Ouvrir le menu principal

Chartreuse d'Aillon

chartreuse à Aillon-le-Jeune (Savoie)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aillon (homonymie).

Chartreuse de Mont-Sainte-Marie
Image illustrative de l’article Chartreuse d'Aillon
Présentation
Nom local Chartreuse d'Aillon
Type chartreuse
Rattachement chartreux (anciennement)
Début de la construction XIIe siècle, XVIIe siècle
Fin des travaux 1241, 1582
Protection  Inscrit MH (1994)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Ville Aillon-le-Jeune
Coordonnées 45° 36′ 53″ nord, 6° 06′ 40″ est

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Chartreuse de Mont-Sainte-Marie

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Chartreuse de Mont-Sainte-Marie

La chartreuse de Mont-Sainte-Marie ou chartreuse de Notre-Dame d'Aillon[1] (latin Monte Sanctæ-Mariæ de Allione[2]), dite aujourd'hui chartreuse d'Aillon, est un ancien monastère de l'ordre des chartreux, située sur la commune d'Aillon-le-Jeune, dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

L'établissement monastique est fondé dans les Bauges dans la deuxième partie du XIIe siècle par le comte Humbert III, dit de Savoie, qui dote les moines probablement déjà installés. La seule bâtisse subsistante est inscrite en 1994 au titre des monuments historiques[3]. Elle accueille depuis 2008 la Maison du patrimoine du parc naturel régional du massif des Bauges[4].

NomModifier

La chartreuse est dédiée à la Vierge Marie, mère de Jésus, sous le vocable Mont-Sainte-Marie d'Aillon (Monte Sanctæ-Mariæ de Allione), puis plus tardivement Notre-Dame[1],[2].

Installée sur la paroisse d'Aillon (Allionis), le toponyme désigne un ancien fundus dont le nom du propriétaire est passé à la propriété[2]. Le chanoine Gros reprend le travail d'historien du spécialiste du territoire des Bauges, l'abbé Laurent Morand (1830-1894), auteur de Les Bauges : histoire et documents (3 tomes, 1889-1891) et donne les différentes mentions de la chartreuse ou ses occupants suivantes : Guigo prior de Allione en 1158, Domus Allionis vers 1178, date supposée de la fondation de la chartreuse, puis Bernardus prior de Allione en 1198, prior Allonis en 1223, Cura de Allion vers 1344, Prioratus de Ayllone au XIVe siècle[2],[5].

GéographieModifier

 
La chartreuse d'Aillon et sur la gauche le Roc de Pra Renard (1 850 m), pointe sud du chaînon du Colombier ou Colombier d'Aillon.

Les Chartreux reçoivent des terres dans la paroisse d'Aillon, un désert situé dans le vallon ou la combe appelé de Lourdens ou encore d'Aillon, dans le massif des Bauges[1],[6],[7]. La petite combe mesure une dizaine de kilomètres[8], orientées sud-ouest nord-ouest. Le chartiste Raymond Oursel décrit les lieux comme un « extraordinaire et sauvage « bout du monde ». »[9]. Le chanoine Gros relève que ce nom est récent puisqu'on ne le retrouve pas dans le Cartulaire de la Chartreuse d'Aillon[10]. Le professeur Pierre Duparc dans un article consacré aux moines dans le diocèse de Genève parle du « vallon étroit de la Fullie »[11], aujourd'hui orthographié Fully et désignant également le torrent s'écoulant dans la combe.

La chartreuse est installée en contrebas du Grand Colombier ou Colombier d'Aillon[9], à une altitude de 850 m[11]. Elle est accessible, depuis le sud, principalement par la route départementale 32B, depuis le chef-lieu d'Aillon-le-Jeune.

Bien que située en limite avec le décanat de Savoie, qui dépendait de l'évêché de Grenoble, la chartreuse se trouvait dans le décanat d'Annecy, dans le diocèse de Genève[11]. Aujourd'hui, la commune d'Aillon-le-Jeune appartient à la paroisse Saint-Bernard de Menthon en Bauges, dans l'archidiocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise[12].

HistoireModifier

FondationModifier

La fondation de la chartreuse n'est pas datée à ce jour, bien que les années 1178 (selon le chanoine Gros[2] ou Anial[13]) ou 1183 (selon le Régeste genevois)[14] soit avancées. Pierre Duparc donne les deux années en précisant que les moines auraient reçu vers 1178 un domaine du seigneur d'Apremont et qu'ils l'obtinrent de manière définitive en 1189[11]. Durant cette période, le comte Humbert III, dit de Savoie fait un important don aux chartreux, mais l'acte ne mentionne pas de date[15],[2]. La charte de fondation débute ainsi « [...] Qu'il soit donc connu de tous présents et à venir que moi Humbert, comte de Maurienne et marquis en Italie, afin de procurer le salut de l'âme de mon père, de celle de ma mère, de celles de mes parents morts et de la mienne propre, j'ai, dans mon amour pour Dieu tout puissant, doté la maison d'Aillon, de l'ordre des Chartreux »[16]. D'après ce document, il lègue à l'abbaye l'ensemble de ses droits sur la terre d'Aillon, le lac de la Thuile (lacum meum de la Tuelli)[14],[15] — « comme dans les confins de la nouvelle maison il n'existe pas beaucoup de poissons, je lui ai donné mon lac de la Thuile »[16] — ainsi que « les pâturages de Vellein, pour l'hivernage des brebis, les terres de Lanelajour tendant de Chapônnay au Marennes, à l'effet d'y établir un pré et une grange pour la part des brebis, le fief de Guy Siboud attigu au pré et tout le bois nécessaire au chauffage des bergers »[16]. Des vassaux du comte — Nantelme et Villelme de Miolans, Boson d'Apremont, Chabert de Varax et Ponce de Conflens —, témoins de la donation, lèguent ou vendent des biens et des terres à la chartreuse[16]

Cet acte de donation du comte Humbert III est considéré comme celui de la fondation du monastère, même si la présence antérieure des moines semble fort probable[2]. L'abbé Morand souligne une installation à partir de 1149[8]. Le chanoine Gros relève la mention d'un Guigo prior de Allione en 1158[2].

Les moines chartreux venus s'installer semblent originaires de la chartreuse de Meyriat, située « dans les confins de la Bresse et du Bugey »[8]. La première installation des moines pourrait être d'après l'abbé Morand au niveau des lieux-dits Muret ou Saint-Bruno, ce dernier serait peut être une référence au chartreux saint Bruno[8]. La date de leur installation sur le site actuel n'est pas connu[8].

Donations par les comtes de SavoieModifier

Le comte Thomas Ier de Savoie dote à six occasions l'abbaye, fondée par son père[17] et lui apporte sa protection[18]. En 1216, le comte confirme les donations de son père[19],[17].

 
Grangerie de Lourdens (2013).

Le fils de Thomas Ier, le comte Amédée IV, poursuit les donations avec des terres « dans la plaine de Montmélian » en 1236[20], notamment le domaine dit de Lourdens, à Cruet[21]. En 1251, il confirmera toutes les donations faites au monastère par ses prédécesseurs[22]. Dans son testament de 1252, il fait un don de mille sous à la chartreuse ainsi qu'aux monastères d'Arvières et de Hautecombe[23].

Le comte Amédée VI de Savoie lègue par testament le château fortifié de Pierre-Châtel à l'ordre des Chartreux en 1383. Le prieur d'Aillon en obtient la charge et devient ainsi le commandant de la forteresse[24]. Bien que cette fonction soit en contradiction avec la règle cartusienne, il la gardera jusqu'en 1583[24].

Vie du monastèreModifier

Le monastère est détruit à de nombreuses occasions par des incendies[3]. Celui de 1582 oblige la reconstruction des lieux[1],[3]. La restauration est due au prieur Dom Fiacre Billard[1]. Le nouveau monastère est reconstruit au cours du XVIIe siècle. Le portail de l'entrée de l'ancienne hôtellerie, aujourd'hui installé sur l'église paroissiale, possède deux clefs en pierre avec les dates de 1646 et 1671 inscrites (Voir photo ci-dessous).

Les activitésModifier

L'accroissement des activités du monastère demande peu à peu une main d'œuvre nombreuse[11]. Initialement installé dans un lieu désert, des paysans viennent s'installer pour exploiter les terres, mais aussi pour travailler le fer, notamment dans les martinets[11].

Les moines travaillent du minerais de fer, en provenance de la vallée des Hurtières (en Maurienne), où l'on trouve aussi de cuivre, du plomb ou encore de l'argent[25]. Les métaux sont amenés par dos de mulet via le col du Frêne[26]. Ils transforment ou font transformer les métaux dans plusieurs lieux où ils ont installés des fonderies et des martinets. Une fonderie est installée dans les Bauges au lieu-dit « martinet dessus » (aujourd'hui Aillon-le-Jeune), à partir du XVIIe siècle ou au siècle suivant[26]. Un martinet est installé sur le nant d'Aillon[26]. Un autre site est exploité au lieu-dit « martinet dessous », sur l'actuelle commune d'Aillon-le-Vieux)[26].

Les moines disposent également d'un autre martinet[27], ainsi que d'un moulin à farine et d'une scierie[28], à Albigny, dans la plaine au confluent de l'Isère et de l'Arc. On trouve les deux sites sur la mappe sarde de 1728[28].

L'exploitation du fer s'arrête avec l'occupation du duché de Savoie par les troupes françaises (voir ci-après).

Période contemporaineModifier

Avec l'invasion en 1792 du duché de Savoie par les troupes révolutionnaires françaises, les moines seront chassés[3] et leurs biens confisqués[26]. Les moines refusent de prêter serment à la Constitution et rejoignent Turin[29], capitale du duché, devenu celle du royaume de Sardaigne en 1720. Le monastère est occupé par 400 soldats français[1]. En 1794, les biens de la chartreuse sont « très importants [mais] ne formaient pour les biens situés sur la commune d'Aillon que 11 lots »[30]. On démonte les clochers et les bâtiments sont démantelés[29]. La chartreuse devient une carrière dont les pierres sont vendues dans les environs[1],[31]. Le portail d'entrée de la bâtisse est utilisé pour l'édification de la nouvelle église paroissiale d'Aillon-le-Jeune[1], qui se détache de la paroisse d'Aillon-le-Vieux en 1804.

En 1804, le monastère est en ruine, seul subsiste le bâtiment d'entrée, dit « bâtiment des étrangers »[3], soit 1/10e des édifices[29]. La chapelle de la Correrie, située en contrebas, est préservée[29]. L'ouvrage anonyme Voyage aux ruines de la chartreuse d'Aillon (1834) indique que quelques pèlerinages sont réalisés sur les lieux de l'ancienne abbaye[4].

 
Bâtiments agricoles édifiés à l'arrière de la chartreuse avec d'anciens éléments.

À partir de 1853, l'édifice est acheté par des frères Bérard, pour devenir un lieu d'habitation et servir de bâtiments agricoles[29],[31].

Dans les années 1980, le bâtiment attise la curiosité de quelques passionnés des environs, dont le maire du Châtelard et conseiller général du canton, Louis Brun[29]. Une association voit le jour, l’Association pour la Sauvegarde de la Chartreuse d’Aillon, qui s'organise pour sauvegarder l'édifice[29]. Les propriétaires vendent le bâtiment dégradé à la Communauté de communes du cœur des Bauges en 1990[29]. Quelques travaux sont engagés. La restauration du bâtiment débute en 1994 avec notamment la reprise du toit. Les travaux sont financés en partie par les collectivités locales, la Communauté de communes du cœur des Bauges, la commune d'Aillon-le-Jeune où se trouve le bâtiment, le Parc régional des Bauges (qui a vu le jour en 1995), et les adhérents de l'association pour la Sauvegarde de la Chartreuse d’Aillon[29], mais aussi de l'Union européenne ou encore de La Sauvegarde de l'art français[1]. Ces travaux marquent l'inscription, en 1994, à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, des « bâtiments existants ainsi que les terrains correspondant à l'emprise de la chartreuse »[3],[29].

La sauvegarde du bâtiment est importante puisqu'il s'agit du seul monument historique inscrit des Bauges à cette période[29]. Marianne Palisse, auteur d'une thèse sur les projets institutionnels dans les Bauges, relève que seuls les acteurs de l'Association et du Parc sont réellement motivés par ce projet[29]. Ces derniers considèrent que le « bâtiment doit devenir un lieu d’évocation de la vie et de l’œuvre des moines, et l’atmosphère de méditation propre à l’endroit doit être préservée, notamment avec le projet de chapelle[29]. »

Le bâtiment est transformée en Maison du Patrimoine culturel rural du parc naturel régional du Massif des Bauges[32]. Elle est inaugurée en 2008[4].

Description de la chartreuse et ses possessionsModifier

Monastère ou Maison hauteModifier

Sur les 1 000 m2 estimés de la chartreuse, appelée également maison haute, il ne reste plus que le bâtiment d'entrée, dit « bâtiment des étrangers » [3],[1], correspondant à l'hôtellerie[31]. Sa forme est connue « d'après un plan géométrique et quelques chants d'un poème manuscrit du dix-septième ou dix-huitième » (L. Morand)[8].

Le bâtiment d'entrée (existant)Modifier

Le bâtiment d'entrée ou hôtellerie est une bâtisse du XVIIe siècle[31], d'une longueur de 42 m sur deux étages, qui se développe sur un axe nord-ouest sud-est[1]. La façade ouest est ouverte sur la cour et elle possède deux niveaux de galerie[1]. La partie inférieure est aménagée avec « des arcatures en pierre en anse de panier ; surmontée d'une galerie de bois »[1].

Le toit, restaurée en 1994, est à forte tente et réalisée en ardoises[1].

L'église paroissiale de Notre-Dame-de-l'Assomption, construite en 1804, conserve actuellement un portail du XVIIe siècle qui se trouvait à l'entrée du bâtiment d'entrée de la chartreuse[9],[33]. Le fronton possède deux dates inscrites sur des pierres : 1646 et 1670[9],[33]. Le fronton possède une inscription en latin : HVMBERTVS COMES III, rappelant la donation faite par le comte Humbert III[33]. La porte date également de 1670 et est pourvue d'un judas[33]. Ce dernier servait aux moines d'observer les visiteurs[33].

À l'arrière du bâtiment, dans ce qui correspond à la cour des obédiences de la chartreuse, on a retrouvé un « bassin circulaire en pierre cerclé de fer »[34], correspondant à un ancien puits, mais non relié à une source. Un système d'irrigation semble avoir été découvert grâce aux diverses fouilles.

L'ancienne chartreuse (disparue)Modifier

Le monastère était constitué de plusieurs bâtiments spécifiques à la vie des moines et au fonctionnement : chapelle, salle du chapitre, réfectoire, cellules des moines, cloîtres, bibliothèque, cuisine, forge ou encore écurie[31]. Il s'organise en « trois groupes successifs : le Vestibule, le Petit-Cloître et le Grand-Cloître »[35],[36].

Le Vestibule est constitué du bâtiment d'entrée avec à son arrière la cour des obédiences, et sur les ailes nord et sud les ateliers, l'écurie, la chapelle, les dortoirs des domestiques et des frères convers, les cuisines[35]. Vient ensuite le Petit-Cloître, un rectangle de 10 mètres sur 12[36]. Il pouvait servir aux « réunions conventuelles »[36]. Enfin, le Grand-Cloître est le lieu de passage à destination des seize cellules des moines[36].

La maison basse ou CorrerieModifier

 
Grangerie, cimetière et croix de La Correrie.

Hameau de la CorrerieModifier

La correrie est le domaine rural des chartreux situé à 500 m en contrebas de l'implantation de la chartreuse[9],[37]. Il s'agit de la « maison basse »[13], ou procure[9], là où un moine et des frères convers résident. Le lieu est occupé par une chapelle, un cimetière et une « grangerie », considérée comme la plus grande du domaine des chartreux, où était fabriqué du vacherin[37]. La grangerie est une exploitation agricole laissée à un granger (métayer), qui partage le produit des champs avec les chartreux[38]. C'est d'ailleurs là que les étrangers voire les pèlerins étaient accueillis avant l'installation, au XIVe siècle, d'une hostellerie plus haut au monastère[37].

Le cimetière remonte très probablement aux premières installations puisqu'aujourd'hui subsiste une croix de cimetière. Une chapelle est également édifiée. L'actuelle remonte au XVIIe siècle, probablement construite par les chartreux[13],[9],[37]. Dans la partie nord-ouest de la chapelle subsiste les traces d'un ancien moulin[13]. Pas très loin de cette chapelle domestique, un « bassin circulaire en pierre cerclé de fer »[34], probablement les traces d'un ancien puits comme pour celui retrouvé à l'arrière du bâtiment subsistant de la chartreuse.

Avec l'occupation du duché de Savoie par les troupes révolutionnaires françaises en 1794, sept familles héritent du lieu et des bâtiments (terres, chapelle et droit d'être enterré au cimetière)[37].

Aujourd'hui, elle appartient à la commune d'Aillon-le-Jeune[37].

La chapelle de la CorrerieModifier

La chapelle de la Correrie est un édifice religieux daté du XVIIe siècle, en raison de l'aspect de l'architecture de la façade, et dédiée à Archange saint Michel[9],[37],[39]. Bien que son édification soit très probablement faite sur l'emplacement d'une ancienne chapelle, aucun source n'existe permettant d'avancer une date ou une période[39]. Les dernières études donnent toutefois une origine remontant au XIIIe siècle[34]. Il s'agit d'une église composée simplement d'une nef, orientée ouest-est, d'environ 18 m de long, sur 5 m de large[13],[9]. Les murs possèdent une épaisseur de 1,8 m[39]. L'intérieur se compose d'une voûte en cintre brisé qui se termine par un chevet polygonal plus étroit, qui se termine en cul-de-four[13],[9]. L'église comporte quatre fenêtres, deux sur chaque côté, « en plein-cintre à double ébrasement »[13],[9]. Elle est surmontée d'un clocher à bulbe en cuivre[13],[39]. Ce dernier a été rénovée en 1960[39].

Le portail de style baroque est composé « d'une corniche avec fronton tronqué et niche incorporée » et surmonté d'une fenêtre qui semble avoir été refaite[13],[9],[39]. La décoration de l'intérieur est aussi marquée par le baroque[13],[9],[37]. L'intérieur est restauré au XIXe siècle[37]. Le peintre Salvati est à l'origine des décorations[37]. Une partie des objets est exposée au musée de la Chartreuse[9].

Croix de cimetièreModifier

Un cimetière se trouve sur le côté nord de la chapelle. Quelques pierres tombales sont encore présentes. Subsiste également une croix de cimetière de forme cylindrique, probablement du XIIIe siècle[37], construite d'un seul tenant dans une pierre[40]. Elle ne possède aucune inscription mais la partie haute possède un « renflement [avec] une niche rectangulaire » vide [40].

L'objet est inscrit en 1944 à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, datant du XIIIe siècle[41].

La chartreuse aujourd'huiModifier

Le dernier élément réhabilité de la chartreuse, possession de l'agglomération de Chambéry Bauges Métropole, accueille, depuis 2008, trois espaces : une salle communale, un bureau de l'association pour la Sauvegarde de la Chartreuse d’Aillon et un espace culturel, la Maison du Patrimoine du parc naturel régional du Massif des Bauges[4].

La Maison du Patrimoine expose le patrimoine culturel et économique de l'ensemble des territoires du parc à travers une muséographie élaborée dans l'ancienne bâtisse[4]. Selon la programmation, des expositions temporaires, des ateliers ou encore des animations sont organisées[4].

Liste des prieursModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Pierre Aniel, Les maisons de chartreux : des origines à la chartreuse de Pavie, vol. 16, Librairie Droz, coll. « Bibliothèque de la Société française d'archéologie, Société française d'archéologie », , 167 p. (ISBN 978-2-60004-617-6, lire en ligne), p. 111-112.
  • Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno et André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Aix-les-Bains et ses environs - Les Bauges - La Chartreuse - La Combe de Savoie - Montmélian (vol. 2), Roanne, Éditions Horvath, , 463 p. (ISBN 978-2-7171-0310-6).
  • Françoise Dantzer, Les Bauges : Terre d'art sacré, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 251 p. (ISBN 978-2-8420-6272-9, lire en ligne).
  • Janine Guerraz-Colonel, Pierre Salembier, La chartreuse d'Aillon : la magnifique solitude, vol. 261, Glénat, coll. « Beaux livres », , 109 p. (ISBN 978-2-72347-188-6)
  • Pierre Jacques Le Seigneur, La chartreuse d'Aillon, vol. 261, Institut für Anglistik und Amerikanistik, coll. « Analecta Cartusiana », , 202 p.
  • Abbé Laurent Morand, Les Bauges : histoire et documents : Seigneurs ecclésiastiques (IIe volume), Chambéry, Imprimerie savoisienne, , 618 p. (lire en ligne).
  • Abbé Laurent Morand, Les Bauges : histoire et documents : Peuple et Clergé (IIIe volume), Chambéry, Imprimerie savoisienne, , 684 p. (lire en ligne). Notamment des pages 131 à 278.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m et n « Aillon-le-Jeune » p. 49-51, in Cahier, La Sauvegarde de l'art français, Picard, Numéro 9, 1996 ([PDF] Lire en Ligne).
  2. a b c d e f g h i j et k Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 21..
  3. a b c d e f et g « Ancienne chartreuse d'Aillon », notice no PA00132974, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. a b c d e et f Panneaux de présentation de la Chartreuse élaborés par les services du parc naturel régional du massif des Bauges.
  5. Henry Suter, « Articles « Aillon, Aillon-le-Jeune, Aillon-le-Vieux » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch, 2000-2009 (mis à jour le 18 décembre 2009 (consulté le 20 décembre 2015).
  6. Dantzer 2005, p. 29.
  7. Morand 1890, p. 131.
  8. a b c d e et f Morand 1890, p. 132.
  9. a b c d e f g h i j k l m et n Raymond Oursel, Pascal Lemaître, Les chemins du sacré : Pélerinage architectural, vol. 2, La Fontaine de Siloé, coll. «  Les Savoisiennes  », , 267 p. (ISBN 978-2-84206-350-4, lire en ligne), p. 157, « Aillon-le-Jeune ».
  10. Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 516 p. (ISBN 978-2-84206-268-2), p. 257, Article « Lourdens ».
  11. a b c d e et f Pierre Duparc, « Moines et alpages dans le diocèse de Genève au moyen âge », dans Barbara Roth-Lochner, Marc Neuenschwander, François Walter, Des archives à la mémoire : mélanges d'histoire politique, religieuse et sociale offerts à Louis Binz, Librairie Droz, , 503 p. (ISBN 978-2-88442-007-5, lire en ligne), p. 17-18.
  12. « Doyenné d'Aix les Bains », sur le site de l'archidiocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise - catholique-savoie.cef.fr (consulté le 26 décembre 2015).
  13. a b c d e f g h i et j Aniel 1983, p. 111.
  14. a et b Dantzer 2005, p. 27.
  15. a et b Régeste genevois, REG 0/0/1/426, acte publié en 1183, sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org.
  16. a b c et d Morand 1890, p. 137-140.
  17. a et b Morand 1890, p. 140.
  18. a et b Régeste genevois, REG 0/0/1/451, acte entre 1188 et 1233, sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org.
  19. Jacques Lovie, Histoire des Diocèse de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Beauchesne, , 301 p. (ISSN 0336-0539), p. 36.
  20. Acte du publié dans le Régeste genevois (1866), REG 695 sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org.
  21. Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Aix-les-Bains et ses environs - Les Bauges - La Chartreuse - La Combe de Savoie - Montmélian (vol. 2), Roanne, Éditions Horvath, , 463 p. (ISBN 978-2-7171-0310-6, lire en ligne), p. 408-413. ([PDF] lire en ligne)
  22. Régeste genevois, REG 0/0/1/834, acte du , sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org.
  23. Régeste genevois, REG 0/0/1/845, acte du , sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org.
  24. a et b Michel Fol, Christian Sorrel et Hélène Viallet (textes réunis par ), Chemins d'histoire alpine : mélanges dédiés à la mémoire de Roger Devos, Annecy, Association des amis de Roger Devos, , 510 p., p. 131.
  25. Le Seigneur 2008, p. 54.
  26. a b c d et e Bérelle Clara, Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; Assemblée des Pays de Savoie, « Fonderie et martinet de la chartreuse d'Aillon dit "Martinet dessus" puis moulin à farine scierie et martinet Miguet actuellement vestiges », A73002859 inclus dans Paysage du bassin-versant du Chéran, sur le site du Patrimoine architectural et mobilier en Rhône-Alpes - patrimoine.rhonealpes.fr, (consulté le 20 décembre 2015).
  27. Marie-Christine Bailly-Maître, Alain Ploquin, Nadège Garioud, Le fer dans les Alpes du moyen-âge au XIXe siècle : actes du colloque international de Saint-Georges-d'Hurtières, 22-25 octobre 1998, vol. 4 de Temps modernes, M. Mergoil, , 243 p. (ISBN 978-2-90730-348-4), p. 29.
  28. a et b Bérelle Clara, Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; Assemblée des Pays de Savoie, « Moulin à farine et scierie des Chartreux d'Aillon puis moulin et pressoir et battoir à chanvre Sonnet puis Pernet actuellement logement et gîte », IA73003590 inclus dans Paysage du bassin-versant de l'Isère inférieure et du Val Gelon, sur le site du Patrimoine architectural et mobilier en Rhône-Alpes - patrimoine.rhonealpes.fr, (consulté le 24 décembre 2015).
  29. a b c d e f g h i j k l et m Thèse de Marianne Palisse, « Les Bauges entre projets institutionnels et dynamiques locales : patrimoines, territoires et nouveaux lieux du politique » (sous la direction de ), Université Lumière-Lyon II - Faculté d'anthropologie et de sociologie, 2002, Chapitre 4. 1. La chartreuse d'Aillon « Histoire d'un bâtiment »
  30. François Vermale, « La vente des biens nationaux dans le district de Chambéry », Annales révolutionnaires, vol. 5,‎ , p. 37.
  31. a b c d et e « L'ancienne chartreuse », plaque d'informations réalisée par « Itinéraires remarquables » du Conseil départemental de la Savoie, voir également [PDF] Le guide Itinéraires remarquables 08, 4 pages.
  32. Dantzer 2005, p. 6.
  33. a b c d et e Dantzer 2005, p. 117.
  34. a b et c Le Seigneur 2008, p. 144.
  35. a et b Morand 1890, p. 134.
  36. a b c et d Le Seigneur 2008, p. 30.
  37. a b c d e f g h i j et k « La Correrie de la chartreuse », plaque d'informations réalisée par « Itinéraires remarquables » du Conseil départemental de la Savoie, voir également [PDF] Le guide Itinéraires remarquables 08, 4 pages.
  38. Jean Humbert, Nouveau glossaire genevois, Jullien, , 268 p. (lire en ligne), p. 241, « Granger, Grangerie ».
  39. a b c d e et f Dantzer 2005, p. 118.
  40. a et b Dantzer 2005, p. 120.
  41. Notice no PA00118159, base Mérimée, ministère français de la Culture
  42. Régeste genevois, REG 0/0/1/580, acte du , sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org.