Chens-sur-Léman

commune française du département de la Haute-Savoie

Chens-sur-Léman
Chens-sur-Léman
Église Sainte-Anne.
Blason de Chens-sur-Léman
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Thonon-les-Bains
Intercommunalité Thonon Agglomération
Maire
Mandat
Pascale Moriaud
2020-2026
Code postal 74140
Code commune 74070
Démographie
Gentilé Chensinois
Population
municipale
2 771 hab. (2018 en augmentation de 30,58 % par rapport à 2013)
Densité 221 hab./km2
Population
agglomération
6 310 hab. (2018)
Géographie
Coordonnées 46° 19′ 44″ nord, 6° 16′ 09″ est
Altitude Min. 372 m
Max. 439 m
Superficie 12,56 km2
Type Commune rurale et littorale
Unité urbaine Messery
(ville-centre)
Aire d'attraction Genève - Annemasse (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Sciez
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Chens-sur-Léman

Chens-sur-Léman est une commune française du Chablais, en Haute-Savoie, dans l'agglomération transfrontalière du Grand Genève.

GéographieModifier

 
Prairie proche du lac Léman.
 
Au bord du lac Léman.

LocalisationModifier

Commune d'une surface de 1 087 hectares située dans la plaine du Bas-Chablais au bord du lac Léman, avec un littoral d'environ 5 km à une altitude de 372 m à 439 m[1], la commune d'environ 1 650 habitants (en 2007), est voisine de la commune suisse d'Hermance dans le canton de Genève.

Par sa situation sur les bords du lac Léman et son environnement préservé (portion de rives non urbanisées, prairies et vallons boisés, vaste surface boisée…), la commune présente d'indéniables atouts touristiques. Chens-sur-Léman est encore un village de campagne avec de grands espaces boisés et un espace agricole. Son patrimoine naturel lui vaut aujourd'hui deux sites classés « Natura 2000 ».


Communes limitrophesModifier

Transport et accèsModifier

 
Pêcheur.
 
Le bateau arrive au port.

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Chens-sur-Léman est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4]. Elle appartient à l'unité urbaine de Messery, une agglomération intra-départementale regroupant 4 communes[5] et 6 310 habitants en 2018, dont elle est ville-centre[6],[7].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 158 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[8],[9].

La commune, bordée par un plan d’eau intérieur d’une superficie supérieure à 1 000 hectares, le Léman, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[10]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme par exemple le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[11],[12].

Occupation des solsModifier

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (42,5 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (45,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (40,2 %), terres arables (32,2 %), zones urbanisées (16,5 %), prairies (6,5 %), zones agricoles hétérogènes (3,8 %), eaux continentales[Note 3] (1 %)[13].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

ToponymieModifier

La commune de Chens devient Chens-sur-Léman par décret, le (J.O. du )[14].

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Shan (graphie de Conflans) ou Chens (ORB)[15].

Il n'existe aucune étymologie assurée pour Chens. Tout au plus pourrait-on proposer un rapprochement avec la ville normande de Caen, dont la forme la plus ancienne, au Moyen Âge, est Cadomo, qui semble remonter au gaulois catu-magos "le champ du combat" ; ce qui conviendrait également ici avec les évolutions phonétiques propres au francoprovençal et au savoyard local. Mais en l'absence de formes anciennes cela reste une hypothèse non démontrable.

HistoireModifier

Très anciennement peuplée, on a relevé sur son rivage cinq cités lacustres (palafittes) et à l'intérieur des terres, plusieurs sites néolithiques, gallo-romains et burgondes.

Au Moyen Âge, la paroisse et la commune portait le nom de « cusy » (ou cursier), jusque vers 1860. Elle relevait du comte de Genève et occupait une situation stratégique importante entre les maisons de Savoie et de Faucigny. Trois fiefs se partageaient le territoire de Cusy : Grésier, qui relevait du Faucigny et dont le château, aujourd'hui disparu, défendait la rive droite de l'Hermance et l'accès au lac, Servette qui appartenait au comte de Savoie, et enfin, le plus important, Beauregard, qui relevait du comte de Genève.

En 1816, le traité de Turin fixe la frontière entre la Suisse et la Savoie sur l'Hermance[16], coupant la commune éponyme en deux. La partie à l'est de la rivière comprenant le lieu-dit Cusy est intégré à Chens. Il y subsiste un oratoire de l'église paroissiale brûlée sous la Révolution.

Puis la commune se dénommera Cusy-Chens, Chens-Cusy en 1866 et Chens vers 1872. En 1954, un décret ministériel autorise la dénomination Chens-sur-Léman[14].

Politique et administrationModifier

Situation administrativeModifier

La commune de Chens-sur-Léman, au lendemain de l'annexion de la Savoie à la France de 1860, intègre le canton de Douvaine[1]. Elle appartient, depuis 2015, au canton de Sciez, qui compte selon le redécoupage cantonal de 2014 25 communes[17].

La commune est membre, avec dix-sept autres, de la communauté de communes du Bas-Chablais.

Chens-sur-Léman relève de l'arrondissement de Thonon-les-Bains et de la cinquième circonscription de la Haute-Savoie, dont la députée est Marion Lenne (LREM) depuis les élections de 2017.

Administration municipaleModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
Maire en 1888 ? François Fichard Républicain Cultivateur, conseiller d’arrondissement
mai 1929 octobre 1945 Jules Fichard[18] (1884-1970) SFIO Exploitant agricole et négociant en vins
Président de la délégation municipale du 31 août 1944 au 14 octobre 1945
? ? Auguste Fichard    
mars 1971 ? Bernard Fichard   Gérant de société
mars 1990 mars 1996 Bernard Duret    
mars 1996 mars 2008 Bernard Fichard DVD Gérant de société
mars 2008 mars 2014 Nelly Benou DVG Salariée du secteur médical
mars 2014 En cours
(au 28 mai 2020)
Pascale Moriaud-Billod DVD Conseillère communautaire de Thonon Agglomération
Réélue pour le mandat 2020-2026[19]

Politique de développement durableModifier

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21[20].

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Ses habitants sont appelés les Chensinoises et les Chensinois[14].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[22].

En 2018, la commune comptait 2 771 habitants[Note 4], en augmentation de 30,58 % par rapport à 2013 (Haute-Savoie : +6,11 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
325313380447572589560558547
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
531576604588620628613568606
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
503543515506475516568636835
1982 1990 1999 2006 2007 2012 2017 2018 -
8561 0631 2741 6561 7082 0502 7762 771-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

MédiasModifier

Radios et télévisionsModifier

La commune est couverte par des antennes locales de radios dont France Bleu Pays de Savoie, ODS Radio, Radio Chablais… Enfin, la chaîne de télévision locale TV8 Mont-Blanc diffuse des émissions sur les pays de Savoie. Régulièrement l'émission La Place du village expose la vie locale. France 3 et sa station régionale France 3 Alpes, peuvent parfois relater les faits de vie de la commune.

Presse et magazinesModifier

La presse écrite locale est représentée par des titres comme Le Dauphiné libéré, L'Essor savoyard, Le Messager - édition Chablais, le Courrier savoyard.

ÉconomieModifier

Les secteurs d'activités économiques sont :

  • l'agriculture : la commune compte plusieurs exploitations dont l'activité occupe 35 % du territoire communal ;
  • la pêche : pêcheurs professionnels qui pratiquent leur activité sur le Léman (le plus grand lac d'Europe occidentale : 582 km2 dont 234 km2 en France) ;
  • commerces et entreprises : la commune comprend des restaurants, en partie liés à l'activité touristique, des commerces de « proximité » se concentrant essentiellement au chef lieu. À cela s'ajoutent des entreprises (BTP, espace vert, menuiserie, peinture, embouteillage de vins).
  • Travailleurs frontalier vers la Suisse

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Le chœur de l'église.

Patrimoine naturelModifier

La commune possède sept espaces classés zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) : le « lac Léman » ; le « Vallon des Léchères et pelouse de la Sablonnière » ; le « Golfe de Coudrée et environs » ; les « Zones humides et boisement du Genevois » ; les « Prairies humides de Marival » ; le « Marais de la Croix de la Marianne » et les « Ravins de Chamburaz, Marnoz et de l'Hermance »[25]. Deux espaces sont classés classé site Natura 2000 de la Haute-Savoie, le « lac Léman » et les « Marais de Chilly et de Marival »[26].

Personnalités liées à la communeModifier

  • Naissance le 18 septembre 1879 d'Henri Dufaux (1879-1980), pionnier de l'aviation.
  • Gaëlle Voiry, élue Miss France en 1990, est morte percutée par une voiture alors qu'elle circulait à vélo à Chens-sur-Léman.

HéraldiqueModifier

Les armes de Chens-sur-Léman se blasonnent ainsi :

« D'azur à une sirène d'argent chevelée et marinée d'or tenant une lyre du même, sur une onde aussi d'argent mouvant de la pointe, accostée en chef de deux croissants contournés du même. »

Œuvre du peintre Di Decarli.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

Notes et cartesModifier

  • Notes
  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.
  • Cartes
  1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.

RéférencesModifier

  1. a b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Unité urbaine 2020 de Messery », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  6. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  7. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur insee.fr, (consulté le ).
  8. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française) », sur insee.fr (consulté le ).
  9. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  10. « Les communes soumises à la loi littoral. », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr, (consulté le ).
  11. « La loi littoral », sur www.collectivites-locales.gouv.fr (consulté le ).
  12. « Loi relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral. », sur www.cohesion-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  13. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  14. a b et c « Chens-sur-Léman », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - sabaudia.org (consulté le ), Ressources - Les communes.
  15. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie : Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 17
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
    .
  16. « Nouveaux suppléments au recueil de traités et d'autres altes ..., Volume 1 ‘’’Procès-verbal de limites entre le Duché de Savoie et le Canton de Genève…’’’ page 505 », sur books.google.fr.
  17. « Décret no 2014-185 du 18 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département de la Haute-Savoie », Légifrance, (consulté en ).
  18. Notice FICHARD Jules, Édouard par Justinien Raymond, version mise en ligne le 23 décembre 2008, dernière modification le 27 juillet 2009
  19. Brigitte Zisset, « Chens-sur-Léman : la maire Pascale Moriaud signe pour un deuxième mandat », Le Messager,‎ (lire en ligne)
    « Maire de Chens-sur-Léman pour la deuxième fois, Pascale Moriaud assure être entourée de conseillers prêts à se retrousser les manches. ».
  20. FICHE | Agenda 21 de Territoires - Chens-sur-Léman, consultée le 26 octobre 2017
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  24. Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Cabèdita, , 193 p. (ISBN 978-2-88295-117-5), p. 49-50.
  25. « Chens-sur-Léman », ZNIEFF, sur le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) - inpn.mnhn.fr (consulté en ).
  26. « Chens-sur-Léman », Sites Natura 2000, sur le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) - inpn.mnhn.fr (consulté en ).