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Illustration de l'édition de 1880.

Charlotte la républicaine est une chanson française créée et lancée à Paris par le goguettier Noël Mouret à l'occasion de la Révolution française de 1848.

Sommaire

Argument de la chansonModifier

Cette chanson trace avec poésie le portrait d'une héroïque jeune fille engagée en février 1848 pour la République « rouge ». Elle porte la poudre, fabrique des cocardes, est armée d'un poignard. Ses mœurs sont libres : au troisième couplet elle déclare avoir choisi l'union libre au lieu du mariage. Et au quatrième couplet elle annonce qu'elle a une foule d'amants. Et qu'elle est désintéressée, ce sont des amants de cœur.

Histoire de la chansonModifier

Cette chanson fut d'emblée célèbre et connut en France une diffusion d'ampleur nationale. Son timbre lui fut associé. Il est référencé comme air de Charlotte la républicaine, par exemple, pour la chanson du goguettier Auguste Loynel Les bals de Paris ou Le Carnaval 1849. En 1886, au Mans, on le voit encore mentionné comme air de Charlotte la républicaine quand on place dessus La chanson des omnibus Manceaux[1].

Le grand succès de la chanson Charlotte la républicaine s'est prolongé au moins durant un demi-siècle. Elle se chantait encore en France en 1900[2].

Sous le Second Empire, cette chanson fut interdite et pourchassée. Le 20 août 1851, la Cour d'assises de Vienne ordonna sa destruction, ce qui ne la fit pas disparaître pour autant[3].

Elle fut rééditée en 1880, mais sans le septième couplet. 1880 était aussi l'année de l'amnistie des communards de 1871. Peut-être cette absence du septième couplet est le résultat d'une autocensure. L'évocation des morts de 1848 pouvant être ici comprise aussi comme concernant les victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. C'est en tous cas l'hypothèse avancée par Robert Brécy[3].

MusiqueModifier

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ParolesModifier

1
Pendant les trois grands jours[4]
Leste comme la foudre
Je portais la poudre
Aux enfants des faubourgs
Au nez des fantassins
Mitraillant nos mansardes
Je faisais des cocardes
Pour les républicains.
Refrain :
Chacun me nomme avec orgueil
Charlotte la plébéienne
Je suis la rose républicaine
Du quartier Montorgueil.
2
De mon ciel toujours pur
Protégeant mon étoile
Mon vaisseau n'a pour voile
Que mes grands yeux d'azur
Dans les bosquets charmants
Où glana mon aïeul
En folâtrant j'effeuille
Les fleurs de mon printemps.
Refrain


3
Sous les lois du lien
Si un jour je me range
Je veux que mon bon ange
Ne sois plus mon gardien
Riant du préjugé,
Quand un amant s'insurge
Sans le secours d'un juge
Je signe son congé.
Refrain
4
Riches, vos diamants
Ne me font point envie
J'ai pour dorer ma vie
Une foule d'amants.
Dotez vos Marion
Rivales des duchesses,
Qui vendent leurs caresses
A l'ombre d'un blason.
Refrain
5
J'aime la liberté,
Je donnerai pour elle
La dernière étincelle
De ma folle gaité,
Fille d'un montagnard
Pour frapper dans l'arène
Je porte dans sa gaine
Un terrible poignard.
Refrain
6
Du temple de la peur
Toi qui jamais ne bouge,
La République rouge
Te glace de stupeur !
Ton trône vieux et veuf
En vain on le restaure
La France n'est encore
Qu'à son quatre-vingt-neuf.
Refrain
7
Défenseurs courageux
De l'œuvre sociale
Immolés par la balle
Des bourgeois furieux,
Sur vos tombeaux sans croix
Sans crainte pour mes charmes
J'irai verser des larmes
Et prier quelquefois.
Refrain

Notes et référencesModifier

  1. Auguste Livet La chanson des omnibus Manceaux Le Mans 1886.
  2. Voir : La Chanson plébéienne, Saint-Étienne, octobre 1900, p.293.
  3. a et b Robert Brécy La Chanson de la Commune, Éditions ouvrières, Paris 1991, p.20.
  4. « les trois grands jours » : les 22 au 25 février 1848, moment où se déroule la Révolution française de 1848.

Articles connexesModifier