Ouvrir le menu principal

Chartreuse du Val-Sainte-Marie

chartreuse située dans la Drôme, en France

Chartreuse de Val-Sainte-Marie
Présentation
Culte Catholique
Type Chartreuse
Rattachement Diocèse de Die
Début de la construction XIIe siècle (1144)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme Drôme
Ville Bouvante
Coordonnées 44° 58′ 10″ nord, 5° 17′ 10″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Chartreuse de Val-Sainte-Marie

Géolocalisation sur la carte : Drôme

(Voir situation sur carte : Drôme)
Chartreuse de Val-Sainte-Marie

Géolocalisation sur la carte : Auvergne-Rhône-Alpes

(Voir situation sur carte : Auvergne-Rhône-Alpes)
Chartreuse de Val-Sainte-Marie

La Chartreuse du Val-Sainte-Marie, ou dans certains cas, la Chartreuse de Bouvante, est un ancien monastère de l'ordre des Chartreux, fondé en 1144 dans le Dauphiné et aujourd'hui, situé à Bouvante, dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes, au pied du massif du Vercors.

Selon l’ordre des chartreux, mais sans exacte certitude de la date, c'est une donation primitive de Guigues V d'Albon durant l'année 1144 qui a permis la création de cette maison religieuse située dans le Massif du Vercors. Celle-ci fut fermée en 1791, à la suite de la Révolution française.

Son nom latin est « Cartusia Vallis Sanctae Mariae ».

Situation et accèsModifier

SituationModifier

L'ensemble des constructions qui formèrent l'ancienne chartreuse et ses dépendances (Maison basse et Maison haute) se situent à proximité du village de Bouvante le bas à proximité de la route départementale 131 (RD 131) qui mène de Saint-Jean-en-Royans au village de Bouvante le haut.

La « Maison Basse » dite aussi « Correrie » est située à gauche de la route, dans le hameau de La courerie, et les ruines de la « Maison Haute », l'ancien monastère proprement dit, est situé du côté droit de cette même route, à environ six cents mètres, dans le ravin Sainte-Catherine, au pied de la Serre de Pélandré, un des points culminants de la Montagne de l'Écharasson qui forme comme un écrin de calcaire autour du site de l'ancien couvent.

AccèsModifier

L'ancien monastère (Maison Haute), dont il ne reste que des ruines, n'est accessible qu'à pied par un chemin forestier, depuis la route départementale. Le secteur n'est desservi par aucune ligne de transport en commun.

La gare la plus proche est la gare de Saint-Hilaire - Saint-Nazaire, située à environ 35 kilomètres de la commune de Bouvante.

ÉtymologieModifier

« Cartusia Vallis Sanctae Mariae ». Monastère dédiée à Sainte Marie, c'est-à-dire à la mère de Jésus, encore dénommée Vierge Marie. Ce nom est souvent utilisé par l'ordre cartusien.

HistoireModifier

Origine du monastèreModifier

 
Saint Bruno, fondateur de l'ordre des chartreux

L'histoire de l'ordre des Chartreux commence en 1084, soit trente-deux ans avant la fondation de la maison de la Sylve-Bénite, avec la fondation du premier monastère dans le massif montagneux de la Chartreuse, au-dessus de Grenoble en Dauphiné, par saint Bruno.

Le monastère a été rattaché, dès l'origine, à l'Ordre des chartreux, alors en pleine expansion. La première communauté cartusienne était majoritairement composée de clercs séculiers et de chanoines réguliers dont deux chanoines réguliers de ordre de Saint-Ruf[1].

L'organisation des maisons et de la vie de tous les monastères chartreux au Moyen Âge se caractérise par l'adoption de coutumes et une organisation des bâtiments communes à toutes les maisons de l'ordre. L'endroit fut choisi en raison de sa solitude, donc éloignée des habitations, et lové au fond d'un vallon conforme à la tradition de silence et de solitude caractéristiques du propos monastique cartusien[2]

FondationModifier

La Chartreuse du Val Sainte-Marie fut fondée par des moines venus du monastère de La Grande Chartreuse, à la suite d'une donation effectuée par le Guigues V comte d'Albon et premier dauphin de Viennois. La date exacte n'est pas connue mais c'est l'année 1144 qui est généralement évoquée[3]. C'est en son honneur que ce monastère prit comme emblème un « poisson dauphin » surmonté d'une fleur de lys[4].

Devenus les maîtres des terres de la paroisse de Bouvante, les chartreux pratiquent un déboisement important pour pratiquer l'élevage sur leur domaine. le bois des forêts leur apporte également d'autres subsides.

Moyen ÂgeModifier

 
Petit sceau d'Humbert II

Durant les premières années de l'existence de la chartreuse, les pères et les frères du Val Sainte-Marie entrent en conflit avec les moines cisterciens de l’ abbaye de Léoncel installés sur un plateau voisin[5].

Article connexe : Abbaye de Léoncel.

Le , soit moins de quatre ans avant le « transport du Dauphiné au Royaume de France »[6], le dernier dauphin de Viennois Humbert II tranche en faveur des chartreux au travers d'une lettre patente détache du Mandement d'Égluy et de Saint-Nazaire la « seigneurie ou mandement des chartreux ».

Les Temps modernesModifier

Les Guerres de religionModifier

Lors de la deuxième guerre de religion, les Huguenots incendièrent la chartreuse en 1567, puis de nouveau en 1574. Les pères revinrent cependant au monastère au début du XVIe siècle et le reconstruisirent probablement de façon partielle[7].

En 1584 il n'y a plus que deux moines vivant des revenus de la chartreuse, le prieur Dom Albert Faure et son procureur Claude Rambert qui se sont, cependant, retirés sur Romans sur Isère, les autres moines étant morts après les pillages de 1574[8]. Après la mort de Dom Albert Faure, Dom Jean Dagonneau lui succède. Celui-ci décident de relancer le domaine du Val-Sainte-Marie en signant de nouveaux contrats de rente avec les paysans du secteur afin qu'ils continuent d'exploiter le patrimoine du monastère (contrats d'arrentement). Le nouveau prieur lutte contre Aymé de Glane seigneur protestant de Pont-en-Royans et tente coûte que coûte de relever sa communauté, mais ne recevant pas le soutien de l'Ordre et se retrouvera en résidence forcée à la correrie de la Grande Chartreuse[9].

Le siècle des LumièresModifier

En 1783, la Chartreuse possède une forge qui produit du fer. Un médecin dauphinois, le Dr Nicolas note que[10]

«  On arrive par cette maison par un ravin assez considérable qui fournit l'eau à une fabrique de fer que les chartreux dirigent avec l'intelligence et l'économie qu'on admire dans l'administration de tous leurs établissements. »

La Révolution FrançaiseModifier

Le monastère fut définitivement fermé en 1791, à la suite des événements liés à la Révolution française.

Personnalités liées à la ChartreuseModifier

Liste des PrieursModifier

  • Dom Jean Dagonneau (prieur durant les guerres de religions)

Personnalités historiquesModifier

DescriptionModifier

L'égliseModifier

D'après une simple description, d'après les ruines du monastère, effectuée au XIXe siècle[11] l'église conventuelle (qui ne fut peut-être une simple chapelle) a été « commencée sur un plan roman » avant d'être terminée dans un style gothique.

Cet édifice religieux, de dimension assez modeste, s'étendait sur un plan de vingt mètres de longueur sur sept mètres de largeur et se terminait par un chœur en hémicycle. L'église était, néanmoins, divisée en deux parties, la partie basse située du côté ouest était réservé aux fidèles, aux laïcs et aux valets de la ferme, l'autre partie étant réservé aux pères. La séparation du bas était de style gothique et présentant de grands vitraux blancs. La porte de l'édifice et la croisée situé au-dessus étaient, elles aussi, de style gothique. les croisées latérales et celles du chœur étaient « sobres d'ornementation, mais fort belles... » Selon, Jean-Pierre Aniel, auteur d'un ouvrage sur les maisons de chartreux repris par le « bulletin monumental » (édité par la Société française d'archéologie) de 1984[12], les murs de l'édifice construits avec du tuf et des cailloux de remplissage soutenaient des voûtes « très élevées ».

Le même ouvrage indique que la fenêtre de la façade de l'église de Saint-Martin-le-Colonel, village situé non loin de l'ancien couvent proviendrait de cette église cartusienne, aujourd'hui, ruinée.

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier