Cilette Cretton

personnalité politique et féministe suisse

Cilette Cretton
Illustration.
Fonctions
Députée à l'Assemblée constituante valaisanne
En fonction depuis le
Élection 25 novembre 2018
Groupe politique Appel citoyen
Députée au Grand Conseil valaisan
Biographie
Nom de naissance Cilette Deslarzes
Date de naissance (76 ans)
Lieu de naissance Bagnes
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique Parti libéral-radical
Diplômé de Université de Fribourg
Profession Pédagogue

Cilette Cretton, née Deslarzes le à Bagnes, est une féministe[1] et personnalité politique valaisanne, membre et présidente du Parti radical démocratique valaisan cantonal, connue pour sa défense de la reconnaissance des droits féminins[2],[3],[4].

BiographieModifier

Issue d'une famille d'enseignants, Cilette Cretton effectue sa formation scolaire obligatoire à Sierre. Elle entre en 1961 à l'école normale de Sion, jusqu'en 1966. A 21 ans, elle entre à l'université de Fribourg afin de suivre une formation en pédagogie qui aboutira par l'obtention d'un diplôme en « pédagogie curative » en 1968[5].

En 1968, elle œuvre à diriger une classe d’enfants mentalement handicapés à l’école « La Bruyère[6] ». Cilette Cretton considère la marginalisation de ces enfants comme problématique[7]. Elle exprime l'avis selon lequel il est nécessaire de s'investir pour que ces derniers sortent de leur ghetto et soient pleinement intégrés dans les classes traditionnelles[8].

Lors de son élection au Grand Conseil du Canton du Valais en 1973[9], elle interpelle le département de l’Instruction publique afin que les enfants handicapés aient droit au même type de scolarisation que les autres enfants.

D’enseignante spécialisée, elle devient enseignante d’appui, travaillant en collaboration avec les enseignants primaires.

En 1992, le syndicat des enseignants romands (à l’époque Société Pédagogie romande) l’engage en tant que rédactrice en chef de sa revue L'Éducateur[10]. Elle exerce cette activité durant dix ans et en 2001, change d’orientation[11]. Le Conseil d'État du canton de Vaud l'engage en tant que directrice pédagogique pour l’enseignement obligatoire. Elle poursuit cette activité jusqu’à l’âge de la retraite, en 2013.

Elle consacre les deux dernières années de sa carrière à la rédaction de la nouvelle loi scolaire vaudoise[12],[13],[14], à la suite de l’adoption du projet HarmoS (projet d’harmonisation scolaire intercantonale) en Suisse.

Elle s'engage également en 2016 en faveur d'une meilleure intégration scolaire des enfants arrivés en Suisse à la suite de la migration de leurs parents[15].

JournalismeModifier

Elle écrit son premier article de presse à l’âge de 19 ans (1964), à l’occasion d’un stage d’été passé dans une rédaction locale, celle de la Feuille d’avis du Valais. Elle collabore ensuite durant de longues années au Confédéré, organe du Parti radical valaisan (PRDV)[16].

Elle poursuit ce même type de collaboration, avec La Tribune de Lausanne (Le Matin actuel), la revue Femina, la revue Treize Étoiles, le journal Femmes suisses, le Nouvelliste ou l’Éducateur. Comme en politique, ses thèmes de prédilection concernent l’école et l’évolution de la cause des femmes.

De 1986 à 1998, elle est membre de la première commission cantonale sur l’égalité : la commission d’étude de la condition féminine en Valais. Dans ce cadre, elle contribue[17] à la rédaction de plusieurs rapports sur des questions relatives à la condition des femmes en Valais touchant au domaine de la formation[18], de la fiscalité, de la place des femmes dans l’administration cantonale, de l’intégration des femmes en politique et de la création d’un bureau de l’égalité, qui aboutit en 1996, soit dix ans après la création de la commission. Ces rapports ont fait l’objet d’une publication. Certaines propositions qu’ils contenaient ont fait l’objet de débats au Grand Conseil[19].

Engagement politiqueModifier

Avec Françoise Vannay-Bressoud, Marie-Jo de Torrenté, Jacqueline Pont, Madeleine Mabillard, Liliane Mayor-Berclaz et Cécile Kummer, elle est élue députée au Grand Conseil du Canton du Valais en 1973[20]. Elle y restera jusqu'en 1985.

En 1992, elle devient la première présidente du Parti radical-démocratique valaisan[21],[22] et le reste jusqu'en 1996[23]. Elle présente sa candidature au conseil d'État valaisan en 2001[24] mais sans succès[25].

Elle lance en 2014 une initiative populaire pour un État laïc en Valais, prônant la séparation de l’Église et de l’État[26]. Elle se présente à l'Assemblée constituante valaisanne en 2018 et est élue sous les couleurs d'Appel citoyen.

Engagement féministeModifier

En 1975, elle milite pour créer des centres de planning familial régionaux[27] qui ont pour but de promouvoir l'éducation sexuelle[28]. Elle est membre de la commission cantonale de l'égalité entre 1984 et 1993. Elle est également une des membres fondatrices de l'association Solidarité Femmes qui soutient les politiciennes qui se portent candidates[1]. En 1986 elle contribue à l'élaboration du rapport de la commission d'égalité relatif à la sous-représentation des femmes valaisannes en politiques[19].

Elle s'oppose à l'interdiction du port du voile notamment à l'école[29],[30] pour ne pas en faire un facteur d'exclusion et de discrimination d'une religion particulière.

Elle apporte également un soutien actif à l'association Via Mulieris qui voit le jour en 2014, à la suite du constat de l'absence de femmes dans les commémorations des 200 ans de l'entrée du Valais dans la Confédération[31].

PublicationsModifier

Cilette Cretton, L'école et la formation des filles, Commission d'étude sur la condition féminine en Valais, Sion, Département de l'intérieur, 1986, 92 p. 

Cilette Cretton et Inès Mengis, Les femmes et la politique en Valais, Commission d'étude sur la condition féminine, trad. Inès Mengis, Sion, Département de l'intérieur, 1988, 135 p. 

Cilette Cretton, Les femmes dans l'administration cantonale, Commission d'étude sur la condition féminine, trad. Marie-Claire Schellenberg, Sion, Département de l'intérieur, 1989, 173 p. 

Cilette Cretton, «Séparer ou intégrer?» L'enfant en Valais 1815-2015, Annales Valaisannes, 2016, p. 266-269.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Florence Hervé et Brigitte Mantilleri, Histoires et visages de femmes, Cabedita, , 167 p. (ISBN 2-88295-411-5), p132-132
  2. « Assemblée générale du parti radical démocratique de Martigny. Ne pas se reposer sur les succès du passé », Le Confédéré, no 10,‎ 1973.
  3. « Histoire du suffrage féminin en Valais | Cilette Cretton, ancienne députée au Grand Conseil | 02.05.2015 at 11:43 | Part of Valais: venir, partir, rester, devenir - Regards croisés sur un territoire en mouvement | Sierre, Suisse », sur portal.klewel.com (consulté le )
  4. « Les Femmes et la Politique en valais : Un pas en avant, un pas en arrière », Femmes suisses et le Mouvement féministe : organe officiel des informations de l'Alliance de Sociétés Féminines Suisses, no (73) 1985 cahier 4,‎ (lire en ligne)
  5. Stéphanie Germanier, « Elles lui ont tiré le portrait: Cilette Cretton, la corvée de féminisme pour servir la révolte », Le Nouvelliste,‎ (lire en ligne  , consulté le ).
  6. « Institut - Centre scolaire "La Bruyère" : Enfants et Adolescents handicapés, Sion - Valais Family - lafamily.ch », sur www.valaisfamily.ch (consulté le )
  7. Plaidoyer pour l'integration, edito de Cilette Cretton l'Educateur, no 9, 1998
  8. « conférence sur l'intégration dans l'école publique, 3 mai 2011 »
  9. Procès-verbal de la séance constitutive (48e législature) 1973-1977
  10. L. Palandella et J. Thévoz, Bref historique de L’Educateur /L’Educateur a 140 ans sur saen.ch, janvier 2004
  11. Cilette Cretton quitte l'Educateur L'Éducateur, 7 septembre 2001
  12. « Vidéo : Interview de Cilette Cretton, responsable pédagogique », sur Play RTS (consulté le )
  13. « Un livre anniversaire célèbre «l’École romande» », sur 24heures.ch/ (consulté le )
  14. « Et si tous les élèves suisses étaient égaux? - Le Régional, l'accent de votre région », sur www.leregional.ch (consulté le )
  15. « Johan Rochel: « Les citoyens ont mis le Conseil fédéral dans une position impossible » », sur www.letemps.ch (consulté le )
  16. Cilette Cretton, « Profession : Entraîneur », Le Confédéré,‎
  17. « Localisation & Réservation : Les Femmes dans l'administration cantonale », sur www.swissbib.ch (consulté le )
  18. Martine Chaponnière, Devenir ou redevenir femme : L'Éducation des femmes et le Mouvement féministe en Suisse, du début du siècle à nos jours, Librairie Droz, , 314 p. (ISBN 978-2-88442-004-4, lire en ligne)
  19. a et b Antoine Cretton, « Commission de l'égalité, 1986, itw Cilette Cretton », (consulté le )
  20. « Élections au Grand Conseil », Nouvelliste,‎
  21. « Madame Cilette Cretton, présidente », Le Confédéré,‎
  22. « Le 1er Festival et le Premier Discours de Cilette Cretton », Le Confédéré,‎
  23. « M. Claude Oreiller, président », Le Confédéré,‎
  24. « Cilette Cretton, la rebelle », Nouvelliste, no 60,‎ , p. 22
  25. « Le gouvernement valaisan reste un bastion masculin », sur swissinfo.ch, (consulté le )
  26. « Lancement d'une initiative populaire valaisanne pour un État laïc », sur www.laliberte.ch (consulté le )
  27. « Le Valais aussi », sur RTS,
  28. Pauline Burnier, « Cilette Cretton: 50 ans de lutte », Le Matin,‎ (lire en ligne [PDF])
  29. « Hijab à l'école: l’insoutenable légèreté de Cilette », sur boulevarddelislamisme.blog.tdg.ch (consulté le )
  30. « Porter le voile à l'école en Suisse "n'est pas une expérience facile" », sur rts.ch (consulté le )
  31. « Via Mulieris » (consulté le )