Chronique du soleil à la fin de l'ère Edo

film sorti en 1957
Chronique du soleil à la fin de l'ère Edo
Description de cette image, également commentée ci-après
Yūzō Kawashima (à gauche) et Frankie Sakai pendant le tournage du film
Titre original 幕末太陽伝
Bakumatsu taiyōden
Réalisation Yūzō Kawashima
Scénario Hisashi Yamanouchi
Yūzō Kawashima
Shōhei Imamura
Acteurs principaux
Sociétés de production Nikkatsu
Pays de production Drapeau du Japon Japon
Genre Comédie
Durée 110 minutes
Sortie 1957

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Chronique du soleil à la fin de l'ère Edo (幕末太陽伝, Bakumatsu taiyōden?) est un film japonais réalisé par Yūzō Kawashima et sorti en 1957.

SynopsisModifier

Un bordel confortable à la fin de l'ère Edo. Saheiji, un acteur complètement fauché, est incapable de payer sa note. Il est retenu en otage et doit travailler pour l'établissement de prostitution. Son adresse et son imagination le sauveront.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Autour du filmModifier

Le film le plus célèbre de Yūzō Kawashima, réalisé en collaboration étroite avec Shōhei Imamura, a été classé parmi les dix meilleures œuvres cinématographiques japonaises par la revue Kinema Junpō en 1999.

L'acteur Shōichi Ozawa estime, à propos du film et de Yūzō Kawashima, que « celui-ci possédait un don très pointu, mais en même temps il était très négligent. (...) J'aimais beaucoup son côté nonchalant, mais Shōhei Imamura (son assistant, scénariste et futur réalisateur de La Ballade de Narayama) ne pouvait pas accepter. En tant qu'assistant-réalisateur, il s'est occupé de pallier ces négligences. Je considère que Chronique du soleil... est un film presque coréalisé par Kawashima et Imamura. »

Shōhei Imamura précise toutefois que Chronique du soleil à la fin de l'ère Edo est la première réalisation dans laquelle Kawashima affirme pleinement un style et un univers personnel. C'est, en réalité, à partir de son entrée, en 1954, à la Nikkatsu que Kawashima a l'opportunité de faire des films comme il les souhaite. Imamura note tout de même : « Kawashima n'était pas intéressé par la grammaire conventionnelle du cinéma et il coupait souvent n'importe comment. (...) il ne se préoccupait pas des détails. » En outre, dit-il, le film aurait dû montrer que « les citoyens d'Edo, en dépit de leur frivolité proverbiale, se sont révoltés contre l'oppression. »

Mais, Kawashima réagissait, de toute manière, contre la tendance des meilleurs cinéastes nippons qui réalisaient des films sérieux sur les problèmes de société. Il se pose, ici, comme dans ses futures réalisations, en tant qu'illustrateur de la frivolité japonaise en inventant la comédie de mœurs imprégnée d'esprit rakugo (forme populaire de monologue comique), décrivant avec légèreté et humour des personnages d'imbéciles tentant de se mettre au diapason de la mode.

Lors de la présentation de quelques-uns des films de Kawashima au Festival international du film de Rotterdam en 1991, Imamura, tout autant marqué par Kawashima que fondamentalement différent de caractère, prévient cependant : « Malgré son ton grotesque, il y a chez Kawashima quelque chose qui serait comme un courant sous-jacent très pessimiste, très sombre sur la vie. » Des rapprochements, non dénués d'intérêt, ont d'ailleurs été établis entre Jacques Tati et l'auteur de Chronique du soleil à la fin de l'ère Edo.

Donald Richie souligne également l'admiration que professait Kawashima, à l'endroit de Sadao Yamanaka et de Yasujirō Ozu, pour leur travail d'organisation géométrique à angle droit. « La Chronique du soleil... rappelle fréquemment Pauvres humains et ballons de papier. Kawashima, comme Yamanaka, cherchait à montrer l'interaction entre espaces et gens : que l'espace soit ou non étranger dépend de la situation, de ce qui s'y passe »[4].

Notes et référencesModifier

  1. Chronique du soleil à la fin de l'ère Edo (1957) - MCJP
  2. (ja) « 幕末太陽伝 » [« Bakumatsu taiyōden »], sur www.nikkatsu.com (consulté le )
  3. a et b (ja) Chronique du soleil à la fin de l'ère Edo sur la Japanese Movie Database
  4. Donald Richie (trad. de l'anglais), Le Cinéma japonais, Monaco, Éditions du Rocher, , 402 p. (ISBN 2-268-05237-0), p. 225

Liens externesModifier