Ouvrir le menu principal
Article général Pour un article plus général, voir Stratification sociale.

La classe moyenne supérieure est une classe sociale qui regroupe les individus de la classe moyenne dont les revenus sont les plus élevés (en France, supérieurs à 26 760 euros par an / 2 230 euros par mois, selon étude en 2015[1], ou à 30 828 euros nets par an / 2 569 euros nets par mois, selon l'INSEE[2]). En tant que membres de la classe moyenne, leurs revenus restent inférieurs à ceux de l'élite entrepreneuriale et de certaines professions libérales réglementées[3],[4] (soit "les 1%" de la population, dont le revenu mensuel minimum en 2018 – avant impôt et prestations sociales – s'élève à 8 850 euros pour une personne seule et à 18 590 euros pour un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans[5],[6] et qui dispose d'un patrimoine minimum net – une fois l’endettement déduit – de 2,5 millions d’euros[7],[8]).

Sommaire

DéfinitionModifier

On y trouve surtout des cadres, des professions libérales, des chefs d'entreprise (dont certains commerçants et des artisans indépendants) et des fonctionnaires de catégorie A.

Depuis les crises économiques des années 1970, la classe moyenne supérieure se distingue de plus en plus de sa fausse jumelle, la classe moyenne inférieure ; la première étant caractérisée par son ascension sociale, l'autre par son déclassement.[réf. nécessaire]

Ménages aisésModifier

La classe moyenne supérieure soit les ménages aisés, en reprenant l'approche du Crédoc et de l'Observatoire des inégalités, ont des revenus supérieurs au seuil de 80 %, c’est-à-dire le revenu en dessous duquel 80 % de la population française se situe[1]. Ils gagnent cela dit moins que les ménages dits riches[1].

Pour intégrer les classes aisées, il faut donc faire partie des 20 % des foyers les plus riches de France[9]. En d'autres termes pour un célibataire, il faut disposer d'un revenu, après impôts sur le revenu et impôts locaux, d'au moins 30 000 euros environ par an et pour un couple, de plus de 44 000 euros par an. Avec un enfant de moins de 14 ans, il faut disposer de 53 244 euros par an et jusqu'à 62 000 euros par an pour un couple avec deux enfants.[9]

Par ailleurs, les 10 % des ménages[10] les plus riches ont un patrimoine net supérieur à 534 800 euros et ces 10 % les plus riches (ou le 10e décile)[11],[12] concentrent près de la moitié du patrimoine brut total (en 2015, selon les derniers chiffres connus)[13]. De plus, leurs revenus par unité de consommation sont supérieurs à 37 510 euros par an (soit 3 126 euros par mois) pour un célibataire et à 78 771 euros par an (soit 6 564 euros par mois) pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans[14].

En excluant les 5 % de la population la plus riche : pour une personne seule la barre supérieure est proche de 47 000 euros, après impôts sur le revenu et impôts locaux, et monte jusqu'à près de 98 500 euros pour un couple avec deux enfants. Ce serait donc entre ces deux bornes (entre les 80 % les moins riches et les 5 % les plus riches) que se situerait la classe moyenne supérieure.[9]

Individus aisés et « pouvoir de l’opinion »Modifier

Selon l'étude « Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle » (2010) des économistes Thomas Piketty, Camille Landais et Emmanuel Saez, spécialistes de la fiscalité et des inégalités économiques, les classes moyennes aisées en France regrouperaient tous les individus touchant au moins 6 100 euros bruts mensuels[15] et/ou disposant d'un patrimoine minimum net de 768 000 euros par adulte[16],[17],[18], représentant 4,5 millions de personnes.

Selon l’économiste et sociologue américain Richard V. Reeves, les classes moyennes supérieures possèdent un poids politique particulièrement élevé ; leur taux de participation électorale atteint 80 % et, surtout, elles détiennent le « pouvoir de l’opinion ». La plupart des positions-clés dans les milieux qui orientent la vie publique sont occupées par des membres de cette classe : dans les médias, les instituts de sondage, dans la publicité, dans les sciences ou à l'université. Selon Reeves, elles influent en faveur d'une économie mondialisée, de l'immigration et du libre-échange, étant elles-mêmes à l'abri de la concurrence sur le marché du travail[19].

BibliographieModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Julien Marion, Appartenez-vous à la classe moyenne ?, BFM Business, 30/09/2015.
  2. Julien Marion, « La classe moyenne est passée de 54 à 58,7 % de la population », sur bfmtv.com, .
  3. Les classes moyennes sous pression
  4. Luc Arrondel, "Le patrimoine, élément fondateur ?", www.constructif.fr, novembre 2012.
  5. Rémi Clément, « Rémunération, profession, patrimoine: qui sont vraiment les 1% des Français les plus riches ? », sur www.challenges.fr, (consulté en ))
  6. Guillaume de Calignon, « Qui sont les Français les plus riches ? », sur lesechos.fr,
  7. « A partir de quels revenus et patrimoine est-on considéré comme riche ? », sur www.challenges.fr,
  8. Alexandre Mirlicourtois (Xerfi Canal), « C'est quoi "être riche" : revenus et patrimoines », sur http://www.xerficanal-economie.com,
  9. a b et c Alexandre Milicourtois (Xerfi), Le revenu des classes moyennes supérieures est affaibli, La Tribune, 03/06/2016.
  10. Statistiques - Tableaux de l'économie française, Édition 2018. Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE)
  11. Louis Maurin, La mesure des inégalités : qu’est-ce qu’un « décile » ? A quoi ça sert ?, Observatoire des inégalités, 19 août 2016.
  12. Samuel-Frédéric Servière, Les 10% les plus aisés paient 50% de l'addition IR + CSG + TH, Fondation IFRAP, 20 juillet 2017.
  13. Jean-Christophe Catalon, Pauvre, classe moyenne, riche: où vous situez-vous par rapport au reste des Français?, BFM Business, 05/06/2018.
  14. Guillaume Fonteneau, Faites vous partie de la classe moyenne ? Êtes vous riche ou pauvre en revenu ?, www.leblogpatrimoine.com, 10 septembre 2018.
  15. http://www.revolution-fiscale.fr/le-systeme-actuel/revenus-et-patrimoines-en-france/18
  16. http://www.revolution-fiscale.fr/le-systeme-actuel/revenus-et-patrimoines-en-france/17
  17. http://www.revolution-fiscale.fr/le-livre
  18. http://www.revolution-fiscale.fr/le-projet
  19. Richard V. Reeves, « Classe sans risque », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 22 octobre 2017)