Claude André

prélat catholique
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Claude André
Biographie
Naissance
Montluel
Décès
Paris
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Par Mgr Étienne Hubert de Cambacérès
Quimper
Autres fonctions
Fonction religieuse
Chanoine de l'église cathédrale de Troyes
Vice-gérant de l'officialité de ce diocèse
Chanoine du chapitre de Saint-Denis

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Claude André (baron André en 1808), né le [1] à Montluel (Ain) et décédé le à Paris, est un homme d'Église, évêque français de l'Église catholique romaine des XVIIIe et XIXe siècles.

BiographieModifier

Claude André était né à Montluel, ville de Bresse, le , d'une famille honorable. Fils d'un boulanger[2] de cette petite ville, il embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique.

À TroyesModifier

Après avoir fait ses études avec succès et être parvenu au doctorat, il fut pourvu d'un canonicat dans l'église cathédrale de Troyes et devint vice-gérant de l'officialité de ce diocèse (1790).

« Il ne se souilla point à l'époque de la révolution par un serment sacrilège[3]. » Modeste et sans ambition, il était destiné, si la Révolution française ne l'eût élevé, à passer sa vie paisiblement au dernier rang du clergé, André échappa aux orages de la Révolution.

Évêque de QuimperModifier

À la suite du Concordat de 1801 passé entre le premier consul Bonaparte et Pie VII, s'étant montré favorable aux nouveaux principes et bénéficiant de la faveur dont jouissait son frère auprès du gouvernement consulaire, on le désigna comme un ecclésiastique de mérite au Premier Consul Bonaparte, qui le choisit pour remplir le siège de Quimper.

Il semble que M. André avait un pressentiment des peines qui l'attendaient dans l'épiscopat ; ce qui est certain, c'est qu'il ne l'accepta qu'avec répugnance. Le , il fut sacré à Paris, dans l'église Saint-Roch, par Mgr Cambacérès, archevêque de Rouen et depuis cardinal, assisté de MM. de Barral, évêque de Meaux, et de Duvalk-Dampierre, évêque de Clermont.

Le nouveau prélat, ayant pris possession de son siège, ne tarda pas à éprouver les contrariétés les plus pénibles de la part de certains membres de l'autorité civile. À cette époque, les plus chauds partisans de la Révolution occupaient encore presque toutes les places. Les circonstances avaient un peu comprimé la haine dont ils étaient animés contre la religion et ses ministres, et dont ils avaient donné tant de preuves ; mais elle était loin d'être éteinte, et ils laissaient rarement échapper l'occasion de la satisfaire. Ils s'appliquèrent donc à paralyser les bonnes intentions qu'avait Mgr André pour le bien de son diocèse.

Se laissant émouvoir par les difficultés que présentait en ce moment l'administration du diocèse, il s'y montra peu disposé à fléchir devant toutes les exigences du nouveau gouvernement, et en 1804 donna sa démission à la suite de quelques démêlés qu'il eut avec le préfet du Finistère et d'autres désagréments relatifs à son autorité épiscopale.

Sa démission ayant été acceptée en 1804, il se retira à Paris. Le zèle dont il était animé ne lui permit pas d'être oisif dans sa nouvelle situation : il rendit de nombreux services au diocèse de Paris, qui, en 1808, fut privé de son premier pasteur, en la personne de Jean Baptiste de Belloy, et qui resta de longues années sans archevêque. D'autres diocèses qui se trouvaient dans la même position eurent aussi recours à la complaisance de l'ancien évêque de Quimper.

Chapitre de Saint-DenisModifier

Dès la création du chapitre impérial de Saint-Denis, en 1806, M. André en était devenu membre.

Il avait conservé son traitement d'évêque, comme un hommage rendu à ses vertus, mais il ne profitait guère pour lui-même des revenus attachés à ce canonicat. Vivant très simplement, il distribuait en aumônes tout ce qui ne lui était pas rigoureusement nécessaire, et s'imposait même des privations pour soulager les pauvres ; aussi, à sa mort, ne laissa-t-il rien.

En , il avait assisté à la réunion du Champ de mai sur la désignation de Napoléon Ier.

Invité fréquemment à remplir diverses fonctions épiscopales, il s'y prêtait volontiers et avec beaucoup de complaisance. C'était lui qui faisait les ordinations à Paris. Il alla aussi à Bourges en 1818 pour le même objet, quoique sa santé fut déjà très-affaiblie ; elle devint bientôt de plus en plus chancelante ; enfin, après quelques jours de maladie, il mourut à Paris, à l'âge de soixante-quatorze ans, le . Cette perte ne pouvait qu'être vivement sentie à une époque où les besoins des églises étaient tels qu'on était forcé de recourir dans quelques diocèses à des évêques étrangers[4].

Mgr André était le frère d'André d'Arbelles, journaliste. Un autre de ses frères, notaire à Lyon, ayant été compromis par des papiers, trouvés dans les appartements du roi, après la journée du 10 août 1792, fut décrété d'arrestation par la Convention, le 2 décembre de la même année. Il échappa d'abord aux poursuites de ses ennemis ; mais ayant été pris, après le siège de Lyon, il fut traduit à la commission révolutionnaire établie dans cette ville, condamné à mort et exécuté en  : il était âgé de 41 ans, et né aussi à Montluel.

Lignée épiscopaleModifier

  1. Monseigneur l'évêque Claude André (1802) ;
  2. Son Éminence Étienne Hubert de Cambacérès (1802) ;
  3. S.E. Giovanni Battista Caprara Montecuccoli (1766) ;
  4. Sa Sainteté Carlo della Torre di Rezzonico (pape sous le nom de Clément XIII) (1743) ;
  5. S.S. Prospero Lorenzo Lambertini (pape sous le nom de Benoît XIV) (1724) ;
  6. S.S. Pietro Francesco Orsini de Gravina, en religion Vicenzo Maria Orsini (pape sous le nom de Benoît XIII), O.P. (1675) ;
  7. S.E. Paluzzo Paluzzi Altieri degli Albertoni (1666) ;
  8. S.E. Ulderico Carpegna (1630) ;
  9. S.E. Luigi Caetani (1622) ;
  10. S.E. Ludovico Ludovisi (1621) ;
  11. Mgr l'archevêque Galeazzo Sanvitale (it) (1604) ;
  12. S.E. Girolamo Bernerio, O.P. (1586) ;
  13. S.E. Giulio Antonio Santorio (1566) ;
  14. S.E. Scipione Rebiba.

ConsécrationsModifier

Claude André fut le principal consécrateur de :

Il fut également le principal coconsécrateur de :

FonctionsModifier

TitresModifier

ArmoiriesModifier

Figure Blasonnement
Armes du baron André et de l'Empire

De gueules au lévrier passant d'argent colleté et bouclé d'or, au comble cousu d'azur chargé d'un soleil d'or ; au franc-quartier des barons évêques.[5],[6]

Livrées : rouge, blanc, bleu et violet[5].

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Alphonse de Beauchamp, Pierre François Félix Joseph Giraud, Joseph Fr. Michaud et Henri Louis de Coiffier de Moret, Biographie moderne : ou Dictionnaire biographique, de tous les hommes morts et vivans qui ont marqué à la fin du XVIIIe siècle et au commencement de celui-ci, par leurs écrits, leur rang, leurs emplois, leurs talens, leurs malheurs, leurs vertus, leurs crimes, et où tous les faits qui les concernent sont rapportés de la manière la plus impartiale et la plus authentique, P.-J. Besson, , 2e éd. (lire en ligne) ;
  • Biographie moderne : ou galerie historique, civile, militaire, politique et judiciaire: contenant les portraits politiques des Français de l'un et de l'autre sexe, morts ou vivans..., vol. 1, Alexis Eymery et Delaunay, (lire en ligne) ;
  • Alphonse de Beauchamp et Étienne Psaume, Biographie moderne, ou, Galerie historique, civile, militaire, politique, littéraire et judiciaire : contenant les portraits politiques de Français de l'un et de l'autre sexe, morts ou vivans, qui se sont rendus plus ou moins célèbres, depuis le commencement de la révolution jusqu'à nos jours, par leurs talens, leurs emplois, leurs malheurs, leur courage, leurs vertus ou leurs crimes, vol. 1, A. Eymery, , 2e éd. (lire en ligne) ;
  • Jean-Irénée Depéry, Biographie des hommes célèbres du département de l'Ain : qui se sont distingués par leurs sciences, leurs talens, leurs actions, leurs vertus ou leurs vices, vol. 1 à 2, Bottier, (lire en ligne) ;
  • Guy Alexis Lobineau et Hyacinthe Morice, L'Église de Bretagne, depuis ses commencements jusqu'àa nos jours : ou histoire des siéges épiscopaux, séminaires et collégiales, abbayes et autres communautés régulières et séculières de cette province, Chez Méquignon Junior, , 640 p. (lire en ligne) ;
  • Biographie universelle : ou dictionnaire de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, depuis le commencement du monde jusqu'la ce jour d'après la biographie universelle ancienne et moderne de Michaud, vol. 1 : AA - Azzolini, Ode, (lire en ligne) ;
  • Biographie universelle, ancienne et moderne : Ouvrage rédigé par plus de 300 Collaborateurs, nouv. Éd. (revue), corrigée et considerablement augmentée, vol. 1 à 2, (lire en ligne) ;
  • Jean-Baptiste Ogée, Alphonse Marteville et Pierre Varin, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne : dédié à la nation bretonne, vol. M-Z, Mollieux, (lire en ligne) ;
  • Jean Marie Mayeur Mayeur, Yves Marie Hilaire Hilaire et Michel Lagrée, Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, vol. 3, Editions Beauchesne, , 425 p. (ISBN 978-2-7010-1202-5, lire en ligne) ;

Notes et référencesModifier

  1. Baptisé à la paroisse ND-des-Marais. Acte de baptême sur http://www.archives-numerisees.ain.fr/etatcivil.html
  2. C'est ainsi que Jean-Baptiste André, père de Claude est désigné dans l'acte de baptême de son fils.
  3. Guy Alexis Lobineau et Hyacinthe Morice, L'Église de Bretagne, depuis ses commencements jusqu'àa nos jours : ou histoire des siéges épiscopaux, séminaires et collégiales, abbayes et autres communautés régulières et séculières de cette province, Chez Méquignon Junior, , 640 p. (lire en ligne)
  4. Joseph Jauffret, Mémoires historiques sur les affaires ecclésiastiques de France : pendant les premières années du dix-neuvième siècle, vol. 3, Adrien Le Clere, , 432 p. (lire en ligne)
  5. a et b PLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).
  6. Tout sur l'héraldique : dessin de blasons et d'armoiries sur toutsurlheraldique.blogspot.com

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

ChronologiesModifier