Chasse au héron avec l'archiduc Léopold-Guillaume

peinture de David Teniers le Jeune

Chasse au héron avec l'archiduc Léopold-Guillaume est un tableau peint par David Teniers le Jeune entre 1652 et 1656. Il est conservé au Musée du Louvre, à Paris. Sous l’apparence d’une simple scène de chasse se cache une allégorie politique.

Chasse au héron avec l'archiduc Léopold-Guillaume
David Teniers (II) - Heron Hunting with the Archduke Leopold Wilhelm - WGA22070.jpg
Artiste
Date
1652-1656
Type
Art de genre (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Technique
Dimensions (H × L)
82 × 120 cm
Mouvement
Collection
N° d’inventaire
INV 1887
Localisation
Musée du Louvre, aile Richelieu, salle 24 (Van Dyck), Paris (France)

HistoireModifier

En 1581 (acte de la Haye) les Provinces-Unies, partie nord des Pays-Bas, ont déclaré leur indépendance. La partie méridionale, catholique, est restée sous contrôle de la couronne d’Espagne.

L’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg devient gouverneur des Pays-Bas espagnols en 1647. Il nomme David Teniers le Jeune peintre officiel de sa cour et conservateur de ses collections[1].

En 1652, le prince de Condé, ayant fait allégeance à Philippe IV d’Espagne, rejoint avec son armée les Pays-Bas espagnols, entraînant un conflit, au sud, avec la France de Louis XIV. Pendant la même période, au nord, des heurts éclatent avec les Provinces-Unies.

C’est à cette époque que David Teniers le Jeune peint la Chasse au héron avec l’archiduc Léopold-Guillaume.

DescriptionModifier

Le tableau présente une scène de chasse au faucon. Au centre du tableau, au sol, un héron, attaqué par deux faucons, se débat. Il résiste courageusement et domine l’un des deux rapaces, à terre. L’autre, juché sur le dos du héron, l’attaque violemment. Le monticule central, scène du combat des oiseaux est protégé par un rideau d’arbres.

Sur la gauche, trois cavaliers entrent dans le cadre. Ce sont l’archiduc Léopold-Guillaume (cheval blanc et chapeau) et deux courtisans. Les personnages et les chevaux ne sont pas entièrement visibles, situés derrière un mouvement de terrain qui les sépare du premier plan de l’action. Ils se déplacent lentement et observent calmement la scène. Derrière ces personnages s’étend, dans une trouée, un paysage de plaine. Une ville se détache à l’horizon, Bruxelles, la capitale de l’archiduc.

Sur la droite du tableau un valet ou un fauconnier, à pied, se précipite vers l’action.

Les quatre personnages font leur entrée de part et d'autre du cadre et se dirigent vers le centre. Ils sont situés sur une ligne horizontale qui traverse la scène de combat. Les éléments de la composition convergent ainsi vers l’action centrale. De plus, les oiseaux sont trop gros en comparaison des éléments peu éloignés (personnages et arbres). Cette « erreur de perspective » accentue la primauté de la scène centrale dans la composition du tableau.

Au-dessus du combat, deux faucons chassent un héron dans le ciel. L’inattention des autres personnages incite à penser qu’il s’agit d’un procédé narratif (ce seraient les mêmes oiseaux, avant leur lutte au sol).

Dans ce tableau, la palette de David Teniers le Jeune est limitée à des tonalités de verts et bruns et de gris. Les nuances de brun sont nombreuses et subtiles. Le ciel, gris, est tourmenté de nuages. La touche est légère.

AnalyseModifier

Au XVIIe siècle, la lutte opposant le héron et le faucon est le symbole d’un combat à l’issue incertaine[2]. Il s’agit d’un choix délibéré du peintre. Le héron représente les Pays-Bas espagnols, soumis aux attaques de la France et des Provinces-Unies, de part et d’autre, au nord et au sud. La situation militaire des Pays-Bas espagnols est apparemment compromise. Mais le tableau invite à ne pas conclure sitôt : tel le héron, l’archiduc, non seulement ne se résigne pas, mais peut encore croire à une victoire[3].

L’acquisition du tableau pour le LouvreModifier

Le tableau appartient jusqu’en 1784 à la collection de Joseph Hyacinthe François-de-Paule de Rigaud, comte de Vaudreuil, Grand Fauconnier de France. Contraint par des problèmes financiers, le comte procède à deux ventes de sa collection, en 1784 et 1787. Chasse au héron avec l'archiduc Léopold-Guillaume est inscrit au catalogue raisonné[4] de la première vente (lot n°32, décrit pages 44 et 45). Il est acquis par Louis XVI, ainsi qu’une trentaine de tableaux, essentiellement flamands et hollandais. Ces toiles sont alors destinées à rejoindre les collections royales présentées dans la Grande Galerie du Louvre.

Notes et référencesModifier

  1. Éditions Larousse, « Archive Larousse : Dictionnaire de la Peinture - tempera - Teniers (les) », sur www.larousse.fr (consulté le 20 mars 2016)
  2. « Symbolorum et emblematum ex volatilibus et insectis desumtorum centuria tertia collecta, Joachim Camerarius, édition de 1654, p. 274-275 », sur archive.org (consulté le 19 mars 2016)
  3. « Site officiel du musée du Louvre », sur cartelfr.louvre.fr (consulté le 19 mars 2016)
  4. Catalogue raisonné d'une très-belle collection de tableaux des écoles d'Italie, de Flandre et de Hollande ; qui composoient le cabinet de M. le comte de Vaudreuil, grand-fauconnier de France . Par J. B. P. Le Brun, peintre. La vente s'en fera le mercredi 24 novembre 1784, & jours suivans, de relevée, rue Plâtrière, hôtel de Bullion..., (lire en ligne)

AnnexesModifier

Liens externesModifier

Articles connexesModifier