance, édité aux éditions de la Différence, Paris, 1981
  3. Le Monde du 30 juin 1981, cité par amnista.net
  4. La Nouvelle Alternative no 16, décembre 1989

Liens externesModifier