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Charles Lefebvre-Desnouettes

FamilleModifier

  • La famille Lefebvre des Noëttes est une famille d'ancienne bourgeoisie originaire de Normandie. Charles Lefebvre (né en 1704) était marchand-drapier, bourgeois de L'aigle dans l'Orne . Jean-Clude Lefebvre-Desnoettes (1733-1821), était marchand de draps à Aube, (Orne). L'actuelle famille Lefebvre des Noëttes descend d'un frère cadet du général qui n'a pas été anobli, (le général Charles Lefebvre-Desnouettes n'ayant eu qu'une fille unique)[1], [son frère Zénon se marie en 1814 avec Joséphine, fille du manufacturier François Richard-Lenoir].

BiographieModifier

Sous la Révolution et le ConsulatModifier

Né d'un père marchand de drap, Charles Lefebvre-Desnouettes (ou Desnoëttes) ne semble guère disposé pour les études et s'engage à trois reprises dans l'armée. Mais à chaque fois ses parents achètent sa libération. Lorsque la Révolution éclate, Lefebvre-Desnouettes saisit sa chance, et en il s'engage dans la garde nationale de Paris. Chasseur dans la légion franche allobroge le , il fait la campagne de cette année à l'armée des Alpes.

Sous-lieutenant au 5e régiment de dragons en , il sert successivement aux armées du Nord, de Sambre et Meuse et de Rhin-et-Moselle entre 1793 et 1797. Il s'élève rapidement par ses talents et par sa bravoure aux premiers rangs de l'armée. Il passe ensuite à l'armée d'Italie, avant de devenir capitaine et aide de camp du Premier Consul en 1800. Lefebvre-Desnouettes participe à la bataille de Marengo le . Il est nommé chef d'escadron et sert dans l'état-major de la Garde consulaire, puis dans la légion de gendarmerie d'élite. En 1802, il est chef de brigade, en 1804, écuyer cavalcadour de Napoléon.

Général d'EmpireModifier

Le il est à la bataille d'Elchingen, puis le à Austerlitz. Le , Lefebvre-Desnouettes est promu général de brigade, avant de passer au service de Jérôme Bonaparte en et d'être fait général de division le et grand écuyer de la couronne de Westphalie. En , il est créé comte d'Empire.

Lefebvre-Desnouettes gagne ensuite l'Espagne, remporte plusieurs beaux succès en , avant d'être blessé devant Saragosse et de revenir en France en convalescence, puis il repart en Espagne pour combattre à Tudela et à Somosierra. Le , il est blessé d'un coup de pistolet, puis fait prisonnier par les Britanniques à la bataille de Benavente, et emmené au Royaume-Uni. Prisonnier sur parole à Cheltenham, il fréquente la société britannique auprès de laquelle il a du succès, alors que son épouse Stéphanie Rollier, cousine issue de germain de Napoléon, l'attend à Paris.

L'appel des armes l'emporte : il s'évade au printemps 1812 et part aussitôt pour la Russie où il reprend le commandement des chasseurs à cheval de la Garde. Au cours de la campagne de France, il est à nouveau blessé à Brienne le de deux coups de baïonnette, mais il se bat encore à La Rothière, Montmirail, Château-Thierry, Vauchamps et Arcis-sur-Aube, et escorte jusqu'à Roanne Napoléon qui gagne l'île d'Elbe.

Les Cent-JoursModifier

Durant les Cent-Jours le , avec son régiment de Cambrai, il se rallie à Napoléon. Fait pair de France, Lefebvre-Desnouettes reçoit le commandement de la cavalerie légère de la Vieille Garde et combat à Ligny le puis aux Quatre-Bras le 16. Il charge à Waterloo le 18 et fait ensuite retraite sur la Loire.

Exil aux États-Unis sous la RestaurationModifier

 
Pain de sucre à Sainte-Adresse, en hommage au général Lefebvre-Desnouettes.

Mis en non-activité, lors de la première Restauration, il se déclare l'un des premiers en faveur de Napoléon lors du retour de l'île d'Elbe. Aussi est-il compris dans l'article 1er de l'ordonnance du 24 juillet 1815 et condamné à mort par contumace l'année suivante. Proscrit sous la Restauration, il part aux États-Unis, s'installe dans l'Alabama, où il devient président de la Vine and Olive Colony.

Il est parvenu à se soustraire aux poursuites dirigées contre lui, et vit depuis plusieurs années aux États-Unis, quand, guidé par l'espoir d'obtenir sa rentrée en France, il s'embarque pour l'Europe sur le navire l'Albion, qui vient s'échouer sur les côtes de l'Irlande, près du lieu appelé Garret's Town. Il périt dans ce naufrage le , au large de Kingsdale (en) (Irlande).

En 1821, il a vendu son château des Nouettes, situé à Aube, dans l'Orne, à la comtesse de Ségur.

Son épouse fait élever un cénotaphe face à la mer, à Sainte-Adresse, à côté du Havre, en sa mémoire (sa forme le fera appeler localement le « pain de sucre ».)

HommagesModifier

 
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 31e et 32e colonnes.

Notes et référencesModifier

  1. Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire-Français, éd.Sedopols, 2012, p.495
  2. Les Archives nationales conservent le dossier de création de ce mausolée sous la cote F/14/19929.

SourcesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier