Chronologie du siège de Paris (1870-1871)

Chronologie du siège de Paris 1870-1871
Description de cette image, également commentée ci-après
Investissement de Paris 1er septembre 1870-28 janvier 1871. Emplacement des troupes Allemandes en octobre 1870.
Informations générales
Date au
Lieu Paris, France
Issue Capitulation française
Belligérants
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau du Grand-duché de Bade Grand-duché de Bade
Drapeau du Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Flagge Königreich Württemberg.svg Royaume de Wurtemberg
Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Drapeau de la France France
Commandants
Guillaume Ier d'Allemagne
Helmuth von Moltke
Louis Jules Trochu
Joseph Vinoy
Forces en présence
240 000 soldats200 000 soldats
200 000 miliciens et marins
Pertes
12 000 morts ou blessés24 000 morts ou blessés
146 000 capturés
47 000 civils

Guerre franco-prussienne

Batailles

Le siège de Paris de 1870-1871 est un épisode de la guerre franco-prussienne de 1870-71, sa chronologie permet d'appréhender l'histoire de ce siège par les événements selon leur ordre temporel dans la ville de Paris mais également dans l'ensemble des départements d'Île-de-France[1],[2].
Cette chronologie s'appuie principalement sur les rapports extraits du Journal officiel de la République, mais également des nombreux mémoires de, journal de… .


SommaireModifier

Préambule
Septembre 1870
4 septembre – 5 septembre – 6 septembre – 7 septembre – 8 septembre – 9 septembre – 10 septembre – 11 septembre – 12 septembre – 13 septembre – 14 septembre – 15 septembre – 16 septembre – 17 septembre – 18 septembre – 19 septembre – 20 septembre – 21 septembre – 22 septembre – 23 septembre – 24 septembre – 25 septembre – 26 septembre – 27 septembre – 28 septembre – 29 septembre – 30 septembre
Octobre 1870
1er octobre – 2 octobre – 3 octobre – 4 octobre – 5 octobre – 6 octobre – 7 octobre – 8 octobre – 9 octobre – 10 octobre – 11 octobre – 12 octobre – 13 octobre – 14 octobre – 15 octobre – 16 octobre – 17 octobre – 18 octobre – 19 octobre – 20 octobre – 21 octobre – 22 octobre – 23 octobre – 24 octobre – 25 octobre – 26 octobre – 27 octobre – 28 octobre – 29 octobre – 30 octobre – 31 octobre
Novembre 1870
1er novembre – 2 novembre – 3 novembre – 4 novembre – 5 novembre – 6 novembre – 7 novembre – 8 novembre – 9 novembre – 10 novembre – 11 novembre – 12 novembre – 13 novembre – 14 novembre – 15 novembre – 16 novembre – 17 novembre – 18 novembre – 19 novembre – 20 novembre – 21 novembre – 22 novembre – 23 novembre – 24 novembre – 25 novembre – 26 novembre – 27 novembre – 28 novembre – 29 novembre – 30 novembre
Décembre 1870
1er décembre – 2 décembre – 3 décembre – 4 décembre – 5 décembre – 6 décembre – 7 décembre – 8 décembre – 9 décembre – 10 décembre – 11 décembre – 12 décembre – 13 décembre – 14 décembre – 15 décembre – 16 décembre – 17 décembre – 18 décembre – 19 décembre – 20 décembre – 21 décembre – 22 décembre – 23 décembre – 24 décembre – 25 décembre – 26 décembre – 27 décembre – 28 décembre – 29 décembre – 30 décembre – 31 décembre
Janvier 1871
1er janvier – 2 janvier – 3 janvier – 4 janvier – 5 janvier – 6 janvier – 7 janvier – 8 janvier – 9 janvier – 10 janvier – 11 janvier – 12 janvier – 13 janvier – 14 janvier – 15 janvier – 16 janvier – 17 janvier – 18 janvier – 19 janvier – 20 janvier – 21 janvier – 22 janvier – 23 janvier – 24 janvier – 25 janvier – 26 janvier – 27 janvier – 28 janvier – 29 janvier – 30 janvier – 31 janvier
Février 1871
4 février – 6 février – 7 février – 8 février – 11 février – 15 février – 19 février – 21 février – 24 février – 25 février – 26 février – 27 février
Mars 1871
1er mars – 2 mars – 3 mars – 6 mars – 8 mars – 10 mars – 11 mars – 15 mars – 16 mars – 18 mars
La défense de Paris
Les fortifications – Le génie – L'artillerie – Le ministère des travaux publics
Les troupes de défense
La Marine – L'armée active – Garde mobile, Garde nationale, Corps francs – Récapitulatif des forces françaises
Bibliographie – Articles connexes – Liens externes – Notes, sources et références

PréambuleModifier

Après la capitulation de Sedan, les armées prussiennes et leurs alliés déferlent sur le Nord de la France et se déploient afin de mettre le siège devant Paris. Dans la capitale, la nouvelle parvient dans l'après-midi du .

L'opposition parlementaire à Napoléon III, menée par Léon Gambetta met alors en place un gouvernement provisoire, dit de la Défense nationale. La République est proclamée le 4 septembre, au balcon de l’hôtel de ville de Paris, et le gouvernement de la Défense nationale est formé.

SeptembreModifier

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Dimanche 4 septembreModifier

Lundi 5 septembreModifier

Après la capitulation de Napoléon III, Victor Hugo rentre à Paris et reçoit un accueil triomphal. Par la suite, il participe activement, tout le long du siège, à la défense de Paris.

Étienne Arago est nommé maire de Paris avec comme adjoints Charles Floquet et Henri Brisson.

Mardi 6 septembreModifier

Mercredi 7 septembreModifier

Jeudi 8 septembreModifier

  •   Aisne :
    La garnison de Laon composée de 800 mobiles et d'une trentaine de canons est sommée de se rendre sous peine de la destruction de la ville.
  •   Marne :
    Les Prussiens occupent Dormans et Épernay.

Vendredi 9 septembreModifier

une colonne traverse l'Aisne à Cuise-la-Motte puis se dirige sur Pierrefonds et Compiègne.
une colonne passe par Vailly-sur-Aisne, Braine, Villers-Cotterêts et envoie des coureurs sur Chantilly.
une colonne suit la vallée de la Marne et se dirige vers Meaux en passant par Château-Thierry.

Samedi 10 septembreModifier

Dimanche 11 septembreModifier

Lundi 12 septembreModifier

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Mardi 13 septembreModifier

Mercredi 14 septembreModifier

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Jeudi 15 septembreModifier

Ordre du jour du général TrochuModifier

« Aux gardes nationaux, aux gardes mobiles de la Seine et aux gardes mobiles des départements.

Jamais aucun général d'armée n'a eu sous les yeux le grand spectacle que vous venez de me donner.
Trois cents bataillons de citoyens, organisés, armés, encadrés par la population tout entière acclamant dans un concert immense la défense de Paris et la liberté.
Que les nations étrangères qui ont douté de vous, que les armées qui marchent sur vous ne l'ont elles entendu !
Elles auraient eu le sentiment que le malheur a plus fait en quelques semaines pour élever l'âme de la nation que de longues années de jouissance pour l'abaisser.
L'esprit de dévouement et de sacrifices vous a pénétrés, et déjà vous lui devez le bienfait de l'union de cœur qui va vous sauver.
Avec notre formidable effectif, le service journalier de la garde de Paris ne sera pas de moins de 70 000 hommes en permanence. Si l'ennemi, par une attaque de vive force, ou par surprise, ou par la brèche ouverte, perçait l'enceinte, il rencontrerait les barricades dont la construction se prépare, et ses têtes de colonnes seraient renversées par l'attaque de dix réserves échelonnées.
Ayez donc confiance entière et sachez que l'enceinte de Paris, défendue par l'effort persévérant de l'esprit public et par trois cent mille fusils, est inabordable.

Gardes nationaux de la Seine et gardes mobiles :
Au nom du gouvernement de la Défense nationale, dont je ne suis devant vous que le représentant, je vous remercie de votre patriotique sollicitude pour les chers intérêts dont vous avez la garde.
À présent, à l'œuvre dans les neuf sections de la défense!
De l'ordre partout, du calme partout, du dévouement partout.
Et rappelez vous que vous devenez chargés, je vous l'ai déjà dit, de la police de Paris pendant ces jours de crise.
Préparez vous à souffrir avec constance. À cette condition vous vaincrez.

Trochu . »

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Vendredi 16 septembreModifier

Les régiments de cavalerie commandés par les généraux Gustave Coste de Champéron et Jean-Henry Reyau qui avaient été dirigés sur Meaux avec ordre de harceler l'ennemi avaient fait mouvement de repli.
Les troupes de la division Champéron étaient rentrées dans Paris et bivouaquaient dans le bois de Vincennes et sur le Champ-de-Mars.
Les troupes de la division Reyau avaient quant à elles regagné Versailles puis s'étaient dirigées vers les armées en formation au-delà de la Loire.

Samedi 17 septembreModifier

  •   Seine-Saint-Denis :
    Des travailleurs français gardés par la garde nationale coupent et incendient le bois d'Avron. Le plateau d'Avron restera inoccupé jusque fin novembre[17].
  •   Marne :
    Le Ier corps bavarois est à Orbais et le XIe corps prussiens à Dormans.
  •   Oise :
    Le corps wurtembourgeois est à Nanteuil-le-Haudouin.
  •   Val-d'Oise :
    À L'Isle-Adam, un escadron de cavalerie aidé de 200 fantassins arrache le drapeau de l'hôtel de ville, se livre au pillage et réquisitionne les plus belles demeures. Les troupes allemandes continuent leurs progression sur Pontoise qu'il occupent dans la journée.

Dimanche 18 septembreModifier

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Lundi 19 septembre : début du siège de ParisModifier

  •   Royaume de Prusse
    L'armée de la Meuse, Prussienne, occupe la rive droite de la Seine et de la basse Marne et chacun des corps qui la composaient resta jusqu'à la fin du siège dans les positions qui lui avaient été assignées dès le début.
    Le IVe corps sur la rive droite de la Seine, entre Chatou et Épinay-sur-Seine, quartier général à Soisy.
    La Garde, déployée dans la plaine qui s'étend au nord de Saint-Denis, entre Montmagny et Le Blanc-Mesnil, quartier général à Gonesse.
    Le XIIe corps, occupait l'emplacement depuis Aulnay jusqu'à la rive droite de la Marne, et occupait la forêt de Bondy, quartier général au Vert-Galant.
    La 5e division de cavalerie prit position entre Poissy et Neauphle, quartier général à Saint-Nom-la-Bretèche.
    La 6e division entre Neauphle et Chevreuse, quartier général à Mesnil-Saint-Denis.
    La brigade des uhlans de la garde, établie à Argenteuil, se tenait en communication à Saint-Germain avec la 5e division de cavalerie.
    Le quartier général du prince de Saxe fut établi le 19 septembre au grand-Tremblay, et le 12 octobre à Margency.
  •   Paris :
    Le dernier réseau télégraphique encore en service, celui de l'Ouest, est coupé.
    Institution de la Cour martiale « dans le but de réprimer les attentats à la propriété, le maraudage, le vol, l'espionnage qui se propage dans les banlieues de Paris ». Celles-ci siègeront à Vincennes et à Saint-Denis, et dans les 13e et 14e corps d'armée.
  •     Val-de-Marne - Hauts-de-Seine :
    L'ennemi s'est présenté sur plusieurs points à la fois, s'étendant de Vitry, Chevilly, Bourg-la-Reine, Châtillon et Clamart, et filant par Meudon sur Versailles.
    Le fort de Nogent bombarde le secteur du pont de Bry, occupé par les Allemands, qui travaillent à sa réparation pour préparer leur passage.
  •     Val-d'Oise - Seine-Saint-Denis :
    Il a été signalé également dans la direction de Gonesse en direction de Saint-Denis.
  •   Yvelines :
    La 5e division de cavalerie prussienne avance entre Poissy et Neauphle, occupe Versailles et installe son quartier général à Saint-Nom-la-Bretèche. Cette division entreprend alors, à partir de son QG, de fréquentes expéditions sur la rive gauche de la Seine durant toute la durée de la guerre. 1 000 soldats et 600 chevaux seront cantonnés à Neauphle jusqu’au mois de février 1871[24]
    Lors du combat de Châtillon un épisode sanglant eut lieu à la « Grange Dame Rose » sur Vélizy ou quelques zouaves, placés en grand’gardes[25], sont subitement attaqués par une reconnaissance d’une centaine de fantassins bavarois, appuyés par un peloton de dragons. Après une résistance opiniâtre les zouaves se replient laissant 12 morts et 34 prisonniers entre les mains de l'ennemi (sur 170 hommes), qui n'ose toutefois pousser plus loin son avancée[26].
    Marly-le-Roi, Chatou, Le Vésinet et Louveciennes sont occupées; les occupants quitteront ces villes le .
  •   Seine-Saint-Denis :
    Les Prussiens occupent Bondy et les bois alentour et ont installé des batteries sur le bord du plateau du parc du Raincy.
    Des groupes de cavaliers sont venus explorer les alentours de la redoute de la Boissière et du fort de Noisy. Deux pièces de marine du fort ont tiré sur eux. La cavalerie s'est repliée rapidement et l'infanterie a rétrogradé. Ils ont édifié un observatoire à 2 000 mètres du fort de Noisy.
    Grand Tremblay
  •   Hauts-de-Seine :
    Vers 2 heures du matin, la grand'garde de la Grange-Dame-Rose est subitement attaquée par une reconnaissance d'une centaine de fantassins bavarois appuyé par un peloton de dragons. Après une faible résistance les zouaves se replient, laissant 12 morts et 34 prisonniers entre les mains de l'ennemi, qui n'ose toutefois pousser plus loin son avancée.
    La garde républicaine fait sauter les ponts de Saint-Cloud, Sèvres et Billancourt. Dès la pointe du jour, le général d'Exéa fait une reconnaissance offensive en avant de ses positions. Il rencontre des masses importantes dissimulées dans les bois et dans les villages, et surtout un très grand déploiement d'artillerie. Après un engagement assez vif, les troupes ont dû se replier en arrière.
    Une partie de la droite a effectué ce mouvement avec une regrettable précipitation.
    L'autre partie s'est concentrée en bon ordre autour de la redoute en terre qui avait été élevée sur le plateau de Châtillon.
    La gauche faiblement attaquée, a pu tenir sur les hauteurs de Villejuif.
    À ce moment, le feu d'artillerie de l'ennemi a pris des proportions qu'il n'avait pas atteintes jusqu'alors.
    Vers 16 heures, le général Ducrot, après une lutte qui avait duré toute la journée, a dû prendre la résolution de faire reculer ses troupes jusqu'aux points où elles pouvaient recevoir la protection des forts.
    Il fait enclouer, sous ses yeux, les 8 pièces d’artillerie en position dans la redoute de Châtillon avant de se retirer, le dernier, au fort de Vanves.
    L'ennemi occupe aussitôt les hauteurs qui dominent les forts d'Issy, de Vanves, de Montrouge et commence à construire de gigantesques batteries qui lui permirent de bombarder les forts et l'enceinte. La route de Choisy à Versailles fut couverte de fascines par lesquelles les grosses pièces Krupp pouvaient être montées sans bruit. Plusieurs étages de retranchements s'élevèrent sur les flancs du coteau. Une batterie placée au moulin de pierre[27],[28],[29] était à 1 000 m du fort de Vanves.
    Des ordres sont donnés, pour que les troupes se concentrent définitivement dans Paris. Toutefois le 15e régiment de marche, sous les ordres du colonel Bonnet, se retranche fortement, et garde sa position avancée à Plessis-Piquet.
    La redoute de Montretout, dont les remparts étaient inachevés et jugée trop avancée par le commandement, est évacuée par le 6e bataillon des mobiles de la Seine.
  •   Seine-et-Marne :
    Début de l'entrevue de Ferrières entre Jules Favre et Otto von Bismarck

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Mardi 20 septembreModifier

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Mercredi 21 septembreModifier

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Jeudi 22 septembreModifier

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  •   Hauts-de-Seine :
    Une reconnaissance a été faite en avant du fort d'Issy par 120 hommes de la garde mobile, 4e bataillon de la Seine, 8e compagnie à la redoute du moulin de Pierre[27],[28],[29]. Le détachement a été attaqué, a eu 4 blessés et tué ou blessé 12 ennemis. Dans la nuit les forts d'Issy et de Vanves signalent des mouvements de troupes sur les hauteurs de Châtillon.
  •   Val-de-Marne :
    Dans la soirée, la division Maud'huy est portée en avant des forts d'Ivry et de Bicêtre et occupent le Moulin de Saquet et le village de Vitry.
  •   Seine-Saint-Denis :
    L’ennemi construit des observatoires derrière la forêt de Bondy et au moulin du Haut Roi entre Dugny et Stains.
  •   Yvelines :
    Une quarantaine de francs-tireurs tendent une embuscade à l'entrée de Mézières-sur-Seine à un groupe de uhlans qui s'avancent en direction de Mantes-la-Jolie. Le soir l'ennemi revient en force ; le général Adalbert von Bredow en personne à la tête d'une colonne de cavalerie et d'artillerie appuyée par un détachement d'infanterie bavaroise se dirige alors sur Mézières. Une reconnaissance du 13e dragons du Schleswig-Holstein tombe dans une embuscade à Aulnay-sur-Mauldre tendue par 4 francs-tireurs[43]. Arrivés à Mézières, le maire est roué de coups[44] et le village est canonné, criblé d'obus puis l'arrière-garde torche à la main y met le feu. Une soixantaine de maison seront détruites. En fin d'après-midi la colonne arrive devant Mantes-la-Jolie. Après avoir canonné la ville, l'infanterie bavaroise du 2e régiment Prince Royal entre en ville saccage les 2 gares[45], tue et blesse des civils et emmène des otages. La population affolée s'enfuit jusque dans les bois de Rosny. Après sa terrifiante apparition aux portes de Mantes, la colonne retourne dans ses cantonnements traversant les ruines fumantes de Mézières.

Vendredi 23 septembreModifier

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  •   Paris :
    Départ, de la place Saint-Pierre, du premier ballon-poste Le Neptune piloté par Jules Duruof. Il atterrit à Cracouville, dans l'Eure après avoir parcouru 104 kilomètres[46].
    Les Parisiens ayant entendu le canon gronder, des rumeurs se répandent comme des trainées de poudre : « Nous avons tués 20 000 Prussiens, ou a peu près, et 30 000 sont encerclés. » Puis le chiffre enfle, c'est d'abord « 20 000 puis 30 000 et enfin 60 000 Prussiens qui ont été mis hors de combat avec 15 000 prisonniers ». Afin de couper court à toutes les rumeurs, Arthur Ranc, journaliste et maire du 9e arrondissement de Paris, posa une affiche dans la mairie de la rue Drouot : « Voici la vérité : Nous avons repris Villejuif et le Moulin-Saquet. À l'Est nous avons débusqué l'ennemi de la Courneuve et du Bourget ».
  •   Oise :
    Creil est occupée par 2 pelotons de cuirassés et un piquet d'infanterie[47] venu de Chantilly.
  •   Val-de-Marne :
    Les forts de Bicêtre et de Montrouge appuient les troupes qui occupent le village de Villejuif et la batterie des Hautes-Bruyères. Au soir la position est fortement établie.
    L’ennemi effectue une reconnaissance sur le Moulin de Saquet, et est mis en déroute par les défenseurs aidés par l’artillerie du fort d'Ivry.
    L’ennemi qui tentait de s’établir vers Bagneux a été totalement réduit par l’artillerie de campagne et celle des forts.
    Le fort de Nogent a jeté le désordre dans les forces ennemies en tirant une soixantaine de coups de canons vers Bry-sur-Marne.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Une reconnaissance est effectuée par le 23e bataillon sédentaire de Saint-Denis vers la butte Pinson. Cette reconnaissance, signale des mouvements de troupes prussiennes sur la route de Lille vers Le Bourget et Dugny occasionnant plusieurs combats et escarmouches
    L’ennemi effectue des travaux en avant des fortifications Saint-Denis. La garnison de Saint-Denis, du général Bellemare, avec le 28e de marche en pointe, soutenues par l’artillerie des forts de la Double-Couronne et de la Briche, attaquent avec succès Pierrefitte, occupée par l’ennemi; c'est le combat de Pierrefitte. Des combats au corps à corps ont lieu et l’ennemi qui a subi de lourdes pertes envoie environ 8 000 hommes en renfort provenant de troupes postées sur les hauteurs de Montmorency. La position est abandonnée en fin de journée. Nos pertes sont de 11 tués et 86 blessés.
    L’amiral Saisset à la tête de 200 fusiliers, 400 hommes de l’infanterie de marine et 8 compagnies des bataillons des éclaireurs de la Seine[48] du colonel Lafon effectue une reconnaissance vers Le Bourget. Bobigny, est évacué par l’ennemi et à Drancy après une vive fusillade les Prussiens sont poursuivis jusqu’à la gare du Bourget. Plusieurs colonnes d’infanterie prussiennes, arrivées en renfort sont refoulées dans le village par l’artillerie du fort de Romainville (1 pièce de marine de 16). Les Français ont brûlé toutes les meules de fourrage de la cavalerie ennemie.
    Du côté d’Aubervilliers, l’ennemi se tient à grande distance.
  •   Val-d'Oise :
    L’ennemi effectue des travaux vers Argenteuil ou 40 000 Prussiens seraient cachés dans les bois alentour.
    Sur la rive gauche de l'Oise un détachement prussien du 71e régiment d'infanterie prussien tombe dans une embuscade, en face du château de Stors qui s'enfuit dans toutes les directions abandonnant aux francs-tireurs 13 fourgons chargés de produits réquisitionnés à Pontoise ainsi qu'une douzaine de chevaux. L'ensemble est ensuite dirigé sur Beauvais.
  •   Hauts-de-Seine :
    L’ennemi paraît établir des batteries au-dessus de la manufacture de Sèvres et sur la terrasse du château de Meudon.
  •   Yvelines :
    Après avoir bombardé et pillé la gare de Mantes, la ville est occupée par les troupes allemandes. Ceux-ci brûlent le village de Mézières, où, selon eux, des francs-tireurs avaient secondé la défense locale.

Samedi 24 septembreModifier

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Dimanche 25 septembreModifier

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Lundi 26 septembreModifier

Institution des Cours martiales à Vincennes, Saint-Denis, etc.

Mardi 27 septembreModifier

  •   Paris :
    Décret qui institue des conseils de guerre dits « de la Garde nationale », pour juger les crimes et délits commis par les gardes nationaux pendant la durée du siège de Paris[53]
  •   Val-d'Oise :
    Un détachement de 400 hommes du 71e régiment d'infanterie prussien escortant une quarantaine de chariots arrivent à L'Isle-Adam, vers 9 heures du matin, pour effectuer de nouvelles réquisitions et rétablir le pont entre L'Isle-Adam et Parmain sont bloqués par une barricade d'où part un tir nourri. Les Prussiens poussent alors devant eux le curé et son vicaire, le maire et un autre habitant pour leur servir de bouclier et arriver jusqu'au pont. Mais les francs-tireurs continuent la fusillade, épargnant miraculeusement les otages et obligeant l'ennemi à se réfugier en ville. Les Prussiens ayant reçu des renforts ainsi d'une section d'artillerie, bombardent et lancent plusieurs attaques sur Parmain qui sont toutes repoussées et perdent 1 tué et une dizaine de blessés. Vers 5 heures du soir l'ennemi retourne à son camp à Saint-Brice.
  •   Val-de-Marne :
    Une compagnie du 14e régiment d'infanterie de ligne et les tirailleurs Parisiens du capitaine Lavigne, lancent une reconnaissance sur Maisons-Alfort et Créteil puis attaquent, sans succès, l’ennemi retranché dans la ferme des Mèches[54].

Mercredi 28 septembreModifier

Défense de passer les lignes avancées sans un laissez-passer venant du gouverneur.

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Jeudi 29 septembreModifier

Décret pour maintenir la discipline dans la garde nationale.
  •   Paris :
    La viande commence à manquer, les queues devant les boucheries commencent. Un poulet vaut entre 10 et 12 francs et une livre de beurre 8 francs[19].
    Les 27, 28 et 29 septembre, sont prescrit, par décrets, la formation des 34e, 35e et 36e régiments de marche ainsi que d'un 2e régiment de gendarmerie à cheval[11],[12] sous le commandement des colonels Achille Mocquery[57], Jean-Baptiste Lavoignet[58] et Charles Allavène[59]
  •   Val-d'Oise :
    Préoccupé par la résistance des francs-tireurs de l'Isle-Adam et de Parmain, les Prussiens envoient un nouveau détachement commandé par le colonel prince de Hohenlohe composé d'un bataillon du 27e régiment d'infanterie, du 1er régiment de uhlans de la garde et d'une section d'artillerie avec l'ordre de purger définitivement la contrée. Vers midi une partie de la colonne à l'Isle-Adam et recommence, sans plus de succès que le 27 d'enlever la barricade de Parmain. Mais cette fois cette attaque n'a vraisemblablement d'autre but que d'occuper les francs-tireurs. En effet, l'autre partie de la colonne jette un pont de bateaux à Mours, situé plus en amont, franchiy l'Oise descendant par la rive droite afin de prendre la barricade à revers. Nos francs-tireurs alertés à temps évacuent leurs positions avec comme perte 1 tué et 1 blessé contre 3 tués et une vingtaine de blessés du côté du 27e régiment d'infanterie de Magdebourg[60].
  •   Val-de-Marne :
    Plusieurs reconnaissances sont poussées par des groupes de francs-tireurs dont l'une par les chasseurs de Neuilly-sur-Marne en avant des positions de Villejuif,
    La redoute des Hautes Bruyères a canonné un long convoi ennemi circulant entre Chevilly et L’Hay en direction de Versailles.
    Depuis plusieurs jours l’ennemi maître des villages de L'Hay, Chevilly, Thiais et Choisy-le-Roi effectuait des travaux de terrassement et de fortification de ces villages, afin de protéger sa ligne de communication avec Versailles. Il fut alors décidé d’une action combinée afin de reconnaître et d’attaquer les forces établies dans ces positions. La tâche incombe au 13e corps du général Vinoy qui attaque avec 20 000 hommes.
    Les troupes se massent vers les forts d’Ivry, de Bicêtre et de Montrouge. Elles sont accueillies à l’entrée du plateau de Villejuif par des tirs de canon et de mousqueterie auxquels elles répondent avec énergie, pendant presque 3 heures.
    Les 35e et 42e brigades du général Pierre-Victor Guilhem refoulent l’ennemi hors de Chevilly et l’Hay. La colonne du général Blaise pénètre dans Thiais et d’une batterie de position dans ce village qui n’est pas enlevée faute d’attelage. Les troupes avancent jusqu’aux positions prussiennes, fortement défendues, de Thiais et de Choisy-le-Roi coupant ainsi leur voie de communication. Après un vif engagement d’artillerie et de mousqueterie, sur ordre du général Vinoy, les troupes françaises se replient sous le feu, avant l’arrivée des réserves prussiennes, évaluée à environ 30 000 hommes. Lors de cet engagement 2 000 Français et 400 Allemands sont mis hors de combat dont le général commandant qui est tué lors de la bataille de Chevilly.
    De l’autre côté de la Seine, la brigade du général d’Exéa marche sur Créteil, engage un combat puis retourne dans ses positions de départ.
  •   Seine-Saint-Denis :
    L’artillerie des forts de Saint-Denis a lancé quelques obus sur les travaux qu’exécutait l’ennemi vers Stains, Garches, Orgemont et Saint-Gratien.
    Une reconnaissance effectuée par les francs-tireurs des Lilas vers Drancy a surpris les avant-postes ennemis leur a tué 3 hommes.
    Les sorties de Saint-Denis sont garnies de canons. Des talus, des chevaux de frises, des branchages… sont en travers de la route, les maisons et masures sont détruites et occpuées par des soldats. Plus à l'intérieur de la ville la population a élevé des barricades dans certaines rues.
  •   Hauts-de-Seine :
    Pendant le combat de Chevilly, la brigade Susbielle, sous les ordres du général Blanchard effectue une reconnaissance sur Issy et le Bas-Meudon, faisant se replier 3 régiments de la Garde prussienne. Un bataillon des Volontaires de la Côte-d’Or s’est particulièrement distingué pendant l’attaque.
  •   Yvelines :
    Dans l'après-midi, les Éclaireurs de la Seine[48] quittent le parc du château de Magnanville, arrivent à Maule entre la rivière Mauldre et la forêt des Alluets-le-Roi afin de surprendre les Allemands qui y sont campés. Ils passent la nuit dans le cimetière de Maule, sans entrer dans la ville[56].
    Dans la journée, des cavaliers et éclaireurs à cheval de Rouen et d'Elbeuf entrent à Mantes renforcés en soirée, par 700 volontaires du 1er bataillon de la garde nationale de Rouen et les tirailleurs de la 1re compagnie havraise.

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Vendredi 30 septembreModifier

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OctobreModifier

Samedi 1er octobreModifier

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Dimanche 2 octobreModifier

  •   Paris :
    Un décret prescrit la formation du 37e régiment de marche sous le commandement du colonel Armand Deffis.
  •   Hauts-de-Seine :
    Appuyé par les artilleurs de la mobile de Seine-et-Oise, une fraction du 2e bataillon du 28e régiment de mobile, formé de Bretons, ont poussé une reconnaissance sur les hauteurs de Montretout, contre les avant-postes prussiens, délogeant un poste ennemi qui s’installait dans la redoute.
    Une reconnaissance est faite par un détachement du 19e régiment de marche entre Bezons et Argenteuil. Le poste prussien, placé sur l’autre rive de la Seine, a immédiatement échangé des coups de fusil.
  •   Seine-Saint-Denis :
    7 compagnies des gardes mobiles des Côtes-du-Nord, du Finistère et du 8e bataillon de la Seine, ont lancé une reconnaissance de Noisy-le-Sec sur Bondy. L’avant-poste prussien s’est replié en toute hâte sur la forêt, en arrière, pour ne pas être enlevée. Un combat de mousqueterie s’est ensuite engagé et la retraite a été couverte par le 3e bataillon des gardes mobiles du Finistère.
  •   Yvelines :
    Pour mettre fin à la résistance des paysans de la région de Saint-Léger-en-Yvelines, le duc de Mecklembourg donne l'ordre à un bataillon du 11e régiment d'infanterie bavarois de faire une battue dans la forêt. Dans la matinée du 2 octobre, les Bavarois cernent la commune de Poigny-la-Forêt et se mettent à fouiller les bois. Aux abords de l'étang de la Cerisaie, ils égorgèrent froidement deux bergers dans la hutte desquels ils avaient trouvé un vieux fusil, puis ils les suspendirent par les pieds aux arbres de la route, le corps labouré de coups de sabre et les entrailles pendantes. À Saint-Léger-en-Yvelines, pour venger les pertes essuyées la veille par les hussards, lors de l'embuscade des Pins-du-Phalanstère, ils pendirent le maire de Saint-Léger-en-Yvelines, Monsieur Gabriel Alexis Jouanne, par son écharpe à la porte de sa mairie, fusillèrent un garde national et emmenèrent 16 habitants comme otages. Deux d'entre eux sont impitoyablement massacrés[66],[67].

Lundi 3 octobreModifier

Les journaux rapportent que Toul et Strasbourg ont succombé.
  •   Paris :
    Le ballon National ne parvient pas à décoller, son enveloppe étant insuffisamment gonflée. Paris commence à compter ses rations. Les fourrages étant devenus trop chers, les maquignons vendent leurs chevaux pour rien, ou presque, soit abandonnent leurs bêtes sur le marché. L'abattoir aux chevaux est abondamment pourvu, dans les premiers jours du siège on tuait 10 à 20 chevaux par jour, on en tue actuellement environ 300[68]. Charles Floquet démissionne de son poste d'adjoint au maire de Paris.
  •     Hauts-de-Seine-Val-de-Marne :
    Les Prussiens qui étaient à la Malmaison ainsi que ceux qui étaient vers Sèvres, Châtillon et le plateau de Villejuif sont remplacés par des Wurtembergeois.

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Mardi 4 octobreModifier

  •   Val-de-Marne :
    3 compagnies du bataillon de la Drôme et 1 peloton de spahis, qui effectuaient une reconnaissance en avant du fort de Nogent, se sont heurtés à la sortie de Neuilly-sur-Marne aux avant-postes prussiens qui se sont retirés. Les spahis les ont poursuivis et sont tombés dans une embuscade. Heureusement protégés par le brouillard, les spahis ne déplorent que 2 chevaux tués et 1 cavalier blessé.
  •   Yvelines :
    Partant de Port-Villez, les mobiles de l'Eure effectuent une reconnaissance sur Bonnières qui est canonnée. Les mobiles poursuivis par un gros détachement de uhlans se replient sur Vernon. En représaille à cette attaque, la gare de Bonnières est incendiée et détruite.
    Les Allemands pénètrent à Rolleboise, mettent les habitants à contribution en menaçant de les tuer, s'ils ne s'exécutent pas[69].

Mercredi 5 octobreModifier

Jeudi 6 octobreModifier

La région parisienne est recouverte d’un brouillard intense et froid empêchant toute observation.

Vendredi 7 octobreModifier

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Samedi 8 octobreModifier

Dimanche 9 octobreModifier

Lundi 10 octobreModifier

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Mardi 11 octobreModifier

  •   Paris :
    Décret qui règle d'une manière définitive l’organisation des corps francs levés à Paris et dans ses environs depuis l'ouverture de la campagne contre la Prusse[83]
  •   Val-de-Marne :
    Le matin, après la prise de la maison Millaud, celle-ci a été mise en défense et les maisons voisines ont été incendiées ou détruites afin de dégager les abords. Des éclaireurs ennemis se sont approchés à 300 mètres de ce nouveau point d’appui.
    De nombreux mouvements de troupes sont signalés sur le secteur sud. L’artillerie de la redoute des Hautes Bruyères a, par un coup heureux, tué une dizaine de Prussiens dans une maison qui servait de poste en avant de Bourg-la-Reine.

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Mercredi 12 octobreModifier

Il fait toujours très froid.

Jeudi 13 octobreModifier

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Vendredi 14 octobreModifier

Samedi 15 octobreModifier

  •   Seine-Saint-Denis :
    Pendant que les mobiles du Finistère et du Nord, l'infanterie de ligne et l'artillerie du Romainville chassaient l'ennemi de la ferme du Groslay[89] dans la plaine de Bondy, l'artillerie du Fort de Rosny a canonné l'ennemi dans le village du Raincy, et celle du Noisy a foudroyé le camp retranché du pont de la Poudrette de Gargan.
    Par ailleurs, les éclaireurs de la Seine[48] du colonel Lafon partant de Bondy engagent une vive fusillade avec l'ennemi embusqué de l'autre côté du canal de l'Ourcq, afin de couper les arbres qui masquaient, de nos bastions, la vue du camp retranché prussien. En milieu d’après-midi l'ennemi ayant arboré le pavillon blanc, les éclaireurs de la Seine et les forts ont cessé le feu. Les troupes françaises déplorent 2 tués, dont 1 officier et 5 blessés.
    En fin d’après-midi, un seul obus, tiré à partir du bastion no 2 à 4 500 mètres, a tué les deux officiers à cheval qui venaient faire mettre en batterie une section d'artillerie ennemie, et tué les cavaliers d'une des pièces qui a été mise hors de service.
  •   Val-de-Marne :
    Des obus lancés de la redoute de la Faisanderie, ont endommagé les postes d'observations prussiens situés au nord de Champigny et au four à chaux.
    Des coups de canon ont été tirés de la redoute de Gravelle et du fort de Charenton sur Bonneuil, Montmesly et le carrefour Pompadour.

Dimanche 16 octobreModifier

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Lundi 17 octobreModifier

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Mardi 18 octobreModifier

Mercredi 19 octobreModifier

  •   Seine-Saint-Denis :
    Une reconnaissance a été exécutée en avant des forts Rosny et de Nogent, par les mobiles de la Drôme du commandant Balète, par les légions de la Côte-d'Or du commandant Dupuy, et par celles du Tarn des commandants Faure, de Foucaut et de Faramond, l’ensemble étant commandé par le lieutenant-colonel Reille.
    • la gauche du dispositif français s'est avancée dans le parc du Raincy jusqu'à la porte de Paris, et, de là, s'est rabattue sur Villemomble qui a été fouillée en tous sens. L'ennemi a été débusqué du parc du château de Launay[96] où il a eu un homme tué.
      Pendant ce temps quelques compagnies ont gravi les pentes d'Ablon, occupé tout le plateau et tiraillé à son extrémité est sur le poste avancé de la Maison-Blanche[97].
    • Le centre du dispositif français, aussitôt Ablon occupé, est entré dans le village du Bois de Neuilly qui était évacué. Nos tirailleurs l'ont ensuite dépassé et se sont portés sur Neuilly-sur-Marne, où l'ennemi était retranché en forces considérables.
      Cette reconnaissance a permis de constater que les avant-postes prussiens occupent aujourd'hui Launay à Villemomble, la Maison-Blanche et Neuilly-sur-Marne, c'est-à-dire à quatre kilomètres du fort de Nogent.
  •   Paris :
    Par décret, formation des 38e et 39e régiments de marche
    Le ballon monté République Universelle également appelé La Fayette, piloté par Louis Jossec et monté par Antonin Dubost, secrétaire général de la Préfecture de Police de Paris et son secrétaire Gaston Prunières, s'envole de la gare d'Orléans. Il termine sa course à Lonny dans les Ardennes après avoir parcouru 256 kilomètres[98].

Jeudi 20 octobreModifier

Vendredi 21 octobreModifier

  •   Val-de-Marne :
    Dans la nuit du 20 au 21 octobre, l'ennemi à de nouveau attaqué à deux reprises un poste de mobiles à Cachan et un autre à la maison Millaud. Comme la nuit précédente, ces attaques ont été repoussées et nos forts ont canonnés les positions ennemies de l'Hay, Bourg-la-Reine et Bagneux.
  •   Hauts-de-Seine :
    Après une canonnade très vive de trois quarts d'heure, les troupes françaises du général Ducrot se sont avancées repoussant les tirailleurs ennemis jusque dans l'épaulement qui borde les hauteurs de la Jonchère. Dans ces positions, les obus de notre artillerie foudroyaient l'ennemi, le forçant à renouveler cinq fois les détachements qui les occupaient.
    Sur la rive gauche, entre Ivry et Issy, le général Vinoy a fait, pendant ce temps, déployer ses troupes sur la route stratégique. Son artillerie, celle des forts et les canonnières de Billancourt, ont couvert d'obus toutes les positions de l’ennemi.Le général de Bellemare s'était, d'autre part, porté de Saint-Denis sur Gennevilliers et Colombes, pour couvrir la droite de l'opération du général Ducrot.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Une reconnaissance est poussée jusqu'à Villemomble par la compagnie de carabiniers du 48e bataillon du commandant Leclaire et du capitaine Proust.
    Partant du fort de Rosny, le bataillon s'est dirigé, en suivant les crêtes du plateau d'Avron, sur le château et le parc de Launay[103], entre Villemomble et la station de Gagny. Après avoir tué les 3 sentinelles d'un poste prussien situé dans le parc de Launay, les hommes du capitaine Proust ont tiraillés contre d'autres abris et barricades occupés par les Prussiens. L'ennemi ayant fait avancer une réserve considérable, le 48e bataillon s'est retiré dans le plus grand ordre. Lors de cet engagement 5 gardes nationaux ont été blessés.
  •   Seine-et-Marne : Les francs-tireurs et les gardes nationaux, de Saint-Germain-Laval, d'Auxerre et de Montereau, venant de cette dernière ville, engagent un combat contre un détachement de 300 bavarois en poste à Grandpuits[104]. Un combat inégal s'engagea entre les miliciens Français armés de fusils à piston ou de chasse et les soldats de métiers armés de fusils modernes. Malgré la vaillance des Français, le feu vif et précis de l'ennemi joint à un renfort considérable qui ne tarda pas à arriver, mit en déroute les gardes nationaux. Plusieurs hommes furent tués de part et d'autre dans les fossés qui entouraient alors la ferme de La Salle.

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Samedi 22 octobreModifier

Dimanche 23 octobreModifier

  •   Seine-Saint-Denis :
    Vers 2 heures du matin, une patrouille de la grand'garde[25] du fort de Nogent a fait fuir un poste avancé ennemi, situé sur la route de Neuilly-sur-Marne, laissant entre nos mains 22 sacs de légumes. À 6 heures, alors que cette patrouille de la grand'garde se retirait, un peloton prussien s'est avancé pendant que l'ennemi, qui est sur la rive gauche de la Marne, tiraillait de son côté. Pris entre deux feux et malgré une excellente défense les hommes de la grand'garde ont été obligés de battre en retraite.
  •   Val-de-Marne :
    Le canon du fort de Charenton a tiré sur une troupe d'infanterie, forte de 200 hommes environ, qui se rendait à Choisy par la route du carrefour Pompadour, jetant le désordre dans ses rangs.

Lundi 24 octobreModifier

Mardi 25 octobreModifier

Sans dépêches ni rapports militaires.

  •   Paris :
    Le ballon monté Montgolfier piloté par l'aérostatier Hervé Sené s'envole de la gare d'Orléans, avec à son bord le colonel de La Pierre et le commandant Joseph-Marie Le Bouédec[106], envoyés par l'État Major de Paris pour prendre le commandement des troupes en province. Il termine sa course à Heiligenberg dans le Bas-Rhin, sous occupation ennemie, après avoir parcouru 503 kilomètres[107]. Les Prussiens finirent par retrouver le ballon, mais les 2 passagers et l'aéronaute avaient disparu, sauvés par les habitants patriotes qui les firent passer à travers la montagne d'où ils regagnèrent la Lorraine[108].

Mercredi 26 octobreModifier

Sans dépêches ni rapports militaires.
Lettre du roi de Prusse Guillaume Ier en réponse au courrier de l'ex-impératrice, Eugénie de Montijo, réfugiée en Angleterre.

Jeudi 27 octobreModifier

Vendredi 28 octobreModifier

Un article du journal Le Combat[118] annonce la reddition de Metz qui est aussitôt démentie par le Journal officiel et qui créé dans la presse à ce sujet une vive controverse[119].
Réduction de la consommation du gaz
  •   Paris :
    Toutes les matières pour faire de la poudre sont réquisitionnées.
    Appel des derniers contingents de la classe 1870[120] Par décret, les 39 régiments d'infanterie de marche prendront la dénomination de régiments d'infanterie de ligne et porteront les numéros 101 et suivants jusqu'au numéro 139 inclusivement. Le régiment de zouaves de marche devient le 4e régiment de zouaves[121].
  •   Seine-Saint-Denis :
    Profitant de l'inondation, volontaire, du Croult afin de tenir éloignées les troupes prussiennes, les francs-tireurs de la Presse sous les ordres du commandant Rolland, stationnées à La Courneuve, lancent une attaque de nuit sur les avant-postes ennemis établis au Bourget. Appuyés par les grand'gardes[25] du fort d'Aubervilliers et de la Courneuve les troupes françaises abordent, sans tirer un coup de fusil, les postes prussiens qui fuirent en désordre abandonnant leurs sacs, casques, armes, nourriture… Continuant de pousser l'ennemi devant eux ils s'avancent dans le village repoussant l'ennemi jusqu'à l'église où il s'établit fortement. Le général de Bellemare, donne l'ordre aux francs-tireurs de la Presse, au 14e bataillon de la mobile de la Seine et d'une partie du 34e de marche sous les ordres du colonel Lavoignet s'emparer du village du Bourget et de s'y établir solidement. Appuyé par une section de 2 pièces de quatre, 2 pièces de douze et une mitrailleuse, et suivi d'une forte réserve, composée du 16e bataillon de la mobile de la Seine et d'un demi bataillon du 28e de marche, les troupes françaises emportent la totalité du village, rejette les troupes ennemies en arrière du ruisseau de La Morée au Pont-Iblon et occupent, dans la foulée, Drancy.
    Vers midi, deux batteries ennemies en position au Pont-Iblon, et deux batteries de campagne positionnées sur la route de Dugny au Bourget, soit 30 canons environ, canonnent durant 5 heures le village incendiant plusieurs maisons. Pendant ce temps, les sapeurs du génie, crénellent les maisons et établissent des barricades.
    Tout au long de la journée des forces considérables d'infanterie ennemie descendues de Gonesse et d'Ecouen sont repoussées. Vers 7 heures du soir l'ennemi lance, contre une compagnie du 14e mobile, une dernière attaque à la baïonnette qui est repoussée. Les prisonniers indiquent que face au Bourget les Prussiens disposent de 2 régiments de la garde et de 4 batteries d'artillerie.
    À la fin de la journée, le gros des troupes françaises restent sur place.

Samedi 29 octobreModifier

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  •   Paris :
    Le ballon monté Colonel Charras s'envole de la gare du Nord. Il termine sa course à Montigny-le-Roi dans la Haute-Marne après avoir parcouru 308 kilomètres[124].
  •   Seine-Saint-Denis :
    Les résultats du combat d'hier au soir ont été importants. Le terrain en avant de nos tirailleurs est couvert de cadavres prussiens.
    Le Bourget, village en pointe en avant de nos lignes, occupé par nos troupes, est canonné par l'ennemi pendant toute la journée qui n'envoie aucune attaque d'infanterie. Au soir le feu des batteries ennemies cesse, et elles se replient vers Gonesse. Les troupes françaises étant en très bonne position, elles tiennent et restent dans le village.

Dimanche 30 octobreModifier

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  •   Paris :
    Les boucheries municipales n’ayant plus de viandes elle ne distribuent plus que du suif.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Au lever du jour, des masses d'infanterie, évaluées à plus de 15 000 hommes, se présentent de front, appuyées par une nombreuse artillerie, pendant que d'autres colonnes, venant de Dugny et de Blanc-Mesnil, contournent le village du Bourget.
    Les troupes françaises qui étaient postées dans la partie nord du Bourget, sont coupées du corps principal et encerclées, sont faites prisonnières. Le village de Drancy est évacué afin de ne pas subir le même sort. « Le village du Bourget ne faisant pas partie du système général de notre défense, son occupation était d'une importance très secondaire, et les bruits qui attribuent de la gravité aux incidents qui viennent d'être exposés sont sans aucun fondement. »[125]

Lundi 31 octobreModifier

Sans dépêches ni rapports militaires.
La reddition de Metz est désormais officielle.
  •   Paris :
    L'envoi d'Adolphe Thiers à Versailles pour négocier avec Bismarck alimente la rumeur selon laquelle le gouvernement français demanderait l'Armistice. L'exaspération des Parisiens est telle qu'une manifestation populaire, orchestrée par Charles Delescluze a lieu contre Trochu et son gouvernement. Les manifestants occupent pacifiquement l'Hôtel de Ville, siège du gouvernement et des discussions ont lieu. Trochu réussit à se maintenir et proclame : « Le gouverneur de Paris ne capitulera pas. » En fin de journée, la manifestation tourne à l'émeute et les membres du gouvernement se retrouvent prisonniers des partisans de la Commune, mais ils seront délivrés par le 106e bataillon de la garde nationale.

NovembreModifier

Mardi 1er novembreModifier

Sans dépêches ni rapports militaires.

Mercredi 2 novembreModifier

Sans dépêches ni rapports militaires.
les 1er et 2e régiments de marche de cuirassiers deviennent les 11e et 12e régiments de cuirassiers.
1er, 2e et 3e régiments de marche de dragons et 1er régiment mixte deviennent les 13e, 14e, 15e et 16e de dragons.
1er et 2e régiments de marche de lanciers deviennent les 9e et 10e régiments de lanciers.
1er régiment de marche de chasseurs et 2e régiment de cavalerie mixte deviennent les 13e et 14e régiments de chasseurs à cheval.
1er régiment de marche de hussards devient le 9e régiment de hussards.
Le ballon monté Fulton, piloté par un marin nommé Le Gloarnec et accompagné d'un ingénieur des ponts et Chaussées Ernest Cézanne s'envole de la Gare d'Orléans. Il termine sa course à Cossé-d'Anjou près d'Angers en Maine-et-Loire après avoir parcouru 345 kilomètres[126].

Jeudi 3 novembreModifier

Vendredi 4 novembreModifier

Sans dépêches ni rapports militaires.

Samedi 5 novembreModifier

Sans dépêches ni rapports militaires.

Dimanche 6 novembreModifier

Sans dépêches ni rapports militaires.

Lundi 7 novembreModifier

Ruptures des négociations concernant l'armistice[132].
« Les quatre grandes puissances neutres, l'Angleterre la Russie, l'Autriche et l'Italie, avaient pris l'initiative d'une proposition d'armistice à l'effet de faire élire une assemblée nationale.
Le gouvernement de la défense nationale avait posé ses conditions, qui étaient :
le ravitaillement de Paris et le vote pour l'assemblée nationale par toutes les populations françaises.
La Prusse a expressément repoussé la condition du ravitaillement ; elle n'a d'ailleurs admis qu'avec des réserves le vote de l'Alsace et de la Lorraine.
Le gouvernement de la défense nationale a décidé à l'unanimité, que l'armistice ainsi compris devait être repoussé. »

Mardi 8 novembreModifier

Mercredi 9 novembreModifier

L'ensemble des forts a continué, sur toute la ligne de défense, à canonner les travaux et les positions de l'ennemi. Le tir reprend la nuit, par intervalles, de façon à causer des alertes fréquentes aux postes prussiens et à les tenir constamment en haleine.

Jeudi 10 novembreModifier

Vendredi 11 novembreModifier

Le feu de l'ensemble des forts a continué, sur toute la ligne de défense pendant le jour et pendant la nuit.

Samedi 12 novembreModifier

Les jeunes gens de 25 à 35 ans veufs ou célibataires sont mis en activité et rejoignent les bataillons de la garde nationale.

Dimanche 13 novembreModifier

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Lundi 14 novembreModifier

La nouvelle de la prise d'Orléans par l'armée de la Loire cause un regain d'espoir dans Paris, incitant le Gouvernement de la défense nationale à lancer La Grande Sortie contre les lignes prussiennes autour de la ville.

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Mardi 15 novembreModifier

  •   Val-de-Marne :
    L'ennemi a tenté de reprendre pied dans Champigny. Il a été débusqué par le feu des mitrailleuses et s’est réfugié dans les tranchées, au milieu desquelles des obus du fort de Nogent sont venus tomber et l'ont obligé à battre en retraite.
    Les canons de la Faisanderie ont dispersé un détachement d'une cinquantaine de Prussiens réunis derrière la barricade de Champigny.
    Un obus tiré sur la maison Cazenave, au-dessous et à droite de Chennevières, utilisée comme pension par les officiers prussiens, est allé tomber au milieu de la cour entre deux ailes du bâtiment au moment où un certain nombre de ces officiers s’y trouvaient réunis. Les observateurs y ont observé un grand désordre puis un grand mouvement de va-et-vient dans les cours, ce qui laisse à penser qu'il y a eu plusieurs morts et blessés parmi les prussiens.
    Le fort de Charenton a canonné les positions prussiennes de Choisy

Mercredi 16 novembreModifier

Jeudi 17 novembreModifier

Le pigeon voyageur Gambetta apporte la nouvelle de la victoire de Coulmiers[139].
  •   Paris :
    « Malgré les ordres les plus formellement exprimés par la voie des journaux et par celle de l'affichage, pour que les avant-postes ne soient dans aucun cas dépassés, des habitants de Paris sortent de la ville, se répandant par masses de tous les côtés à la fois dans la campagne. Ils s'avancent ainsi jusqu'à la portée la plus rapprochée des lignes prussiennes, encouragés par l'attitude de l'ennemi, qui les avait rarement inquiétés.
    Celui-ci, au mépris de tout sentiment d'humanité, tire maintenant d'une manière continue sur des hommes sans armes, même sur des femmes et des enfants. Il y a eu des morts et des blessés. Le gouverneur de Paris, profondément ému d'une situation à laquelle les avant-postes sont impuissants à remédier, en raison de l'étendue de nos lignes extérieures, porte ces faits à la connaissance de tous les habitants et les adjure, de ne plus enfreindre des ordres dont l'inexécution a de si douloureuses conséquences. »

Vendredi 18 novembreModifier

Samedi 19 novembreModifier

  •     Val-de-Marne - Hauts-de-Seine :
    Les forts de Bicètre, Montrouge, Vanves et d'Issy ont tiré avec beaucoup de succès sur les positions de l'ennemi qui a dû évacuer, à plusieurs reprises, ses avancées.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Les nouvelles informations ont confirmé les premiers renseignements qui ont été portés à la connaissance du public. Elles ont fait connaître, en outre, un nouvel exemple des inconvénients qu’amènent devant nos lignes de semblables désordres exploités par l'ennemi. En effet, ce matin à huit heures des Prussiens, vêtus de blouses et de pantalons de toile dissimulant leurs armes et favorisés par la foule des maraudeurs qui couvraient la plaine de Bondy, se sont glissés le long de la berge du canal de l'Ourcq, ont tiré presque à bout portant sur une sentinelle avancée du 1er régiment d'éclaireurs, à nos premiers retranchements.
    Des combats d'avant postes ont eu lieu à Villetaneuse.

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Dimanche 20 novembreModifier

  •   Seine-Saint-Denis :
    Le feu de l'artillerie française a été très vif pendant une partie de la nuit contre les positions prussiennes du Bourget.
    Le gouverneur de Paris, ému des tristes événements qui se sont passés dans les journées des 18 et 19 novembre dans la plaine de Bondy, a demandé des rapports circonstanciés aux commandants des avant-postes les plus rapprochés de l'ennemi.

Lundi 21 novembreModifier

Mardi 22 novembreModifier

La pluie a arrêté sur tous les points les travaux de l'ennemi. Les forts ont tiré avec la plus grande modération.
  •   Paris :
    Réquisition est faite de toutes les pommes de terre existant à Paris et dans la banlieue. Les détenteurs de pommes de terre à Paris et dans les communes situées en deçà de la ligne d'investissement, sont tenus de déclarer les quantités qu'ils possèdent en dehors des provisions de ménage.
  •   Val-de-Marne :
    Plusieurs combats d'avant-postes ont eu lieu sur la Marne qui se sont tous terminés à notre avantage.
    Des mouvements de troupes ont attiré l'attention de l'ennemi. Deux bataillons de garde nationale mobilisée, commandés par les chefs de bataillon Queveauvilliers et de Brancion, sont sur le point de partir pour prendre les positions avancées.
  •   Hauts-de-Seine :
    Les forts ont continué les bombardements contre les travaux de l'ennemi, principalement à l'ouest et vers les positions de Meudon et de Châtillon.
    A onze heures et demie du soir, une reconnaissance a été tentée par l'ennemi, dans la presqu'ile de Gennevilliers[30]. Une barque, montée par plusieurs hommes, a cherché à passer la Seine du côté du pont des Anglais. Cette reconnaissance a échoué, grâce à la surveillance de nos postes avancés qui ont tiré à bout portant sur la barque, dans laquelle plusieurs hommes ont été blessés ou tués.
    La 2e compagnie du corps franc des carabiniers parisiens, sous le commandement du capitaine Baquey, s'est établie à Courbevoie.

Mercredi 23 novembreModifier

  •   Paris :
    Les moulins qui fonctionnent pour le compte de l'État doivent vendre le son au prix maximum de 30 francs les 100 kilogrammes.
    Interdiction est faite aux journaux de publier les mouvements des troupes, les travaux de fortification et les mesures militaires prises par la défense.
    Le ballon monté Égalité s'envole de l'usine à gaz de Vaugirard et termine sa course, à Louvain en Belgique, après avoir parcouru 225 kilomètres[143].

Jeudi 24 novembreModifier

  •   Paris :
    Le ballon monté Ville-d'Orléans s'envole, dans la nuit, de la gare du Nord et termine sa course après 14 h 45 de vol, à Lifjeld en Norvège, après avoir parcouru 1 246 kilomètres[144].
  •   Seine-Saint-Denis :
    Le 72e bataillon de guerre de la garde nationale, conjointement avec le 4e bataillon des éclaireurs de la Seine, sous le commandement supérieur du capitaine de frégate Massion, ont occupé le village de Bondy. Après avoir franchi les barricades de Bondy, le 72e bataillon a refoulé l'ennemi d'arbre en arbre sur la route de Metz et le long du canal de l'Ourcq. Le 72e compte 4 blessés, dont capitaine de frégate Massion qui a été transporté à l'ambulance du ministère de la Marine. En fin d'après-midi, le 72e bataillon de guerre, du commandant de Brancion, s'est replié.
    Quelques obus du fort de Noisy, envoyés sur le pont de la Poudrette[70] et sur les maisons bordant la lisière du bois, ont réussi à faire retraiter à découvert un grand nombre de troupes ennemies.

Vendredi 25 novembreModifier

Ordre de ne plus sortir de la ville.
  •   Royaume de Prusse : Des espions prussiens, font parvenir des messages indiquant qu'une sortie va être effectuée. Les assiégeants commencent à prendre ses dispositions[17].

Samedi 26 novembreModifier

Dimanche 27 novembreModifier

Dans la nuit du 27 au 28 novembre, on réunit à gauche du fort de Rosny la division d'Hugues avec son artillerie divisionnaire :
En avant du fort, 3 000 marins, 200 sapeurs du génie ou auxiliaires.
à droite du fort, la division Bellemare avec son artillerie divisionnaire et 3 batteries de 12, tirées de la réserve du 3e corps d’armée.
La division d'Hugues est suivie de deux batteries de 12, 6 pièces de 24 courts, 6 pièces de 7 et sur des voitures bien attelées : 1 500 pelles, 1 500 pioches, 200 haches, 20 scies (dites passe-partout), 20 masses, 50 dames, 8 sacs de poudre de 15 kg chacun, 20 000 sacs de terre[17].

Lundi 28 novembreModifier

  •   Paris :
    Le ballon monté Jacquard s'envole, dans la nuit, de la gare d'Orléans. Il fut perdu en mer dans les environs de Plymouth en Angleterre[145].
  •   Hauts-de-Seine :
    Au lever du jour, une forte reconnaissance a été faite sur les positions prussiennes de Buzenval et sur les hauteurs de Boispréau.
    Les opérations projetées dans la presqu'ile de Gennevilliers[30] ont commencé à six heures du soir par le tir, de nombreuses batterie de mortiers, de fusées et d'artillerie, établies à proximité des ponts d'Argenteuil et de Bezons qui ont jeté le trouble dans les positions, que l'ennemi occupait fortement. Les tirs ont allumé un incendie qui s'est développé sur plusieurs points. Les troupes françaises se sont logées dans l'Île Marante à Colombes et au Pont des Anglais, où elles ont établi des retranchements. Pendant une partie de la soirée, puis à minuit, il y a eu un violent échange de feu de mousqueterie.

ProclamationsModifier

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Mardi 29 novembreModifier

Mercredi 30 novembreModifier

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  •   Paris :
    L'éléphant Pollux du Jardin des plantes est fusillé[146],[147] et vendu 13 500 francs[19] à la Boucherie anglaise du boulevard Haussmann, qui écoulait la viande des animaux du Jardin, sous la dénomination de viande de fantaisie.
    Le ballon monté Jules-Favre No 2 s'envole, dans la nuit, de la gare du Nord et termine sa course sur l'île de Belle-Île-en-Mer dans le Morbihan après avoir parcouru 548 kilomètres[152].
    Considérant qu'il importe à la défense de Paris de ménager l'approvisionnement du charbon qui appartient à la Compagnie parisienne d'éclairage au gaz, afin d'assurer à l'éclairage de la voie publique, à l'industrie métallurgique et au service des ballons une large réserve, le Gouvernement de la défense nationale ordonne la Compagnie parisienne d'éclairage et de chauffage au gaz cessera toute livraison de gaz aux particuliers et aux établissements publics de toute nature.
  •   Val-de-Marne :
    Dans la nuit du 29 au 30 novembre le vent tourna brusquement; à une brise tiède et molle succéda un froid vif et pénétrant. C'est dans ces conditions que l'armée du général Ducrot passe la Marne au petit matin, sur des ponts de bateaux, dont l'établissement avait été retardé, la veille, par une crue subite et imprévue de la rivière.
    Cette grande opération, s'engage sur un vaste périmètre soutenue par les forts et les batteries de position qui, depuis hier, écrasent l'ennemi de leur feu.
    Le lieutenant-colonel Adrien Prévault[62] du 42e de ligne est tué lors des combats, particulièrement violents sur le plateau de Cœuilly[153].
    À la fin de la journée, le rapport du gouverneur de Paris au gouvernement indique :
    « La droite a gardé les positions qu'elle avait brillamment conquises. La gauche, après avoir un peu fléchi, a tenu ferme et l'ennemi, dont les pertes sont considérables et qui nous a laissé 2 canons, a été obligé de se replier en arrière des crêtes. La situation est bonne grâce au soutien de l'artillerie, aux ordres du général Charles Frébault qui a magnifiquement combattu. Je passe la nuit sur le lieu de l'action qui continuera demain. »
    En diversion à l'attaque principale, la division Susbielle, soutenue par une importante réserve des bataillons de marche de la garde nationale, se porte en avant de Créteil, et enlève à l'ennemi les positions de Mesly et Montmesly, qu'elle occupe jusqu'au soir avant de l'évacuer, ne pouvant plus tenir la position devant des forces supérieures et se replie sur Créteil. Toutefois cette diversion, sur la droite des opérations, fort utile, pour l'attaque principale de la 2e armée est soutenue par de nouvelles sorties opérées sur la rive gauche de la Seine, vers Choisy-le-Roi et Thiais, par des troupes du général Vinoy. L'artillerie de la redoute des Hautes-Bruyères démonte 2 des 8 pièces d'artillerie que l'ennemi a placées entre l'Haÿ et Chevilly.

DécembreModifier

Un froid intense s'installe à tel point que la Seine gèle. Les températures les plus basses atteindront -20°.

Recensement de la population des 20 arrondissements de Paris, en date de décembre 1870, qui comprend les réfugiés[155].

Population de Paris en décembre 1870
Arrondissement Population Commentaires
1er arrondissement 77 831 habitants
2e arrondissement 77 671 habitants
3e arrondissement 96 442 habitants
4e arrondissement 96 341 habitants
5e arrondissement 98 213 habitants
6e arrondissement 90 803 habitants
7e arrondissement 68 883 habitants
8e arrondissement 75 880 habitants
9e arrondissement 102 215 habitants
10e arrondissement 141 485 habitants
11e arrondissement 183 723 habitants
12e arrondissement 100 077 habitants
13e arrondissement 79 828 habitants
14e arrondissement 82 100 habitants
15e arrondissement 92 807 habitants
16e arrondissement 44 034 habitants
17e arrondissement 120 064 habitants
18e arrondissement 154 517 habitants
19e arrondissement 113 716 habitants
20e arrondissement 108 229 habitants
Total 2 005 700 habitants

Jeudi 1er décembreModifier

  •   Paris :
    Le ballon Bataille-de-Paris, monté par Jules Antoine Lissajous s'envole de la gare du Nord et termine sa course, à Grand-Champ dans le Morbihan, après avoir parcouru 460 kilomètres[156].
  •   Val-de-Marne :
    Les troupes françaises restent le matin sur les positions solidement établies qu'elles ont conquises hier et occupées cette nuit. L'enlèvement des blessés prussiens, abandonnés sur le champ de bataille, par l'ennemi et l'ensevelissement des morts, ainsi les que blessés français, dont le général Pierre Renault[157],[158] relevés par les ambulances, a pris une partie de la journée. L'artillerie, placée sur le plateau d'Avron, ne cesse pas de couvrir l'ennemi de ses feux. Toutefois la journée du 1er décembre s'est écoulée dans des conditions de calme que ne faisaient pas pressentir les luttes de la veille.
    Le Commandant des éclaireurs à cheval de la Seine, Léon Franchetti est frappé par un éclat d'obus à la cuisse durant cette bataille[159].
Vers 6 heures du soir, il était télégraphié la dépêche officielle suivante :
« Grande victoire sous Paris!
Sortie du général Ducrot, qui occupe la Marne ».
Cette triomphante nouvelle de Paris débloqué, Dieu sait avec quelle joie immense la province l'accueillit! « Le général Ducrot occupe la Marne » disait-on; il a donc pu faire une sortie victorieuse vers Vincennes et le chemin de Lyon. Les Prussiens, battus, ont donc abandonné le terrain; la capitale, débloquée sur ce point, est donc enfin en communication avec le reste de la France!
Hélas, bientôt la vérité fut connue : le général Ducrot avait manqué sa sortie. Son grand mouvement stratégique n'avait été qu'un grand mouvement oratoire, et Paris avait vu rentrer bien portant celui qui promettait de revenir ou mort ou victorieux.

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Vendredi 2 décembreModifier

  •   Paris :
    Le ballon Volta, s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course, à Bouvron en Loire-Atlantique, après avoir parcouru 466 kilomètres[160].
  •   Val-de-Marne :
    Précédées d'une courte canonnade, les troupes françaises ont été attaquées à la pointe du jour par des forces énormes formées des réserves et des troupes fraîches. Les Français, fatigués des combats d'avant-veille, avec un matériel incomplet, et glacés par des nuits d'hiver qu'ils ont passées sans couvertures à −14 °C, car, pour alléger les troupes, elles ont été laissées à Paris ; ont toutefois résisté au feu violent de l'ennemi. Après avoir combattu durant 3 heures pour conserver leurs positions, les troupes françaises ont poursuivi l’assaillant et combattu durant 5 heures pour enlever celles de l'ennemi. Le calme est revenu promptement sur nos positions de la Marne, où elles couchent.
    Les Prussiens tirent sur Monseigneur Bauer qui conduit les ambulances de la Presse venues relever les blessés de la bataille de la veille.

Samedi 3 décembreModifier

  •   Paris :
    Un appel est lancé aux habitants afin d'obtenir des lits en faveur des blessés. 15 000 lits sont mis, par les habitants de Paris, à la disposition de l'autorité militaire dans les 48 heures.
  •   Val-de-Marne :
    Il n'y a eu le matin, aucun incident remarquable sur les positions françaises. Dès le point du jour, les Prussiens ont commencé une série d'attaques d'avant-postes précédées d'une courte canonnade, puis le calme est revenu sur les positions de la Marne.
    L'artillerie française située sur le plateau d'Avron a continué son feu pour inquiéter les convois incessants de l'ennemi dans la direction de Chelles.
    Les Prussiens ont eu hier des pertes considérables, en effet nos vigies ont signalés de nombreux convois de blessés quittant dès midi le champ de bataille. D'après des renseignements émanant des prisonniers, des régiments entiers auraient été écrasés.
    La journée du 3 décembre fut consacrée à améliorer la situation des troupes françaises par ce temps, déjà rigoureux, qu'elles supportent avec un grand courage.
    L'armée du général Ducrot bivouaque cette nuit, dans le bois de Vincennes ; elle a repassé la Marne dans la journée, et elle a été concentrée sur ce point pour donner suite à ses opérations.
    Environ 400 prisonniers prussiens, dont un groupe d'officiers, ont été amenés dans Paris.

Dimanche 4 décembreModifier

Le 4 décembre, à minuit, le thermomètre centigrade de l'ingénieur Ducray-Chevalier, marquait, au Pont-Neuf, 6 degrés 3 dixièmes au-dessous de zéro.

Proclamation du général DucrotModifier

Lundi 5 décembreModifier

Le 5 décembre, à six heures du matin, le thermomètre marquait, 6 degrés 8 dixièmes au-dessous de zéro et à midi, 2 degrés 9 dixièmes au-dessous de zéro.
Le général von Moltke annonce au gouverneur de Paris qu'Orléans est réoccupée par les Allemands
  •   Paris :
    Le ballon Franklin, s'envole de la gare d'Orléans, avec le comte d'Andrécourt chargé de porter des documents secrets à la délégation de Bordeaux, et termine sa course, à Saint-Aignan-Grandlieu en Loire-Atlantique, après avoir parcouru 403 kilomètres[161].
  •   Val-de-Marne :
    Le nombre des prisonniers ennemis arrivés du champ de bataille est, à 11 heures du matin, de huit cents.
    Le commandant Poulizac, à la tête des éclaireurs de la Seine, rentre d'une reconnaissance poussée vers Aulnay avec succès où 7 Prussiens ont été mis hors de combat. Ses troupes ont enlevés 3 postes du chemin de fer de Soissons et ramènent 30 sacs, 40 casques, 2 fusils, des marmites, des couvertures, etc.

Mardi 6 décembreModifier

Lettre du comte von MoltkeModifier

« Le gouvernement de la défense nationale porte à la connaissance de la population les faits suivants :
Hier au soir le gouverneur a reçu une lettre dont voici le texte :
« Versailles, ce 5 décembre 1870.
« Il pourrait être utile d'informer Votre Excellence que l'armée de la Loire a été défaite hier près d'Orléans et que cette ville est réoccupée par les troupes allemandes.
Si toutefois Votre Excellence jugera à propos de s'en convaincre par un de ses officiers, je ne manquerai pas de le munir d'un sauf-conduit pour aller et venir.
Agréez, mon général, l'expression de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur.
Le chef d'état-major, « Comte von Moltke. » »

Réponse du gouverneur de ParisModifier

« Le gouverneur a répondu
« Votre Excellence a pensé qu'il pourrait être utile de m'informer que l'armée de la Loire a été défaite près d'Orléans et que cette ville est réoccupée par les troupes allemandes.
« J'ai l'honneur de vous accuser réception de cette communication, que je ne crois pas devoir faire vérifier par les moyens que Votre Excellence m'indique.
« Agréez, mon général, l'expression de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur.
« Le gouverneur de Paris, Général Trochu. »

Proclamation des membres du gouvernementModifier

« Cette nouvelle qui nous vient par l'ennemi, en la supposant exacte, ne nous ôte pas le droit de compter sur le grand mouvement de la France accourant à notre secours. Elle ne change rien ni à nos résolutions ni à nos devoirs.
Un seul mot les résume : Combattre ! Vive la France ! Vive la République !
Les membres du gouvernement. »

Mercredi 7 décembreModifier

Jeudi 8 décembreModifier

Vendredi 9 décembreModifier

Samedi 10 décembreModifier

Dimanche 11 décembreModifier

Lundi 12 décembreModifier

Mardi 13 décembreModifier

Mercredi 14 décembreModifier

Le gouvernement autorise la vente du pain bis.

Jeudi 15 décembreModifier

  •   Paris :
    Le ballon monté Ville-de-Paris, s'envole de la gare du Nord et termine sa course près de Wetzlar[170], où il est capturé, après avoir parcouru 510 kilomètres, ainsi que les plans secrets du général Trochu destinés à Gambetta pour coordonner les actions[171].
    Par décret, le gouvernement fait réquisition de tous les chevaux, ânes et mulets. Les détenteurs deviennent de simples gardiens. Les animaux seront pesés vivants et payés comptant à raison de 1,75 franc[19] le kilogramme au maximum et de 1,25 franc[19] au minimum. Tout propriétaire de cheval, d'âne et mulet qui voudra devancer l'injonction de livrer à la faculté de faire conduire tous les jours ces animaux au marché aux chevaux situé au 6 boulevard d'Enfer. Les prix de faveur suivants seront appliqués aux animaux spontanément amenés à raison de 2 francs[19] le kilogramme au maximum et 1,50 franc[19] au minimum. En outre il sera attribué une commission d'amenage de 10 francs[19] par tête. Tout animal non déclaré sera confisqué.
    Après les pertes subies par divers corps de la 2e armée, notamment par la division de Malroy, qui a été très énergiquement engagée, les bases de la constitution des armées de la défense de Paris sont modifiées.
    Le 1er corps, commandé par le général Blanchard, est dissous. La division de Malroy de ce corps ayant eu des pertes sérieuses est en partie dirigée sur la 3e armée.

Vendredi 16 décembreModifier

  •   Paris :
    Les vivres diminuent, la viande qui était rationnée manque totalement, ainsi que le bois et le charbon.
    Le gouverneur de Paris ordonne que l'on procède à la réquisition des chevaux, ânes et mulets pour les abattre, et les manger. Les queues s'allongent pour un morceau de pain. On mange du chat, du chien et on chasse le rat.

Samedi 17 décembreModifier

Dimanche 18 décembreModifier

Lundi 19 décembreModifier

  •   Paris :
    Décret soumettant les nominations des chefs de la garde mobile au choix du gouvernement.

Mardi 20 décembreModifier

Mercredi 21 décembreModifier

  •     Val-de-Marne - Hauts-de-Seine :
    L'attaque a commencé le matin sur un grand développement, depuis le Mont Valérien jusqu'à Nogent-sur-Marne.
  •   Hauts-de-Seine :
    Du côté du Mont Valérien, vers 7 heures du matin, le général Noël a lancé une forte attaque à gauche sur Montretout, au centre sur Buzenval et Longboyau, en même temps que sur sa droite le chef de bataillon Faure, commandant du génie du Mont Valérien, s'emparait de l'île du Chiard. Au moment où cet officier y pénétrait à la tête d'une compagnie de francs-tireurs de Paris, il fut blessé très grièvement et le capitaine Haas, qui commandait cette compagnie, fut tué net. Parmi les troupes figurent les 8e et 18e régiments de la garde nationale mobilisée de Paris.
  •   Val-de-Marne :
    Les généraux de Malroy et Blaise sous les ordres du général Vinoy, ont occupé Neuilly-sur-Marne, Ville Evrard et la Maison-Blanche[97] et font créneler les murs. L'artillerie du plateau d'Avron et du fort de Nogent, qui ont appuyé l'opération, ont eu un combat très vif avec l'artillerie ennemie qui avait établi des batteries pour arrêter l'action des troupes françaises. Le général Idelphonse Favé, commandant l'artillerie de la 3e armée, a été blessé.
    Le temps s'était mis au froid et un vent glacial pendant toute la journée n'a cependant pas arrêté les efforts des troupes françaises qui ont travaillé activement à s'abriter contre les coups de l'ennemi à Neuilly-sur-Marne, Ville-Evrard, Maison Blanche, Bondy, la ferme de Groslay[89] et Drancy. Toutefois les tranchées ouvertes n'ont pas été terminées aussi promptement qu'on pouvait s'y attendre, à cause d'une gelée intense qui a durci la terre et a rendu le maniement des outils plus difficile.
    Dans la nuit du 21 au 22 décembre, des soldats ennemis restés dans les caves de Ville Evrard ont fait une attaque sur les postes occupés par les troupes. Les soldats français ayant riposté vigoureusement, ont tué ou fait prisonniers la plus grande partie des assaillants. Malheureusement, le général Blaise, qui s'était porté en toute hâte à la tête de ses troupes, a été mortellement atteint. Les prisonniers qui ont été faits sur les différents points ont confirmé que les pertes de l'ennemi ont été des plus sérieuses.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Dès le matin, par une température de -14°, les troupes de l'amiral de La Roncière ont attaqué le Bourget. Elles étaient composées de marins, des 134e et 138e régiment d'infanterie de ligne et de gardes mobiles de la Seine. La première colonne, composée du bataillon des marins et du 138e de ligne sous les ordres du capitaine de frégate Eugène Lamothe Tenet a enlevé la partie nord du village. Une seconde colonne, sous les ordres du général Lavoignet, qui attaquait dans la partie sud du village, était arrêtée par de fortes barricades et des murs crénelés qui l'empêchaient de dépasser les premières maisons dont on s'était emparé malgré des efforts acharnés. Après s'être maintenu 3 heures dans le nord du Bourget, jusqu'au-delà de l'église, luttant pour conquérir les maisons une à une, sous les feux tirés des caves et des fenêtres et sous une grêle de projectiles qui dura jusqu'à la fin du jour, les troupes ont dû se retirer.
    Le général Ducrot fait alors avancer une partie de son artillerie, qui engage une action très violente contre les batteries de Pont Iblon et de Blanc-Mesnil. Il occupe ce soir la Maison Blanche, Bondy, la ferme de Groslay[89] et Drancy.
    À la nuit, les troupes stationnées au Bourget effectuent leur retraite avec calme après avoir ramené une centaine de prisonniers qui sont dirigés sur Paris. Ces troupes furent repliées en arrière dans les tranchées qui formaient les points d'appui du champ de bataille préparé. Toutefois, les unes et les autres, à peu d'exceptions près, étaient sans abri, et cette première nuit de bivouac, par une gelée intense, éprouva très péniblement les soldats, il y eut quelques cas de congélation.
    Simultanément une diversion importante était effectuée par les 10e, 12e, 13e et 14e bataillons des gardes mobiles de la Seine et une partie du 62e bataillon de la garde nationale de Saint Denis, sous le commandement du colonel Dautremon.
    Dans le même temps, le 68e bataillon de la garde nationale de Saint-Denis attaquait Épinay, tandis que les deux batteries flottantes numéros 3 et 4 canonnaient le village ainsi qu'Orgemont et le Cygne d'Enghien[177], qui ripostaient vigoureusement.

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Jeudi 22 décembreModifier

Vendredi 23 décembreModifier

Le 23 décembre à minuit, le thermomètre centigrade de l'ingénieur Ducray-Chevalier, au Pont-Neuf, marquait 8 degrés 2 dixièmes au-dessous de zéro.
  •   Paris :
    Départ du 50e ballon monté. Le Délivrance s'envole de la gare du Nord et termine sa course à La Boissière-des-Landes, en Vendée, après avoir parcouru 450 kilomètres[179].
  •     Val-de-Marne-Seine-Saint-Denis :
    L'ennemi ayant fait sur ses positions des concentrations considérables qui semblaient indiquer des intentions offensives et pouvant offrir un engagement général, le commandement français fit venir des troupes, à marche forcée, pour reprendre leurs postes de combat, malgré l'intensité du froid qui ne fit que s'accroitre. À dater de ce moment, la santé des soldats fut sérieusement, atteinte. Les cas de congélation, contre lesquels l'activité des travaux entrepris ne put rien, se multiplièrent dans une proportion menaçante. Les travaux eux-mêmes furent ralentis par suite de la dureté du sol, et dès le 24 ils devenaient impossibles.

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Samedi 24 décembreModifier

Le 24 décembre, à minuit, le thermomètre centigrade de l'ingénieur Ducray-Chevalier[180], au Pont-Neuf, marquait 9 degrés 5 dixièmes au-dessous de zéro puis à six heures du matin, le thermomètre indiquait 9 degrés 1 dixième au-dessous de zéro et à midi, 6 degrés 0 dixièmes au-dessous de zéro. Le baromètre indiquait 758 mm 2, sans correction.
  •   Paris :
    Le ballon monté Rouget-de-L'Isle s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à La Ferté-Macé, dans l'Orne, après avoir parcouru 240 kilomètres[181].
    A minuit, au Pont Neuf, le thermomètre marquait 9 degrés 5 dixièmes au-dessous de zéro. À midi, il indiquait 8 degrés 7 dixièmes au-dessous de zéro. La Seine est très haute et charrie de nombreux glaçons.
  •   Val-de-Marne :
    Les troupes ont continué les travaux de terrassement en voie d'exécution et ont eu beaucoup à souffrir pendant la nuit dernière des rigueurs de la température qui descend à 11 degrés au-dessous de zéro sur le plateau d'Avron.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Deux bataillons mobilisés de la garde nationale ont fait une reconnaissance sur le Raincy et ont eu quelques hommes blessés après avoir échangé un bon nombre de coups de fusil avec l'ennemi.
    L'artillerie des forts ainsi que celles de Bondy et du plateau d'Avron ont tiré fréquemment sur les travaux des Prussiens, qui déploient de leur côté une grande activité. Malgré une remontée des températures, la terre est toujours rebelle au maniement de la pioche, néanmoins les abris se consolident.

Dimanche 25 décembreModifier

Le 25 décembre, à six heures du matin, le thermomètre indiquait 12 degrés au-dessous de zéro et à midi, 8 degrés 7 dixièmes au-dessous de zéro. Le baromètre indiquait 754 mm 7, sans correction.

  •   Paris :
    Le froid est atroce. Il devient impossible de se chauffer car le bois est rare et vert[182].
 
Menu du 25 décembre 1870
Café Voisin, 261 rue Saint-Honoré

Lundi 26 décembreModifier

  •   Val-de-Marne :
    Sur l'ordre du général Vinoy, 3 bataillons de la garde nationale, conduits par le colonel Valette, ont été chargés, le matin, d'occuper le parc de la Maison-Blanche[97] à Neuilly-sur-Marne pour renverser, totalement, le mur crénelé qui le ferme au sud-ouest. Les tirailleurs ont débusqué le poste ennemi du 106e régiment d'infanterie de ligne du 6e saxon[183] qui occupait le parc et la tranchée du chemin de fer. Lors de cet engagement les Français font 6 prisonniers et perdent 1 tué et 8 blessés dont 1 officier.
    Après avoir chassé l'ennemi, ils ont travaillé à abattre le mur, en laissant des postes de surveillances afin de se prévenir contre un retour offensif de l'ennemi. Le général d'Hugues, pour éviter des imprudences, s'est porté lui-même auprès des troupes de soutien.
    L'artillerie du plateau d'Avron a tiré, seule, pour appuyer l'opération.

Mardi 27 décembreModifier

100e jour du siège.
Début du bombardement de Paris dans certains quartiers.
  •   Paris :
    Le ballon Tourville s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à Eymoutiers, dans la Haute-Vienne, après avoir parcouru 433 kilomètres[184].
  •   Val-de-Marne :
    Au petit jour, l'ennemi a fait sauter la Gare aux Bœufs de Choisy.
  •   Seine-Saint-Denis :
    L’ennemi a démasqué, ce matin des batteries de siège à longue portée et a effectué un feu très vif contre les forts de l’Est, de Noisy et de Nogent, et contre la partie nord du plateau d’Avron, qui ont répondu énergiquement. Cette canonnade pouvant être le prélude d’un bombardement général de nos forts, puis d'une attaque générale, toutes les dispositions sont prises dans le but de repousser ses attaques et de protéger les défenseurs.
    Dans la journée, les observateurs indiquent que l'ennemi a établi 3 batteries de gros calibre au-dessus de la redoute de l'Ermitage, au Raincy, 3 batteries à Gagny, 3 batteries à Noisy-le-Grand et 3 batteries au pont de Gournay.
    Ce combat d'artillerie qui a duré jusqu'à cinq heures, a couté environ 8 tués et 50 blessés dont 4 officiers de marine aux troupes françaises. Les pertes ennemies sont inconnues mais elles sont supposées sérieuses sur les points les plus à portée du plateau.
    Les dépêches allemandes indiquent que 17 officiers Français auraient été tués ou blessés lors de cette affaire.
    « En résumé, cette première journée de bombardement partiel contre nos avancées et nos forts, avec des moyens dont la puissance est considérable, n'a pas répondu à l'attente de l'ennemi. »
  •   Hauts-de-Seine :
    Dans la nuit, on a entendu du Mont Valérien deux fortes détonations, qui donnent à penser que l’ennemi a fait sauter le pont du chemin de fer de Rouen[185].
    Le commandant Delclos, du 5e bataillon de la Seine, a opéré hier une reconnaissance sur le Bas Meudon et le Val et Fleury, à la tête de 12 compagnies des 4e et 5e bataillons de la Seine et du 3e de la Somme. Le commandant Delclos fit fouiller ces trois villages où restent encore quelques habitants, et d'où les postes prussiens s'enfuirent à approche des troupes françaises, laissant quelques prisonniers. Une fusillade assez vive s'engagea au moment où la reconnaissance regagnait le fort d'Issy. L'ennemi fut repoussé et contraint de se retraiter précipitamment dans ses retranchements du Haut Meudon. Les pertes françaises s'élèvent à 2 tués et 6 blessés.

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Mercredi 28 décembreModifier

  •   Seine-Saint-Denis :
    L'ennemi a continué le bombardement qu'il avait entrepris hier contre les positions d'Avron. Le matin les tirs qui étaient modérés sont devenus très vifs dans l'après-midi et la soirée. De nouvelles batteries ont appuyé celles qui avaient été précédemment établies par l'ennemi. Nos pièces, moins puissantes que les canons Krupp, a dû renoncer à faire feu. Le plateau est devenu tout à fait intenable pour l'infanterie[186].
    Le gouverneur a fait soustraire l'artillerie et les troupes à une situation que l'intensité croissante du feu de l'ennemi ne pouvait qu'aggraver en ordonnant la rentrée des pièces en arrière des forts. Cette opération difficile et laborieuse s'est effectuée pendant la nuit et dans la matinée du 29.
    Nos batteries de Bondy fouillent les bois avec précision et inquiètent l'ennemi.

Jeudi 29 décembreModifier

  •   Paris :
    Le ballon Bayard s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à La Mothe-Achard, dans la Vendée, après avoir parcouru 462 kilomètres[187],[188].
  •   Seine-Saint-Denis :
    Le bombardement a redoublé d'intensité. Ses effets sur le plateau d'Avron, qui n'a cessé d'être canonné, ont démontré l'opportunité de l'évacuation qui a été opérée la nuit dernière. Les 74 pièces d'artillerie qui ont été retirées à peu près intactes, auraient été complètement désorganisées par le feu violent de la journée. Les tirs ont été plus particulièrement dirigé contre les forts de Rosny, Nogent et Noisy, qui ont fait bonne contenance sous une pluie d'obus d'une dimension extraordinaire, lancés à grande distance.
    Des dispositions sont prises pour que cette artillerie soit contre-battue par les plus gros canons dont dispose la défense.
    Il y a eu au fort de Nogent 14 blessés, au fort de Rosny 3 tués et 9 blessés et au fort de Noisy seulement quelques contusionnés.
    L'ennemi a ouvert le feu sur Bondy, où nous avons eu 2 hommes tués et 6 blessés.
    Dans la soirée, les tirs de l'ennemi sont passés par-dessus le plateau d'Avron, atteignant la route stratégique et, par moments, les villages environnants[189].
  •   Hauts-de-Seine :
    Les 8e et 18e régiments de la garde nationale mobilisée de Paris quittent les alentours du fort du Mont-Valérien et sont dirigés sur Neuilly.

Vendredi 30 décembreModifier

  •   Paris :
    Fin décembre, le beurre atteint 30 francs le kilo et la livre de chien vaut 4 francs. Un chat se vend 20 francs, un corbeau 5 francs, un rat 3 francs, un moineau 1,25 franc[19]. Les artisans et les ouvriers qui étaient également gardes nationaux, ne travaillant plus, ne disposaient que de leur solde soit 1,50 franc par jour, plus 0,75 à la femme légitime[19].
  •   Val-de-Marne :
    Le feu de l'ennemi a recommencé et le fort de Nogent, sur lequel se sont portés principalement ses efforts, a été bombardé de 8 heures du matin à h 30 du soir ou il n'est à déplorer que 3 blessés.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Le feu de l'ennemi a recommencé le matin et il a été vif pendant une partie de la journée. Il n'y a eu que deux blessés au fort de Rosny.
    Sur le plateau d'Avron, les Allemands prennent une grande quantité de munitions d'artillerie et deux pièces de 24 enclouées. Ils envoient ensuite deux compagnies jusqu'au village de Rosny.

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Samedi 31 décembreModifier

  •   Seine-Saint-Denis :
    L'ennemi a augmenté ses batteries de gros calibre et rapproché plusieurs d'entre elles des points d'attaque. Ses projectiles sont arrivés en assez grand nombre à la ferme de Groslay[89], à Drancy, Bobigny, Bondy, et quelques-uns même sont parvenus jusqu'à la Folie[190] et Noisy-le-Sec.
    Il a continué en même temps le bombardement sur les forts de Rosny et de Noisy, ou il n'y a eu que quelques dégâts matériels et un très petit nombre de blessés.
    A 11 heures du soir, une assez forte reconnaissance prussienne s’est approchée de Bondy. Nos soldats ont laissé venir l'ennemi à bonne portée et l’ont reçu par une vive fusillade qui l'a fait rentrer dans ses lignes après avoir essuyé des pertes.
  •   Val-de-Marne :
    Le feu de l'ennemi a continué sur le fort de Nogent, ou il n'y a eu que quelques dégàts matériels et un très petit nombre de blessés.
  •   Paris :
    Le ballon Armée-de-La-Loire s'envole de la gare du Nord et termine sa course à Montbizot, dans la Sarthe, après avoir parcouru 231 kilomètres[191].
    Pour fêter son élection en tant que maire du 3e arrondissement de Paris, Théodore-Jacques Bonvalet offre un repas à 20 de ses amis. Les mets sont composés d'animaux du zoo du Jardin des Plantes

JanvierModifier

Dimanche 1er janvierModifier

Du mardi 27 décembre, au dimanche 1er janvier, les Prussiens ont envoyé 25 000 projectiles.

  •   Seine-Saint-Denis :
    L'ennemi a tiré pendant une grande partie de la nuit. Le bombardement de Bondy a redoublé d'intensité pendant la nuit et celui du fort de Rosny a été régulier, sans accident ni incident. Ce matin, l'attaque est plus vive, les coups se succèdent presque sans interruption.

Lundi 2 janvierModifier

Les Prussiens envoient 6 000 bombes par jour.

  •   Hauts-de-Seine :
    Deux ou trois explosions se sont fait entendre sur le plateau de Chatillon. La Tour des Anglais a sauté.
    Une forte patrouille française a pénétré cette nuit dans Rueil et s'est retirée d'Issy sans avoir essuyé le feu des postes avancés prussiens.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Le bombardement des forts de Nogent, Rosny et Noisy, et des villages environnants a continué ce matin sans causer jusqu'à présent de dommages bien sérieux. Le feu est cependant très vif sur Nogent, sur lequel l'ennemi a lancé 600 obus, n'a eu aucun effet : un seul homme légèrement blessé et pas de dégâts.

Mardi 3 janvierModifier

Le 3 janvier à minuit, le thermomètre centigrade de l'ingénieur Ducray-Chevalier, au Pont-Neuf, marquait 4 degrés 2 dixièmes au-dessous de zéro.

Mercredi 4 janvierModifier

Le 4 janvier à six heures du matin, le thermomètre indiquait 3 degrés 3 dixièmes au-dessous de zéro et à midi, 0 degré. Le baromètre, indique 766 mm 4, sans correction.
  •   Paris :
    Le ballon Newton s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à Digny en Eure-et-Loir, après avoir parcouru 110 kilomètres[194].
  •   Seine-Saint-Denis :
    L'ennemi a canonné Montreuil pendant une partie de la nuit et Saint-Denis toute la nuit. Il a également tiré sur Bondy très vivement, mais sans résultat appréciable.
    Le feu contre nos forts a repris dès le matin et a été extrêmement violent jusqu'à 5 heures du soir sur le fort de Nogent, où il n'y a eu qu'un seul blessé sans gravité.
    Sur Bondy, le feu a continué à raison de trois coups par minute.
    Au fort de Rosny, le feu a été assez actif, on déplore 3 hommes légèrement atteints par des éclats.
    Le bombardement des forts situés à l'Est de Paris a continué aujourd'hui. Le fort de Nogent a reçu plus de 1 200 obus qui n'ont pas produit plus d'effets que les jours précédents.
  •   Val-de-Marne :
    Ce matin vers 4 heures, un détachement ennemi s'est avancé devant la ferme des Mèches[54] pour la surprendre mais il a été reçu par une vive fusillade, et les hommes se sont sauvés au pas de course, en enlevant plusieurs blessés.
    Une demi heure plus tard, une patrouille ennemie a été surprise par nos éclaireurs du 139e régiment d'infanterie de ligne, et laisse entre nos mains 3 prisonniers.
  •   Seine-et-Marne :
    Premières mise à l'eau en amont de Paris, tantôt à Thomery, tantôt au pont de Samois, lieux situés entre Bray-sur-Seine et Montereau, des boules de Moulins[195]. Sur les 55 boules envoyées du 4 au 29 janvier 1871, aucune ne sera récupérée pendant le siège.

Jeudi 5 janvierModifier

Le bombardement de Paris commence

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  •   Paris :
    Après un investissement de plus de trois mois, l'ennemi a commencé le bombardement des forts le 30 décembre. Six jours après, le bombardement de la ville de Paris commence. Quelques obus sont parvenus jusque dans le quartier Saint-Jacques, sans jeter aucun trouble dans la population.
    Dès que les habitants de la rive gauche de la Seine en virent tomber, ils s'empressèrent de prendre leurs dispositions pour échapper aux obus aveugles. Les uns vinrent chercher un abri sur la rive droite, les autres, ceux qui ne voulaient pas quitter leurs habitations, persistèrent à séjourner sous les coups de l'artillerie prussienne, mais en cherchant un abri dans leurs caves. Un troisième groupe s'obstina à braver l'ennemi, sans vouloir quitter les maisons et les appartements.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Une forte reconnaissance, dirigée par le général Fournès, est opérée dans la nuit sur le plateau d'Avron. Après avoir chassé les postes prussiens qui s'y trouvaient, il s'est installé auprès du château et a fait démolir à la pioche et au pétard un grand mur derrière lequel l'ennemi s'abritait dans la journée. Il a quitté le plateau au jour, ramenant 3 prisonniers saxons.
    Le feu a continué pendant la nuit sur le fort de Nogent sans résultats.
    Au petit matin, l'ennemi a attaqué Bondy : ses tirailleurs ont été repoussés, laissant sur le terrain une quinzaine de cadavres. De h du matin à h 30 du soir, Bondy a été bombardé, ainsi que les forts de l'Est de Paris, sans résultats.
  •   Hauts-de-Seine :
    L'ennemi a bombardé, toute la journée, avec la plus grande violence les forts de Montrouge, de Vanves et d'Issy avec ses batteries placées sur le plateau de Chàtillon avec des pièces de gros et de petit calibre. Des obus qui n'avaient pas éclaté, et recueillis, mesuraient 0,22 m de diamètre et 0,55 m de hauteur.
    Les forts répondent vigoureusement.
    La dépêche allemande du jour indique : « Depuis 9h, les forts du Sud de Paris sont bombardés par une superbe journée d'hiver; pas de vent ni de neige, mais neuf degrés de froid. Les batteries établies contre le front Sud de Paris ont bombardé pendant la journée les forts d'Issy, de Vanves et de Montrouge, les retranchements de Villejuif, le Point-du-Jour et les canonnières. Le bombardement du front du Nord et de l'Est était en même temps énergiquement poursuivi avec des résultats très favorables. Nos pertes sont de quatre tués, quatre officiers et onze soldats blessés. »
  •   Val-de-Marne :
    Sur les positions de Créteil, un officier bavarois, aide de camp, a été fait prisonnier et conduit à Vincennes.
    Les redoutes des Hautes-Bruyères et du Moulin-Saquet ont également eu à supporter un véritable bombardement.

Déclaration du gouvernementModifier

Le gouvernement de la Défense nationale fait une déclaration afin de remonter le moral des troupes et de la population.

Vendredi 6 janvierModifier

  •   Paris :
    À partir de 8 heures du matin, le bombardement a recommencé sur toute la ligne et n'a pas causé de dommages sérieux. Les batteries extérieures et l'enceinte ont pris part à la lutte et ont riposté vigoureusement aux attaques acharnées de l'artillerie ennemie. Les projectiles qui sont tombés dans la ville de Paris en assez grand nombre n'ont causé aucune émotion.
    Publication de la seconde Affiche Rouge, qui demande la création d'une Commune à Paris.
  •   Hauts-de-Seine :
    Le fort de Montrouge a été bombardé, pendant toute la nuit dernière ; le feu de l'ennemi a été d'environ trente coups à l'heure.
  •   Val-de-Marne :
    Le fort de Bicêtre a également été bombardé, pendant toute la nuit dernière avec la même intensité. Du côté de Nogent, il a cessé à partir de trois heures du matin pour reprendre très vivement à huit heures.

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Proclamation du Gouverneur de ParisModifier

Après le gouvernement de la Défense nationale c'est au tour du gouverneur de Paris de faire une déclaration afin de remonter le moral des troupes et de la population.

Samedi 7 janvierModifier

Dimanche 8 janvierModifier

La nouvelle de la victoire de Bapaume par l'armée du Nord du général Faidherbe redonne de l'espoir aux Parisiens.

Lundi 9 janvierModifier

Journal officiel de la République du 9 janvier 1871 :
« Après un investissement de plus de trois mois, l'ennemi a commencé le bombardement de nos forts le 30 décembre, et, six jours après, celui de la ville. Une pluie de projectiles, dont quelques uns pesant 94 kilogrammes, apparaissant pour la première fois dans l'histoire des sièges, a été lancée sur la partie de Paris qui s'étend depuis les Invalides jusqu'au Muséum. Le feu a continué jour et nuit, sans interruption, avec une telle violence, que, dans la nuit du 8 au 9 janvier, la partie de la ville située entre Saint Sulpice et l'Odéon recevait un obus par chaque intervalle de deux minutes.
Tout a été atteint : nos hôpitaux regorgent de blessés, nos ambulances, nos écoles ; les musées et les bibliothèques, les prisons, l'église Saint-Sulpice, celles de la Sorbonne et du Val-de-Grâce, un certain nombre de maisons particulières. Des femmes ont été tuées dans la rue, d'autres dans leur lit ; des enfants ont été saisis par des boulets dans les bras de leur mère. Une école de la rue de Vaugirard a eu quatre enfants tués et cinq blessés par un seul projectile.
Le musée du Luxembourg, qui contient les chefs d'œuvre de l'art moderne, et le jardin où se trouvait une ambulance qu'il a fallu faire évacuer à la hâte, ont reçu vingt obus dans l'espace quelques heures. Les fameuses serres du Muséum, qui n'avaient point de rivales dans le monde, sont détruites. Au Val-de-Grâce, pendant la nuit, deux blessés, dont un garde national, ont été tués dans leur lit. Cet hôpital, reconnaissable à la distance de plusieurs lieues par son dôme que tout le monde connaît, porte les traces du bombardement dans ses cours, dans ses salles de malades, dans son église, dont la corniche a été enlevée.
Aucun avertissement n'a précédé cette furieuse attaque. Paris s'est trouvé tout à coup transformé en champ de bataille, et nous déclarons avec orgueil que les femmes s'y sont montrées aussi intrépides que les citoyens. Tout le monde a été envahi par la colère, mais personne n'a senti la peur.
Tels sont les actes de l'armée prussienne et de son roi, présent au milieu d'elle. Le gouvernement les constate pour la France, pour l'Europe et pour l'histoire. »

  •   Paris :
    Le ballon monté Duquesne s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à Berzieux dans la Marne, après avoir parcouru 167 kilomètres[197].
    Les abords du Panthéon et le 9e secteur[198] de défense de Paris ont reçu beaucoup d'obus.
    Une trentaine de projectiles du plus gros calibre ont atteint sur l'hospice de la Pitié et le Val-de-Grâce. L'ennemi semble prendre pour objectif les établissements hospitaliers de Paris. « Par ces procédés odieux, il montre une fois de plus son mépris des lois de la guerre et de l'humanité ».
    Le contre amiral de Montaignac fait connaître que pendant la nuit, les Prussiens ont tiré à toute volée sur la ville. Les obus, passant par-dessus les remparts, sont allés tomber dans les quartiers éloignés de l'enceinte.
  •   Hauts-de-Seine :
    Le matin, en plein jour, l'ennemi a renouvelé une attaque qu'il avait déjà faite de nuit contre la maison Crochard et sur le poste des carrières, à gauche de Rueil. Il y a eu dans l'après-midi d'hier plusieurs engagements. C'est la quatrième tentative que les prussiens font sur cette position. Les francs-tireurs de la mobile de la Loire Inférieure et les tirailleurs de l'Aisne ont laissé approcher l'ennemi et l'ont repoussé après lui avoir fait éprouver des pertes.
    Le bombardement a continué sur les forts du sud pendant la journée avec moins de violence que les jours précédents.

Mardi 10 janvierModifier

  •   Paris :
    Le ballon Gambetta, avec à son bord Michel-Eugène Lefébure de Fourcy, s'envole de la gare du Nord et termine sa course à Ouanne dans l'Yonne, après avoir parcouru 200 kilomètres[199]. Les 6e, 7e, 8e et 9e secteurs[91],[196],[200],[198] ont reçu un assez grand nombre d'obus.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Le colonel Comte, avec les francs-tireurs Poulizac, 30 cavaliers de la République, les francs-tireurs de la division Faron et la compagnie de volontaires du capitaine de Luxer, lancent à 11 heures du soir une reconnaissance sur les positions occupées par l'ennemi le long du chemin de fer de Strasbourg, et de détruire les maisons qui abritaient ses troupes.
    Assailli par une vive fusillade, le colonel Comte fit charger à la baïonnette l'ennemi, qui lâcha pied devant cette vigoureuse attaque.
    Les maisons furent immédiatement minées, et quelques Prussiens qui refusèrent de se rendre et continuaient à tirer sur nous du toit de l'une des maisons, sautèrent avec elles.
    L'opération terminée, la colonne rentra dans ses lignes avec 7 blessés et ramenant 2 prisonniers, un grand nombre de casques, de fusils, de couvertures et d'objets de campement.
  •   Hauts-de-Seine :
    Le colonel Porion avec un détachement de marins, 150 gardes nationaux mobilisés, des détachements de gardiens de la paix, de mobiles du 5e bataillon de la Somme, du 5e bataillon de la Seine, et une compagnie du génie, lancent à 3 heures du matin une attaque afin de détruire les ouvrages entrepris par l'ennemi au moulin de Pierre[27],[28],[29], en avant du fort d'Issy. L'attaque ayant surpris les postes Prussiens chargés de défendre les travailleurs, la position est abordée sans tirer un coup de fusil. Le capitaine Saint Vincent et ses sapeurs s'occupent alors immédiatement de détruire les travaux existants pendant que les marins, poussant en avant, découvraient une batterie en construction.
    Les postes ennemis de Clamart ouvrirent un feu nourri sur nos marins que les troupes de soutien vinrent appuyer. Les travaux de destruction n'en ont pas moins continué et la colonne du colonel Porion, l'opération terminée, rentrait dans ses lignes avec 1 tué et 3 blessés et ramenant 21 prisonniers.
    Dans la presqu'île de Gennevilliers[30], les Prussiens ont renouvelé des tentatives de conversations avec nos troupes. Ils ont été reçus par des coups de fusil.
    Le bombardement des forts de Vanves et de Montrouge a continué aujourd'hui avec moins de vivacité que d'habitude mais l'ennemi a concentré ses efforts sur le fort d'Issy, qui a été canonné violemment. Les batteries des différents forts ont riposté avec une égale vigueur.
  •   Val-de-Marne :
    Dans la nuit, une compagnie du 4e bataillon de la garde nationale mobilisée sous les ordres du capitaine de Vresse a fait une reconnaissance en direction de Vitry

Mercredi 11 janvierModifier

Décret du gouvernement de la défense nationale :
« Considérant que les devoirs de la République sont les mêmes à l'égard des victimes du bombardement de Paris qu'à l'égard de ceux qui succombent les armes à la main pour la défense de la patrie,
DÉCRÈTE
Tout Français atteint par les bombes prussiennes est assimilé au soldat frappé par l'ennemi.
Les veuves de ceux qui auront péri par l'effet du bombardement de Paris, les orphelins de pères ou de mères qui auront péri de même, sont assimilés aux veuves et aux orphelins des soldats tués à l'ennemi. »

Jeudi 12 janvierModifier

  •   Paris :
    Le bombardement a continué pendant la nuit dernière sur la ville et sur les établissements déjà signalés. De minuit à deux heures du matin il est tombé environ un projectile par minute dans le quartier Saint Sulpice.
    « Par un arrêté du maire de Paris, en date du 12 janvier, il est interdit aux boulangers de fabriquer ou de mettre en vente du pain dit pains de luxe. Il leur est interdit de bluter ou de trier, par un procédé quelconque, les farines qui leur sont livrées par la caisse de la boulangerie ».
  •   Seine-Saint-Denis :
    Dans la nuit, le commandant Blanc, avec une compagnie de zouaves et une compagnie de mobiles du Morbihan, a fait une reconnaissance sur le plateau d'Avron. Les postes prussiens ont été vigoureusement chassés, et la petite colonne est rentrée avant le jour, après avoir enlevé six prisonniers.
    Les forts ont tiré, pendant la nuit, sur toute la ligne des positions prussiennes.
  •   Val-de-Marne :
    La boucle de la Marne a été également bombardée pendant la nuit par l'artillerie prussienne. Les forts ont répliqué sur toute la ligne des positions prussiennes.
  •   Hauts-de-Seine :
    Les forts de Vanves, d'Issy et de Montrouge ont été canonnés avec violence, mais les batteries extérieures et celles des forts ont ouvert un feu nourri qui paraît avoir causé d'assez grands ravages dans les batteries prussiennes.

Vendredi 13 janvierModifier

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  •   Paris :
    Deux ballons partent de Paris :
    Le Monge qui s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à Arpheuilles dans l'Indre, après avoir parcouru 293 kilomètres[202].
    Le Général-Faidherbe qui s'envole de la gare du Nord et termine sa course à Saint-Avit-de-Soulège en Gironde, après avoir parcouru 577 kilomètres[203].
  •   Val-de-Marne :
    Dans la boucle de la Marne, l'ennemi effectue un bombardement violent et persistant, sans plus d'effet que les jours précédents.
    Toute la journée, l'ennemi a tiré lentement sur les villages de Nogent et de Plaisance.
    Le contre amiral Pothuau exécute une reconnaissance entre la Gare aux Bœufs de Choisy-le-Roi et la Seine sur des positions ennemies. Un peu plus tard, les Prussiens prirent l'offensive en assez grand nombre et furent accueillis à coups de fusil qui les obligèrent à se replier rapidement.
  •   Hauts-de-Seine :
    Les forts du sud ont été canonnés moins violemment. Les Prussiens ont fait pendant la nuit plusieurs tentatives sur divers points des tranchées qui relient les forts entre eux. Ils ont été partout repoussés.
    Sur l'ordre du gouverneur, le général Vinoy, une sortie contre le moulin de Pierre[27],[28],[29], est menée par les généraux Blanchard et Corréard. La tête de colonne avant été accueillie par un feu des plus vifs, les troupes sont rentrées dans les lignes.
  •   Seine-Saint-Denis :
    Vers 10 heures, une reconnaissance prussienne s'est avancée pour inquiéter les travaux en voie d’exécution près de la suiferie du Bourget[204], sur la route de Flandre. Les Prussiens durent se replier, à la suite d'un feu de mousqueterie très violent provenant d'un bataillon du 119e de ligne, d'une compagnie du 12e et le 213e bataillon mobilisé de la Seine, qui occupaient le Bourget.
    Dans la soirée, l'ennemi a lancé une attaque contre nos positions avancées de Drancy. Une fusillade s'engagea qui ne se termina définitivement qu'à une heure du matin.

Samedi 14 janvierModifier

Décret - Tout Français atteint par les bombes est assimilé au soldat.
  •   Paris :
    Le bombardement de la ville s'est étendu dans les quartiers de la rue Monge, Saint Sulpice et de la rue de Varenne.
    Le gouvernement décide :
    Réquisition :
    Les blés et farines sont réquisitionnés dans l'ensemble du département de la Seine et dans les parties des départements voisins dont les habitants sont en communication avec Paris.
    Chevaux :
    « Dans chacun des 20 arrondissements de Paris et dans chacune des communes suburbaines actuellement habitées, il sera dressé une liste des chevaux dont la conservation est indispensable pour les transports privés impossibles à effectuer à l'aide de voiture à bras. Le nombre de chevaux épargnés en vertu de cette disposition sera de 2 000 pour Paris et la banlieue ».
    Rationnement du Pain :
    « À partir du 19 janvier, le pain est rationné dans les conditions suivantes : 300 grammes par jour, par personne et 150 grammes pour chaque enfant ».
    Boulangerie :
    « Par un arrêté du maire de Paris, en date du 12 janvier, il est interdit aux boulangers de fabriquer ou de mettre en vente du pain dit pains de luxe. Il leur est interdit de bluter ou de trier, par un procédé quelconque, les farines qui leur sont livrées par la caisse de la boulangerie ».
    Pomme de terre :
    « Un décret du 16 janvier décide que la réquisition mise sur les pommes de terre par le décret du 21 novembre 1870 est levé. En conséquence le commerce de la pomme de terre est libre à partir de la promulgation de ce nouveau décret. »
    Blé, seigle et orge :
    « Toute personne qui découvrira du blé, de l'orge ou de l'avoine soustraits aux réquisitions, et qui en fera connaitre l'existence, recevra, après vérification, une récompense de 25 francs pour chaque quintal métrique, soit en grain, soit en farine. »

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Dimanche 15 janvierModifier

  •   Paris :
    Le ballon monté Vaucanson s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à Erquinghem-Lys dans la Nord, après avoir parcouru 240 kilomètres[205].
    Les 6e, 7e, 8e et 9e secteurs[91],[196],[200] ont été violemment bombardés.
  •   Hauts-de-Seine :
    Il y a eu sur toute la ligne du sud un combat d'artillerie des plus acharnés. Une violente canonnade qui a duré de sept heures du matin à cinq heures du soir; Toute la ligne a donné de Bicêtre à Issy auxquels se sont joints ceux de la redoute des Hautes-Bruyères, de la batterie de la maison Millaud et le bastion no 73 du rempart.
  •   Val-de-Marne :
    Le commandant de Mirandol, à la tête des francs-tireurs des troupes de ligne, des Marins, des sapeurs du génie, des artilleurs, les mobiles de l'Hérault du lieutenant Laurent, des mobiles du colonel Reille et des éclaireurs du commandant Poulizac, a effectué une reconnaissance au pont de Champigny dans laquelle cinq prussiens, dont un officier, ont été tués, et dix blessés.

Lundi 16 janvierModifier

  •   Paris :
    Le ballon monté Steenackers s'envole de la gare du Nord et termine sa course à Hynd près d'Harderwijk en Hollande, après avoir parcouru 552 kilomètres[206].
    « Un décret du 16 janvier décide que la réquisition mise sur les pommes de terre par le décret du 21 novembre 1870 est levé. En conséquence le commerce de la pomme de terre est libre à partir de la promulgation de ce nouveau décret. »
  •   Val-de-Marne :
    Les troupes françaises repoussent une attaque faite sur la maison Millaud. Le fort de Montrouge a pu tirer à bonne distance sur les hommes qui étaient sortis de Bagneux pour concourir à cette attaque.
    La boucle de la Marne et le fort de Nogent ont été canonnés constamment par l'artillerie prussienne.
  •   Hauts-de-Seine :
    Pendant la journée, l'horizon étant beaucoup moins brumeux que précédemment, l'artillerie de l'enceinte a pu bien distinguer les batteries de l’ennemi et les a contebattues. Elle a ainsi pu soulager avec une grande efficacité les forts de Montrouge, Vanves et d'Issy.
    Les batteries prussiennes de Châtillon ont tiré contre nous beaucoup moins vivement que d'habitude.

Mardi 17 janvierModifier

  •   Paris :
    L'enceinte a repris son tir ce matin et le combat d'artillerie se continue sur tous les points.
  •   Hauts-de-Seine :
    Le matin, à huit heures, le fort de Vanves a ouvert le feu sur la batterie de la Plâtrière, qui n’a répondu que par quelques coups.
    Les batteries de Châtillon ont alors recommencé à tirer sans causer de dommage réel.
  •   Seine-Saint-Denis :
    L'ennemi a tenté une attaque contre Bondy pendant la nuit, il a été repoussé.
  •   Val-de-Marne :
    L'ennemi qui avait massé des troupes en avant de Créteil, n'a pas pu attaquer nos tranchées, la pluie ayant rendu la plaine impraticable.
    Le tir sur les Hautes Bruyères a été assez vif.
    La redoute du Moulin Saquet a été canonnée par une batterie de campagne à laquelle notre artillerie de position a fait éprouver, en hommes et en chevaux, des pertes tellement sérieuses que le feu a été éteint en quelques instants et la batterie démontée, laissant hommes et chevaux sur le terrain.
    L'ennemi a continué à tirer lentement sur Nogent, et sur le fort, mais sans aucun résultat.

Mercredi 18 janvierModifier

  •   Paris :
    Le pain, qui constitue alors la base de l’alimentation, est rationné : 300 grammes à 10 centimes[19] pour les adultes, 150 grammes pour les enfants au-dessous de 5 ans. Ce pain, officiellement, doit ne contenir que du blé, du riz et de l’avoine, mais il est essentiellement fait de paille moisie hachée. Parfois, les municipalités font des distributions de viande séchée, de haricots, d’huile, de café, mais la misère est vraiment terrible dans les quartiers populaires[207].
    Le ballon monté Poste-de-Paris s'envole de la gare du Nord et termine sa course à Merselo près de Venray en Hollande, après avoir parcouru 400 kilomètres[208].
    Pendant toute la nuit, la ville a été bombardée et un commencement d'incendie s'est déclaré à la Halle aux vins.

Le gouvernement de la défense nationale adresse la proclamation suivante aux habitants de Paris :
« Citoyens,
L'ennemi tue nos femmes et nos enfants ; il nous bombarde jour et nuit ; il couvre d'obus nos hôpitaux. Un cri: Aux armes ! est sorti de toutes les poitrines.
Ceux d'entre nous qui peuvent donner leur vie sur le champ de bataille marcheront à l'ennemi ; ceux qui restent, jaloux de se montrer dignes de l'héroïsme de leurs frères, accepteront au besoin les plus durs sacrifices comme un autre moyen de se dévouer pour la patrie.
Souffrir et mourir, s'il le faut, mais vaincre.
Vive la république !
Les membres du gouvernement. »

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Jeudi 19 janvierModifier

La population parisienne apprend que le général Chanzy, après de brillantes batailles, a dû se replier derrière la Mayenne.

Vendredi 20 janvierModifier

  •   Paris :
    Le ballon Général-Bourbaki s'envole de la gare du Nord et termine sa course à Auménancourt-le-Grand dans la Marne, après avoir parcouru 162 kilomètres[209].
  •   Hauts-de-Seine :
    Le brouillard est épais. L'ennemi n'attaque pas. La plupart des masses qui pouvaient être canonnées des hauteurs, sont dirigées vers l'arrière et quelques-unes dans leurs anciens cantonnements.
    Des parlementaires Français sont envoyés à Sèvres afin d'obtenir un armistice de deux jours, pour permettre l'enlèvement des blessés et l'enterrement des morts.
Ordre du jour

« C'est avec fierté que le commandant supérieur de la garde nationale rend hommage, par la voie de l'ordre, au courage dont ont fait preuve les régiments de Paris engagés dans la bataille du 19 janvier. Il a eu la satisfaction de l'entendre louer, sur le terrain même, par les divers chefs de l'armée sous les ordres desquels ces régiments ont combattu.
Engagés dès le point du jour, ils ont soutenu avec ardeur une lutte que l'état de l'atmosphère rendait plus difficile, jusqu'à une heure avancée de la nuit qui seule a mis fin au combat.
N'ayant pas encore reçu des chefs de corps les rensei