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Chitry

commune française du département de l'Yonne

Chitry-le-Fort
Chitry
Église Saint-Valérien de Chitry.
Blason de Chitry-le-Fort
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Chablis
Intercommunalité Communauté d'agglomération de l'Auxerrois
Maire
Mandat
Guy Bourrat
2014-2020
Code postal 89530
Code commune 89108
Démographie
Population
municipale
354 hab. (2016 en diminution de 2,21 % par rapport à 2011)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 45′ 46″ nord, 3° 42′ 01″ est
Altitude Min. 169 m
Max. 346 m
Superficie 15,2 km2
Localisation

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Chitry-le-Fort

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Chitry-le-Fort

Chitry est une commune française, située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Chitry fait partie de l'agglomération d'Auxerre, c'est une commune membre de la communauté de l’Auxerrois

GéographieModifier

Chitry se trouve entre Saint-Bris-le-Vineux et Courgis.

Communes limitrophesModifier

HistoireModifier

En 1549, les deux parties du village, formant deux fiefs séparés s'appelaient Chitry-Dessus et Chitry-Dessous. Ces deux dénominations indiquaient que, du Xe au XIIIe siècle, Chitry était divisé en deux parties, en raison de deux seigneuries distinctes et parfois rivales. La première, côté sud de la rue principale, la partie haute, relevait du comté de Tonnerre, en Champagne et la seconde, côté nord, la partie basse, comprenant l'église fortifiée, relevait du comté d'Auxerre, en Bourgogne. La grande rue était la ligne de séparation des deux provinces.

 
Blason de Chitry-le-Fort.

Le blason de Chitry a été choisi comme étant l'écusson représentant les armoiries de la famille de Choiseul, un membre de cette famille était seigneur de Chitry en 1505. « D'azur à la croix d'or, cantonnée de 18 billettes de même, 5 dans les cantons du chef et 4 dans ceux de pointe ». Pour donner plus d'intérêt à la commune, on remplaça les cinq billettes du canton droit du chef par une effigie de l'église.

La mairie et les écoles ont été construites sur pilotis en 1868 car, à cette époque, il y avait un marais à cet endroit.

Moyen ÂgeModifier

La terre de Chitry appartient au XIIIe siècle à une branche de la famille des Barres (1275 Jean des Barres et son neveu Gui). Les de Maisey (Jean en 1346) ; de Mello, de Saint-Bris, leur succèdent (Dreu en 1369). Les archives communales détiennent un lot exceptionnel de documents concernant la communauté villageoise durant la guerre de Cent Ans. C'est ainsi qu'on voit les habitants se cotiser durant la première phase de cette guerre pour fortifier leur église. L'initiative contrariant la politique de « terre brûlée » du Dauphin, les habitants sont amenés à accepter que la Couronne désigne le capitaine de leur moutier qu'ils avaient pris l'habitude de désigner directement[1]. L'église comportera jusqu'à trois tours. Il n'en subsiste que deux, dont une tour massive en forme de donjon. Au milieu du XVIIe siècle, la famille de Lambert, des marquis de Saint-Bris, acquiert la seigneurie de Chitry[2].

Un village coupé en deux pour le plus grand bien de tous[réf. nécessaire]Modifier

La rue centrale du village sert de limite à deux circonscriptions fiscales : celle de Tonnerre et celle d'Auxerre. Elles-mêmes perpétuaient une division féodale. Autant dire que lors des visites des « rats de cave », les tonneaux passaient d'un côté à l'autre de la rue. Ce mouvement de tangage souterrain peut expliquer la fortune des marchands de vin locaux.

RenaissanceModifier

Comme beaucoup de villages icaunais, Chitry est fortifié en 1538, avec des murailles.

En 1509, le pape accorde cent jours d'indulgence à ceux qui visiteront l'église Saint-Valérien à l'occasion de certaines fêtes.

Les Choiseul tiennent la seigneurie : Alix de Choiseul, veuve de Nicolas de Choiseul seigneur de Praslin en 1548 ; Georges en 1575 ; Ferry de Choiseul, maréchal des camps et armées du Roi en 1623 ; Madeleine de Choiseul, veuve de Jean Mallet comte de Dubrée en 1646. Mais d'autres lots sont à Jean de Crespy (la moitié en 1575 et 1602).

L'ère de LambertModifier

En 1646 et 1647, Jean de Lambert, marquis de Saint-Bris et maréchal des camps et armées du Roi, achète la baronnie au sieur de Vatimont de Praslin, de Choiseul et à la veuve de Jean Mallet. Le sort de Chitry devient lié à celui de sa puissante voisine.

Les familles de ChitryModifier

Le commerce du vin permet aux fils du village de se rendre à Paris et de s'y faire immatriculer bourgeois de Paris. Ce statut procure des avantages pour y introduire des productions venues de province. La réussite profite aux plus hardis. Les Poan deviennent marchand de vin privilégiés suivant la Cour dès le début du XVIIe siècle. Par la suite, les Guénier (venus de Saint-Cyr-les-Colons, passés à Quenne et Saint-Bris)[3], les Campenon (venus de Saint-Bris et repartis à Tonnerre)[4] brilleront dans le monde étroit des marchands commissionnaires de vin.

Le village de Chitry est connu pour avoir donné un nombre remarquablement élevé de prêtres au diocèse durant le XXe siècle.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790   Richer    
    Jean-Baptiste Billon    
1808 1815 Pierre-Jacques Aubron    
1815   Ambroise Raoul    
         
1898 1907 Achille Petit    
         
2008 en cours Jean-Yves Krantz[5]    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[7].

En 2016, la commune comptait 354 habitants[Note 1], en diminution de 2,21 % par rapport à 2011 (Yonne : -0,56 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
586576614612693703706721662
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
657667690644638625656600595
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
572583515408405372354329337
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
351297308372329334340359356
2016 - - - - - - - -
354--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

 
L'église vers 1900.

L'église étant « fortifiée », c'est de là que vient le suffixe le Fort car la vraie dénomination est Chitry-le-Fort. La longue nef étroite date du XIIIe siècle. Au siècle suivant, on a ajouté un bas-côté dans la partie droite du chœur et fortifié l'église en la flanquant successivement de quatre tours précédées d'un fossé profond.

La tour qui couvre le chevet de l'église est la plus remarquable, une sorte de donjon circulaire, surmonté d'un étage faisant saillie à sa base, supporté par des mâchicoulis de bois et reposant sur des corbeaux en pierre.

Deux tours sont aujourd'hui bien conservées : le donjon et le pied carré (celui-ci penche un peu). La troisième, la tour aux Chats, a été rabattue à hauteur des gouttières de l'église. Quant à la quatrième, elle a été démolie depuis longtemps.

La tour carrée du clocher s'élève au-dessus du portail. Il y avait deux cloches : la grosse, Valérienne, et une moins puissante, Jeanne. Puis en 1914, on ajouta trois petites cloches appelées Ding-Dong ou vulgairement les dindons. Cette dernière année, Valérienne se fêla et il fallut attendre plus de vingt-trois ans pour la refondre en 1937. Elle pèsera 1 500 kg.

Au cours d'un orage, le , la foudre tomba sur le clocher et l'embrasa immédiatement. La toiture fut détruite complètement. Au contact de l'eau froide, Jeanne, brûlante, se fêla ainsi que deux Ding-Dong devenant inutilisables. En 1951, on installa la charpente pour deux cloches, mais on y posa seulement la grosse intacte. Ce n'est qu'en 1968 que la petite fut refondue. Elle pèsera 614 kg, puis elle rejoignit sa grande sœur Valérienne à la satisfaction des bienfaiteurs et de tous les paroissiens. La sonnerie fut électrifiée en 1968. En 1650, un enfant est tué par la chute d'un battant de cloche.

L'église Saint-Valérien a été classée monument historique en 1905.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Jules Droin (1839-1924). Docteur en médecine originaire de Courgis. Issu d'une famille anticléricale (son père médecin était un ancien séminariste), il devient médecin à l'hôpital d'Auxerre. Il exige et obtient le départ des religieuses qui servent à l'hôpital et charge une procession religieuse avec sa calèche. Pour autant, au moment de mourir, il se fait appliquer un fer à cheval rougi au feu sur le ventre pour la douleur le maintienne en vie en attendant l'arrivée du curé qui devait l'extrémiser. Époux d'Anne-Jeanne-Alexandrine Guénier qui possède le domaine de Branloir.

VignobleModifier

Articles détaillés : AOC Saint-Bris et Bourgogne chitry (AOC).

AutresModifier

 
Parc éolien de l'Auxerois.
  • Prix du Village remarquable du vignoble à l’occasion du Concours des villes, villages et maisons fleuris. Une distinction remise par le jury régional le à Quétigny (Côte-d’Or), en récompense « des efforts de la commune associant la mise en valeur de son patrimoine et son activité viti-vinicole à un fleurissement de qualité.
  • Parc Eolien : Un parc éolien, le parc éolien de l'Auxerois, constitué de 16 éoliennes de 100 m a été installé en 2015 sur les communes de Chitry et de Quenne. Ainsi 12 éoliennes Vestas de 2 MW sont installées sur le territoire de Chitry[10].

Pour approfondirModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Étienne Meunier. Les églises et les bourgs fortifiés du Sénonais et des pays de l'Yonne. fascicule 33 de la Société archéologique de Sens, 1990 (1992)
  2. Achille Petit. Notes historiques sur la commune de Chitry. Auxerre, 1907
  3. Étienne Meunier. Généalogie de la famille Guénier, de Saint-Bris-le-Vineux; Bulletin de la société généalogique de l'Yonne, 1982
  4. Étienne Meunier. La famille Campenon, de Saint-Bris, Chitry, Paris et Tonnerre. Cahiers de la Société généalogique de l'Yonne, n° 10, 1994
  5. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 16 décembre 2013.
  6. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  10. http://eolienne.f4jr.org/parcs/auxerrois_chitry-quenne