Chauffeurs

Chauffeurs de pâturons
Nombre de membres plusieurs bandes indépendantes
Activités criminelles effraction, vol, torture, meurtre
« Les « chauffeurs » d’aujourd’hui.
Comment procédaient les bandits de la Drôme. »
Le Petit Journal. 15 novembre 1908.

Les « chauffeurs de pâturons » (en argot, « brûleurs de pieds ») ou simplement « chauffeurs » est un terme populaire utilisé pour désigner les bandes de criminels qui s’introduisaient la nuit chez les gens et leur brûlaient les pieds sur les braises de la cheminée pour leur faire avouer où ils cachaient leurs économies.

Base du « métier » de chauffeurModifier

En cette époque troublée suivant la Révolution, ces bandes organisées écumaient les campagnes de Picardie et du Nord, chacun des membres connaissant sa tâche : faire effraction, escalader les murs, enfoncer les portes, lier, chauffer les pieds, tout cela à fin de vol. Partout c'était les mêmes moyens employés par les brigands dont il résultait subsidiairement d'autres forfaits et tortures de l'incendie au viol, jusqu’au meurtre.

HistoireModifier

On commence à évoquer ces criminels pendant la Révolution française. Les forêts couvrant une très grande proportion du territoire protégeaient alors toutes sortes d’individus.

XVIIIe siècleModifier

 
Les chauffeurs « au travail ».

À l’époque, sévissent surtout les « Chauffeurs du Nord » dont les plus célèbres furent :

  • François-Marie Salembier (né le Isbergues - guillotiné à Bruges le ), qui sévit dans les départements de la Lys, de l’Escaut et du Nord.

Il est le fils de Jacque Joseph et de Anne Isbergues Delmar ; Il épouse Marie Anne Françoise Carpentier le 04.10.1785 Isbergues

Ces sinistres personnages, en général de paisibles ouvriers ou commerçants le jour, se masquent ou se maquillent le visage en noir la nuit pour aller dévaliser de pauvres gens. En cas de refus, ou même parfois pour ne pas laisser de témoins de leur passage, ces bandits assassinent leurs victimes.

Les Chauffeurs arrêtés finissent, en général, à la guillotine.

XIXe siècleModifier

XXe siècleModifier

Même si, pendant le XIXe siècle, il arrive parfois que de telles bandes se créent çà et là en France, c’est à la Belle Époque qu’on voit une réelle recrudescence de cette sorte de malfrats.

  • Ainsi, une bande en Aquitaine, la « bande Bouchery », du nom de son chef, tenancier de la buvette de la gare de Langon ;
  • « Les Bandits d’Hazebrouck » dans le Nord et le Pas-de-Calais. Le , les meneurs de la bande d’Hazebrouck, Canut Vromant, Théophile Deroo, Auguste Pollet et son frère (et grand chef) Abel Pollet, sont guillotinés devant la prison de Béthune.
  • Le , à Valence, « les Chauffeurs de la Drôme », Octave David, Louis Berruyer et Urbain Liottard sont également guillotinés.
  • Dans les années 1920, une nouvelle bande, les « Cagoulards », voit le jour dans la région de Lille. Les chefs seront arrêtés en 1924, et le chef, Henri Olivier dit « Le Tigre », est à son tour guillotiné à Lille le .

Les dernières bandes de chauffeurs apparaîtront après la Seconde Guerre mondiale.

  • « Le gang des Romanis » qui sévit en Bourgogne,
  • « Le Gang d’Albert », en Picardie, en sont les exemples les plus typiques.

Les chefs de chacune de ces bandes furent exécutés : Nicolas Stéphan, chef des Romanis, à Chalon-sur-Saône le , et Raymond Perat, chef du « Gang d’Albert », à Laon le .

BibliographieModifier

  • Eugène-François Vidocq, Les Chauffeurs du Nord, Paris, Comptoir des imprimeurs unis,
  • Adrien Varloy, Les chauffeurs du Santerre, Paris, Bonvalot-Jouve, (réimpr. 1990, 2004 aux éd. Res Universis), 218 p.
  • J. Declercq, « Le brigandage dans le canton de Lessines – Nisolles et compagnie », Annales du Cercle d’Histoire de l’Entité Lessinoise, vol. II,‎ (lire en ligne)
  • André Goudeau, Le Département de l'Eure sous le Directoire, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2012, p. 103-115 [1]

Notes et référencesModifier

  1. André Goudeau, Le Département de l'Eure sous le Directoire, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2012, p. 103-115.

Liens externesModifier