Chimamanda Ngozi Adichie

écrivaine nigériane
Chimamanda Ngozi Adichie
Description de l'image ChimamandaAdichie.jpg.
Naissance (44 ans)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture anglais (Nigeria)
Genres

Œuvres principales

Chimamanda Ngozi Adichie, née le , est une écrivaine nigériane, connue également comme militante féministe et femme politique[1]. Elle est originaire d’Abba dans l’État d'Anambra, au sud-est du Nigeria. Elle vit entre Lagos et Washington.

BiographieModifier

ÉtudesModifier

Née dans la ville d’Enugu, elle grandit dans la ville universitaire de Nsukka au sud-est du Nigeria, où est implantée l’université du Nigeria (UNN, University of Nigeria, Nsukka) depuis 1960. Elle est la cinquième d'une famille igbo de six enfants[2]. Durant son enfance, son père enseignait à l’UNN comme professeur de statistiques, et sa mère était la responsable du bureau de la scolarité[3]. Sa famille est originaire du village Abba, dans l'État d'Anambra[4].

Pendant un an et demi, elle étudie la médecine et la pharmacologie à l'université du Nigeria. À l’âge de 19 ans, elle quitte le Nigeria pour les États-Unis pour étudier la communication et les sciences politiques à l'université Drexel de Philadelphie en Pennsylvanie. Chimamanda Ngozi Adichie opte pour l’Eastern Connecticut State University afin de vivre plus près de sa sœur, qui exerçait la médecine à Coventry (actuellement à Mansfield, Connecticut)[5]. En 2001, elle y obtient son diplôme universitaire avec la mention honorifique summa cum laude[6]. Elle achève ensuite un master en création littéraire à l’université Johns-Hopkins de Baltimore en 2003. Elle obtient un M.A. (maîtrise en arts) d’études africaines à l’université Yale en 2008[7].

La même année, elle intervient comme « écrivaine invitée » à l’université Wesleyenne de Middletown dans le Connecticut, où elle participe à la collection Wesleyan's Distinguished Writers Series.

En 2008, elle est récipiendaire de la bourse MacArthur[7]. Elle recevra aussi une bourse d'étude du Radcliffe Institut for Advanced Studies à l'université Harvard[6]. Elle reçoit en 2017 un doctorat honoris causa en littérature au Haverford College[8] et de l'université d'Édimbourg[9]. Elle reçoit en 2019 un doctorat honoris causa de l'Université de Fribourg, Suisse[10].

Elle vit entre Lagos et Washington[11].

CarrièreModifier

Elle publie un recueil de poèmes en 1997 (Decisions) et une pièce de théâtre en 1998 (For Love of Biafra). Elle est nominée pour le prix Caine[12] pour sa nouvelle You in America[13] et sa nouvelle That Harmattan Morning obtient le Prix de la Nouvelle du BBC World Service[14].

Sa carrière en littérature prend son envol avec la publication, en 2003, de L'Hibiscus pourpre (Purple Hibiscus), roman d'initiation où un frère et une sœur finissent par retrouver leur voix. Loué par la critique, ce premier roman est nominé au Baileys Women's Prize for Fiction en 2004[15] et proclamé Meilleur premier livre du prix littéraire Commonwealth Writers' Prize en 2005[16].

Son second roman, L'Autre Moitié du soleil (Half of a Yellow Sun), paru en 2006, tire son nom du drapeau de l’éphémère nation du Biafra et se situe avant et pendant la guerre du Biafra, où l'on suit la vie de deux sœurs qui sont séparées par cette guerre. Publié par Knopf/Anchor en 2006 (en France par Gallimard le pour la traduction française), il est couronné par le prix Orange Prize for Fiction en 2007[17] ainsi que le Anisfield-Wolf Book Award[18]. Le roman sera adapté au cinéma en 2014 pour le film Half of a Yellow Sun, réalisé par Biyi Bandele, avec Chiwetel Ejiofor et Thandie Newton pour acteurs principaux[19].

Son troisième ouvrage, le recueil de nouvelles Autour de ton cou (The Thing Around Your Neck), publié en avril 2009, inclut la nouvelle Les Marieuses. En 2010, elle est listée parmi les « 20 auteurs de moins de 40 ans à suivre » du New Yorker[20].

En 2013 paraît son quatrième ouvrage, un roman intitulé Americanah dont le récit suit le parcours d'une jeune femme nigériane, nommée Ifemelu, qui a émigré aux États-Unis, et d'un jeune homme émigré, lui, au Royaume-Uni. Ifemelu est confrontée à la pauvreté, la discrimination, le racisme, jusqu'au moment où elle devient une star de la blogosphère[21],[22]. Elle devient la « première blogueuse en matière de race »[23]. Le titre du roman renvoie à la façon dont les Nigérians appellent les expatriés qui reviennent des États-Unis[24],[25]. Il est sélectionné par le New York Times comme l'un des « 10 meilleurs livres de 2013 »[26].

Lupita Nyong'o achète les droits d'adaptation cinématographiques du roman afin de produire un film dans lequel elle incarnerait le personnage principal aux côtés de Brad Pitt[24].

Chimamanda Ngozi Adichie y décrit avec un humour caustique les problèmes de racisme et de domination[23].

Dans Chère Ijeawele publié en 2017[27], Chimamanda Ngozi Adichie propose une éducation féministe en quinze points qui devrait être donnée dès le plus jeune âge[28],[29]. Ce manuel de quinze points est devenu entre-temps un veritable phénomène et il est traduit dans près de 20 langues. La chanteuse Beyoncé l'a repris dans sa chanson Flawless, et la marque Dior a inscrit le titre sur des tee-shirts[30],[31].

À propos de son engagement féministe, Chimamanda Ngozi Adichie dit dans une interview de 2014 : « Je me pense comme une conteuse d’histoires, mais cela ne me dérangerait pas si quelqu’un venait à me voir comme une écrivaine féministe... Je suis très féministe dans ma façon de regarder le monde, et de quelque manière cette vision sur le monde doit faire partie de mon œuvre »[32].

Le 11 mai 2017 à 18h, elle est élue à l'Académie américaine des arts et des sciences, l'un des plus grands honneurs intellectuels aux États-Unis[33]. Elle y reçoit un doctorat honorifique en lettres humaines[34].

La même année, Fortune Magazine l'a nommée parmi les 50 leaders du monde[34].

EngagementsModifier

  Vidéo externe
  Vidéo du discours We should all be feminist

Elle donne un discours TED mis en ligne en 2009 et intitulé The Danger of a Single Story (« Le danger d'une histoire unique »). Ce texte évoque l'influence qu'ont les histoires et les approches narratives dans les mécanismes de domination culturelle, sociale, raciale, économique et politique, si ces histoires sont univoques ou ne proviennent que d'une seule partie de la société ou du monde, résonnant ainsi comme une « histoire unique ». Mais elle insiste aussi sur le pouvoir qu'ont les histoires, d'autres histoires, venant de toutes sortes d'endroits et de personnes, de contrebalancer cette histoire unique, en nous faisant accéder à une vision du monde plus complète, et plus humaine[35].

Elle intervient dans l'album de Beyoncé en 2013 sur le titre Flawless, dans lequel une partie de son discours TED (We Should All Be Feminist) We Should all be Feminists (« Nous devrions tous être des féministes », discours traduit en français sous le titre « Nous sommes tous des féministes »), qui a été prononcé pour une conférence TEDx en , est « samplé »[36].

En 2014, Chimamanda Ngozi Adichie a déclaré dans une interview à la radio publique américaine NPR que « tout ce qui amène les jeunes à parler de féminisme est une très bonne chose »[37]. Elle a plus tard qualifié sa déclaration dans une interview pour le journal néerlandais de Volkskrant : « une autre chose que j’ai détestée était que je lisais partout : maintenant les gens la connaissent enfin grâce à Beyoncé, ou encore : elle doit être bien reconnaissante. J’ai trouvé ça décevant. J’ai pensé : je suis une écrivaine, je le suis depuis un certain temps et je refuse de jouer une mascarade qui est maintenant apparemment attendue de moi : « grâce à Beyoncé, ma vie ne sera plus jamais la même ». Voilà pourquoi je n'en ai pas beaucoup parlé »[38].

Elle fut conviée aux remises de diplômes des universités d'Harvard et Yale, respectivement en 2018 et 2019, durant lesquelles elle fit un discours[39],[40].

Elle a également créé le projet « wear Nigerian » sur Instagram, pour inciter les Nigérians à porter des vêtements produits localement[41].

ŒuvreModifier

RomansModifier

  • Purple Hibiscus (2003)
    Publié en français sous le titre L’Hibiscus pourpre, traduit par Mona de Pracontal, Paris, Éditions Anne Carrière, coll. « La vagabonde », 2004, 415 p. (ISBN 2-84337-281-X) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 6113, 2016 (ISBN 978-2-07-046881-2)
  • Half of a Yellow Sun (2006)
    Publié en français sous le titre L'Autre Moitié du soleil, traduit par Mona de Pracontal, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Du monde entier », 2008, 499 p. (ISBN 978-2-07-077610-8) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 5093, 2010 (ISBN 978-2-07-042143-5)
  • Americanah (2013)
    Publié en français sous le titre Americanah, traduit par Anne Damour, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Du monde entier », 2015, 522 p. (ISBN 978-2-07-014235-4)[23] ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 6112, 2016 (ISBN 978-2-07-046880-5)

Recueil de nouvellesModifier

  • The Thing Around Your Neck (2009)
    Publié en français sous le titre Autour de ton cou, traduit par Mona de Pracontal, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Du monde entier », 2012, 285 p. (ISBN 978-2-07-012989-8) ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 5863, 2014 (ISBN 978-2-07-046231-5)

NovellasModifier

  • Imitation (2015)
  • The Arrangements (2016)
  • The Shivering (2016)

EssaisModifier

  • For Love of Biafra (1998)
  • We Should All Be Feminists (2014)
    Publié en français sous le titre Nous sommes tous des féministes, suivi de Les Marieuses[42], traduit par Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Folio 2€ », 2015, 96 p. (ISBN 978-2-07-046458-6)
  • Dear Ijeawele, or A Feminist Manifesto in Fifteen Suggestions (2017)
    Publié en français sous le titre Chère Ijeawele ou Un manifeste pour une éducation féministe, traduit par Marguerite Capelle, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Hors-série littéraire », 2017, 77 p. (ISBN 978-2-07-272197-7)
  • Notes on Grief (2021) Publié en Français sous le titre Notes sur le Chagrin, traduit par Mona de Pracontal, Paris, éditions Gallimard (ISBN: 9780008470302)

Prix et distinctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Dix femmes qui pensent l’Afrique et le monde », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. (en-US) « In the Footsteps of Achebe: Enter Chimamanda Ngozi Adichie - AfricanWriter.com », AfricanWriter.com,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. (en) « Feminism Is Fashionable For Nigerian Writer Chimamanda Ngozi Adichie », NPR.org,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. (en) « Biographie », sur Chimamanda Ngozi Adichie website (consulté le )
  5. (en) Chimamanda Ngozi Adichie, « Why Chimamanda Ngozi Adichie Considers Her Sister a “Firm Cushion” at Her Back », Vanity Fair,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. a et b (en) « Chimamanda Selected as Radcliffe Fellow », Radcliffe Institute for Advanced Study at Harvard University,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. a et b (en) « Recent Alumni », sur african.macmillan.yale.edu (consulté le )
  8. (en) « 2017 Honorary Degrees », sur www.haverford.edu (consulté le )
  9. (en) « Acclaimed author receives honorary degree », The University of Edinburgh,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. « L'écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie devient docteure honoris causa de l'Université de Fribourg », sur Unifr | News (consulté le )
  11. « Chimamanda Ngozi Adichie, une femme en colère - Livres - Télérama.fr », sur www.telerama.fr (consulté le )
  12. (en) « The Caine Prize for African Writing », sur caineprize.com (consulté le )
  13. (en) Discovering Home, Jacana Media, , 240 p. (ISBN 978-1-919931-55-5, lire en ligne)
  14. a et b « Competition | BBC Wa short story, in English, between 1800 and 2100 words long. orld Service », sur www.bbc.co.uk (consulté le )
  15. (en) « Bailey's Woemn Prize for Fiction 2004 » (consulté le )
  16. (en) Site designed and built by Hydrant (http://www.hydrant.co.uk), « Prize winning author Chimamanda Ngozi Adichie to speak at Commonwealth Lecture | The Commonwealth », sur thecommonwealth.org (consulté le )
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  18. a et b (en-US) « Half of a Yellow Sun », Anisfield-Wolf Book Awards,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. Biyi Bandele, Thandie Newton et Anika Noni Rose, Half of a Yellow Sun, (lire en ligne)
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  22. Tirthankar Chanda, « Americanah, l’irrésistible nouveau roman de Chimamanda Adichie », sur rfi.fr, (consulté le )
  23. a b c et d Catherine Simon, « Chimamanda Ngozi Adichie, impériale », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  24. a et b (en) Ben Child, « Lupita Nyong'o reunites with Brad Pitt for Americanah », sur Guardian.com, (consulté le )
  25. Valérie Marin La Meslée, « Chimamanda Ngozi Adichie enflamme le Quai d'Orsay ! », sur Le Point Afrique, (consulté le )
  26. (en-US) « The 10 Best Books of 2013 », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  27. « Le Féminisme selon Chimamanda Ngozi Adichie », DIACRITIK,‎ (lire en ligne, consulté le )
  28. Cécile Daumas, « Adichie, icône qui compte », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  29. « « Chère Ijeawele » : pourquoi faut-il (re)lire le manifeste féministe de Chimamanda Ngozi Adichie en 2018 », sur The Conversation, (consulté le )
  30. Valérie Marin la Meslée, « Un féminisme universel et joyeux », Le Point,‎ mai - juin 2018
  31. « [Classement] Artistes, intellectuels ou sportifs… Ces Africains qui sont entrés dans l’Histoire (3/3) – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  32. (en) Hobson, Janell, « Storyteller », Ms.,‎ , pp. 26-29 :

    « I think of myself as a storyteller, but I would not mind at all if someone were to think of me as a feminist writer... I'm very feminist in the way I look at the world, and that world view must somehow be part of my work »

  33. « Press Releases - American Academy of Arts & Sciences », sur www.amacad.org (consulté le )
  34. a et b (en) University Communications, « Stacey Abrams to Kickoff American University’s Commencement 2019 Ceremonies », sur American University, (consulté le )
  35. (en) David Brooks, « The Danger of a Single Story », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  36. (en) Liz Bury, « Beyoncé samples Chimamanda Ngozi Adichie's call to feminism », sur the Guardian (consulté le )
  37. (en) « Feminism Is Fashionable For Nigerian Writer Chimamanda Ngozi Adichie », sur NPR.org (consulté le )
  38. (nl) Aimée Kiene, « Ngozi Adichie: Beyoncé's feminism isn't my feminism », sur de Volkskrant, (consulté le )
  39. (en) « Author Chimamanda Ngozi Adichie ’08 M.A. to speak at Class Day », sur YaleNews, (consulté le )
  40. « Le discours puissant de Chimamanda Ngozi Adichie à Harvard », sur Konbini - All Pop Everything! (consulté le )
  41. (en-US) « Instagram | Chimamanda Ngozi Adichie | Official Author Website », sur Chimamanda Ngozi Adichie (consulté le )
  42. La nouvelle Les Marieuses a précédemment été publiée dans le recueil Autour de ton cou
  43. Voir sur pen.org.
  44. (en) « MacArthur Found », sur macfound.org.
  45. (en) « Chimamanda Adichie », sur macfound.org (consulté le ).
  46. « Newswatch magazine », sur archive.ph, (consulté le ).
  47. (en) « Biographies of Yale’s 2019 honorary degree recipients », sur université Yale (consulté le ).

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • (fr) « Les 100 personnalités de la diaspora africaine : Chimamanda Ngozi Adichie », in Jeune Afrique, no 2536-2537, du 16 au 29 août 2009, p. 49

Liens externesModifier