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Charles Ier de La Vieuville

surintendant des finances
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Charles Ier de La Vieuville
Charles de La Vieuville par Paul Roussel.
Charles de La Vieuville par Paul Roussel.

Titre Marquis, puis duc de La Vieuville
Commandement Capitaine des Garde du corps du roi
Distinctions Chevalier du Saint-Esprit
Autres fonctions Grand Fauconnier de France (1610)
Surintendant des finances
Biographie
Dynastie Seigneurs de La Vieuville
Naissance
à Paris
Décès
à Paris
Père Robert de La Vieuville
Mère Catherine d'O
Conjoint Marie Bouhier de Beaumarchais
Enfants Charles II, duc de la Vieuville

Blason Charles de La Vieuville (1582-1653).svg
Charles Ier de la Vieuville par Gilles Guérin

Charles de La Vieuville est un seigneur français né en 1583 et mort le à Paris. Fils aîné de Robert de La Vieuville et de sa seconde femme Catherine d'O, il s'éleva aux plus hautes charges et vit, tour à tour, sa fortune chanceler puis se redresser, pendant les dernières années de sa vie.

Sommaire

BiographieModifier

En 1609, il obtint de succéder avec joie à son père comme Grand Fauconnier de France par survivance, charge qu'il occupe peu de temps avant qu'André de Divonne ne fut pourvu de la charge en 1612.

Vers 1616, Lieutenant-général en Champagne et Rethélois, capitaine de la première compagnie de la garde écossaise du roi Louis XIII, maître d’hôtel du duc de Nevers.

Le , il est fait chevalier des ordres du roi. En 1622, il occupe la charge de maréchal de camp sous le duc d'Angoulême, dans un corps de troupe de 10 000 hommes à pied et 800 chevaux. Il conduisit cette armée jusqu'aux environs de Lyon, pendant le siège de Montpellier où il se rendit pour recevoir les ordres du roi sur la marche de ces troupes.

Le , il fut nommé Surintendant des finances à la place de Henri de Schomberg. Michaud, dans sa biographie, indique que Charles de La Vieuville fut fait Surintendant des finances grâce à la haute capacité financière de son beau-père Vincent Bouhier. En effet, celui-ci conseiller du roi en ses conseils d'État et privé, trésorier de son épargne, intendant de l'ordre du Saint-Esprit en 1599[1] prit parti pour Henri IV et parvint à de très hautes fonctions qui lui permirent d'acquérir une grande fortune. Par son mariage, il devint également le beau-frère de Louis II de La Trémoille, duc de Noirmoutier.

Le , il fait disgracier le chancelier Sillery et le marquis de Puisieux son fils, secrétaire d'État, auxquels il était redevable de son poste. Puis il fait entrer alors Richelieu au Conseil du roi. « Mais il abusa de sa situation pour se gorger d'or et se mit tout le monde à dos par ses maladresses[2] ». Ses ennemis réussirent à le faire disgracier. Louis XIII le chassa de la Cour. Tallemant des Réaux raconte que lorsque La Vieuville sortit de Saint-Germain, on lui fit faire un charivari épouvantable par tous les marmitons pour lui jouer, disait-on, un branle de sortie[3].

Le sur ordre de Richelieu, il est emprisonné pour prévarication au château d'Amboise[4] d'où il s'évade en septembre 1625[5] et se réfugie en Hollande.

Rentré en France en 1626, l'ancien surintendant reprit, malgré ses promesses formelles, le parti de la Fronde. Accusé d'intriguer contre Richelieu, il fut condamné à mort par contumace et dégradé de l'ordre du Saint-Esprit en 1633. Il s'était prudemment réfugié à Bruxelles. Il est alors en disgrâce, et ce jusqu'à la mort de Richelieu et de Louis XIII. Seulement après, le marquis de la Vieuville parvint à se réhabiliter.

Dès le mois de , un arrêt du parlement le réintègre dans ses biens, honneurs et emplois. Dès lors la fortune se retourne pendant les dix dernières années de sa vie. En 1650, il voit ériger en duché, sous le nom de La Vieuville, sa baronnie de Nogent-l'Artaud. L'année suivante Mazarin, à la prière de la princesse palatine, lui rend la surintendance des finances avec le titre de ministre d'État.

Le , Mazarin le rappela à la cour et il fut une deuxième fois surintendant et ministre d'État, duc et pair de France[6]. Il prit alors des mesures pour le retour de l'argent des financiers et en finir avec la guerre civile. Il dépensa alors le moins possible tout en faisant rentrer plus d'argent : en suspendant de nombreux paiements de gages et de rentes et en anticipant des remboursements (tiers des revenus des tailles...)[7]. Il fut aidé dans cette tâche par un groupe de financiers prêts à aider le souverain, ils avancèrent le paiement des taxes directes pour l'année suivante.

Le cardinal de Retz parla de lui comme du « vieux bonhomme La Vieuville[8] ».

Il mourut deux ans plus tard, en fonction, à Paris, le .

TitresModifier

Seigneur de Chailvet, baron de Rugles, seigneur de Pavant, baron de Nogent-l'Artaud (Aisne - acheté le à Claude et Antoine de BUZ), châtelain de Sy-en-Rethélois, marquis puis, la seigneurie de Nogent-l'Artaud réunie à d'autres domaines fut érigée en duché-pairie sous le nom de la Vieuville par lettres patentes de décembre 1651 au profit de Charles de la Vieuville. Chevalier des Ordres du Roi quand il fut reçu dans l'Ordre du Saint Esprit le .

Mariage(s) et enfantsModifier

Charles de la Vieuville (Paris, v. 1582 - Paris, ), épouse Marie Bouhier de Beaumarchais (née vers 1605-) le . Elle est dame de Nogent-l'Artaud, baronne de Saint-Martin de Blois, fille de Vincent Bouhier, seigneur de Beaumarchais, et de Marie Lucrèce Hotman (mariés le , elle-même fille de François Hotman, trésorier de l'épargne)[9]. Sa sœur Lucrèce[10] est mariée en premières noces à Louis de La Trémoille, marquis de Noirmoutier et en secondes noces à Nicolas de L'Hospital. De leur union sont nés treize enfants :

    1. Vincent,
      tué au combat du près de Newburry (Angleterre), étant au service du Roi de Grande-Bretagne. Enterré aux Minimes, place Royale,
    2. Charles II,
      duc de la Vieuville,
    3. Charles-François
      mort à 6 jours, enterré aux Minimes,
    4. Henry,
      abbé de Savigny sur la démission de son frère Charles II, prieur commendataire du prieuré séculier du Grand-Beaulieu-Les-Chartres, Colonel d'un régiment de cavalerie, maréchal de camps des armées du Roi, conseiller d'État es conseil privé, et des finances par lettre du mort en 1652, de blessures reçues au siège d'Étampes pour le service du Roi). Enterré aux Minimes,
    5. Charles-François
      prieur du Grand-Beaulieu-Les-Chartres, abbé de Savigny, de Saint-Martial de Limoges, et de Saint-Laumer de Blois. Il fut conseiller d'État ordinaire, sacré évêque de Rennes le . mourut à Paris en . Son corps fut mis en dépôt dans la chapelle dite de la Communion de la paroisse Saint-Paul à Paris.
    6. Françoise de Paule
      morte à Oudenarde en Flandres le .
    7. Louise
      religieuse carmélite, morte dans le couvent de la rue Chapon à Paris,
    8. Lucrèce-Françoise
      mariée à Ambroise-François, duc de Bournonville, pair de France
    9. Marie
      dite la jeune sœur jumelle de Lucrèce-Françoise, morte à Bruxelles,
    10. Marie
      morte en bas âge, enterrée aux Minimes,
    11. Dorothée
      morte jeune et enterrée aux Minimes,
    12. Marie
      abbesse de Notre-Dame de Meaux,
    13. Henriette
      religieuse à la Ferté-Milon.

Dès , on découvre ensemble dans un marché de canons, Robert de La Vieuville caution du marché, et Vincent Bouhier contrôleur général de l'artillerie. Cette rencontre prouve que les deux familles se connaissent de longue date, lorsque leurs enfants se marient en 1611 (cf. ci-dessous)[11].

Le tombeau du duc et de la duchesse de La Vieuville[12], sculpté par Gilles Guérin, est visible au Musée du Louvre. Ils ont tous deux été inhumés dans la chapelle Saint-François de Sales de l'église du couvent des Minimes de la place Royale à Paris[13]. La duchesse traita par marché avec le sculpteur Gilles Guérin le 1er mars 1658 pour la réalisation de cette vaste sculpture en marbre blanc de carrare, soit cinq ans après la mort du surintendant. Le travail de l'élève de Charles Le Brun ne sera achevé qu'après la mort de la duchesse. De même, elle fit élever en 1657, en la mémoire de son défunt époux, une chapelle dans l'église d'Olonne, dont elle avait acquis la seigneurie en souvenir des siens à André Bouhier de Beaumarchais le [14].

ArmoiriesModifier

Bouhier : d'azur au chevron d'or, accompagné en chef d'un croissant d'argent et en pointe d'une tête de bœuf d'or.
Figure Blasonnement
  Armes de la famille de La Vieuville

Fascé d'or et d'azur de huit pièces, à trois annelets de gueules brochant sur les deux premières fasces.[15],[16]

 
 
Armes du duc de La Vieuville (duché-pairie érigé en 1651),

Ecartelé, II et IV, d'argent à sept feuilles de houx aboutées 3, 3, 1 ; II et III, fascé d'or et d'azur, de huit pièces, à trois annelets de gueules, rangés en chef brochant sur les deux premières fasces (de La Vieuville).[15]

  Fer de Reliure du Duc Charles Ier de La Vieuville.

La Vieuville (moderne) : écusson écartelé aux 1 et 4, fascés d'or et d'azur de huit pièces, à trois annelets de gueules brochants sur la première et la deuxième fasce ; aux 2 et 3, d'hermines, au chef endenté de gueules (d'O), sur le tout, d'argent à sept feuilles de houx d'azur posées 3, 3 et 1 (La vieuville ancien). L'écu est entouré des colliers des ordres royaux, il est soutenu par deux sauvages velus, une massue sur l'épaule ; il est sommé d'une large couronne de marquis que surmonte un énorme casque avec ses lambrequins et une hure de sanglier pour cimier.

Notes et référencesModifier

  1. P. Anselme - Histoire des grands officiers de la couronne, t. IX p. 340.
  2. Dr Lapierre, op. cit.
  3. Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes, III, p. 58 et 1 p. 82 7e édition.
  4. Voltaire Œuvres complètes 1857, t. 8, p. 398-9.
  5. Henri de Campion Mémoires 1857, p. 160.
  6. Voltaire Œuvres complètes 1857, t. 8, p. 399.
  7. http://www.comite-histoire.minefi.gouv.fr/recherches_finances/les_hommes/controleurs_generaux/xviie_siecle/charles_de_la_vieuvi.
  8. Cardinal de Retz, Mémoires, Paris, Gallimard, La Pléiade, 1984, p. 584.
  9. Généalogie de Marie Bouhier.
  10. Généalogie de Lucrèce Bouhier.
  11. Notice historique sur Catherine d'O, dame de Pavant, par B. Thierry de Crussoles des Epesses p. 13.
  12. L'épitaphe du duc et de la duchesse de La Vieuville a été conservée par Piganiol de la Force - description historique de la ville de Paris et de ses environs, éd. 1765, t. IV, p. 446.
  13. Eudoxe Soulié Notice du Musée impérial de Versailles 1860, p. 393.
  14. (Archives départementales de la Vendée, états des biens de la duchesse de La Vallière.
  15. a et b www.heraldique-europeenne.org.
  16. Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor, , 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com.

SourcesModifier

  • Père Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, t. VIII, 3e éd., Paris, Compagnie des Libraires associés, 1733.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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