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Le Jagdpanzer V Jagdpanther, un chasseur de chars allemand de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Un chasseur de chars est un véhicule blindé ou non, sur chenilles ou sur roues, armé d'un canon ou de toute autre arme antichar, et destiné principalement à la lutte antichar.

HistoireModifier

Il semble que le terme Chasseur de chars fut utilisé pour la première fois en Allemagne sous le Troisième Reich, pour désigner tout véhicule antichar. Plus précisément, parce que ce pays eut un besoin important de chars, et ne pouvant y subvenir, il arma nombre de véhicules blindés sans tourelles avec des canons installés dans les caisses des engins, ou dans des superstructures blindées sur ces caisses, ou sur les plateaux de certains véhicules, et qu'il fallut bien donner un terme générique à ces engins, qu'auparavant on appelait Véhicules antichars ou Blindés antichars. En exemple, apparaît en 1938 le Bufla (officiellement... 8,8 cm Flak 18 (Sfl.) auf Zugkraftwagen 12t (Sd.Kfz. 8)). Le problème pour cet engin fut qu'il était semi-blindé. Alors ? Véhicule antichars ou Blindé antichars ? Chasseur de chars, ce fut très bien.

Partant de cette définition, on peut penser que le premier Chasseur de chars fut allemand : En 1918 des véhicules antiaériens type Krupp-Daimler 7,7 FlaK furent détachés de leur mission originale pour lutter contre les chars[1]. Cette pratique ne dût pas être stupide puisqu'en 1919 apparut le Krupp-Daimler KD 1 Kw. 19, véhicule mixte antiaérien/antichar, qui fut utilisé jusqu'en 1938 sous le nom de Sd.Kfz.1[2]. Et puis en 1938 apparut le Bufla, qui n'était pas destiné à la lutte antiaérien, mais qui ressemblait beaucoup aux deux premiers.

Il faut cependant attendre la Seconde guerre mondiale pour qu'apparaissent en nombre les chasseur de chars, les chars étant devenus déterminants dans les batailles, et les nations en guerre ayant un besoin vital de moyens pour les combattre.

Liste des Chasseurs de chars de la Seconde Guerre MondialeModifier

De 1934 à 1938Modifier

Cette liste est non-exhaustive.

  • T13. Canon de 47 mm SA-FRC 1932. Belgique. Décliné en trois variantes : le T13 de fin-1934 produit à 35 exemplaires; le T13 Type II de 1935 produit à 21 exemplaires; le T13 Type III de 1937 (dont la tourelle pivote sur 360°), dont le nombre d'exemplaires est inconnu.
  • AMR Renault modèle 1935 ZT 3 (AMR 35 (en)). Canon de 25 mm. France. 10 exemplaires livrés entre le 9 décembre 1938 et le 2 septembre 1939.
  • 8,8cm Flak 18 (Sfl.) auf Zugkraftwagen 12t (Sd.Kfz. 8) "Bufla". Canon de 88 mm. Allemagne. 10, ou 12, ou 25 exemplaires[3] selon les sources, fabriqués en 1938.

1939Modifier

1940Modifier

1941Modifier

1942Modifier

  • M10 Wolverine (3-inch Gun Motor Carriage M10 Wolverine). Canon de 76,2 mm M7 L/53 (3-inch gun M1918 (en)). USA. 4 993 exemplaires à partir de mai 1942. Première utilisation au combat en mars 1943, en Afrique du Nord. Les Britanniques le surnommeront Achilles (voir plus bas année 1944).
  • Sturer Emil. Canon de 128 mm. Allemagne. 1942, 2 exemplaires.
  • Marder I (7,5cm Pak 40(Sf) auf Geschutzwagen 39H (f)). Canon de 75 mm L/46. Allemagne. 24 exemplaires construits en 1942.
  • Marder I (7,5cm Pak 40/1 auf Geschutzenwagen Lorraine Schlepper (f)). Second type de "Marder I". Canon de 75 mm L/46. Allemagne. 170 exemplaires en 1942.
  • Marder II (Panzer Selbstfahrlafette 1 für 7,62cm Pak 36(r) auf Fahrgestell Panzer II Ausf. D1 und D2). Canon de 76,2 mm L/51,5. Allemagne. 201 exemplaires livrés en 1942[8].
  • Marder II (7,5cm Pak 40/2 auf Fahrgestell Panzer II (Sf)). Canon de 75 mm L/48. Allemagne. 1942, 651 exemplaires.
  • Marder III (Panzerjäger 38(t) für 7,62cm Pak 36(r)). Allemagne. 363 exemplaires produits en 1942.
  • Marder III (7,5cm Pak 40/3 auf Panzer 38(t) Ausf. H). Allemagne. 418 exemplaires produits de novembre 1942 à avril 1943.
  • AEC "Matador" 0853 "Deacon". Canon de 57 mm. Grande-Bretagne. 175 exemplaires fabriqués entre décembre 1942 et février 1943.
  • SU-122. Obusier de 122 mm. Ce véhicule est un Canon automoteur, mais il fut occasionnellement utilisé dans la lutte antichar, en tir direct. Soviétique. 1148 exemplaires à partir de décembre 1942.

1943Modifier

  • Marder III (Panzerjäger 38(t) mit 7,5cm Pak 40/3 Ausf. M). Allemagne. Troisième version de la famille Marder III, 975 exemplaires fabriqués d'avril 1943 à mai 1944.
  • Sd.Kfz. 250/11 leichter Schützenpanzerwagen (Schwerer Panzerbüchse 41) ou Gerät 882. Canon à tube conique de 28 mm. Allemagne. À ce qui semble, produit en un nombre indéterminé en 1943.
  • Nashorn, rebaptisé Hornisse (8,8cm Pak 43 auf Geschützwagen III/IV). Canon de 88 mm Pak 43. Allemagne. 1943, 494 exemplaires.
  • Panzerjäger Tiger (P) Ferdinand. Canon de 88 mm (8.8 cm Pak 43 (en)). Des modifications donneront naissance en 1944 au Jagdpanzer Elefant. Allemagne. 1943, 90 exemplaires.
  • Selbstfahrlaffetten für 7,5cm Pak 40 307(f). Transformation radicale d'un Somua MCG. Allemagne. 1943, 16 ou 72 exemplaires selon les sources.
  • Zugführerwagen leichte Schützenpanzerwagen U304(f) (Pak 36). Transformation radicale d'un Citroën/Unic P107. Allemagne. Fabriqué à quelques exemplaires en 1943-1944.
  • T48 Gun Motor Carriage. Canon de 57 mm M1, version américaine de l'Ordnance QF 6 pounder anglais. États-Unis. 962 exemplaires de décembre 1942 jusqu'à courant 1943.
  • SU-76. Canon de 76,2 mm ZIS-3T. Soviétique. Initialement conçu comme chasseur de chars, ce véhicule très vulnérable sera essentiellement utilisé comme canon automoteur à tirs indirects. 13 932 exemplaires.
  • SU-85. Canon de 85 mm D-5S. Soviétique. 2 050 exemplaires de la mi-1943 à fin 1944.
  • SU-152. Obusier-canon de 152 mm ML-20. Soviétique. Apparut lors de la Bataille de Koursk, ce canon automoteur fera de suite office de chasseur de chars. 704 exemplaires.

1944Modifier

  • Hellcat. Canon de 76 mm (76 mm gun M1 (en)). USA. 1944, 2507 exemplaires.
  • M36 Jackson. Canon de 90 mm M3 L/52 (90 mm Gun M1/M2/M3 (en)). USA. 1413 exemplaires à partir d'avril 1944.
  • Achilles. C'est le surnom anglais du M10 Wolverine, armé du canon de 76,2 mm M7 (3-inch gun M1918 (en)), dont la Grande-Bretagne reçoit 845 exemplaires en 1943. Jugé peu performant en combat antichar, l'Achilles IIC lui sera préféré.
  • Achilles IIC (17pdr SP Achilles (en)). Le canon de 76,2 mm M7 du Achilles est remplacé par un 76,2 mm 17 pounder. Grande-Bretagne. Les premiers engins apparaissent sur le front en juin 1944. Environ 1100 exemplaires produits.
  • Archer (Valentine, Mk. I, Archer). Canon de 17 pounder. Grande-Bretagne. Apparaît sur le front italien en mars 1944. 655 exemplaires produits.
  • ISU-122. Canon A19S de 122 mm (122 mm gun M1931/37 (A-19) (en)), puis D-25S (ou D-25T) L/43 pour l'ISU-122S. En 1944-1945, 1174 exemplaires d'ISU-122 et 1400 exemplaires d'ISU-122S.
  • ISU-152. Obusier-canon de 152 mm ML-20. Soviétique. Successeur du SU-152, mais sur une structure de char IS-2, il apparaît sur le front dans la seconde moitié de 1944 (les IS-2 apparaissant en juillet). 2 574 exemplaires.
  • Hetzer. Canon de 75 mm L/48. Ce sont les Britanniques qui appelleront ce véhicule "Hetzer", son vrai nom allemand étant "Jagdpanzer 38(t)". Allemagne. 2 584 exemplaires à partir d'avril 1944.
  • Jagdpanzer IV L/48. Canon de 75 mm. Allemagne. 769 exemplaires livrés de janvier à novembre 1944.
  • Panzer IV/70 (V). Canon de 75 mm. Allemagne. D'août 1944 à mars 1945, 930 exemplaires.
  • Panzer IV/70 (Zwischenlösung). Canon de 75 mm. Allemagne. D'août 1944 à mars 1945, 278 exemplaires.
  • Panzerjäger Tiger (P) Elefant. Canon de 88 mm. Allemagne. 1944, 48 Jagdpanzer Ferdinand modifiés, pas de fabrication nouvelle.
  • Jagdpanther (8,8cm Panzerjäger 43/3 (L/71) Panther). Canon de 88 mm. Allemagne. 392 exemplaires à partir de janvier 1944.
  • Jagdtiger (Schwerer Panzerjäger mit 12,8cm L/55 auf Tiger II Fahrgestell). Canon de 88 mm. Allemagne. 85 exemplaires à partir de mai 1944.
  • Sd.Kfz. 251/22 mittlerer Schützenpanzerwagen (7,5cm Pak). Allemagne. 1944, nombre produit inconnu.
  • Sd.Kfz. 251 (7,5cm Pak 44). Canon de 75 mm KwK 42 monté sur le plateau d'un Sd.Kfz. 251 ausf. A modifié. Allemagne. 1944, un prototype.
  • Sd.Kfz. 251/9 "Stummel" mittlerer Schützenpanzerwagen (7,5cm Stuk L/48 lang). Canon de 75 mm adapté dans une superstructure sur un Sd.Kfz. 251/9. Allemagne. Quatre prototypes réalisés fin 1944/janvier 1945.

1945Modifier

  • Sd.Kfz. 301 (8,8cm Rakentenwerfer Pzb. 43 auf Borgward B IV B schwerer Sprengaldungstrager (Sd.Kfz. 301)). Six tubes de Puppchen assemblés et montés sur un Borgward IV. Allemagne. Production inconnue mais anecdotique en 1945.
  • SU-100. Canon de 100 mm. Soviétique. 1675 exemplaires à partir de décembre 1944, apparaît sur le front en Hongrie en mars 1945.

Liste des chasseurs de chars d'après-guerreModifier

1946 à 1960Modifier

  • SU-100M. Canon de 100 mm. Soviétique. Au moins 660 exemplaires produits après-guerre jusqu'au début des années 50.
  • Panzerjäger G13. Canon de 75 mm. Suisse. 86 "Hetzer" fortement modifiés[9] en 1950.

1961 à 1970Modifier

EmploiModifier

Pour accomplir efficacement sa mission de lutte antichar, le chasseur de chars dispose des qualités nécessaires pour lutter contre un char d'assaut : mobilité, puissance de feu.

Ce type de blindés s'est aussi vu confier toutes sortes de missions lors des combats, notamment réduire l'infanterie, détruire les fortifications ennemies. Néanmoins, l'absence quasi systématique de tourelle — on parle d'armement en casemate — en fait des unités moins polyvalentes que les chars d'assaut.

L'importance de ce type de véhicule militaire a diminué depuis 1945. Durant la Seconde Guerre mondiale, les unités blindées étaient plus diversifiées qu'aujourd'hui, où l'on ne retrouve sur la plupart des théâtres d'opération que des chars principaux de bataille (par exemple le char Leclerc), des véhicules de combat d'infanterie, plus légers et destinés au soutien des troupes d'infanterie mécanisées, et des transports de troupes blindés. Le rôle alors dévolu aux chasseurs de chars est aujourd'hui plutôt dévolu à l'hélicoptère de combat et aux fantassins dotés, eux aussi, de missiles antichars.

Pendant la Seconde Guerre mondialeModifier

Les chasseurs de chars allemandsModifier

Les Allemands, pourtant partisans convaincus de la guerre mécanisée et de l'usage des chars d'assaut en tant qu'ossature et fer de lance d'unités autonomes polyvalentes et combinées, les Panzerdivisionen, constatent rapidement l'infériorité de leur matériel face à leurs adversaires. Ainsi, déjà en France, les chars B1 et Somua S-35, dont on comptait plus de 800 exemplaires, sont techniquement supérieurs aux Panzers II et III alignés par la Wehrmacht, principalement en puissance de feu et en protection.

Mais c'est en U.R.S.S. que la nécessité des chasseurs de chars se fait sentir, et ce dès le début de l'opération Barbarossa. En effet, en 1941, l'armée allemande est pourvue en Panzer II, III et IV, principalement, et aucun ne fait vraiment jeu égal avec le puissant KV-1, ni même avec l'excellent char moyen russe T-34.

Le Panzer II est obsolète, son blindage sert uniquement pour arrêter les balles et les shrapnels, et son armement ne suffit pas pour pénétrer un autre blindé (canon de 20 mm). Il convient uniquement comme véhicule anti-infanterie léger .

Le Panzer III est meilleur, mais reste inférieur face au T-34. Son canon de 37 mm (pour les premières versions) puis de 50 mm manque de puissance; et ne permet de percer le blindage d'un T-34 adverse que de derrière et à bout portant. Son blindage léger, lui confie une très bonne mobilité, mais cette dernière est pourtant inférieure à celle du T-34 et est extrêmement vulnérable aux canons antichars soviétiques de 76,2 mm.

Le Panzer IV n'est pas mieux blindé, plus gros, moins mobile que le III, mais son canon court de 75 mm peut percer plus aisément le T-34 mais ne suffit pas sur le KV-1.

Les Allemands travaillent sur la construction d'un char lourd repris d'un projet enterré avec la défaite de la France, qui deviendra le célèbre Tiger I, mais la situation sur le front se dégrade, au point que seules les pièces d'artillerie comme le canon antiaérien (Flak) de 88 mm peuvent stopper les chars russes au moyen de munitions antiblindage. Les Allemands ne supportent cet état que grâce à un entraînement supérieur, de meilleures tactiques, et à une coordination efficace due à l'usage des radios dans leurs véhicules, lesquelles font défaut dans les chars russes.

Pour combler rapidement ce manque de puissance de feu, les Allemands conçoivent un blindé spécialisé qui pour permettre de lutter contre les T-34 et KV

À partir d'un châssis de char, ils conçoivent un véhicule bas, bénéficiant d'une protection accrue, sans tourelle, doté d'une casemate fixe basse avec un blindage incliné favorisant les ricochets, et enfin munissent le véhicule d'un blindage frontal épais et d'un canon plus gros et souvent plus long que le modèle de char de base : le chasseur de chars est né.

Cette description peut prêter à confusion entre un chasseur de chars et un canon automoteur. La différence réside dans le fait qu'un canon automoteur est un véhicule qui bombarde en arrière des lignes, doté d'un blindage faible et d'un canon de gros calibre, mais assez court, presque un obusier, qui n'est absolument pas prévu pour détruire des chars. Le chasseur de chars, lui, hérite d'un canon plus gros mais surtout plus long, afin de maximiser la vitesse initiale de ses projectiles, favorisant ainsi la pénétration de blindage, et les trajectoires tendues nécessaires à une visée correcte.

Si dans la nomenclature allemande, il est possible de nommer Panzerjäger tous chasseurs de chars, les nominations d'usage différencient les Jagdpanzer (« blindés de chasse »), chars-casemates fermés et sans tourelle, des Panzerjäger (« chasseurs de blindé », ou canon antichar automoteur), à la superstructure ouverte et faiblement blindée. Les premiers bénéficient d'un fort blindage à l'avant qui les rendent polyvalents et aptes à se mesurer en combat direct aux chars ennemis. La dénomination officielle des Jagdpanzer Elefant, Jagdpanther ou Jagdtiger oscille ainsi entre « sturmgeschütz » et « panzerjäger » selon les dates et les luttes d'influence entre Panzerwaffe et artillerie[12]. Le Jagdpanzer IV sera même converti en « panzer », et le Jagdpanzer 38(t) sera prévu comme remplaçant du StuG III (lui-même étant souvent employé comme chasseur). Les chasseurs automoteurs à caisse ouverte, au blindage très vulnérable, ne sont jamais dénommés « Jagdpanzer »[13].

On peut citer plusieurs modèles de chasseurs de chars allemands parmi les plus connus :

  • les StuG III et IV à canon long de 75 mm : il s'agit à la base d'artillerie automotrice, ce qui ajoute encore à la confusion, mais ils sont munis d'un canon beaucoup plus long qui leur donne un rôle efficace en lutte anti-blindés.
  •  
    Jagdpanzer 38(t) Hetzer, rebaptisé G-13, de l'Armée suisse.
    le Jagdpanzer 38(t) Hetzer: basé sur le char tchèque obsolète mais fiable et éprouvé Panzer 38(t), ce chasseur de chars combine un efficace canon de 75 mm avec une très petite taille, ce qui le rend très difficile à détruire. La désignation dans l'Armée suisse est Panzerjäger G13.
  • le Jagdpanzer IV L48 puis L 70 basé sur le châssis du Panzer IV et doté d'un canon de 75 mm.
  • le Nashorn, également sur un châssis de Panzer IV profondément modifié. Il est bien plus légèrement blindé que les autres véhicules de cette liste sans pour autant gagner en mobilité, mais a l'avantage non négligeable d'être armé d'un canon de 88 mm PaK 43, pouvant perforer toutes les cuirasses que les alliés pouvaient mettre sur leurs chars
  • le Jagdpanzer V Jagdpanther, sur base de l'excellent Panther allemand. Par rapport au modèle de base, il troque son canon de 75 contre un de 88 mm, mais garde sa mobilité par l'allègement structurel dû à la perte de la tourelle et de son mécanisme.
  • le Panzerjäger Tiger (P) : équipé d'un canon de 88 mm, il est construit sur la base du Tigre de Porsche à près de 90 exemplaires
  • le Jagdtiger, sur base du Tigre royal. C'est le plus gros véhicule de la Seconde Guerre mondiale à être produit en série (petite série tout de même). Il pèse plus de 70 tonnes, et son canon de 128 mm est alors le plus gros canon antichar jamais installé sur un véhicule. Cependant, trop lent pour être efficace, il reste une exception et une impasse technologique. Il sera surtout utilisé en tant que canon antichar à longue portée, du fait de sa faible mobilité et de sa consommation énorme en carburant.
  • on citera également le projet de chasseur de chars lourd, Sturer Emil (Emile le têtu), construit à seulement deux exemplaires.

La mobilité étant le plus grand atout du chasseur de chars, le meilleur parmi ceux cités est le Jagdpanther[réf. nécessaire]. Ces véhicules ont une utilisation particulière : sans tourelle, les canons ne bénéficient que d'un débattement latéral limité, et il faut donc orienter tout le véhicule pour tirer. C'est un inconvénient qui en fait une pure arme d'attaque, toute sa puissance de feu concentrée vers l'avant. Par contre, le fait de ne pas avoir de tourelle diminue la surface exposée aux tirs ennemis, ce qui est un avantage en combat entre blindés.

Les chasseurs de chars américainsModifier

 
Un M10 Wolverine à Saint-Lô en juin 1944.

L'autre famille de chasseurs de chars est celle qui est née des concepteurs américains. Le principe diffère sensiblement, mais la cause est la même : la grande supériorité des chars allemands sur les chars américains en 1944-1945. En effet, ceux-ci, surtout les Panther et les Tiger, sont plus lourds, bien blindés, puissamment armés, et le Panther est aussi très rapide pour l'époque.

Le Sherman M4 américain, prévu pour être produit en grand nombre et surtout facilement transportable par mer, est nettement inférieur à ce char : son blindage est insuffisant et mal conçu, parce qu'il n'est pas incliné latéralement comme celui du Panther, du T-34, du Tiger Ausf. B et des chars lourds russes en service à l'époque. De plus, son canon de 75 mm est notoirement insuffisant. Il faudra attendre l'introduction du Sherman Firefly britannique, alourdi et équipé du canon de 17 livres, pour que ce char puisse rivaliser avec le Panther, et encore, ces solutions d'expédient ne rattraperont jamais la lacune technologique : Patton se plaignait de devoir sacrifier entre deux et cinq chars Sherman (selon les sources), équipages compris, pour venir à bout d'un seul Panther. Quant au Tiger, le canon de 75 mm ne perçait pas sa cuirasse frontale, même à bout portant.

La solution américaine est plus hasardeuse que celle des Allemands. Les chasseurs de chars américains ont un gros canon long, en général de 76,2 mm, gardent leur tourelle, mais perdent la plus grande partie de leur blindage pour conserver la cruciale mobilité qui fait le succès de ces véhicules particuliers. Ces véhicules sont pour la plupart basés sur le Sherman.

Les plus célèbres sont les M10 Wolverine, M36 Jackson et M18 Hellcat. Ces véhicules, ainsi que les quelques Sherman modifiés par les Britanniques, seront les seuls à pouvoir s'opposer correctement aux chars allemands les plus avancés, jusqu'à la tardive arrivée au front du char lourd américain M26 Pershing, en 1945.

Un projet de chasseur de char super-lourd équipé d'un canon de 105 mm a été développé par les États-Unis, aboutissant au T28, pesant 95 tonnes, mais la fin de la guerre a mis fin au projet. Son blindage de caisse était de 63 mm aux endroits les moins exposés et montait à 300 mm en frontal, le mantelet de canon atteignait 1 410 mm d'épaisseur. Un seul exemplaire subsiste de nos jours.

Les chasseurs de chars belgesModifier

 
T13 B2 belge durant un exercice.

L'armée belge en 1940 ne dispose pas de véritables chars de combat à la suite de sa politique neutraliste mais est équipée d'environ 200 T13 armés d'un canon antichar de 47 mm modèle 1931 lors de la campagne des 18 jours.

Les chasseurs de chars britanniquesModifier

Outre le Sherman Firefly et le M10 Achilles, les Britanniques équipèrent deux autres véhicules de leur excellent canon antichar Ordnance QF 17 pounder : l'Archer, sur un châssis de char Valentine, et le Challenger, un char Cromwell réarmé.

Après la guerre, ils construisirent un dernier chasseur de chars, le Charioteer, équipé du canon Ordnance QF 20 pounder, avant que les évolutions technologiques ne rendent le concept obsolète.

Les chasseurs de chars soviétiquesModifier

 
ISU-122 passant en tête de la colonne de l'Armée rouge qui libéra Łódź, le 18 janvier 1945.

Les Soviétiques ont développé au cours de la guerre les SU-85 (85 mm), SU-100 (100 mm), ISU-122 (122 mm) et ISU-152 (152 mm), qui sont des variantes des chars T-34 puis Josef Stalin. Ils avaient également produit en 1941 un chasseur de chars léger sur base du tracteur d'artillerie T-20 Komsomolets, le ZiS-30.

Les chasseurs de chars françaisModifier

En 1918, les ingénieurs français imaginent un chasseur de chars monté sur châssis chenillé légèrement blindé et armé d'un puissant canon antichar, mais cette idée n'aboutit pas.

En 1939, les ingénieurs reprennent cette idée. Le premier modèle de chasseur de chars est le camion tout terrain Laffly W 15 TCC armé d'un canon de 47 mm SA modèle 1937. Expérimenté début 1940, le matériel est livré à partir de mai 1940. 70 exemplaires sont produits avant l'armistice.

Un autre modèle de chasseur de chars était étudié par les ingénieurs français, sur la base du châssis de la chenillette Lorraine modèle 1937, mais le projet ne verra jamais le jour à cause de la défaite française lors de la bataille de France en mai-juin 1940. Une version ad hoc sera toutefois construite à l'arrière des combats, sous le nom de Chasseur de Chars Lorraine, et les Allemands réaliseront une conversion en série de la chenillette, le chasseur de chars Marder I.

Les chasseurs de chars roumainsModifier

 
Des TACAM T-60.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Roumanie a développé plusieurs chasseurs de chars :

Un projet roumain similaire au Hetzer, et arrivé au stade de prototype, a été le chasseur de chars Mareșal.

De nos joursModifier

 
Mowag Piranha I 6x6 armé du missile TOW chasseur de char 90 de l'armée suisse

Depuis les années 1970, quelques engins blindés à roues sont catalogués comme chasseurs de chars.

EspagneModifier

L'Espagne utilise le Centauro B1 italien, armé d'un canon de 105 mm.

FranceModifier

Bien que l'AMX-10 RC, entré en service en 1981, soit armé d'un canon de 105 mm moyenne pression pouvant mettre hors de combat des chars, ceci n'est pas leur fonction première, mais secondaire.

ItalieModifier

Le Centauro B1 italien, armé d'un canon de 105 mm, entré en service en 1991, et son successeur, le Centauro II, armée d'un canon de 120 mm basse pression présenté en 2016, sont des chasseurs de chars.

SuisseModifier

Le Mowag Piranha 6x6 armé du missile TOW porte le nom de "chasseur de char 90" (panzerjäger 90).

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Stéphane Ferrard, Engins Blindés Français, Éditions E/P/A, Baume-les-Dames, 1996.
  • (ro) Revista Modelism, nr.66;
  • (ro) Ion.S Dumitru, Tancuri in flăcări, Ed. Nemira, București, 1999;
  • (en) Mark Axworthy, Cornel Scafeș, Cristian Crăciunoiu,Third Axis. Fourth Ally. Romanian Armed Forces in the European War, 1941-1945, Arms and Armour, London, 1995. (ISBN 1854092677)
  • (ro) Cornel I. Scafeș, Horia Vl. Șerbănescu et Ioan I. Scafeș, Trupele Blindate din Armata Română 1919-1947, Bucarest, Editura Oscar Print,
  • (en) Romanian Armoured Finger 1941 - 1945, Editura Modelism, București


Notes et RéférencesModifier

  1. On peut trouver sur internet l'article d'un journal allemand de l'époque narrant un combat entre des chars britanniques et un de ces véhicules, et plusieurs images d'Épinal de ces rencontres épiques.
  2. Site internet www.kfzderwehrmacht.de.
  3. Ce dernier nombre est avancé par le site internet Russe www.aviarmor.net
  4. Site internet historine.blogspot.com __ "Les chars TK - TKS polonais en 1939".
  5. Magazine TNT (Trucks & Tanks) hors-série n° 2 de juin 2009 "Jagdpanzer et Panzerjäger".
  6. Canon de prise Soviétique ZiS-2 Obr.1931 (fabriqué à seulement 371 exemplaires, il pouvait percer 140 mm d'acier non incliné à 1000 m.) monté sur le plateau modifié d'un tracteur d'artillerie. Ce bricolage fut peu réalisé faute de munitions disponibles pour l'arme. Source : Magazine TNT (Trucks & Tanks) n° 75, page 73.
  7. Magazine TNT (Trucks & Tanks) n° 75 de septembre 2019, pages 56 à 81, "Les semi-chenillés antichars du III. Reich".
  8. Magazine TNT (Trucks & Tanks) hors-série n° 2 de juin 2009, pages 42 à 47.
  9. Site internet olivier.carneau.free.fr __ "Panzerjäger G-13".
  10. Rheinmetall BK 90 mm L/40, dérivé du canon T54 armant le M48 Patton (90 mm Gun M1/M2/M3 (en)).
  11. Magazine TNT (Trucks & Tanks) n° 75 de septembre 2019 __ "Kanonen Jagdpanzer 4-5", pages 36 à 41.
  12. Laurent Tirone, « La Wehrmacht et la course au gigantisme », Batailles & blindés, Caraktère, no 83,‎ , p. 46 (ISSN 1765-0828)
  13. Laurent Tirone, « Jagdpanzer : histoire des chasseurs de chars du IIIe Reich », Trucks & Tanks Magazine, Caraktère, no 48,‎ , p. 36 (ISSN 1957-4193)