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Carpinus betulus

Le charme, ou charme commun (Carpinus betulus), parfois appelé charmille, est un arbre de taille moyenne, à feuilles caduques et appartenant à la famille des bétulacées. Il est assez répandu dans les forêts d'Europe centrale. C'est une essence forestière secondaire présente en taillis sous futaie.

DescriptionModifier

Le charme commun est un arbre de taille moyenne mesurant jusqu'à 20 m de haut environ. On le distingue facilement par son tronc cannelé, comme formé de muscles, longs et légèrement sinueux. Ces cannelures sont ténues chez les jeunes arbres mais deviennent très marquées chez les vieux sujets. Lorsque l'arbre est isolé en pleine lumière, son houppier assez régulier porte un feuillage dense vert clair.

Les feuilles alternes sont oblongues aiguës, doublement dentées, portées par des rameaux fins brun vert. Elles sont marcescentes : une partie d'entre elles restent sur l'arbre tout l'hiver. Elles ont la réputation de faire un bon humus.

Les fleurs en chatons apparaissent en même temps que les feuilles. Les chatons mâles sont cylindriques, les chatons femelles plus grêles.

Les fruits, regroupés en grappes pendantes, sont des samares formés d'un akène côtelé de 0,6 cm muni d'une large bractée foliacée trilobée qui a valeur d'induvie. Ils arrivent à maturité fin septembre.

Le bois homogène, d'un blanc ivoire, est très dur (d'où son nom anglais de hornbeam), cassant et difficile à travailler. Densité : 0,8 à 0,9. Il est peu durable et la durée de vie de l'arbre dépasse rarement les 100 ans.

« Le charme d'Adam, c'est d'être à poil » est un moyen mnémotechnique qui permet de distinguer les feuilles du charme (à dents) de celles du hêtre (à poils).

Données autécologiquesModifier

  • espèce ayant besoin d'étés chauds pour la maturation des graines;
  • espèce de demi-ombre ou d'ombre ;
  • humus : mull légèrement carbonaté à mull-moder (optimum en mull eutrophe ou mésotrophe) ; sols à richesse minérale variable (optimum sur sols riches) ; pH basique à moyennement acide ;
  • minéraux variés : alluvions, argiles de décarbonatation, agiles, limons ; espèce exclue des sols carbonatés non argileux et des sols trop désaturés ;
  • sols secs à frais (optimum sur sols profonds) ;
  • caractère indicateur : neutrocline à large amplitude.

CaractéristiquesModifier

 
Charme commun en hiver
  • Organes reproducteurs :
  • Graine :
  • Habitat et répartition :
    • Habitat type : bois caducifoliés médioeuropéens
    • Aire de répartition : eurasiatique tempéré (Europe centrale et sud-orientale, très commun dans le nord et l'est de la France).

Données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

BiologieModifier

C'est plutôt une essence de demi-ombre ou d'ombre, mais qui pousse bien aussi en pleine lumière. Son feuillage dense donne aussi une ombre épaisse.

Il préfère les sols profonds, argileux ou limoneux, de richesse minérale variable. Il redoute les sols trop acides mais tolère le calcaire. C'est une essence typiquement mésophile : on le trouve sur des sols modérément secs à frais voire humides.

Il préfère un climat continental modéré. Il est résistant au froid et à la chaleur. On le trouve surtout dans l'est de la France, il se raréfie dans l'ouest[1].

C'est une essence sociale. On le trouve le plus souvent en mélange avec d'autres essences. En forêt il forme généralement un sous-étage sous des arbres plus grands, comme des chênes avec lesquels il constitue une association fréquente : la chênaie-charmaie.

Croissance lente, environ 10 m en 20 ans.

Il rejette vigoureusement de souche, d'où un traitement sylvicole le plus souvent en taillis ou taillis sous futaie. Il croît lentement en régime de futaie mais soumis au régime de taillis il pousse fortement jusqu'à 20 à 30 ans. Autrefois beaucoup exploité pour la production de bois de feu, il représente encore environ 6 % des arbres forestiers en France, en diminution du fait de la conversion actuelle des taillis en futaies. Il est aujourd'hui peu utilisé en sylviculture en raison de la lenteur de sa croissance [2].

En taillis sous-futaie, il est bénéfique au chêne par la protection du sol, par la qualité de l'humus qu'il produit, et par l'élagage naturel qu'il favorise[1].

Il est particulièrement résistant aux parasites et maladies habituels[3].

On le multiplie par semis.

UtilisationModifier

  • Bois de chauffage : bon pouvoir calorifique et combustion lente et régulière grâce à son homogénéité ;
  • Bois d’œuvre ;
  • Fabrication de pâte à papier ;
  • Emplois spéciaux : jeux, outils, navettes de tissage, formes de chaussure, étals de boucher, etc.
  • Ses bourgeons sont utilisés en gemmothérapie ;
  • L'arbre est souvent utilisé pour former des haies taillées, des charmilles. La tonte doit intervenir au milieu de l'été entre les deux sèves. Il offre l'un des plus beaux feuillages jaunes à l'automne ;
  • Les feuilles et les ramilles du charme sont un excellent fourrage qui vaut la meilleure luzerne. Tous les animaux l'acceptent[1].

CultivarsModifier

Le charme fastigié (Carpinus betulus 'fastigiata'), appelé aussi « charme pyramidal », est un cultivar de charme commun avec un port conique, pouvant atteindre 10 m de large, à croissance lente. Il se plante isolé, ou en premier plan de peuplier d'Italie ou autres peupliers.

'Pendula' [4]: charme pleureur cultivé en raison de sa ramure étalée, prostrée et retombante.

'Columnaris'[4] : silhouette dense et arrondie, pousse lentement.

'Incisa' [4]: feuilles étroites avec des lobes pénétrants et pointus.

'Purpurea'[4] : feuilles plus ou moins teintées de rougeâtre, verdissent rapidement. 15 m.

'Quercifolia' [4]: à feuilles de chêne. 10 m, l'arbre devient large.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Pierre Lieutaghi, Le livre des Arbres, Arbustes & Arbrisseaux, Arles, Actes sud, 2004 (ISBN 2-7427-4778-8)
  2. Jacques Brosse, Larousse des Arbres et Arbustes, Paris, Larousse, 2000 (ISBN 2-03-505172-X)
  3. Marc Rumelhart, Roland Vidal, Les arbres feuillus, Paris,Larousse, 1991 (ISBN 2-03-515122-8)
  4. a b c d et e Charlotte Testu, Arbres feuillus de nos jardins, Paris,La Maison Rustique, 1976 (ISBN 2-7066-0026-8)

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

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