Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1720

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Chronologie de l'économie

Années 1710 - Années 1720 - Années 1730

ÉvénementsModifier

  • 1720-1730 : la hausse des prix des céréales encourage la production pour l’exportation au Danemark.
  • 1720-1723 : construction du canal du Loing.
  • 1720 :
  • 1721 :
    • Mauvaises récoltes au Japon à partir de 1721. Le riz n’arrive pas à maturité. Les finances du bakufu s’effondrent.
    • Exemption fiscale de trois ans donnée aux colons du Banat de Temesvar[2].
    • Oukase sur la vente de 800 000 paysans libres en Russie, cédés sans terre aux propriétaires d'usines et de fabriques[3].
    • La flotte de guerre britannique dispose de 124 vaisseaux de ligne et de 104 navires d’appoint.
  • 1721 à 1735 : douceur exceptionnelle des hivers suédois, qui favorise les récoltes de grain, les pâturages, l’emploi des hommes, la santé publique et l’allongement de la vie. La population augmente.
  • 1722 : fondation d'une manufacture de draps pour l'armée en Hongrie, sur l'initiative du comte Esterházy.
  • 1722-1723 :
    • Fondation de la compagnie d'Ostende.
    • Adoption de la loi "Workhouse Test Act" pour étendre et standardiser l'utilisation des asiles de pauvres ("workhouses") contre le vagabondage en Angleterre. La loi permettait aux autorités de refuser l'assistance aux pauvres qui ne voulaient pas entrer dans les "workhouses".
  • 1723 : la fièvre jaune est signalée en Europe.
  • 1723-1726 : premier Schwabenzug (de). Début de la colonisation du Banat évacué par les Ottomans, sur l’initiative du gouvernement du maréchal de Mercy[4].
  • 1724 à 1740 : le général George Wade, commandant en chef de l'armée britannique en Écosse, fait construire aux frais des contribuables 400 km de routes afin de mieux tenir le pays.
  • 1724 :
    • Placard protégeant le commerce national en Suède, inspiré des Actes de navigation britanniques.
    • Réorganisation de la marine espagnole après le désastre sicilien.
    • Russie :
      • La Russie institue une protection douanière.
      • Augmentation du trafic commercial du port de Saint-Pétersbourg (16 vaisseaux étrangers en 1714, 53 en 1715, 119 en 1722, 180 en 1724).
      • L’armée de terre compte 200 000 à 300 000 hommes (dont 100 000 cosaques) et la marine dispose de 20 000 à 30 000 marins montés sur une cinquantaine de vaisseaux sur la Baltique, la mer Blanche et la Mer d'Azov.
  • 1725 :
    • Stabilisation de la monnaie en Espagne.
    • Les revenus de l’État russe ont quadruplé depuis 1710.
    • Russie : Concentration de manufactures de tissage (laine, lin), de cuir et de métallurgie dans la région de Vologda à Voronej. Extraction de cuivre et de fer dans l’Oural. La production russe de fonte égale la production britannique. 10 000 ouvriers ont une activité industrielle (20 000 en 1745).
  • 1725-1732 : construction d’un canal reliant la Neva à la Volga.
  • 1727 :
  • 1729 :
    • Russie : législation sur les lettres de change. Oukase aggravant la situation des serfs. Baisse des taxes sur certains produits, comme le chanvre. Liberté d’exploitation des mines situées au-delà de Tobolsk.
    • Interdiction du commerce de l’opium en Chine.

FranceModifier

  • 1720 : effondrement du Système de Law en France.
  • 1720-1743 : chute de la valeur vénale des offices : une charge de conseiller au Parlement de Paris coûte environ 100 000 livres en 1720 et 45 000 livres en 1743. Le nombre des officiers plafonne à 50 000 jusqu’à 1771.
  • 1723, 1724 et 1725 : succession de trois mauvaises récoltes qui engendre une grave crise de subsistance, dont les effets se font surtout sentir au nord du royaume[7].
  • 1724-1725 : déflation de la livre tournois, inspirée par Joseph Paris Duverney. Le louis d'or tombe de 24 à 14 livres et l'écu de 6 à 4 entre et . La circulation monétaire se rétracte, sans faire baisser les prix[8].
  • 1725 :
    • institution de l’impôt du cinquantième des revenus fonciers par Dodun, y compris ceux des nobles, prélevés en nature. Le maréchal de Villars s'y oppose et l’impôt échoue[8].
    • vers 1725, 84 % des Français vivent dans des villes de moins de 2 000 habitants.
  • 1725-1745 : les profits du commerce de la France avec la Chine passent de 1 à 13 millions de livres. Le nombre d’ouvriers employés par la Compagnie française des Indes orientales triple entre 1725 et 1745.
  • 1726-1728 : années chaudes. Vendanges précoces au 15, 17 et respectivement[9].
  • 1726-1743 : amélioration du sort des classes moyenne et moyenne inférieure. Des millions de personnes s’extraient de la misère, dans laquelle se débat encore vraisemblablement une dizaine de millions d’individus dans le royaume.

Le prix constaté du blé évolue en très légère hausse au cours de la décennie en France, et il baisse même, si l'on prend en compte l'évolution parallèle du salaire horaire, selon l'économiste Jean Fourastié, qui a démontré l'importance de l'Histoire de la culture des céréales sur celle de l'économie, également pour cette décennie de déficit global en céréales[10]:

Années 1720 1721 1722 1723 1724 1725 1726 1727 1728 1729
Prix observé du quintal de blé (en livres) 10,5 8,4 9,2 11,2 18,7 19,9 15,5 12,2 11,9 12
Prix réel (ajusté du salaire horaire) 175 120 131 161 267 284 200 163 159 160

DémographieModifier

  • Vers 1720 : 17 millions d’habitants en Allemagne.
  • 1720 :
  • 1721 :
    • 12,5 millions d’habitants en Ukraine (21 millions en 1796. La production céréalière augmente.
    • Recensement au Japon (des personnes non nobles), qui comte 26 millions d'habitants[11].
  • 1725 :
    • 2 millions d’habitants en Autriche (90 % de germanophones).
    • 4 millions d’habitants en Bohême (majorité tchèque).
    • 15,5 millions d’habitants en Russie.
  • 1725 à 1815 : la population anglaise double.
  • A Londres, une enquête démontre que les neuf dixièmes des nouveau-nés laissés à la charge des paroisses meurent dans l’année.

Notes et référencesModifier

  1. Lennart Bes, Edda Frankot et Hanno Brand, Baltic Connections : Denmark, Estonia, Finland, Germany, vol. 1, BRILL, (ISBN 978-90-04-16431-4, présentation en ligne)
  2. Jean Bérenger, op. cit, p. 519.
  3. N. Tarassenko-Otresch, De l'or et de l'argent, vol. 1, Guillaumin & Cie., (présentation en ligne)
  4. Georges Castellan, Histoire des peuples d'Europe centrale, Fayard, , 528 p. (ISBN 978-2-213-63910-9, présentation en ligne)
  5. Alban de Villeneuve-Bargemont, Histoire de l'économie politique, vol. 2, Paris, Guillaumin, (présentation en ligne)
  6. Armelle Enders, Histoire du Brésil contemporain : XIXè-XXè siècles, Éditions Complexe, , 282 p. (ISBN 978-2-87027-637-2, présentation en ligne)
  7. André Zysberg, La Monarchie des Lumières (1715-1786), Points, , 558 p. (ISBN 978-2-7578-4567-7, présentation en ligne)
  8. a et b Jean-Christian Petitfils, Louis XV, edi8, , 936 p. (ISBN 978-2-262-05007-8, présentation en ligne)
  9. Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire humaine et comparée du climat : Canicules et glaciers (XIIIe-XVIIIe siècles), vol. 1, Fayard, , 748 p. (ISBN 978-2-213-64017-4, présentation en ligne)
  10. "Statistiques de prix – La baisse des prix du blé, fait capital de l’histoire économique" par Jacqueline Fourastié, 2013 [1]
  11. Hayami Akira, Histoire démographique d'un village japonais (1671-1871), vol. 26, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, (présentation en ligne), p. 617-639