Claude Arrieu

compositrice française

Claude Arrieu, de son vrai nom Louise-Marie Simon[1], est une compositrice française, née le dans le 8e arrondissement de Paris, ville où elle est morte le dans le 19e arrondissement[2].

Claude Arrieu
Claude Arrieu.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Louise-Marie SimonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Conservatoire national supérieur de musique et de danse (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Mère
Cécile Simon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfant
Martine Casadesus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Mouvement
Maîtres
Genre artistique
Distinction
Prix Italia ()Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Fille de la pianiste et compositrice Cécile Simon[3], Claude Arrieu acquiert dès son plus jeune âge une formation classique et s'intéresse particulièrement aux œuvres de Bach et de Mozart. Puis, elle découvre la musique moderne avec Igor Stravinsky. Mais ce sont Gabriel Fauré, Claude Debussy et Maurice Ravel qui l'attirent vraiment.

Rêvant d'une carrière de virtuose, elle entre en 1924 au Conservatoire de Paris et devient l'élève de Marguerite Long. En fait, elle suit les classes d'écriture de Georges Caussade, Noël Gallon, Jean Roger-Ducasse puis Paul Dukas. Elle obtient un premier prix de composition en 1932.

Dès lors, elle développe un style personnel. Elle s'intéresse particulièrement à l'évolution du langage musical et des différents moyens techniques offerts. En 1936, elle entre au Service des programmes de la Radiodiffusion française ou elle est metteuse en onde formée par Pierre Schaeffer[4]. Elle est cependant exclue de la radio en juillet 1941 car le second statut sur les juifs est mis en application[5]. Elle participe à l'aventure de la musique concrète en collaborant, notamment, à la série radiophonique expérimentale de Schaeffer, La Coquille à planètes (1943-1944)[6]. Elle ne continuera cependant pas de composer de la musique concrète qu'elle avoue ne pas comprendre.[7] Cette pièce ne sera toutefois diffusée qu'après la libération, en 1946[8].

En 1949, Claude Arrieu remporte le prix Italia de la RAI pour Frederic general.

Elle est la demoiselle d'honneur de Claire Delbos lors de son mariage avec Olivier Messiaen.

ŒuvresModifier

Claude Arrieu écrit pour toutes les formations, compose des œuvres de « musique pure » et d'autres appropriées au théâtre, au cinéma, à la radio, au music-hall, ajoutant à ses dons habituels le sens dramatique ou comique ainsi que le goût du rythme et des images.

Elle compose des concertos pour piano (1932), pour deux pianos (1934), deux concertos pour violon (1938 et 1949), des concertos pour flûte (1946) et pour trompette et cordes (1965), dans lesquels elle manifeste le souci de mettre en valeur l'instrument soliste. Elle écrit également, une Petite Suite en cinq parties (1945), une Suite funambulesque (1961), un concerto pour quintette à vent et cordes (1962) et des Variations classiques pour cordes (1970).

Parmi les pièces de musique de chambre les plus importantes, il faut signaler son Trio d'anches (1936), sa Sonatine pour deux violons (1937), son Quatuor pour clarinettes (1964) ou encore sa Sonatine pour flûte et piano qui fait grande impression lors de sa création à la radio en 1944 par Jean-Pierre Rampal et H. Moyens.

Elle a laissé des œuvres instrumentales importantes et c'est cependant la musique vocale qui a marqué sa carrière : la voix l'a beaucoup inspirée et elle a mis en musique des poèmes de Joachim du Bellay, Louise de Vilmorin, Louis Aragon, Jean Cocteau, Jean Tardieu, Paul Éluard. Son premier opéra-bouffe, Cadet Roussel sur un livret d'André de la Tourasse et de Jean Limozin, est représenté à l'Opéra de Marseille le . En 1960, La Princesse de Babylone, opéra-bouffe sur un livret de Pierre Dominique d'après Voltaire, est désignée comme le meilleur spectacle de la décentralisation lyrique.

De nombreuses mélodies sont écrites. On peut citer les Chansons Bas, pour chant et piano d'après les poèmes de Mallarmé (1937), Candide, musique radiophonique sur des textes de Jean Tardieu d'après Voltaire. À la Libération, sa Cantate des sept poèmes d'amour en guerre sur des poèmes de Paul Éluard est d'une grande sobriété dans son instrumentation.

FilmographieModifier

TémoignageModifier

Pierre Schaeffer écrit : « Claude Arrieu est bien de son époque par une vertu de présence, un instinct d'efficacité, une audacieuse fidélité. Qu'importe les moyens, concertos ou chansons, les publics, l'élite des concerts ou la foule des spectateurs, pourvu que l'émotion au travers d'une technique impeccable et dans une spirituelle vigilance, trouve le chemin du cœur. »[9]

Notes et référencesModifier

  1. Notice d'autorité de Claude Arrieu à la BNF
  2. Archives de Paris 8e, acte de naissance no 2433, daté du 2/12/1903 (avec mention marginale de décès) (page 16/30)
  3. Notice d'autorité de Cécile Simon à la BNF
  4. Kaltenecker, Martin, 1957- ..., Le Bail, Karine, 1970- ... et Impr. IME), Pierre Schaeffer : les constructions impatientes ..., Paris, CNRS éd, dl 2012, 220 p. (ISBN 978-2-271-07071-5 et 2271070716, OCLC 798388822, lire en ligne), p. 30, 132
  5. Kaltenecker, Martin, 1957- ..., Le Bail, Karine, 1970- ... et Impr. IME), Pierre Schaeffer : les constructions impatientes ..., Paris, CNRS éd, dl 2012, 220 p. (ISBN 978-2-271-07071-5 et 2271070716, OCLC 798388822, lire en ligne), p. 30
  6. Kaltenecker, Martin, 1957- ..., Le Bail, Karine, 1970- ... et Impr. IME), Pierre Schaeffer : les constructions impatientes ..., Paris, CNRS éd, dl 2012, 220 p. (ISBN 978-2-271-07071-5 et 2271070716, OCLC 798388822, lire en ligne), p. 132,133, 142
  7. Germain, Pierrette. et Association femmes et musique., Compositrices françaises au XXème siècle., Delatour, (ISBN 2-7521-0043-4 et 978-2-7521-0043-6, OCLC 163616754, lire en ligne)
  8. Gayou, Évelyne., Le GRM, Groupe de recherches musicales : cinquante ans d'histoire, Paris, Fayard, impr. 2007, 520 p. (ISBN 978-2-213-63561-3 et 2213635617, OCLC 470521638, lire en ligne), p. 26
  9. Dictionnaire des musiques, dictionnaire des musiciens, Paris, Encyclopaedia Universalis, dl 2009, 158 p. (ISBN 978-2-85229-417-2, 2852294176 et 9782852294189, OCLC 495228416, lire en ligne)

Liens externesModifier