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Claude Got
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Médecine, sécurité routière, santé publique
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Claude Got, né le à Sarreguemines, Moselle, est un professeur de médecine français, diplômé en 1965 de la faculté de médecine de Paris et spécialiste d’anatomie et de cytologie pathologique.

Son travail à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches l'amène à s'impliquer auprès des pouvoirs publics français dans le domaine de la sécurité routière sur des sujets comme le port obligatoire de la ceinture de sécurité, la définition des limitations de vitesse, les normes des casques des motocyclistes et les contrôles préventifs de l'alcoolémie.

Il intervient également dans d'autres sujets de santé publique : il participe ainsi à la rédaction de rapports sur l'alcool, le tabac, le sida, l'amiante qui sont à l'origine de mesures telles que la loi Évin.

Sommaire

De médecin légiste à expert de la sécurité routière

Implication dans les premières études d'accidentologie

En 1970, Claude Tarrière, un médecin travaillant à l'amélioration de la sécurité des véhicules chez Renault, demande à des médecins de l'hôpital de Garches de l'aider à améliorer les ceintures de sécurité inventées par le constructeur Volvo dont les voitures commencent à être équipées. Claude Got participe à cette étude, en particulier par la pratique d'autopsies d'accidentés, afin de préciser les causes de leur mort, et par celles de corps donnés à la science utilisés lors d'essais de choc[1]. Selon France Inter, cette étude pour Renault est déterminante car elle lui permet de travailler avec le constructeur sur les lésions mortelles lors des accidents. Claude Got dit avoir inventé l'« accidentologie »[2]

Son activité s'étend ensuite aux recherches sur les tolérances humaines aux chocs, aux accidents sous l'influence de l'alcool, puis à de nombreux domaines concernant aussi bien la sécurité active que la sécurité passive. Il collabore avec les responsables du Comité interministériel de la sécurité routière dès sa création en 1972 et participe à l'élaboration de rapports sur les connaissances dont ils ont besoin pour préparer les décisions gouvernementales destinées à améliorer la sécurité[2].

La baisse de la mortalité routière (de plus de 18 000 en 1972 à 12 000 morts en 1983[3]) qui suit les décisions de 1973 (port obligatoire de la ceinture de sécurité à l'avant et du casque en deux-roues motorisé, limitation généralisée de la vitesse, vérification de l'alcoolémie[3]) le conforte dans cette voie. En 1985, il est reconnu que les résultats ne sont pas suffisants, mais que « Si les causes des accidents sont complexes [...] il reste que les actions destinées à les prévenir ont déjà fait leur preuve de leur efficacité »[3].

Il ne cesse depuis de militer et soutenir les actions politiques dans ce domaine.

Réduire la vitesse : un impératif pour Claude Got

En 1991, ses réflexions sur les mécanisme décisionnels en santé publique sont publiées dans la Revue des Deux Mondes[4]. Dans les problèmes de santé publique, qu'ils soient de gestion financière ou de sécurité sanitaire, il estime que les problèmes ne sont pas posés par des extrêmes (minorité déviante de gaspilleurs, ou rôle des chauffards en sécurité routière) mais par les comportements « moyens ». Selon lui, le dérapage d'un système attribué à quelques-uns est un mythe. Prendre des mesures sur les comportements moyens est inutile si on ne se donne pas les moyens d'en vérifier l'application, et d'en évaluer les résultats. Pour ce faire, il prône l'existence de véritables écoles de santé publique, à l'instar de la Belgique et des États-Unis[4].

La difficulté des prises de décisions en santé publique est accentuée par la concurrence entre plusieurs pouvoirs partiels d'intérêt opposés, et l'instabilité de l'équilibre entre les libertés individuelles et l'intérêt général. C'est cette interaction permanente de différents pouvoirs qui fait évoluer un ensemble complexe, que personne ne peut prétendre gouverner. L'ambiguïté des positions françaises de santé publique (tabac, alcool...) peut être un facteur d'inégalité devant la mort. Il faut associer aux obligations actives une prévention passive. Got donne l'exemple suivant « Commercialiser une GTI turbo, qui peut atteindre 200 kilomètres à l'heure dans un pays où la vitesse est limitée, introduit un facteur de sélection. ». Got dénonce les contradictions, les décisions floues et faussement paritaires, en demandant des procédures de coordination de prise de décision, au niveau de ministères techniques dotés de véritables moyens[4].

Claude Got est le fondateur de l'Association pour l'interdiction des véhicules inutilement rapides (APIVIR)[5], créée en 2004. L'association est à l'origine d'un recours[6] rejeté par le Conseil d'État en 2006 concernant le bridage à 130 km/h de tout véhicule routier vendu sur le territoire français[5].

En 2013, en tant que membre du Comité des experts du Conseil national de la sécurité routière (CNSR), il préconise la limitation de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles nationales, départementales et communales où elle est limitée à 90 km/h[7]. En 2015, il démissionne de ce comité d'experts pour protester contre le refus du gouvernement de faire passer la vitesse sur ces routes de 90 à 80 km/h, avant même que le CNSR se prononce sur le sujet[8].

Le 16 juin 2018, Le Journal du dimanche publie les résultats d'une longue étude menée par lui pour la Ligue contre la violence routière, couvrant la période 2006-2015, et qui permet d'identifier, pour chaque département, les routes les plus accidentogènes[9], ainsi qu'une interview de Claude Got dans laquelle il affirme que la vitesse est le plus grand facteur de risque sur lequel on sait agir[10].

Le 28 décembre 2018, il publie une tribune dans le journal Libération titrée « La réduction de la vitesse, seule méthode efficace pour réduire les dépenses de carburant ». Dans cet article, il fait la proposition de réduire la vitesse maximale sur les autoroutes à 110 km/h pour réduire les dépenses liées au trafic, comme les émissions de gaz à effet de serre[11].

Autres interventions dans le domaine de la santé publique

La notoriété publique de Claude Got est acquise au début des années 1970, lors de la polémique médiatique sur l'obligation du port de la ceinture de sécurité. La mesure ayant montré son efficacité, Il est appelé dans les décennies qui suivent, comme conseiller et expert auprès des ministres de la santé.

Claude Got est conseiller technique en 1978 et 1979 au cabinet de la ministre de la Santé Simone Veil[2], puis dans le cabinet du ministre de la Santé Jacques Barrot de 1979 à 1981. Il est par exemple le rédacteur des décrets d’application de la loi de 1979 sur la réforme des études médicales, publiés en mai 1980, et instaurant véritablement l'application du Numerus Clausus créé en 1972[12].

En 1988, il remet à Claude Évin, ministre de la Santé, un rapport sur le sida, qui définit les grandes lignes de la lutte contre cette maladie[13].

En 1989, il participe aux côtés des professeurs Gérard Dubois, François Grémy, Albert Hirsch et Maurice Tubiana, à l'élaboration d'un rapport commandé par Claude Évin, ministre des Affaires sociales et de la Santé, qui leur demande de présenter des propositions pour améliorer l’action politique dans le domaine de la santé publique et de la prévention[13]. Selon le rapport rendu par les professeurs, il faut agir prioritairement dans le domaine de l’alcoolisme, du tabagisme et des maladies graves. Le gouvernement élabore la loi du , dite « loi Évin », en se fondant « largement » sur ce rapport rédigé par « les cinq sages de la santé publique »[14]. Cette loi encadre la publicité pour l'alcool et l'interdit pour le tabac. Elle impose des messages sanitaires (« Fumer nuit gravement à la santé », puis « Fumer tue ») sur les paquets de tabac[15],[16].

À la fin des années 1990, Claude Got quitte l'hôpital public où il exerçait[2]. En 1999, il est chargé d'une mission « Amiante » par le ministère de la Santé[17].

Relations avec les médias et réponses aux critiques

En janvier 2018, lors de la campagne menée pour la limitation à 80km/h hors agglomération, Claude Got est invité de l'émission de France-Inter "Une Semaine en France", animée par Claire Servajean[2]. Interrogé sur le fait qu'il se soit « fait pas mal d'ennemis », qui le qualifient de « triste sire » ou d'« ayatollah », il se qualifie lui-même comme étant « un anti-clérical relativement primaire » mais le « contraire d'un ayatollah »[18]. Il est ensuite l'invité de l'émission Le téléphone sonne avec Emmanuel Barbe, également partisan de la limitation à 80 km/h[19].

Bibliographie

Distinctions scientifiques

Trois distinctions lui ont été décernées par la Society of Automotive Engineers pour des activités d'accidentologie et de biomécanique :

  • 1979 : Ralph T. Isbrand award (SAE) ;
  • 1983 : Ralph T. Isbrand award (SAE) ;
  • 1983 : Arch T. Colwell merit award (SAE) ;
  • 1995 : prix de l'Institut des sciences de la santé en 1995 pour ses activités de santé publique.

Notes et références

  1. « 100 ans de ceinture de sécurité », sur Le Point, (consulté le 20 avril 2019)
  2. a b c d et e « Claude Got, spécialiste d'accidentologie », sur France Inter (consulté le 7 juillet 2019)
  3. a b et c Jean Moreau de Saint Martin, Routière (Sécurité), t. 16 (article), Encyclopaedia Universalis, , p. 214-217.
  4. a b et c Calude Got, « Les mécanismes décisionnels en santé publique », Revue des deux mondes « La santé en question »,‎ , p. 115-125. (ISSN 0750-9278, lire en ligne)
  5. a et b G. Acerra, « Bridage à 130 km/h : pas pour les voitures en tout cas… », Moto Magazine,‎ (lire en ligne)
  6. Luc Bronner, « Le bridage des moteurs constitue le nouvel espoir des spécialistes de la sécurité routière », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 26 juin 2019)
  7. « 80 km/h sur les routes : le Pr Claude Got veut encore moins ! », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2018)
  8. « Deux experts démissionnent pour protester contre le gouvernement qui abandonne sa sécurité routière », sur Le Point, (consulté le 20 avril 2019)
  9. « Département par département, les cartes des routes où la mortalité est la plus élevée en France », JDD,‎ (lire en ligne, consulté le 30 octobre 2018)
  10. « Claude Got : C'est la vitesse qui est meurtrière, pas la route », JDD,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2018)
  11. « La réduction de la vitesse, seule méthode efficace pour réduire les dépenses de carburant », sur Libération, (consulté le 29 décembre 2018)
  12. Daniel Wallach, Numerus clausus : Pourquoi la France va manquer de médecins, (ISBN 2817802063), p. 158
  13. a et b Pierre Bienvault, « Claude Got, le médecin qui ne renonce jamais », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 20 avril 2019)
  14. « François Grémy / Histoire de l'Inserm », sur histoire.inserm.fr (consulté le 26 juin 2019)
  15. « La loi Évin, une étape majeure dans la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme », sur Cairn.info,
  16. « 1991, Évin s’attaque au tabac et à l’alcool », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2018)
  17. « Claude Got », sur data.bnf.fr (consulté le 20 avril 2019)
  18. à partir de 40:25
  19. Faut-il abaisser la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateur central ? France Inter, Le Téléphone sonne, vendredi 5 janvier 2018

Articles connexes

Liens externes