Charles Vildrac

poète, dramaturge, essayiste français, auteur d'ouvrages pour la jeunesse

Charles Vildrac, né Charles Messager le dans le 5e arrondissement de Paris et mort le à Saint-Tropez, est un poète, dramaturge et pédagogue libertaire français[1]. Poète, conteur, essayiste et surtout auteur dramatique, il reste un des écrivains de théâtre les plus importants des années 1920. Il fonde avec Georges Duhamel notamment le groupe de l'Abbaye, une expérience communautaire en bord de Marne ouverte aux artistes (1906-1908).

Charles Vildrac
Image dans Infobox.
Charles Vildrac et sa femme au Japon en 1926.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Charles Messager
Nationalité
Activité
Autres informations
Membre de
Genre artistique
Distinction
Œuvres principales
Livre d'amour (1910)
L'Indigent (1920)

BiographieModifier

Famille et formationModifier

Charles Messager, né au 22, rue Berthollet à Paris[2], est le fils d'Henry Messager, ancien Communard déporté en 1873 en Nouvelle-Calédonie, et de Mélanie Descorps institutrice et directrice d'école (notamment celle de la rue Keller à Paris)[3],[4]. Il fait ses études de letttres modernes (allemand et anglais) au lycée Voltaire[3].

Charles Messager devient en 1900 le secrétaire de l'avocat Émile Bégis, qui est proche des frères Goncourt[3]. Il fait la rencontre du jeune George Duhamel en 1902 avec lequel il restera très lié une grande partie de sa vie[4] et dont il épousera la sœur, Rose Duhamel, en 1906[3].

Carrière littéraireModifier

Charles Vildrac fait ses débuts, en 1901, avec un pamphlet contre Gustave Kahn et Francis Vielé-Griffin, promoteurs du vers-librisme, puis, à la suite de longues et profondes réflexions sur son art, il adopte une forme nouvelle, fondée sur la constante rythmique, où l'assonance est préférée à la rime :

« Je ne puis pas oublier la misère de ce temps
O siècle pareil à ceux qui campèrent sous les tentes. »

Cette forme lui semble correspondre à la respiration humaine et convenir mieux que toute autre à l'expression de la réalité moderne, voire à certain humanisme poétique social dont il est, avec ses amis de l'Abbaye, l'un des plus généreux partisans.

Sa première œuvre, Livre d’amour, publiée en 1910, est considérée comme son chef-d’œuvre. Il choisit le pseudonyme de Vildrac par référence à Wildrake, personnage de Woodstock, un roman de Walter Scott[3].

Entre et l'été 1906, Charles Vildrac met sur pied ce qui deviendra l'Abbaye de Créteil, lors de réunions préparatoires avec Georges Duhamel, René Arcos, Albert Gleizes, Lucien Linard et Jacques d'Otémar.

La prosodie nouvelle, à laquelle il restera fidèle, est justifiée dans les Notes sur la technique poétique (1910), écrites en collaboration avec Georges Duhamel. Entre-temps, il avait publié ses Poèmes (1905) et son Livre d'amour (1910), que suivront Découvertes (1912), Chants du désespéré (1929). La langue poétique de Vildrac est directe, concrète, volontiers chantante et descriptive. Il évoque dans ses œuvres un monde habité de déracinés incapables d’aller jusqu’au bout de leur rêve.

Son optimisme et sa simplicité ont exercé une influence sur nombre de poètes, notamment le Paul Éluard du Devoir et l'Inquiétude, sinon des Poèmes politiques. Charles Vildrac est cependant devenu célèbre non avec sa poésie, mais avec son théâtre, en particulier avec Le Paquebot « Tenecity » (1920). On lui doit également des Récits (1926), des livres de voyage (Russie neuve, 1937 - réédité en 1947) et plusieurs romans pour la jeunesse.

De 1904 à 1930, il gère une galerie d'art à son nom, située 11 rue de Seine[5], dirigée par son épouse Rose[3], où il expose entre autres Maurice-Edme Drouard, Manuel Rendón Seminario (en), Othon Friesz, Maurice Vlaminck, Charles Dufresne, Victor Dupont ; en 1924, il revend Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte de Georges Seurat à des collectionneurs de Chicago. Le 12 janvier 1921, il inaugure chez Devambez, en tant que président, le premier et unique Salon de l'Œuvre anonyme, monté en compagnie de Maurice Loutreuil, Émile Perrin et André Deslignères[6].

Pacifiste aux côtés de Romain Rolland, durant la Première Guerre mondiale, proche du socialisme puis militant ensuite au mouvement « Clarté », il devient dans les années 1930 un « compagnon de route » du Parti communiste[3]. Il est alors membre de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR). De 1944 jusqu'à sa démission en 1953, il est membre du comité directeur du Comité national des écrivains[3].

Auteur de contes et de romans pour la jeunesse, aux éditions Bourrelier & Sudel, des « morceaux choisis » de cette œuvre figurent longtemps dans les manuels de lecture des instituteurs de l'école primaire[3].

Il a été président du jury du prix Jeunesse.

ŒuvreModifier

LivresModifier

 
Portrait de Charles Vildrac, par Josette Bournet (v. 1930).

ArticlesModifier

HommagesModifier

Charles Vildrac est un ami très proche de l'écrivain Georges Duhamel, dont il épouse la sœur Rose en 1905. D'ailleurs Duhamel fait d'une certaine manière son portrait au travers du personnage de Justin Weill dans sa Chronique des Pasquier parue de 1933 à 1945.

Le peintre Gaston Thiesson a réalisé un portrait de Charles Vildrac en 1913. Il a été exposé à la bibliothèque Georges-Duhamel de Mantes-la-Jolie, lors d’une rétrospective Charles Vildrac.

En 1973, un prix de poésie est créé qui porte son nom : le Prix de poésie Charles-Vildrac.

Notes et référencesModifier

  1. Gilbert Meynier, Les anarchistes français et la guerre d'Algérie, Université Nancy 2, 2010, page 5.
  2. Plaque commémorative apposée sur l'immeuble du no 22, rue Berthollet.
  3. a b c d e f g h et i Nicole Racine, Notice « Charles Vildrac », Le Maitron, consulté le 14 juillet 2020.
  4. a et b Georges Duhamel, Biographie de mes fantômes, éditions Paul Hartmann, 1944, pp. 41-42.
  5. Galerie Vildrac, sur Transatlantic encounters, en ligne.
  6. Entretien entre Vildrac et Roger Valbelle, in: Excelsior, Paris, samedi 8 janvier 1921, p. 2 — sur Gallica.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

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