Chouchi

ville d'Azerbaïdjan

Chouchi
Choucha
Blason de Chouchi
Chouchi
Vue de la cathédrale Ghazanchetsots, située à Chouchi.
Noms
Nom arménien Շուշի
Nom azerbaïdjanais Şuşa
Administration
Maire Artsvik Sarkissian
Démographie
Gentilé Chouchetsi
Population 4 446 hab. (2015)
Géographie
Coordonnées 39° 45′ 30″ nord, 46° 44′ 54″ est
Altitude Min. 1 800 m
Max. 1 400 m
Revendications
Drapeau du Haut-Karabagh Haut-Karabagh Revendique la ville
Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan Contrôle la ville
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Azerbaïdjan
Voir sur la carte topographique d'Azerbaïdjan
City locator 12.svg
Chouchi

Chouchi (en arménien : Շուշի) ou Choucha (en azéri : Şuşa)[1] est une ville du Karabagh, contrôlée par Azerbaïdjan, mais revendiquée par la République d'Artsakh[2]. À partir de 1992, la quasi-totalité de la population est arménienne, les populations azéries ayant fui la région durant la guerre du Haut-Karabagh. La ville de Chouchi comptait 4 446 habitants[3] en 2015.

Elle repasse officiellement sous le contrôle de l'Azerbaïdjan dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu sur le Haut-Karabakh du 10 novembre 2020[4].

Géographie

Chouchi est située au centre du Haut-Karabagh, à une quarantaine de km de la frontière avec l'Arménie. Elle est perchée à une altitude comprise entre 1 400 et 1 800 mètres.

Histoire

Les premières mentions de la ville apparaissent au Moyen Âge. La ville et la forteresse de Chouchi sont ensuite mentionnées en tant qu'élément important d'un des districts militaires d'Arménie orientale qui joue un rôle clef dans la campagne du commandant arménien Avan Yuzbashi, soutien de David Bek, contre les forces ottomanes ayant envahi le Caucase du Sud dans les années 1720-1730[5]. Situées dans le mélikat arménien de Varanda, elles sont ainsi mentionnées en 1725 dans un rapport de Kehva Chelebi, chargé de la correspondance entre les méliks du Karabagh et les autorités russes[6]. La forteresse entre ensuite à la fin des années 1760 en possession de Panah Ali Khan[7], fondateur du khanat du Karabagh, peut-être par tromperie[8].

Selon une autre version, défendue par des historiens azerbaïdjanais, la ville est fondée en 1750 par Panah Ali Khan[9].

La période qui suit est marquée par des conflits répétés avec la Perse voisine.

Au XIXe siècle, l'influence russe sur le Caucase ne cesse de grandir et, en 1805, le Karabagh est intégré à l'Empire russe. Durant la guerre russo-persane de 1826-1828, la citadelle de Chouchi résiste durant plusieurs mois sans jamais être prise. Par la suite, la ville ne cesse de croître grâce aux vagues successives d'immigration, notamment d'Arméniens quittant la Perse.

En 1830, la ville est divisée en deux parties. Les quartiers de l'est de la ville sont habités par les populations turcophones tandis que les Arméniens peuplent les quartiers ouest, plus en hauteur.

 
La ville après les pogroms anti-arméniens

Les premières tensions entre les deux ethnies ont lieu au début du XXe siècle. La population arménienne n'a cessé de croître au XIXe siècle et toute la région est en proie à des tensions entre les populations musulmanes et arméniennes. De plus, en périphérie de la Russie, ce début de siècle est marqué, outre la révolution bolchévique, par la recherche d'autonomies territoriale et culturelle et le Caucase n'y échappe pas. Le , les premières tensions entre les deux ethnies éclatent et des centaines de personnes sont tuées et plus de 200 maisons brulées ; ces violences s'inscrivent dans le cadre des massacres arméno-tatars de 1905-1907.

À la fin de la Première Guerre mondiale, après la chute de l'Empire ottoman, le Karabagh est occupé par les troupes britanniques. Son commandement désigne l'Azerbaïdjan pour gouverner le Karabagh. Son Conseil accepte de coopérer avec Bakou en attendant que le sort de la région soit réglé par la conférence de paix de Paris.

Mais à l'été 1919, la tension monte et 700 chrétiens de la ville sont massacrés par les Tatars. La tension culmine avec la révolte arménienne fortement réprimée par l'armée azerbaïdjanaise. La situation s'envenime et plus de 20 000 Arméniens sont massacrés durant le pogrom de mars 1920.

 
Monument à la prise de la ville par les Arméniens.

Peu de temps après, l'Armée rouge envahit l'Azerbaïdjan puis l'Arménie. En 1923, malgré les promesses bolchéviques faites aux Arméniens, le Haut-Karabagh devient une région autonome au sein de la nouvelle RSS d'Azerbaïdjan. Après les pogroms de 1920, Chouchi n'est plus qu'une petite ville de 5 000 habitants et laisse le titre de capitale de région à la ville voisine de Stepanakert.

La ville reste en ruines jusque dans les années 1960 où l'on remarque son potentiel touristique. Dans les années 1970, les touristes viennent de toute l'Union soviétique se reposer à Chouchi et profiter des paysages montagneux de toute la région.

Avec la guerre et la prise de la ville par les Arméniens le , des quartiers entiers ont été ravagés et restent aujourd'hui encore en ruines.

Lors de la guerre de 2020 au Haut-Karabagh, des frappes aériennes azéries contre la ville de Chouchi le 8 octobre font plusieurs blessés et causent des dégâts importants à la cathédrale[10]. Lors d'une allocution télévisée, le président azerbaïdjanais annonce le 8 novembre 2020[11] avoir repris la ville[12].

Population

Recensements (*) ou estimations de la population[13],[14] :

Évolution démographique
1897 1923 1926 1939 1959
25 8816 9765 1075 4246 117
1970 1979 1989 2002 2005
8 69311 72915 0393 0003 191
2007 2008 2009 2010 2011
3 3203 4293 5993 8804 136
2013 - - - -
4 300----

Personnalités nées à Chouchi

Culture et patrimoine

Chouchi est considérée comme étant le berceau de la musique et de la poésie azerbaïdjanaises et l'un des principaux centres de la culture azerbaïdjanaise[15], ayant été déclarée capitale culturelle de l'Azerbaïdjan en janvier 2021[16],[17].

Chouchi dans le cinéma

Références

  1. En russe : Шуши́, Chouchi, ou Шуша, Choucha ; en anglais : Shushi ou Shusha.
  2. Pour le statut international du Haut-Karabagh, cf. l'article « Haut-Karabagh ».
  3. (en) « Artsakh’s Shoushi: Trying to Regain its Prominence as a Center of Learning », sur Hetq Online (consulté le ).
  4. https://www.sudouest.fr/2020/11/10/armenie-azerbaidjan-que-contient-l-accord-qui-met-fin-aux-combats-8062171-4803.php
  5. (en) Georges A. Bournoutian, Armenians and Russia, 1626-1796: A Documentary Record, Mazda Publishers, Costa Mesa, 2001 (ISBN 978-1568591322), « Armenian Military Activities in Karabakh and Ghapan », p. 402-413.
  6. (en) Georges A. Bournoutian, op. cit., p. 133.
  7. (en) Georges A. Bournoutian, op. cit., p. 134, 269.
  8. (ru) А. А. Цагарели, Грамота и гругие исторические документы XVIII столетия, относяшиеся к Грузии, vol. 1, Saint-Pétersbourg, 1891, p. 434-435.
  9. (az) Hasan Ikhfa Alizade, « Şuşa şeherinin tarixi », dans Qarabagnameler, vol. 2, Bakou, 1991, p. 316 ; (az) Nazim Axundov, Qarabag Salnameleri, Bakou, 1989, p. 36.
  10. « Une cathédrale arménienne bombardée, première réunion de médiation », lapresse.ca,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) « Azerbaijan liberates Shusha from 28 years of Armenian occupation », sur Daily Sabah, (consulté le )
  12. « L'Azerbaïdjan libère la ville stratégique de Choucha de l'occupation arménienne », sur trt.net.tr, (consulté le )
  13. (en) « Cities & towns of Azerbaijan », sur pop-stat.mashke.org (consulté le ).
  14. (en) « Azerbaijan: Economic Regions, Republics, Major Cities, Towns & Settlements », sur citypopulation.de (consulté le ).
  15. (en) Mattew O'Brien, Uzeir Hajibeyov and His Role in the Development of Musical Life in Azerbaijan. – Routledge, 2004. – P. 211. – (ISBN 0-415-30219-6 et 978-0-415-30219-7)
  16. « Le président Ilham Aliyev a déclaré Choucha capitale azerbaïdjanaise de la culture »
  17. « Azerbaijan declares city of Shusha 'cultural capital' », sur www.aa.com.tr (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes