Ouvrir le menu principal

Charles Maillard (1876-1973)

sculpteur et céramiste français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Charles Maillard.
Charles Maillard
Charles MAILLARD 1876-1973.jpg
Portrait de Charles Maillard (1941).
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 97 ans)
CornéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Charles Pierre Maillard
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Distinctions
Legion Honneur Chevalier ribbon.svg chevalier de la Légion d'honneur,
Palmes academiques Officier ribbon.svg officier d'Académie
signature de Charles Maillard
signature

Charles Maillard, né le à Cholet (Maine-et-Loire) et mort le à Corné (Maine-et-Loire), est un sculpteur et céramiste français.

Sommaire

BiographieModifier

Charles Pierre Maillard[1],[2] est le fils d'Émile Maillard, boulanger[N 1] et de Clémence Célina Aubry[3]. Il a un frère, le docteur Émile Henri Maillard (1874-1962)[4], médecin dès 1905, administrateur lui aussi à compter de 1944 de l'hôpital de Cholet où il a une rue à son nom[5]. Élève au collège Colbert à Cholet, il entre au lycée David-d'Angers, étudie à l'école régionale des beaux-arts d'Angers — où il reçoit l'enseignement de Brunelair — puis s'installe à Paris où il fréquente l'Académie Julian et rejoint l'École nationale supérieure des beaux-arts où il est élève dans les ateliers de Louis-Ernest Barrias et de Jules Coutan[6]. Il concourt plusieurs fois sans succès au prix de Rome[6],[7].

À partir de 1901, après ses études, Charles Maillard expose régulièrement au Salon des artistes français. Il reçoit plusieurs médailles et mentions honorables[8].

Il établit son atelier à Paris, où il demeure 199, rue de Vaugirard[9]. Deux lettres datées des et — présentant sa candidature au poste vacant de directeur de l'école des beaux-arts d'Angers — mentionnent qu'il a passé la fin des hostilités en Maine-et-Loire, à la Haie-Longue près de Saint-Aubin-de-Luigné.

Charles Maillard épouse son modèle, Marthe Ovillé, le dans le 16e arrondissement de Paris. Le couple n'a pas eu d'enfant. Il meurt le à Corné[10] et son épouse le à Dinard[11].

ŒuvresModifier

Parmi ses principales réalisations sculptées se trouvent :

  • le monument érigé sur le caveau d'Adrien Delhumeau dans le transept droit de la chapelle Saint-Louis à Cholet (1903-1904)[N 2],[EC 1] ;
  • le Monument aux morts en hommage aux anciens élèves[N 3],[EC 2] dans la cour du collège Colbert de Cholet (1921)[12],[13] ;
  • Le Poilu saluant une tombe à Baugé (1921)[14],[N 4] ;
  • le Monument à Maurice Berteaux[15], ministre de la guerre, en 1922 à Chatou[7] ;
  • L'Aspirant blessé, monument aux morts des anciens élèves et professeurs, à l'entrée du lycée David d'Angers[16], à Angers[17], inauguré par le ministre de l'Intérieur (1923)[7] ;
  • La Victoire remettant une couronne de lauriers, monument aux morts réalisé en deux exemplaires[18] : l'un à Condé-sur-Huisne, inauguré le et l'autre à Feneu[19] ;
  • le Monument de gloire et de reconnaissance 1914-1918 à Châteaudun, inauguré le [20] ;
  • le Monument aux morts de la grande guerre[21], place du 77e régiment d’infanterie à Cholet[22],[EC 3], inauguré par le maréchal Joffre[7] le [N 5]. Un premier projet de monument qui n'a pas été retenu représente Clovis, Godefroy de Bouillon, le Grand Condé et Napoléon entourant « la figure de l'immortel poilu que la victoire vient couronner de lauriers »[23]. Jean Maillard indique que « le monument commémoratif de la guerre 1914-1918 sera construit devant la gare par le sculpteur Charles Maillard, à qui Gustave Fouillaron demandera de le représenter en buste »[24] ;
  • les buste des auteurs anciens, bibliothèque du palais Guanabara, Rio de Janeiro[7] ;
  • le Monument à François-Joseph Talma[25], statue en bronze à Poix-du-Nord (1931)[7],[N 6] ;
  • le Mémorial du cardinal Luçon[26], en marbre blanc, dans la première nef latérale droite en l'église Notre-Dame de Cholet (1931)[7],[27] ;
  • le Buste de Gustave Fouillaron, bronze, à la Chambre de commerce et d'industrie de Cholet[28],[24] ;
 
Buste de Gustave Fouillaron, Cholet, Chambre de commerce et d'industrie.
  • le Monument aux morts de l’église Saint-Médard de Thouars, plâtre original[29] ;
  • le Buste du sénateur Georges Portmann (1941)[30] ;
  • Lièvre aux écoutes, bronze[2] ;
  • Knabe mit Geig, bronze[31] ;
  • Trophée de lièvre, bronze[32] ;
  • L'Enfant au chat[10].

À l'inventaire du musée d'Art et d'Histoire de Cholet se trouvent une médaille commémorative et plusieurs projets signés de Charles Maillard[33] :

  • un Monument au cardinal Luçon, esquisse en plâtre de 90 cm de haut, projet en 1915 pour un monument représentant le cardinal sur les ruines de la cathédrale de Reims[N 7] et deux autres plâtres, un pour le portrait en médaillon du cardinal et l'autre pour la maquette du mémorial (1931) ;
  • les modèles en plâtre des portraits en médaillon en marbre de quatre curés de Notre-Dame de Cholet[N 8] : Mgr Eugène Grellier de 1888 à 1893, le chanoine Jean-Baptiste Dubillot de 1893 à 1928, le chanoine Paul Gallard de 1928 à 1940 et le chanoine Pierre Douillard de 1941 à 1947 ;
  • la Médaille commémorative du centenaire de la caisse d'épargne de Cholet, bronze (1935), avec une Angevine portant une coiffe à l'avers et les Armes de la ville de Cholet au revers.

On le cite comme artiste sculpteur[34] ayant modelé[35] plusieurs statues de l'église du Sacré-Cœur de Cholet[36]. Sont dites de lui les esquises des statues extérieures, notamment :

  • la Vierge, d'une hauteur de 4 mètres, qui surplombe deux portes de la façade latérale du côté ouest. Elle est dite, de la part de Charles Maillard « avoir fait l'objet d'une stylisation spéciale qui marque le souci très net d'une très intéressante accentuation de sa formule coutumière »[EC 4],[37]. En 1938, on relève aussi de l'architecte Maurice Laurentin lui-même : « le visage incliné et souriant. Haute mystique, si bien traduite par le sculpteur Maillard »[38] ;
  • les six statues de la façade principale du coté nord[39] : Saint Maurice et Noël Pinot[EC 4], Jeanne d'Arc[40], Saint-Louis, Louis-Marie Grignion de Montfort, Saint-Maurille.

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le céramisteModifier

Également connu comme céramiste[3] — entre autres pour la Manufacture nationale de Sèvres (contrat du )[7] — la thématique bretonne apparaît dans son travail à partir de 1926[6]. Il collabore avec la manufacture Henriot durant l'entre-deux-guerres proposant l'édition de nombreux groupes, souvent à finalité utilitaire[6] :

  • des céramiques, L'Élégante à l'ombrelle en 1927, Femme au panier de fruits, Buste cire de Notre-Dame de Lourdes ;
  • des utilitaires Henriot Quimper, pichet au Sonneur musicien breton, pot à eau Crêpière au tablier bleu, serre-livre en faïence de Quimper, coquetier Bretonne[41].

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

DistinctionsModifier

Charles Pierre Maillard est :

RécompensesModifier

Il a reçu plusieurs récompenses :

  • médaille d'or de l'Exposition des beaux-arts de Rouen en 1909[7] ;
  • Prix Lemaire[7] ;
  • Prix Zanjel[7] ;
  • Prix du Nord en 1931[7] ;
  • lauréat de l'École des beaux-arts de Paris de 1894 à 1906[7].

HommagesModifier

Dès 1896 il est cité, à l'occasion d'une grande cavalcade : « qui a obtenu le plus vif succès grâce aux organisateurs qualifiés, le Dr Pissot, Charles Arnault, le sculpteur François Biron, Charles Maillard élève de l'école des Beaux-Arts en sculpture, les peintres-décorateurs Jouitteau et Roussel »[EC 5].

Philippe Michel Coutry le décrit comme un « sculpteur figuratif très soucieux du détail et de l'individualisation des expressions et des visages »[44].

Dans un article de L'Ouest-Éclair de Cholet du , Henry Coutant visitant pour la première fois l'atelier de la rue Vaugirard à Paris, déjà à l'époque, lui pose cette question toute aussi prégnante plus d'un demi siècle plus-tard : « Comment se fait-il que vous ne m'ayez pas fourni plus souvent l'occasion de parler de vous et de voir vos œuvres ? ». Plus loin on relève : « Quatre fois il fut admis en loge, pour le prix de Rome mais à chaque épreuve sa nature indépendante l'entraîna au delà des limites imposées par les exigences scolastiques du jury et sa personnalité déborda du cadre officiel du sujet ». Avec le regard d'un expert, il en fait l'éloge au travers de tout l'article, citant plusieurs de ses sculptures, aujourd'hui, tombées dans l'oubli : « Chacune de ces œuvres porte la marque d'une formation classique qui les maintient dans la grandeur et la noblesse d'une réalisation que très heureusement d'ailleurs l'artiste sait assouplir pour la plier à sa conception particulière. Ainsi se trouvent-elles toutes garanties aussi bien contre la monotonie d'une technique uniforme, que contre les excès d'une facture trop outrancière »[40].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Conseiller municipal, administrateur et vice-président de la commission des hospices de Cholet pendant trente ans.
  2. Soubassement et stèle en marbre blanc de Carrare, sujet en bronze doré représentant une jeune fille qui offre palme et gerbe de fleurs au donateur testamentaire des hospices.
  3. Talent mis bénévolement au service de ses anciens camarades selon Élie Chamard.
  4. Signature gravée sur le monument : Ch.Maillard sculpteur (1921).
  5. Nom et date gravés au dos du monument.
  6. Cette statue de François-Joseph Talma, réalisée par Charles Maillard en 1931, est dite avoir disparu à Poix-du-Nord, pendant l'occupation. Elle remplaçait la statue d’origine exécutée par Léon Fagel en 1904, la troisième statue en ce lieu est de 1986.
  7. Don en 1964 de la paroisse Notre-Dame à la Société des sciences, lettres et arts, dépôt au musée d'art et d'histoire de Cholet depuis 1988.
  8. Commande initiale du conseil paroissial de Notre-Dame en 1931, pour orner la grande salle du cercle catholique, rue de Roussel à Cholet.

RéférencesModifier

  • Autres références :
  1. « Extrait d'acte de naissance », sur culture.gouv (consulté le 23 janvier 2019).
  2. a et b Société des artistes français 1907, p. 284.
  3. a et b (en) « Charles Maillard », Extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Index, (ISBN 9780199773787).
  4. « Émile Henri Maillard », sur geneanet (consulté le 21 janvier 2019).
  5. Augustin Jeanneau et Adolphe Durand 1988, p. 83.
  6. a b c et d « Bretagne ancienne : Charles Maillard (1876-1973) », sur bretagneancienne.com (consulté le 22 janvier 2018).
  7. a b c d e f g h i j k l et m « Archives Nationales "Léonore" », sur culture.gouv.fr (consulté le 23 janvier 2019).
  8. Emmanuel Bénézit 1924, p. 173.
  9. « Lettre manuscrite de Charles Maillard », sur culture.gouv.fr, (consulté le 13 février 2019).
  10. a et b Pierre Kjellberg 1994, p. 448.
  11. « Archives départementales d'Eure-et-Loir », sur archives28.fr, (consulté le 1er mars 2019).
  12. l'Intérêt public, « Inauguration du monument aux anciens élèves du collège Colbert de Cholet », l'Intérêt public,‎ (archives municipales de Cholet).
  13. « monument aux morts en hommage aux anciens élèves du collège Colbert de Cholet », sur monumentsmorts.univ-lille.fr (consulté le 1er février 2018).
  14. « Le poilu saluant une tombe », sur monumentsmorts.univ-lille.fr, 1921 (consulté le 15 février 2019).
  15. « statue de Maurice Berteaux », sur geneanet,
  16. « Histoire du Lycée David d'Angers », sur anciens-lycee-david-angers.com (consulté le 21 janvier 2019)
  17. « Lycée d'Angers - Monument aux morts. L'Aspirant blessé, par Ch. Maillard », sur archives-angers.fr (consulté le 21 janvier 2019)
  18. « Monument aux morts de Condé-sur-Huisne », sur monumentsauxmorts.fr, (consulté le 20 février 2019).
  19. « Monument aux morts de Feneu », sur quercus49.over-blog.fr (consulté le 20 février 2019).
  20. « Monument aux morts 1914-18 à Châteaudun », sur monumentsmorts.univ-lille.fr, (consulté le 14 février 2019).
  21. « Le monument aux morts de Cholet », sur monumentsmorts.univ-lille.fr (consulté le 1er février 2018).
  22. archives municipales de Cholet, « 14-18 : Cholet honore la mémoire de ses soldats », Cholet Mag, n° 322,‎ , p. 24
  23. « Cholet : Un étonnant projet de monument aux Morts », sur courrierdelouest.fr, Le Courrier de l'Ouest, (consulté le 18 février 2019).
  24. a et b Jean Maillard 2008, p. 10.
  25. « Poix du Nord, village de l'Avesnois », sur villesetvillagesdelavesnois.org (consulté le 26 janvier 2019).
  26. « mémoriel en l'église Notre-Dame de Cholet », sur geneanet, (consulté le 26 janvier 2019)
  27. Courrier de l'Ouest, « Le fabuleux destin du cardinal Luçon », Le Courrier de l'Ouest,‎ (archives municipales de Cholet).
  28. Chambre de commerce et d'industrie de Cholet, Depuis 100 ans au coeur de l'action, l'action au coeur, Cholet, Les actes du centenaire de la CCI, , page 264.
  29. « 100e anniversaire de l'armistice : la première guerre mondiale à hauteur d'homme », sur shaapt.fr (consulté le 20 janvier 2019).
  30. « Le buste de Mr de Potrmann secrétaire général à l'Information », sur geneanet.org, 1941, (consulté le 6 mars 2019).
  31. « Charles Maillard (Français, 1876-1973) : Œuvres d'art », sur artnet.com (consulté le 6 mai 2019)
  32. « D'après Charles MAILLARD (1876-1973) : Trophée de lièvre, statuette en bronze à patine brune », sur beaussant-lefevre.com (consulté le 6 mai 2019)
  33. Catalogue-inventaire du musée d'art et d'histoire de Cholet consulté le .
  34. « Architecture et style », sur sacre-coeur-cholet.org (consulté le 19 février 2019).
  35. Maxime Pionneau, « Son grand-père, c'était le sculpteur Fernand Dupré », sur ouest-france.fr, Ouest France, (consulté le 19 janvier 2019).
  36. « Les artisans de la construction », sur sacré-coeur-cholet.org (consulté le 19 janvier 2019).
  37. « La vie choletaise de Paris », sur geneanet.org, 1940, (consulté le 6 mars 2019).
  38. Maurice Laurentin, « L'église du Sacré-Coeur de Cholet », Bulletin SLA n°38 - page 141, R.Freulon,‎
  39. « Sacré-Coeur Cholet - statues de l'entrée principale », sur Geneanet (consulté le 14 avril 2019).
  40. a et b L'Ouest-Éclair de Cholet, .
  41. Philippe Théallet et Bernard Jules Verlingue 2007, p. 102 à 113.
  42. « Archives nationales site de Fontainebleau », sur culture.gouv.fr (consulté le 23 janvier 2019)
  43. « Officier d'Académie », sur culture.gouv.fr (consulté le 23 janvier 2019)
  44. Guillaume Raineau, « Le plâtre fragmenté superbement restauré », sur geneanet.org, Courrier de l'Ouest, (consulté le 20 janvier 2019).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, t. 3, Paris, Gründ, , 1160 p. (lire en ligne).  .
  • Augustin Jeanneau et Adolphe Durand, Cholet à travers les rues, Cholet, Pierre Rabjeau, , 192 p.  .
  • Élie Chamard, 20 siècles d'histoire de Cholet, Cholet, Farré et fils, 1970, réédition 1981, 365 p.  .
  • Mustapha Kashi, Sylvie Meunier et Claudie Péan, L'Avesnois - en long et en travers : Poix du Nord, village de l'Avesnois, Bruxelles, Crédit Communal de Belgique, coll. « Albums de Croÿ, Tome IX » (lire en ligne).
  • (en) Pierre Kjellberg, Bronzes of the 19th Century : Dictionary of Sculptors, Atglen, Schiffer Pub., , 684 p. (ISBN 9780887406294, OCLC 715871643).
  • Jean Maillard, La double vie de Gustave Fouillaron : mercier à Cholet, constructeur automobile à Levallois-Perret, Bailly, Pixel Press Studio, coll. « Mémoires automobiles », , 97 p. (ISBN 978-2-917038-08-6, notice BnF no FRBNF41364809).  .
  • Société des artistes français, Salon de 1907 : Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivants, Paris, imprimerie Paul Dupont, , 660 p. (lire en ligne).
  • Philippe Théallet et Bernard Jules Verlingue (photogr. Gilles Kervella), Encyclopédie des céramiques de Quimper : faïences, grès, terres vernissées, t. 5 : Les artistes au XXe siècle, Le à Y, Le Mans, éditions de la Reinette, , 479 p. (ISBN 978-2-913566-49-1, notice BnF no FRBNF41285645).  .
  • Maurice Laurentin, Société des sciences lettres et beaux-arts de Cholet : L'église du Sacré-Coeur de Cholet Histoire, Cholet, périodique SLA Imprimerie R.Freulon, , 217 p.  .

Liens externesModifier