Chloé Frammery

professeure de mathématiques suisse
Chloé Frammery
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Chloé Frammery est une ancienne enseignante de mathématiques suisse, licenciée par le département de l'instruction publique genevois en 2022.

Elle s'est fait notamment connaître pour sa contribution à la désinformation sur la pandémie de Covid-19 dans le cadre du mouvement d'opposition aux mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19.

Biographie modifier

Chloé Frammery obtient une maîtrise en mathématiques en 2008 à l'Université de Genève[1].

Elle enseigne les mathématiques au cycle d'orientation à Genève[2] jusqu'en 2020, à la suite de quoi elle est en congé sabbatique jusqu'en août 2021, puis suspendue jusqu'à son licenciement en 2022[3],[4],[5].

Ses parents sont ingénieurs. Sa mère est conseillère municipale (législatif) socialiste de la ville de Genève de 2007 à 2011[6].

Engagement syndical et politique modifier

En 2015, elle est membre du cartel intersyndical de la fonction publique de Genève[7].

Elle a été membre du comité Stop Tisa[2],[8],[7]. Elle a soutenu l'initiative populaire fédérale suisse « Monnaie pleine », rejetée par le peuple suisse en [6]. Elle a participé au mouvement des Gilets jaunes en France et en Suisse[2],[9].

En 2018, elle est candidate au Grand Conseil du canton de Genève au sein de la liste « Égalité et Équité »[10] qu'elle a fondée[6]. Elle n'est pas élue, sa liste n'obtenant que 0,88 % des voix[11].

Elle s'est engagée dans le mouvement d'opposition aux mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19[12], en Suisse comme en France[13]. Elle participe notamment à la controverse sur la vaccination et se positionne en faveur de certaines théories du complot[12],[14].

Aux bals des quenelles 2019 et 2020, évènements organisés par Dieudonné, elle reçoit une quenelle d'or à deux reprises[15]. Sur Twitter, elle fait la promotion d'une gazette qui recommande notamment la lecture des protocoles des sages de Sion, faux antisémite[15]. Ces éléments conduisent la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation à informer le département de l'instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP) de Genève. Son avocat, qui défend également Dieudonné et l'essayiste antisémite Alain Soral, y voit une dénonciation calomnieuse[16].

Elle est candidate au Conseil national pour les élections fédérales suisses de 2023[11]. Sa liste « Liberté », dont les candidats disent s'affranchir des étiquettes gauche-droite[17], est apparentée à des listes du PEV et de l'UDF[18]. Éliminée au premier tour de l'élection pour le Conseil national, elle concourt au second tour de l'élection au Conseil des États après le désistement d'un candidat en sa faveur[19].

Licenciement et procédures judiciaires modifier

En 2020, Chloé Frammery se voit reprocher par sa hiérarchie son soutien à l'humoriste Dieudonné, en particulier la remise d'une quenelle d'or. Par la suite, elle est également mise en cause pour différents propos, notamment contre la vaccination, qu'elle aurait tenus devant des élèves[20],[4]. De son côté, Chloé Frammery conteste ces éléments ou l'interprétation qui en est faite.

Elle est suspendue de sa fonction en 2021 conjointement au lancement d'une enquête administrative sur les faits évoqués en 2020. En 2022, cette procédure aboutit à son licenciement[3],[21]. Elle fait recours contre cette décision mais ne réussit pas à obtenir en justice l'effet suspensif du licenciement[22]. En 2023, le tribunal administratif cantonal de Genève confirme son licenciement[23],[24]. Elle fait recours contre cette décision auprès du Tribunal fédéral[11].

En 2022, elle est inquiétée pour avoir publié l'enregistrement d'une conversation qu'elle a eue avec le service du chômage genevois[25],[26]. Lors de l'audience au Tribunal en 2023, elle indique avoir voulu se protéger contre d'éventuels dysfonctionnements[27],[28]. Elle est finalement condamnée par la juridiction de première instance[29].

Son affaire a donné lieu à un débat sur la liberté d'expression des enseignants[30].

Complotisme et désinformation modifier

Chloé Frammery est considérée comme une des figures de la désinformation sur la pandémie de Covid-19 en Suisse[31].

À l'été 2021, les Hôpitaux universitaires de Genève démentent une allégation de Chloé Frammery sur son compte Twitter faisant état de la mise en place par l'institution hospitalière d'une cellule de veille pour les effets graves de la vaccination contre la Covid-19[32].

Son compte Facebook est suspendu 30 jours en 2021 pour avoir diffusé de fausses informations à propos de la pandémie de Covid-19[33].

Chloé Frammery affiche son scepticisme à l'égard des thèses défendues par le GIEC à propos du réchauffement climatique[17].

Réseaux sociaux modifier

Elle est vidéaste web ; certaines de ses vidéos ont été vues plus de 100 000 fois[34]. Elle compte plus de 15 000 abonnés sur son canal Telegram[12].

Références modifier

  1. « Palmarès de l'Université, session de juillet 2008 », sur Université de Genève (consulté le ).
  2. a b et c « « Le Temps » gagne contre Chloé Frammery », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  3. a et b Agence télégraphique suisse, « L’enseignante et militante Chloé Frammery annonce avoir été licenciée », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  4. a et b Sophie Gaitzsch et Serge Michel, « Ce que Chloé Frammery, complotiste et enseignante à Genève, raconte à ses élèves », sur heidi.news, .
  5. Yvan Pandelé, « L'égérie complotiste Chloé Frammery suspendue par le DIP genevois », sur heidi.news, .
  6. a b et c Cathy Macherel, « Rencontre avec Chloé Frammery – « Je suis allergique aux mensonges et à l’injustice » »  , Tribune de Genève, (consulté le ).
  7. a et b « Débat : Menace pour la démocratie et les services publics ? Les enjeux de l’accord TISA », sur pagesdegauche.ch, .
  8. Agence télégraphique suisse, « Près de 300 personnes dans les rues de Genève contre l'OMC », sur Swissinfo, (consulté le ).
  9. « Près d'un millier de gilets jaunes à la Place des Nations à Genève », sur Radio télévision suisse, .
  10. « Élection du Grand Conseil du 15 avril 2018 : Résultats de Frammery Chloé », sur République et canton de Genève.
  11. a b et c Thomas Strübin, « La figure de proue du coronascepticisme romand rêve du parlement fédéral »  , Le Temps, .
  12. a b et c Amit Juillard, « La coronasceptique Chloé Frammery affirme être visée par une plainte pénale », Blick, (consulté le ).
  13. Thomas Strübin, « Aujourd'hui en Suisse », sur Swissinfo, .
  14. Elio Sottas, « Chloé Frammery : « Nous réfutons le qualificatif de complotiste » », sur Léman bleu, (consulté le ).
  15. a et b « Chloé Frammery », sur Conspiracy Watch (consulté le ).
  16. Antoine Hürlimann, « Chloé Frammery est suspendue : L'égérie genevoise des complotistes interdite d'enseigner », Blick, .
  17. a et b Rachad Armanios, « Chloé Frammery veut « faire entrer la liberté au Palais fédéral » », sur Tribune de Genève, (consulté le ).
  18. Rachad Armanios, « Chloé Frammery se rapproche des évangéliques pour les élections fédérales », Tribune de Genève, .
  19. dra, « Tour de passe-passe et invitée surprise au 2e tour pour les Etats », 20 Minutes,‎ (lire en ligne  )
  20. « Chloé Frammery, porte-voix des coronasceptiques, suspendue de son poste d’enseignante », Le Temps,‎ (lire en ligne  ).
  21. Daniella Gorbunova, « L'enseignante complotiste genevoise Chloé Frammery annonce avoir été « virée » », Blick, (consulté le ).
  22. Cathy Macherel, « Licenciée par le DIP – Chloé Frammery perd une manche en justice »  , 24 heures, (consulté le ).
  23. « Le licenciement de Chloé Frammery confirmé », 20 Minutes, (consulté le ).
  24. « La justice valide le licenciement de Chloé Frammery »  , sur Le Courrier, (consulté le ).
  25. Marc Renfer, « Enregistrements illégaux – Chloé Frammery sous la menace d’une plainte de l’État »  , 24 heures, (consulté le ).
  26. « Genève : Un enregistrement secret plombe une ex-prof coronasceptique », 20 Minutes, (consulté le ).
  27. Luca di Stefano, « Chloé Frammery face à un juge pour un curieux enregistrement », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne  )
  28. leo, « Chloé Frammery jugée pour un audio d’une conseillère du chômage », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne  )
  29. Luca di Stefano, « Chloé Frammery reconnue coupable d'enregistrement non autorisé », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne  )
  30. Vincent Nicolet, « Un prof peut-il dire ce que bon lui semble ? », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  31. Chloé Dethurens, « Fonction publique – Figure de proue des coronasceptiques, l’enseignante licenciée fera recours »  , sur Tribune de Genève, (consulté le ).
  32. Antoine Hürlimann, « Les HUG taclent la complotiste genevoise Chloé Frammery », Blick,‎ (lire en ligne  ).
  33. « Chloé Frammery privée de Facebook après la diffusion de fausses informations », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  34. Laure Lugon Zugravu, « Le rendez-vous manqué de la complotiste Chloé Frammery », Le Temps, .

Liens externes modifier