Chrysiridia rhipheus

espèce d'insectes

Chrysiridia rhipheus est une espèce de lépidoptères diurnes de la famille des Uraniidae et du genre Chrysiridia, un des trois genres d'Uraniidae composés de papillons diurnes.

DescriptionModifier

L'imago de cette espèce est parfois considéré comme l'un des plus beaux papillons du monde. Son envergure varie entre 70 et 90 mm et peut atteindre exceptionnellement 110 mm.

Le dessus des ailes antérieures présente un fond noir marqué de doré, tandis que ses ailes postérieures ont une aire basale noire, une aire médiane blanche, dorée et rouge, ainsi que plusieurs queues.

Le revers des ailes antérieures est bleu clair marqué de noir, celui des postérieures comporte une petite portion basale vert doré et une large bande dorée puis rouge et rose iridescent dans la partie anale. Les queues sont bleu clair et blanches.

Ces couleurs dépendent de la polarisation de la lumière.

 
Chrysiridia rhipheus les deux faces du même specimen
Muséum de Toulouse

ChenilleModifier

Les chenilles sont blanc-jaune à taches noires et hérissées de poils. Elles sont toxiques grâce au latex toxique de leurs plantes-hôtes.

 
chenille au dernier stade

BiologieModifier

 
Chrysiridia rhipheus vit à Madagascar, ici photographié près de Mahajanga.

Il n'a pas de diapause mais les populations sont plus nombreuses de mars à août. Le stade de chenille dure de 2 à 3 mois suivant la saison.

C'est un migrateur entre les forêts de l'ouest et de l'est de l'île.

Plantes-hôtesModifier

Les plantes-hôtes sont des lianes du genre Omphalea, Omphalea ankaranensis, Omphalea occidentalis, Omphalea palmata dans les forêts de l'ouest de Madagascar et Omphalea oppositifolia dans les forêts de l'est[1].

Distribution et biotopesModifier

Cette espèce est endémique de Madagascar. Elle est présente dans les zones où existe encore la forêt originelle de l'île (moins de 10%)[2] et où poussent des Omphalea.

SystématiqueModifier

L'espèce Chrysiridia rhipheus a été décrite par Dru Drury en 1758 sous le nom de Papilio rhipheus. C'est Jakob Hübner qui décrit le genre Chrysiridia en 1823. Il a aussi décrit sous le nom de Chrysiridia riphearia Hübner, [1823], comme espèce distincte mais ce papillon s'est avéré être Chrysiridia rhipheus[3].

SynonymieModifier

  • Urania ripheus var. madagascariensis Lesson, 1831
  • Urania crameri Maassen, 1897
  • Urania druryi Boisduval, 1874 [4]
  • Urania papageno Niepelt, 1931 [5]
  • Rhipheus dasycephalus Swainson, 1833
  • Leilus orientalis Swainson, 1833
  • Chrysiridia riphearia Hübner, 1823[6]
  • Urania ripheus[7]
  • Urania rhiphaeus
  • Urania rhipheus
  • Chrysiridia madagascariensis[8]
  • Chrysiridia rhiphaeus[9]
  • Chrysiridia ripheus

Noms vernaculairesModifier

Chrysiridia rhipheus se nomme Adriandolo ou Lolonandriana en malgache, et Madagascan sunset moth ou sunset moth en anglais[8].

Chrysiridia rhipheus et l'HommeModifier

CultureModifier

Dans la culture malgache, l'âme des morts apparaît sous la forme de papillons et les détruire serait détruire les ancêtres[8].

ImagesModifier

Chrysiridia rhipheus a été dessiné pour des décorations.

PhilatélieModifier

Il figure sur un timbre de 2007 de la collection Butterflies of Africa de la poste du Lesotho.

LittératureModifier

Dans son roman Le Premier Siècle après Béatrice, Amin Maalouf évoque au chapitre T Urania rhipheus comme une espèce présente sur plusieurs continents et sujette à des suicides collectifs, dont le protagoniste principal du roman, entomologiste, se passionne dans le cadre de sa reconversion dans les lépidoptères.

 
Cigarette

Notes et référencesModifier

  1. Food plant of Uraniinae
  2. Géo, collection Insectes du monde, n° 100, septembre 2014, p. 171
  3. funet
  4. (en) A. R. Grote, The Canadian entomologist, vol. VI, Entomological Society of Canada, coll. « No.9 », (1re éd. 1874) (lire en ligne), p. 180
  5. (en) G. W. Beccaloni, M. J. Scoble, G. S. Robinson et B. Pitkin (Editors), « Chrysiridia papageno », World Wide Web electronic publication, The Global Lepidoptera Names Index (LepIndex), (consulté le 6 juillet 2008)
  6. (en) Markku Savela, « Chrysiridia », Lepidoptera and some other life forms, (consulté le 16 juin 2008)
  7. (en) Shinya Yoshioka et Shuichi Kinoshita, « Polarization-sensitive color mixing in the wing of the Madagascan sunset moth », Optics Express, Washington, Optical Society of America, vol. 15, no 5,‎ , p. 2691–701 (PMID 19532506, DOI 10.1364/OE.15.002691, lire en ligne, consulté le 18 février 2008)
  8. a b et c Raymond Decary, La Faune Malgache, Paris, Payot,
  9. (en) Biosecurity New Zealand, « Import Health Standard for the Importation of Tropical Butterfly and Moth Pupae into New Zealand », Commercial Imports, New Zealand Government, (consulté le 8 novembre 2006)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Liens taxonomiquesModifier

BibliographieModifier

  • Géo, collection Insectes du monde, n° 100, septembre 2014, p. 171